Exploration spatiale - le blog de Pierre Brisson

Dans le passé on ne voyait la navigation dans l’espace qu’au travers d’une représentation reposant sur les relations gravitationnelles entre deux corps (par exemple le vaisseau spatial et la Terre puis le vaisseau spatial et le Soleil, enfin le vaisseau spatial et Mars). Aujourd’hui on a compris que le corps qui voyage, peut bénéficier du fait de sa masse relativement négligeable par rapport aux autres masses les plus présentes (outre le Soleil, les planètes et leurs satellites), d’un réseau de courants gravitationnels invisibles mais puissants qui lient leurs points de Lagrange. On a nommé ce réseau, l’ITN (Interplanetary Transport Network) ou l’IPS (InterPlanetary Superhighway). Je remercie le Professeur Daniel Pfenninger d’avoir attiré mon attention dessus dans l’un de ses récents commentaires.

Pour mémoire, il existe deux types de points de Lagrange, ces points (ou régions) de l’espace où les attractions gravitationnelles de deux masses (par exemple Soleil et Terre mais aussi Terre et Lune) s’équilibrent : les points de Lagrange proprement dits et les points de Euler. Les premiers (L4 et L5) sont des points stables, c’est à dire que si l’on s’en écarte, on tend à y revenir. Les seconds (L1, L2 et L3) sont des points instables, c’est-à-dire que si l’on s’en écarte on tend à s’en écarter davantage. Leurs facultés d’attraction et de rejet dans l’espace environnant et distant, présentent un intérêt tout à fait particulier dont nous allons parler dans cet article. Mais d’abord, situons-les.

Les points L4 et L5 sont au sommet de triangles équilatéraux dont un côté est l’axe qui joint les deux masses principales. Pour la Terre ils sont donc sur son orbite autour du Soleil à la même distance (mais en avance ou en retard) que celle qui existe entre ce dernier et la Terre. Les points L1, L2 et L3 sont sur l’axe qui joint les deux masses principales soit L3 exactement de l’autre côté du Soleil (« en conjonction »), L1 entre la Terre et le Soleil mais beaucoup plus près de la Terre que du Soleil (1,5 millions de km / 150 millions de km) compte tenu de la masse beaucoup plus importante du Soleil, et L2 à la même distance de l’autre côté de la Terre par rapport au Soleil (« en opposition »). Il ne faut pas oublier que l’ensemble est en mouvement, en orbite autour de la masse la plus importante du système solaire, le Soleil, ce qui est en soi un facteur déstabilisant générateur d’une force de Coriolis. A noter que dans le système Terre-Lune (et d’une façon générale dans les systèmes impliquant un satellite naturel de forte masse avec sa planète), le Soleil introduit une perturbation supplémentaire du fait de l’attractivité de sa masse.

Depuis « toujours » c’est-à-dire Newton (qui, suivant Kepler, résolut par la gravité le « problème des deux corps »), les scientifiques ont eu conscience des potentialités de l’instabilité générée par deux corps en relation gravitationnelle, pour un 3ème corps de masse « négligeable » (« problème à trois corps restreint »). Mais les mathématiques et la physique n’ont pas permis de les décrire avant Henri Poincaré en 1890 (fondement de la théorie du chaos). Les travaux de ce dernier furent poursuivis par Charles Conley (Uni. du Wisconsin) et son étudiant Robert Mc Gehee (Uni. du Minnesota) dans une publication datée de 1960. A ce stade on put constater qu’une infinité de chemin menaient ou emportaient de ces points d’Euler les masses négligeables, et qu’il était très facile sur le plan énergétique pour cette masse de passer d’un point d’Euler à l’autre, c’est-à-dire d’entrer sur une voie plutôt qu’une autre, puisque les orbites étant instables une quantité extrêmement faible d’énergie pouvait le permettre.

La découverte récente (1994-1997) de Martin Lo et de Shan Ross (tous deux au JPL), c’est qu’une fois tracées, ces orbites forment des tubes à partir de l’orbite entourant le point d’Euler considéré, que ces tubes se prolongent d’un point d’Euler d’un astre au point d’Euler d’un autre astre, et que du fait du mouvement des planètes les unes par rapport aux autres (orbites différentes, vitesses sur orbite différentes), les tubes sont mouvants comme des serpents, ce qui donnent entre les points d’Euler des parcours changeants et parfois des intersections. A noter qu’à l’intérieur de ces tubes la vitesse est d’autant plus faible que l’on est proche du point d’Euler et que l’accélération subie en s’en éloignant est totalement gratuite en termes énergétiques (on est emporté par le courant). A noter encore que dans ces tubes la masse de la sonde ou de l’objet artificiel créé par l’homme ne compte pas. Un cylindre de O’Neill y serait emporté avec la même facilité qu’un micro-satellite.

La conséquence pratique c’est qu’en se rendant sur un point d’Euler, par exemple celui du système Terre-Lune L2, on accède à un gigantesque réseau d’autoroutes gravitationnelles parcourant l’ensemble du système solaire. Démonstration a été faite de l’existence de telles autoroutes entre la Ceinture de Kuiper et la Ceinture d’astéroïdes et entre Jupiter et Saturne, en plus de celles qui existent dans notre environnent proche (système solaire interne), jusqu’à Vénus. Elles ont déjà été utilisées pour quelques missions robotiques (Genesis Discovery Mission entre 2001 et 2004 ou sauvetage de la mission japonaise Hiten en Octobre 91) et on a constaté qu’elles sont aussi utilisées , évidemment passivement, par des comètes (Oterma dans l’environnement de Jupiter).

Bien entendu, sur ces autoroutes, le chemin le plus court est plus long que la ligne droite et les vitesses sont faibles. Ainsi il faudrait quelques 13 années pour aller de l’orbite de Jupiter à celle de Saturne (à comparer aux 9,9 années qu’il faudrait si on utilisait une orbite de Hohmann d’énergie minimum dans un espace à deux corps (tangentielle au départ de Jupiter et à l’arrivée à proximité de Saturne).

La seule difficulté est la navigation. Il faut savoir passer d’une orbite à l’autre et le faire au moment précis où la voie est ouverte. Dans l’ancien temps on aurait dit « sentir le vent » ou comme les premiers navigateurs qui parcoururent l’Atlantique, voir où le courant conduit à partir d’indices flottants. Aujourd’hui les indices sont devenus des calculs complexes (orbites de Lissajous !) mais c’est toujours la Nature qui commande. Emprunter un tube au bon moment ne coûte aucune énergie mais en rejoindre un qu’on a laissé passer peut coûter très cher !

On peut imaginer voguer sur ce réseau partout où le jeu de masses dominantes peut permettre à un caillou de suivre une ligne de crête et de passer d’un versant à l’autre. Cela promet de beaux et longs voyages. Un jour des îles de l’espace partiront de l’environnement terrestre à la dérive (calculée) et suivront ces routes invisibles jusque là où leurs miroirs ne pourront plus recueillir suffisamment de lumière pour alimenter leurs machines, et reviendront se baigner dans la chaleur de l’environnement terrestre. La première étape serait une gigantesque station spatiale à l’entrée de l’« autoroute », au point L1 du système Terre-Lune, tout proche de la Terre, comme en ont rêvé Martin Lo et Shan Ross. On pourrait l’appeler le « Gateway », beaucoup plus justement que la station orbitale lunaire du projet Artemis.

Mais y a-t-il une continuation de ces autoroutes au-delà de Neptune ? Pourrait-on en les empruntant s’engager jusqu’à la Ceinture de Kuiper puis entrer ensuite dans le domaine des Nuages de Oort ? Pour que les courants existent toujours aussi loin il faut que des forces gravitationnelles puissent les créer or au bout d’une certaine distance l’influence gravitationnelle du Soleil est très faible. Par ailleurs les planètes naines comme Pluton, Haumea, Makemake, sont de masse relativement faible (les plus grosses de l’ordre de celle de Pluton) et elles sont très éloignées les unes des autres. Les courants qui les joignent doivent donc avoir très peu de consistance ou de force. Au-delà de la Ceinture de Kuiper la situation est encore pire car sans doute il n’existe aucun gros corps dans les Nuages de Oort ; les contraintes gravitationnelles du Soleil y sont trop faibles pour en avoir provoqué la formation.

Alors sans doute ces courants gravitationnels se raréfient-ils et se diluent-ils au fur et à mesure qu’on s’éloigne du Soleil et des grosses planètes. Mais ils existent toujours puisqu’ils sont inhérents à la force de gravité animant tout couple de masses. Deux hypothèses se présentent : 1) un vaisseau emporté jusqu’à cet horizon peut continuer sur sa lancée si sa vitesse acquise est supérieure aux forces de rappel du Soleil ; 2) le vaisseau continue à pouvoir utiliser des courants gravitationnels affaiblis et in fine pénètre dans la sphère d’influence gravitationnelle du système voisin (Alpha Centauri) puis progresse par le même phénomène jusqu’à la zone habitable de cet autre monde. A noter cependant qu’il devrait y avoir entre les systèmes stellaires et également entre les galaxies des réseaux gravitationnels équivalents à celui qui existe à l’intérieur d’un système stellaire. Il faudra un jour les exploiter.

On peut rêver mais pour le moment ces voyages très lointains ne sont pas réalistes car au-delà de la Ceinture de Kuiper ils représenteraient vite des milliers d’années de voyage* et supposeraient aussi une masse énorme d’énergie embarquée car déjà au niveau de l’orbite de Pluton, l’irradiance solaire tombe extrêmement bas (elle n’est que de 0,87 W/m2 en moyenne pour cette dernière, contre 1360 W/m2 pour la Terre et de 492 à 715 W/m2 pour Mars). Le vaisseau aurait le temps de subir toutes les dégradations suffisantes pour entraîner dans la mort les derniers hommes qui auraient pu y survivre.

*Il faudrait 420 ans à la vitesse de 1% celle de la lumière (30.000 km/s) pour atteindre Proxima Centauri…en ligne droite, et la vitesse la plus rapide jamais atteinte par un objet construit par l’homme (la Parker Solar Probe) n’est que 192 km/s, au maximum. 

Pour nos habitats futurs, restons dans une chaleur acceptable sinon confortable. Contentons-nous d’exploiter l’ITN jusqu’à Saturne. Pour le transport d’objets massifs dont on n’aura pas un usage immédiat et pourvu que la destination ne soit pas trop lointaine (Mars, par exemple) on pourra voir l’ITN comme un réseau fluvial susceptible d’emporter des péniches. Et n’oublions pas que ces courants n’existent pas seulement pour nous transporter, transporter nos sondes ou plus tard nos matières premières, ils peuvent aussi nous apporter au fil des siècles toutes sortes d’éléments venus de loin, notamment des astéroïdes et des comètes.

Illustration de titre : Cette représentation stylisée de l’ITN montre ses cheminements sinueux au travers du système solaire. Le ruban vert représente un chemin parmi les nombreux qui sont mathématiquement possibles le long de la surface du tube sombre. Les endroits où le ruban change brusquement de direction représentent les changements de trajectoire aux points de Lagrange, tandis que les endroits resserrés représentent les emplacements où les objets restent en orbite temporaire autour d’un point avant de continuer. La vue d’artiste est prise depuis la région du Soleil. Vous voyez Vénus puis la Terre et Mars sur une ligne oblique partant de gauche à droite. Ensuite repartant de gauche à droite, Jupiter, Saturne et Uranus puis, tout au fond, Neptune. Crédit NASA.

Références :

http://www.gg.caltech.edu/~mwl/publications/papers/IPSAndOrigins.pdf

http://www.gg.caltech.edu/~mwl/publications/papers/lowEnergyInvariant.pdf

http://www.dept.aoe.vt.edu/~sdross/papers/NPO-20377.pdf

https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9seau_de_transport_interplan%C3%A9taire

http://www.jpl.nasa.gov/releases/2002/release_2002_147.html

https://www.nasa.gov/mission_pages/genesis/media/jpl-release-071702.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Orbite_de_Lissajous

https://fr.wikipedia.org/wiki/Orbite_de_halo

Pour (re)trouver dans ce blog un autre article sur un sujet qui vous intéresse, cliquez sur :

Index L’appel de Mars 21 11 14

33 réponses

  1. Ces « autoroutes de l’espace » existent et sont sans nul doute exploitables mais elles ne feront pas de miracle pour atteindre les étoiles . Vous l’expliquez très bien. Avant d’inventer les ballons et avions les hommes s’extasiaient devant le vol des oiseaux et se disaient: on peut y arriver nous-aussi! J’en reviens alors aux corps rocheux interstellaires comme Borissov. Décrivent-ils une gigantesque orbite autour d’étoiles hyper-puissantes ou phénomènes de l’espace? Dans ce cas, ils reviendraient au bout d’un très long laps de temps. Ou alors ont-ils été propulsés par une énorme explosion qui les aurait projetés en ligne quasi-droite vers nous? Alors, ils sont à la merci des attractions plus ou moins fortes qu’ils rencontreront. Quoiqu’il en soit, des énergies très puissantes naturelles existent dans l’espace, et, comme les vents, les vagues, la lumière, peuvent être plus ou moins émulées voire exploitées, moyennant un très, très long temps de voyage.
    Peut-être connaissez-vous Scott Manley et ses youtubes!
    far future rocket engine technology;
    https://www.youtube.com/watch?v=QEZv_OXA_NI
    Je vous remercie de continuer à nous faire rêver en restant réaliste.

    1. Je suis heureux que vous appréciez mon blog et vous remercie pour le lien!
      Il y a effectivement beaucoup de nouveaux modes de propulsion à envisager au fur et à mesure que notre maitrise des diverses sources d’énergie possibles évoluera…et pourvu qu’obtenir ces nouvelles sources d’énergie ne coûte pas plus cher en énergie (et aussi en masse) qu’elles-mêmes.
      C’est un peu le problème de VASIMR qui suppose des électro aimants très massifs et une source d’énergie considérable pour les faire fonctionner.

  2. Petite précision : justement, c‘est la force de Coriolis qui a un effet stabilisateur. Autrement, les points de Lagrange L4 et L5 seraient instables, car ce sont des maxima et non pas des minima de potentiel. Les objets, tels les astéroïdes troyens, sont comme satellisés autour de ces maxima et contraints à virevolter grâce la force de Coriolis due au système tournant autour du Soleil.
    En contraste les points L1, L2 et L3 sont de la forme « selle de cheval » ou « col », avec deux versants montants et deux versants descendants ; sans autre force motrice on ne peut que s’en éloigner.
    Dans la question générale du « problème à N corps », seuls les cas particuliers à 3 corps alignés ou en triangle ont une solution analytique et sont stables. Poincaré a démontré qu’il ne peut pas exister de « solutions analytiques » en général ; il s’en suit que, à la longue tout système à N corps est ultimement imprévisible et finalement instable. Il en est ainsi de façon exemplaire pour notre Système solaire qui se déforme peu à peu, mais continûment et sûrement, jusqu’à arriver à un comportement chaotique lorsqu’on cherche à prévoir théoriquement son histoire future, malgré tout le raffinement possible des calculs de perturbations et la prise en compte des effets relativistes omniprésents très subtils.

  3. En fait « d’autoroutes », ces ITN s’apparentent bien plus à de (mauvais) chemins vicinaux, par leur caractère instable, aléatoire et imprévisible, leurs parcours tortueux et les vitesse limitées qu’ils permettent ! Chemins qui en plus changent sans cesse de configuration. Il est donc assez peu probable qu’ils soient jamais utilisés à grande échelle et de façon régulière pour aller d’un point à un autre dans le Système solaire, et encore moins au-delà.

    1. Attention les tubes sont fluctuants mais pas pour les objets qu’ils emportent. Ils existent en permanence. Leur déploiement évolue mais ils ne s’interrompent pas.
      On ne pourra pas s’en servir pour des vols habités devant aller au plus vite d’un point à un autre mais on pourrait très bien les utiliser pour des vols robotiques. On l’a déjà fait pour des sondes (la dernière en date est LUCY) et on pourrait s’en servir pour des transports de masses importantes dont l’arrivée à « l’autre bout » (sur Mars par exemple) n’est pas urgente.
      Dans mon article j’imagine que dans un futur encore lointain ils pourraient être utilisés par des îles de l’espace qui se laisseraient porter, sans urgence d’atteindre une destination finale.
      On peut aussi envisager qu’un vaisseau spatial s’en serve pour une partie de trajet ou pour acquérir une vitesse minimum qui ensuite serait accélérée par une propulsion embarquée.

      1. Je ne comprends pas votre « rectification »; où aurais-je dit que ces « tubes » s’interrompaient?
        Reste le point que je voulais soulever, à savoir que pour que ces ITN puissent réellement servir de réseau de transport, il faudrait pouvoir calculer à l’avance et de manière relativement précise les trajectoires que l’on va suivre en prenant ces « chemins vicinaux de l’espace ». A ma connaissance (et c’est un domaine que je connais quand même assez bien), on ne sait pas le faire s’agissant d’un problème à « n corps », avec « n » dans ce cas tournant autour de 10 (le Soleil, 8 planètes principales et le vaisseau), voire même plus si on veut être complet. C’est un peu comme lancer une coquille de noix au fil du courant d’une rivière, au parcours fluctuant qui plus est (analogie qui vaut ce qu’elle vaut, mais c’est l’idée).

        1. Merci de votre commentaire. Je n’ai pas voulu vous être désagréable.
          Bien que je ne sois pas spécialiste, je comprends que le calcul de tubes d’opportunités d’orbites (les « manifold ») sont de plus en plus difficiles lorsqu’on augmente le nombre de corps. Mais il est question ici d’un problème à trois corps restreint ce qui semble tout à fait dans notre domaine de capacité de calcul.
          Si j’ai bien compris on ne s’intéresse qu’à deux corps plus un, à la fois, d’abord en sortant d’un point de Lagrange d’un premier couple d’astres et dans un second temps en approchant d’un point de Lagrange d’un autre couple d’astres. Il n’est pas question de tenter de résoudre un problème à 8 corps.
          Vous dites que vous êtes expert dans ce type de calculs. Pourriez vous nous en dire plus, nous donner votre nom et votre spécialité ?

  4. Ce qui est vrai pour des vaisseaux spatiaux doit l’être aussi pour l’eau. Dans les années 2004 à 2012, j’ai suivi presque quotidiennement la mission Cassini-Huygens et, à plusieurs reprises, le site très didactique de la NASA a parlé d’une sorte de plomberie qui permettait à l’eau de passer d’une lune de Saturne à une autre.

    À la lecture de votre article, lui aussi très didactique, je peux imaginer que ce qui est vrai pour l’eau du système saturnien peut être étendu au Système Solaire. Ça expliquerait la présence d’eau sur notre Terre et surtout qu’elle y est restée parce que, contrairement à Mars et Vénus, notre planète a la masse qui convient.
    Sa distance avec le Soleil lui donne aussi la bonne température mais n’oublions jamais que l’eau a un point d’ébullition et que sa molécule plus légère que celle du CO₂ lui ferait quitter notre planète avant le CO₂ ce qui devrait nous inciter à la plus grande prudence s’il s’avérait que c’est notre CO₂ anthropique qui est responsable du problème climatique.

    1. Vous avez raison, les tubes gravitationnels permettent ce genre d’échanges. Les astéroïdes ou plutôt les comètes qui nous ont apporté l’eau qui nous manquait les ont sans doute souvent utilisés (sauf celles qui étaient animées d’une grande vitesse car leur éjection d’orbite résultait d’un événement violent).
      Comme vous le dites, la vapeur d’eau quitterait certainement la Terre avant le gaz carbonique. C’est en suivant la même logique qu’on peut dire que la plus grosse partie de notre azote est un reste de l’atmosphère primitive (du fait de la fuite « prioritaire » de gaz plus légers). Mais attention, ce qui nous menace à long terme est plutôt une insuffisance de CO2 atmosphérique. En effet le CO2 est de plus en plus enfoui dans le sol par ses capteurs naturels, la végétation et aussi la surface des océans. Par ailleurs, l’écorce terrestre va se refroidir, le volcanisme (donc les émissions de CO2) se calmer (comme sur Mars). « Un jour » les plantes finiront par en manquer et nous serons « très mal » si nous sommes encore vivants (moins de végétaux = moins d’aliments pour les animaux et pour les hommes). Cela est une certitude…pour dans très longtemps. Bien entendu auparavant nous aurons peut-être de mauvais moments à passer. du fait d’un excès temporaire de CO2 atmosphérique mais il ne faut pas oublier que ce n’est pas la menace la plus grave à long terme.

      1. Nous avons 10 à 15 ans pour redresser la barre en changement climatique. Avec l’option « laissez-faire » de la végétation qui absorbe ( dans in contexte de forêts que l’on détruit : l’Amazonie en 2021 émet plus de CO2 qu’elle n’en absorbe) ainsi que sols, on en a pour au moins 100 000 ans !!! Léa volcans sont négligeables comptant pour 1/300 ème du CO2 émis par l’Humanité. Pour le changement climatique, on doit AUSSI prendre en compte le méthane largué dans l’atmosphère qui s’accélérerera avec la fontes des pergélisols (sols gelés du nord du Canada et de la Russie) avec l’augmentation de températures par le changement climatique et nous propulsera dans un cercle vicieux : fantastique expérience en temps réel avec la seule planète qui abrite la vie humaine..
        https://ourworld.unu.edu/en/climate-change-what-happens-after-2100

        1. Ce que j’ai écrit c’est que nous manquerons de CO2 sur le long terme. Il faut lire avant de répéter vos mantras.

          1. Mes « mantras » sont les même que le Secrétaire Général de l’ONU et toutes les chefs du G7. Je suis dans une optique de 10 à 100 000 ans et vous êtes dans une optique à 1 milliard d’années (« la menace la plus grave à long terme » selon vos écrits que j’avais bien lu. Je suis plus concerné par les générations ACTUELLES que celles dans 1 milliard d’années).

            Dans mon optique de 10 ans, je soutiens les 50 sénateurs européens qui ont lancé le « NET ZERO SPACE 2030 » pour éliminer la pollution spatiale autour de la Terre à partir de 2030 : autre « mantra » pour nous permettre un jour d’accéder à l’espace de manière DURABLE, hors de la militarisation de l’espace par les russes et les chinois (débris de satellites comme le 15 novembre 2021 par la destruction par missile) plus la privatisation de l’espace par les américains (« Starlink » de Musk).

            Mon autre mantra sur la fusion nucléaire et l’exploration spatiale s’avère de plus en plus réaliste de mois en mois (efficacité de 70% maintenant ) tandis que la technologie EPR de fission nucléaire coule en Chine, en France et en Finlande… Et si on laisse aux russes le Leadership des mini-réacteurs à fission nucléaire, en raison de l’opacité du régime actuel, je ne suis pas confiant…

          2. NET ZERO SPACE 2030 (Déclaration du Forum de Paris du 11 au 13 novembre 2021) pour une exploration spatiale DURABLE est aussi soutenu par des GRANDS européens tels Arianespace, le CNES, etc…

            La deuxième puissance spatiale mondiale (les Européens de l’Ouest) montrent leurs contributions originelles vs les américains, chinois et russes.

          3. Encore une fois Monsieur Donneur, vous rendez-vous compte que vos interventions n’ont rien à voir avec le sujet traité?! Vous pourriez également nous parler de chasse à courre (qui devrait être interdite) ou de broderie anglaise (qui devrait être encouragée).

  5. Si on ne nettoie pas l’environnement spatial autour de la Terre ou on ne survit pas sur Terre, on ne pourra accéder à AUCUNE AUTOROUTE SPATIALE. Votre sujet sont les autoroutes et le mien est en AMONT des autoroutes spatiales, les bretelles qui permettent d’y accéder …

    1. Je ne sais pas à quel commentaire vous vous référez mais oui, ce sont bien des courants gravitationnels, générés par deux corps ensemble.

  6. Ben oui, la gravitation est mesurable que dès que la présence de minimum deux corps séparés exercent sur l’autre !

    Ce phénomène est présent autant pour un astre, une galaxie ou une particule même si cette dernière n’a pas de masse !

    Par contre, lorsque vous écrivez : « peut bénéficier du fait de sa masse relativement négligeable par rapport aux autres masses les plus présentes » Par rapport à ce constat, nous n’en savons rien !

  7. Tenez-vous l’hypothèse que c’est la pomme qui est en mouvement et non la terre ?

    Pourquoi avez-vous effacé ce commentaire ?

    1. Mais je ne vois pas ce que vous voulez dire! L’attirance gravitationnelle est réciproque, chaque masse génère une telle attirance et évidemment la plus grosse génère la plus forte. Dans le cas de deux masses, comme celle de la Terre et d’une planète, il existe des points de Lagrange, qui sont des points d’équilibre, stables ou instables, dont peut profiter un troisième corps de masse négligeable par rapport aux deux autres.

  8. Albert avait dit vers la fin de sa vie que des millions de mathématiciens et physiciens répétaient sa formule magique, mais que peut être seuls 5 ou 6 la comprenaient, c’est pareil avec Newton, même plusieurs siècles après. Concernant les ponts de Lagrange, certes les puits se forment, quoi de plus normal, cependant, des multitudes d’autres phénomènes s’y ajoutent et que ce n’est pas une fin en soi. Rien n’est statique, nul part !

    1. Mais je sais très bien que « rien n’est statique nulle part »! Plusieurs articles de mon blog traitent de ce sujet. Mais ce n’est pas l’objet de l’article sur laquelle vous faite votre commentaire. Je vous parle des réseaux de tubes gravitationnels dans le système solaire!

      1. D’hypotétiques « réseaux de tubes gravitationnels », dans la théorie !

        Une théorie qui peut être modifiée ou voir, annulée, par d’autres théories.

        J’ai comme l’impression que certains cherchent à se rassurer au travers de la physique, c’est comme cette théorie d’univers en expansion, alors que l’humanité ne sait même pas comment gérer des tâches simplissimes, c’est impressionnant comme l’on cherche a transposer les réalités, le plus loin possible !

        1. Mais ces réseaux ne sont pas hypothétiques! Ils ont été utilisés par la sonde Genesis, pour la récupération de la sonde Hiten et ils sont en cours d’utilisation par la sonde Lucy.
          Par ailleurs vous ne pouvez pas nier sérieusement la réalité de l’expansion de l’Univers qui est aujourd’hui adoptée par tous les cosmologues de la planète!
          Si vous continuez sur ces thèses je refuserais de publier vos commentaires parce qu’ils ne mènent nulle-part et que je ne vais pas perdre mon temps à tenter de vous convaincre.

          1. vous faites exactement comme ceux qui avaient enfermé Galilée, quant aux courants gravitationnels, admettons et attendons qu’ils récupèrent la sonde Hiten !

            Concernant la propulsion des engins spatiaux, ce que je sais, c’est qu’ils utilisent les gravitations des planètes qu’ils approchent.

          2. Figurez-vous que le thème de mon article c’est les courants gravitationnels qui lient les points de Lagrange…c’est pour cela que j’en parle!
            Quant à l’utilisation de la force de gravité des objets de destination, c’est une évidence. C’est pour cela que la trajectoire la plus économe en énergie est la trajectoire de Hohmann: départ tangentiel à l’orbite de l’astre d’origine, arrivée tangentielle à l’astre de destination qui est alors au sommet de l’ellipse de cette trajectoire; la vitesse presque nulle du vaisseau permet ainsi la capture gravitationnelle par l’astre de destination sans freinage donc sans dépense d’énergie.

  9. Le grand avantage de la science de la physique, c’est que les phénomènes ne se trouvent pas toujours où on les attend !

  10. Reprenons le concept de la bretelle d’autoroute, nous avons vu un DANGER IMMÉDIAT le 15 novembre 2021 avec la destruction d’un satellite à l’aide d’un missile lors d’une opération militaire russe: ses déchets orbitaux par la formation d’un nuage métallique ont mis en danger la Station Spatiale Internationale, à la grande fureur des américains émise par un communiqué et l’appréhension des cosmonautes russes dans la station…

    A cause de tous les DÉCHETS dans l’espace autour de la TERRE, celle-ci aura bientôt des ANNEAUX comme Saturne ! Pour y remédier, la Déclaration de PARIS du 12 NOVEMBRE 2021 (lors du Forum pour la Paix) a créé un engagement de NET ZERO SPACE 2030, de manière à nettoyer les déchets d’ici à 2030: cette Déclaration est soutenue par tous les grands acteurs spatiaux de l’Europe de l’Ouest (Arianespace, CNES, etc.), des firmes américaines et chinoises ainsi que nombre de parlementaires européens, suisses, canadiens et indiens.
    Comme solution, une firme SUISSE nommée CLEARSPACE, basée à RENENS, route de LAUSANNE, spin-off de l’EPFL (École Polytechnique Fédérale de Lausanne), a développé un satellite nettoyeur de déchets et est soutenue par l’ESA (European Space Agency). La 1ère MISSION? 2025!
    https://www.futura-sciences.com/sciences/breves/espace-terre-aura-bientot-anneaux-5549/

    1. Monsieur Donneur, je condamne également la destruction du satellite russe intervenu le 15 novembre, mais je ne veux pas ramener tous les sujets traités à la préoccupation nécessaire de maintenir un espace proche aussi propre que possible.
      D’ailleurs, dans ce blog, j’ai déjà traité plusieurs fois le sujet du nettoyage de l’espace par ClearSpace / Adrios après avoir rencontré son Président Luc Piguet. Lisez mes articles:
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  11. à Monsieur Donneur. Vous êtes encore plus pessimiste que moi… et vous avez raison! Mais, vous avez conscience du fait qu’on commence à prendre en compte ces problèmes qui nous chagrinent à juste titre. Il me semble que les Japonais aussi ont déjà mis en oeuvre un satellite récupérateur de déchets spatiaux. Si d’autres pays s’attellent à cette histoire nul doute qu’on arrivera à les diminuer. Concernant les centrales nucléaires et surtout leurs sous-produits radio-actifs, il y a aussi des recherches pour se sortir de ce problème. Le projet Myrrha en Belgique est un réacteur à neutrons rapides drivé par un accélérateur de particules. Ce truc est très sécurisant et ne produirait pas ces isotopes lourds qui mettent des millions d’années à décroître. Des recherches aussi en France sur un gaz émis lors de catastrophes nucléaires. Les centrales atomiques sont incontournables pour faire fonctionner des bases loin de la terre: pas assez d’énergie du soleil si on s’en éloigne, panneaux solaires insuffisants si on est à la périphérie du système solaire ou si tempête de sable martienne longue. Imaginez les malheureux martionautes privés d’énergie par moins 70 degrés! Aller sur Mars nous obligera à mettre au point des solutions qu’on pourra reprendre sur terre quand celle-ci ira très mal! Pour ce qui est de la pollution, je crains que l’avidité, le besoin d’argent rendent impossible l’auto-contrôle des pays sur leurs industries. Des tentatives sont faites pour extraire le gaz carbonique de l’air (le rover Perseverance sur Mars, le fait avec succès: moxie) et le stocker dans des grottes. Quand le monde paniquera, on pensera peut-être à couvrir le Sahara ou le fond des mers de bouteilles de CO2 ou de méthane comprimé ou bien à d’autres solutions. Comme Monsieur Brisson, je préfèrerais voir se concentrer les débats sur le sujet évoqué par le texte en haut de page. Malheureusement, je reconnais que je tombe aussi dans ce péché! Je crains que des gens de haut niveau soient rebutés par la dispersion, le côté trop personnel ou philosophique des réactions et nous privent de leurs connaissances les plus récentes et les plus éclairées.

    1. Merci MM. Brisson et Martin. Je voulais simplement souligner l’avancée du 12 novembre 2021 d’un point de vue réaliste à horizon de 10 ans.

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À propos de ce blog

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre du comité directeur de l’Association Planète Mars (France), économiste de formation (University of Virginia), ancien banquier d’entreprises de profession, planétologue depuis toujours

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