EXPLORATION SPATIALE - LE BLOG DE PIERRE BRISSON

Mi-Novembre, la conférence interministérielle des pays membres de l’ESA a discuté et approuvé son nouveau budget. Il est en forte hausse, 17% soit 16,9 milliards d’euros pour 3 ans (contre 24,4 milliards de dollars pour la seule année 2022 pour la NASA). Les ministres ont « confirmé la nécessité absolue pour l’Europe de disposer d’un accès indépendant à l’espace ». Mais aussitôt cette forte déclaration faite, il est précisé que son objet est de : « continuer à bénéficier des retombées du spatial sur Terre ». Là, on retombe effectivement bel et bien, sur terre.

Je ne veux pas noircir le tableau et dire que tout est « à jeter » dans ce budget. En particulier je souscris totalement au programme d’exploration robotique. Je veux seulement dire qu’il est très décevant, à cause de son orientation principalement « terre à terre » ; à cause de l’absence d’ambition concernant les lanceurs ; à cause du manque d’ambition pour les vols habités (on reste « dans l’ADN » de l’Europe spatiale) ; à cause de l’allégeance « de bon ton » à la mode écologique du moment ; enfin à cause de l’insuffisance de son montant global comparé à celui des Etats-Unis. Le résultat sera, pour l’astronautique la continuation d’une dépendance sur le partenaire américain pour tout ce qui est vols habités et la faiblesse concurrentielle sur le plan économique ; pour la science, l’insuffisance d’un programme qui aurait pu être plus ambitieux. Je détaille :

Ecologie

En effet le premier point sur lequel le compte rendu officiel de l’ESA insiste est « l’enjeux climatique et le développement durable ». C’est selon ce document, ce que Josef Aschbacher (directeur de l’ESA) a déclaré devoir rester la première priorité de l’ESA. Comment peut-on être aussi conformiste (pour ne pas dire « hors sujet ») quand on est responsable d’une institution qui ne peut réussir que si elle ne l’est pas ?!

En allant plus loin, on constate que c’est Robert Habeck, ministre allemand « de l’Économie et de la Protection du climat » mais auparavant député du groupe parlementaire allemand de centre gauche écologiste, « Alliance 90/Les Verts », qui présidait le Conseil de l’ESA au niveau ministériel. Nous ne sommes décidément pas dans l’aventure, ni dans la conquête de l’espace. D’ailleurs il insiste : « nous avons franchi une nouvelle étape vers le renforcement des infrastructures spatiales européennes qu’utilise au quotidien chaque citoyen, dans des domaines tels que la surveillance du climat, la navigation et les télécommunications par satellite ». Pour ces responsables, l’« espace » c’est bien très principalement, l’espace proche de la Terre et l’objet c’est bien « le quotidien ». D’ailleurs une des réformes phares programmées est le développement d’un mix d’ergols « propres ». Quand on est dans un contexte aussi pitoyable de l’astronautique européenne presque éliminée du marché mondial des lanceurs, et dans une concurrence économique aussi féroce (Etats-Unis, Russie, Inde…), il devrait y avoir d’autres priorités (d’abord et avant tout le réutilisable !). Ce Monsieur n’a, hélas, ni bien conscience des contraintes économiques que lui impose la Concurrence ni aucune étoile dans les yeux.

Mais le plus étonnant dans ce contexte où l’on parle d’écologie, donc de protection de l’environnement, c’est de constater l’engagement pour le financement d’une constellation européenne de satellites ! On ne peut que s’étonner de la désinvolture avec laquelle l’ESA s’engage dans un programme de pollution de l’espace-proche dont les satellites vont s’ajouter aux myriades déjà existantes. Les astronomes et astrophysiciens européens apprécieront !

Autonomie

Dans le domaine des lanceurs, cette politique se veut bien sûr « ambitieuse » (quelle politique ne veut pas l’être, en paroles du moins ?!). Mais aucun progrès n’est envisagé en matière d’autonomie pour les vols lourds dans l’espace lointain même si l’ESA va bien développer un atterrisseur lunaire (en fait un « troisème étage ») pour les vols robotiques. Et, faute d’autonomie, elle se condamne à rester dans la coopération et dans la dépendance en dehors de l’orbite basse terrestre. La rupture forcée par la guerre en Ukraine de la coopération avec les Russes pour lancer le rover d’exploration ExoMars, prêt depuis deux ans, n’aura servi à rien en matière d’incitation à faire mieux.

En matière de vols habités, cela fait des années que Joseph Aschbacher, avant Philippe Baptiste (PDg du CNES), nous parle d’un changement politique. Mais renâcler devant l’obstacle est devenu une habitude depuis l’abandon de la navette européenne Hermès en 1992. On se demande pourquoi nous inonder d’informations à propos de Thomas Pesquet ou pourquoi choisir une nouvelle équipe d’astronautes européens. On se demande aussi pourquoi nous présenter à l’IAC en Septembre à Paris, le concept SUSIE de navette spatiale pouvant être lancée à partir d’une Ariane 6, pour ne même pas la mentionner en Novembre à la Conférence interministérielle. La conséquence c’est qu’il faudra au moins attendre la prochaine interministérielle, en 2025 pour traiter du sujet sérieusement. Le fera-t-on ? De plus que fera-t-on de SUSIE après 2025 puisqu’elle doit opérer en orbite basse terrestre et que l’ISS va être mise hors service à la fin de la décennie ? J’imagine qu’on n’ira pas dire bonjour aux Russes ou aux Chinois dans leurs propres stations et je doute que les Américains faciliteront la desserte par les Européens de leurs propres stations privées alors qu’ils auront les moyens d’y aller par eux-mêmes (et d’en tirer le bénéfice pour eux-mêmes).

Concurrence

Il est évident que sans récupération et réutilisation, les lanceurs européens pour l’orbite basse terrestre qui déjà disposent d’un marché naturel petit par rapport à celui des Américains (publics et privés), resteront plus cher que ces derniers et bien sûr que les Indiens, les Russes ou les Chinois. Ils continueront donc à vivre de clients institutionnels européens, contraints et peu nombreux.

Contributions par pays

Il est intéressant de noter l’engagement financier des divers pays européens et leur évolution. L’Allemagne (20.8%) et la France (18.9%) restent les « leaders » de l’Europe spatiale mais le pourcentage de l’Allemagne diminue (-1.9) tandis que celui de la France augmente (+0.5). Le résultat c’est que la France n’est plus qu’à un point d’écart avec l’Allemagne (mais la France jusqu’en 2019 était le premier contributeur). L’Italie (18.2%) suit de très près la France avec 0,7 points d’écart. A noter qu’à eux trois ces pays financent près de 60% du budget, Un pays comparable à l’Italie, l’Espagne, est très loin derrière, avec seulement 5.5%. Quant au Royaume Uni qui pourrait « jouer dans la même cour » que la France ou l’Allemagne, sa part n’est que de 11.2% ce qui marque un désintérêt certain pour l’espace. Parmi les « petits » pays, la Belgique et la Suisse se détachent avec respectivement 5.6% et 3.7%, stables, les Pays-Bas d’importance comparable ne participant que pour 2.8% (+0.4%).

Nul doute que l’effort par pays n’est pas très important, même pour ceux du « pelotton de tête ». Celui de l’Allemagne, pays qui dépense le plus, n’est que de 1.17 milliards par an à l’ESA, comparé aux 24.4 milliards que les Etats-Unis versent cette année à la NASA, c’est vraiment très peu. Rappelons qu’en 2021 le PIB de l’Allemagne était de 3,57 trillions d’euros et celui des Etats Unis de 22,9 trillions, et que le budget total de l’Allemagne au niveau fédéral en 2022 était de 457 milliards. Celui des Etats-Unis pour la même année était de 6.27 trillions.

Comparaison

Pour comparaison, voici le budget de la NASA 2022 :

Illustration de titre : répartition du financement, par pays contributeurs, crédit ESA. Vous pouvez voir la répartition par poste dans mon article précédent.

Liens :

https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/vol-spatial-habite-europeen-si-proche-et-si-loin-a-la-fois-942320.html

https://siecledigital.fr/2022/07/06/terrae-novae-2030-lesa-devoile-sa-feuille-de-route-pour-les-10-prochaines-annees/

https://www.esa.int/Newsroom/Press_Releases/Les_ministres_soutiennent_les_grandes_ambitions_de_l_ESA_en_lui_octroyant_un_budget_record_en_hausse_de_17

Pour (re)trouver dans ce blog un autre article sur un sujet qui vous intéresse, cliquez sur :

Index L’appel de Mars 22 11 30

14 réponses

  1. La société privée Axiom va faire voler un hongrois et un italien, qui ne sont pas liés à l’ESA:
    https://www.telesatellite.com/actu/61347-la-hongrie-veut-envoyer-son-astronaute-bord-de-iss.html
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Walter_Villadei
    Il me semble que des missions spatiales d’européens sont possibles en dehors du cadre de l’ESA. Ceci pourrait inspirer les pays dont aucun représentant n’a encore connu le voyage spatial. Autant de clients pour Axiom!

    1. Quelques précisions sur l’Italie et la Hongrie, deux États membres de l’Agence spatiale européenne (ESA).
      L’Italie est un des membres fondateurs de l’ESA, depuis le 3o mai 1975.
      La Hongrie est le dernier en date, le 24 février 2015, des 22 membres de plein droit (et des 4 membres associés) de l’ESA.
      En 2021, l’Italie contribuait pour 13 % au budget de l’Agence, la Hongrie pour 0,4 %. Pour comparaison, la Suisse en était à 3.8 %.

  2. alors vous êtes nationaliste extraterrestre? A vous lire le futur martien c’est le royaume des bisounours et là, d’un coup, l’Europe devrait être plus forte et, on peut rêver, prendre le pas sur les US. On est les meilleurs non?
    …. Alors dans la prochaine station martienne, que des européens? et quid des pas vraiment européens de l’est ou du sud? que des anglo saxons?
    Il me semble que vous voulez le beurre et l’argent du beurre….

    1. Simplement quand on dépend des autres on ne peut pas faire ce que l’on veut. Regardez la catastrophe de la mission ExoMars qui aurait pu être lancée en 2020 et qui ne le sera, au mieux, qu’en 2028.
      Par ailleurs, la capacité de faire comme les autres c’est la concurrence et cela stimule le progrès.

    2. « On est les meilleurs non? » Pas si faux que ça, surtout si on n’oublie pas que, malgré les circonstance actuelles qui nous en éloigne, la Russie est aussi européenne. Si on regarde bien l’histoire de l’astronautique, de Tsiolkovsky à von Braun. pour ne citer que ces deux noms (on pourrait aussi mentionner entre autres Esnault-Pelterie, Oberth, Korolev par exemple), ce sont bien souvent des Européens qui l’ont marquée. En tout cas, il ne fait aucun doute que l’Europe a la capacité de se mesurer à égalité de compétence avec les autres grandes puissances spatiales. La seule chose qui manque à notre continent est la volonté de « se mettre à la hauteur » et de s’en donner les moyens; pourquoi le budget de l’ESA est-il encore significativement inférieur à celui de la NASA et pourquoi les objectifs de l’ESA ne sont pas plus ambitieux? Le récent succès d’Artemis est d’ailleurs en partie non négligeable attribuable à l’Europe qui a développé le module de service (ESM), élément majeur du véhicule Orion.

      1. Vous oubliez le GRAND LOUIS DAMBLANC, l’ingénieur et inventeur (avec brevets des Français et Américains en 1936-1938) de la FUSÉE MULTI-ÉTAGES et plus de 200 vols de fusées à son actif de 1936 à 1941 en France 🇫🇷 et qui travaillait déjà sur les fusées de retour à atterissage vertical pour livrer les colis mais l’imbécilité de Vichy en a décidé autrement…

  3. Il faut déclencher la #Révolution #Mondiale #Environnementaliste pour détruire le #Capitalisme afin de sauver notre futur #naturel, tout en préservant l’#énergie grise et le #travail construit du #patrimoine de nos #aïeux.
    Détruisons le Capitalisme à partir d’aujourd’hui, le 18 décembre 2022. Achetons uniquement #LOCAL pour commencer, #éliminons tous nos achats inutiles et faisons de #Noël une fête NON COMMERCIALE.
    « Si l’#HUMANITÉ se #civilise en faisant UNE avec la #NATURE sur #TERRE, Elle pourrait commencer sa #DESTINÉE de civiliser en tout l’#UNIVERS. » François Donneur Rigal, FDR, #Président de l’#Alliance #Violette #Mondiale, 18/12/2022

    1. « Une fête de Noël non commerciale ».

      Je crois que les enfants et adolescents seraient bien déçus si sous le sapin ils ne découvraient que des surprises de fabrication 100 % suisse. Et quel serait l’éventail du choix pour répondre aux rêves des plus jeunes ? Pas de jouets, de beaux vêtements, ni un téléphone portable pour communiquer avec ses amis et assurer sa sécurité dans les mauvais moments… Même pas un vélo pour sa santé et celle du climat… Il reste alors la possibilité de s’offrir des oranges comme cela se faisait il y a longtemps dans les familles modestes, ou plutôt des pommes puisque les oranges viennent de trop loin.

      Les changements brusques de mode de vie et de sources de plaisir cassent l’âme, quand la raison ou le rêve veulent prendre le dessus dans le but d’une vie meilleure : c’est oublier que notre corps et notre psychisme sont intimement liés. Respectons notre psychisme et celui des autres qui peut différer dans la conception de ses rêves et désirs, nous le connaissons encore si peu à côté de ce que nous savons du fonctionnement de notre corps.

      1. Un sacrifice en 2022 pour des succès en ados et adultes en 2032, 2042 et 2052. En 1972, je n’avais que des jouets locaux, dont vélos (fabriqués à Montréal, mon ex-ville). Comme plus de 20% du PIB et de la main d’œuvre est l’industrie en Suisse, dont les fusées pour ma bonne ville d’Aigle actuelle, nous pouvons avoir une industrie de vélos de qualité…
        Finalement, les oranges 🍊 peuvent être remplacées par les 🥝 kiwis suisses et dans le futur du changement climatique par bien d’autres.. dont des oranges suisses! Merci, Dominic.

  4. La dépendance de l’Europe vis-à-vis des USA n’a pas été décidée par l’Europe elle-même. Les décideurs américains (Gouvernement, complexe militaro-industriel et lobbies) ont toujours fait pression sur leurs homologues européens pour empêcher toute indépendance de l’Europe dans le domaine des satellites de communication et de navigation.

    Le prétexte avoué était de ne pas permettre à des pays potentiellement ennemis (Chine et Russie notamment) de se procurer de la technologie astronautique donnant accès à des applications militaires. Le retard pris par Galileo en est un exemple emblématique.

    Si on oublie toute forme d’hypocrisie, le but réel était surtout économique et les moyens utilisés pour faire pression sur les décideurs de Bruxelles n’ont pas toujours été honnêtes. Les actualités récentes le laissent apparaître. Patrick Chappatte devrait faire un dessin sur le sujet.

  5. La diversité est une richesse. Si vous êtes chercheur et que vous avez une idée géniale à concrétiser, croyez-vous que votre proposition (qui peut-être sauverait l’espèce humaine) a plus de chances de se réaliser concrètement si peu de compagnies sont susceptibles de saisir l’intérêt de ce que vous dites ou voient dans votre suggestion la possibilité de devancer les autres challengers.. Parmi un grand nombre d’ingénieurs, vous avez plus de chances de trouver quelqu’un qui vous comprenne ou voie dans la collaboration avec vous la possibilité de surpasser les copains. Autre remarque: les américains, comme tout être humain, sont ambigus. D’un côté ils sont altruistes et soucieux d’humanité, de l’autre ils défendent leur richesse avec une âpreté de cow-boys d’autant plus ravageuse qu’ils sont puissants et craignent de ne plus l’être à l’avenir. Oui, une saine rivalité est bonne. Si les russes n’avaient pas envoyé les premiers des satellites, les yankees n’auraient -ils pas continué à roupiller sans se presser pour les dépasser. Peut-on espérer que lorsque les américains, les russes, les chinois, les japonais, les quatariens seront sur la lune, l’Europe sortira de ses torpeurs pour s’intéresser à l’espace plus sérieusement. Il vous reste à vous, journalistes, à convaincre avec plus d’efficacité. Avec 1945, la France, l’Allemagne, les pays de l’est ont développé une mentalité de vaincus et l’habitude de rentrer dans leur coquille pour une sécurité illusoire. Seul, un leader intelligent et énergique pourrait nous ouvrir les yeux… ou alors l’humiliation. Et il y a des priorités plus convaincantes: la défense, le manque de moyens, faire plaisir aux amis pour se maintenir au pouvoir, etc…Et tous ces chercheurs européens de haut niveau qui partent pour les US! Une nation occidentale rassemblant les US et l’Europe occidentale peut voir le jour (grâce à l’agressivité et l’entêtement irrationnel de la Russie, pays qui appartient à l’histoire européenne) mais nous y serons une sous-région. Est-il souhaitable que nous prenions conscience de tout cela?

    1. Je crois que l’épithète « extragalactique » n’est pas appropriée ici.
      L’hypothèse, encore à affiner, est qu’une galaxie naine, sphéroïdale ou elliptique (seulement 10’000 années-lumière de diamètre), nommée SagDEG ou Sgr dSph ou Sgr dE (découverte seulement en 1994 bien que l’amas globulaire M54 qui en serait le centre, avec un trou noir avéré, soit connu depuis 1778, par l’observation de Charles Messier) — qui est un satellite de notre Galaxie (diamètre d’au moins 120’000 années-lumière), et qui évolue sur une orbite polaire à seulement 50’000 années-lumière du centre de notre Galaxie (les Nuages de Magellan sont trois fois plus éloignés) en une période de près d’un milliard d’années —, a pu traverser de la sorte périodiquement notre disque galactique, ce qui se serait produit, entre autres, il y a 5,7 milliards d’années, « bousculant » ainsi le milieu traversé et ayant ainsi pu être la cause de la formation d’étoiles (par collapse gravitationnel de nuages de gaz interstellaire), dont peut-être notre Soleil ; mais l’âge de ce dernier n’est « que » de 4,6 milliards d’années (on a maintenant une fourchette assez précise : 4,5670 à 4,5682 !). L’hypothèse est certes intéressante, mais manque encore de preuves définitives.

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À propos de ce blog

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre du comité directeur de l’Association Planète Mars (France), économiste de formation (University of Virginia), ancien banquier d’entreprises de profession, planétologue depuis toujours

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