EXPLORATION SPATIALE - LE BLOG DE PIERRE BRISSON

Au commencement était un nuage, un gigantesque nuage de gaz moléculaire et d’un peu de poussière, d’une centaine d’années-lumière en étendue et de deux ou trois soleils en masse, comme il en existe partout dans l’Espace, matériau léger et froid provenant des origines mêmes de l’Univers, enrichi au cours du temps de quelques parties d’éléments lourds, « métalliques », forgés au cœur des étoiles-massives et libérés après leur mort.

« Un jour », comme l’ont théorisé Emmanuel Swedenborg (1734), Emmanuel Kant (1755) puis Pierre-Simon Laplace (1796), cette énorme masse immobile et passive fut animée par un événement extérieur fortuit, le passage d’une étoile proche ou l’explosion en supernova d’une étoile-massive qui ayant généré un vent puissant, souffla le nuage en l’enrichissant aussi d’un peu plus de matière. Le seuil critique de densité était atteint pour que la force de gravité intrinsèque à toute matière commence à faire son œuvre, que la concentration du nuage à peine esquissée se développe et s’auto-accentue et qu’un disque d’accrétion en rotation résultant de l’accélération de la rotation pendant la contraction, se forme autour des parties les plus denses et s’y réchauffe du fait de cette densité.

Le processus étant enclenché, rien ne pouvait plus l’arrêter. C’est au centre du disque que la densité était naturellement la plus forte et la température la plus élevée. Et c’est là qu’assez rapidement (une centaine de millions d’années) un astre ou deux devaient se former comme un enfant dans le ventre de sa mère. La masse seule devait déterminer leur puissance, c’est-à-dire leur capacité à générer une fusion nucléaire de l’hydrogène vers l’hélium plus ou moins importante. Pour notre système ce fut une « naine-jaune », c’est-à-dire une étoile de puissance moyenne (type spectral « GV ») et de durée de vie assez commune, soit quelques 10 milliards d’années…et sans doute un ou deux frères du Soleil dont nous ne savons rien sinon qu’ils sont probables et qu’ils ont dû partir vivre leur vie en fonction de leur masse, de l’influence des masses voisines et de leur vitesse propre autour du Centre galactique.

Aussitôt le feu allumé par la fusion, le Soleil, car c’était lui un des « happy few » qui naissaient, rayonna ; c’est-à-dire qu’il projeta au sein de sa sphère d’influence des particules résultant de son activité interne et rejeta au-delà de son environnement le plus proche les nuages de matière qu’ils n’avaient pas absorbés et en particulier les volatils, dont l’eau sous forme de cristaux. Celle-ci fut repoussée au-delà d’une certaine limite qu’on appellera la « Ligne de glace », située aujourd’hui au milieu de la Ceinture d’Astéroïdes.

Mais le Soleil n’avait pas épuisé la matière de son disque, même s’il en constituait et de loin, la plus grande partie, soit 99,86%. Ce disque continuait à tourner car une fois le processus de concentration du nuage initié, il ne pouvait s’arrêter puisque porteur de l’énergie cinétique liée à l’effondrement de ce même nuage dont il était issu. A l’intérieur, la matière, du fait de la diversité de son mixte de constituants en fonction de sa distance au jeune Soleil et de la vitesse générée par la gravité, ne pouvait y être homogène. Des tourbillons se formaient, des chocs multiples intervenaient, des attractions gravitationnelles de plus en plus puissantes s’exprimaient en fonction des masses en présence et de la distance à l’Astre central, tout ceci dans un « joyeux désordre » apparent mais toujours selon les lois universelles de la Physique (Lois de Kepler et de Newton).

C’est à plus grande distance du Soleil, au-delà de la Ligne de glace, par nettoyage et absorption de la quasi-totalité de la masse de leur environnement et notamment de leur orbite, que se formèrent d’abord les plus grosses planètes, les « géantes gazeuses », Jupiter, Saturne, Neptune, Uranus et peut-être la fabuleuse « Planète-9 » située entre Saturne et Neptune, car non seulement elles disposaient de la matière solide mais aussi des volatils à l’origine présents partout mais rejetés par le jeune Soleil au-delà de cette Ligne. En deçà de la Ligne, les masses étaient par définition sèches, sans eau libre (ce qui n’exclut pas l’eau chimiquement captive). C’est là que se formèrent ensuite les planètes telluriques, Mars, la Terre, Vénus, Mercure. C’était il y a quelques 4,6 milliards d’années.

Les étapes furent multiples. L’accrétion n’est pas quelque chose de simple dans un milieu occupé par d’innombrables masses différentes. Les plus grosses absorbent les plus petites à leur proximité mais en même temps elles se déplacent vers leur centre commun de gravité, leur barycentre. Certains chocs font éclater des astres déjà gros et les centres d’accrétion peuvent se recomposer différemment après impact et éjections. Enfin des zones entières peuvent être soumises à des forces gravitationnelles contradictoires qui empêchent ou limitent toute centralisation. C’est ainsi que la Ceinture d’Astéroïde se forma à distance respectable mais insuffisante de Jupiter et de Mars de telle sorte qu’elle ne put se concentrer en planète. Avant les planètes qui purent se former et après l’époque des astéroïdes, il y eut l’époque des planétoïdes. Certains fusionnèrent pour former ces planètes qui libérèrent de matière leur orbite. D’autres ne purent aller jusqu’au bout de cette évolution, ce sont aujourd’hui les planètes-naines (dans la Ceinture d’Astéroïdes ou la Ceinture de Kuiper, comme Cérés, Pluton ou Eris) et les gros astéroïdes.

Enfin la stabilisation fut longue et difficile. On pense ainsi (Alessandro Morbidelli, « le Grand Tack ») que Jupiter, après avoir concentré l’essentiel de la matière de sa zone mais toujours attiré par la matière voisine qui restait très abondante, « entreprit » de descendre vers la Ceinture d’Astéroïdes, région qui, vers le Soleil lui était la plus proche et où la matière était encore très diffuse. Jupiter entraîna sa voisine, Saturne, en amorçant sa descente et ce ne fut que lorsqu’une certaine résonnance fut établie entre les deux (trois rotations de Jupiter pour deux de Saturne) que les deux astres purent revenir de concert vers leur lieu de naissance. A l’aller et au retour elles capturèrent une bonne partie de la matière initiale de la Ceinture d’Astéroïdes et « chamboulèrent » le reste, remettant des corps glacés en deçà de la Ligne de glace toujours à l’intérieur de la Ceinture, ce à quoi le Soleil, un peu calmé de ses ardeurs juvéniles, ne put s’opposer. Quand les perturbations étaient trop violentes ces petits corps glacés étaient projetés en dehors de la Ceinture, soit vers le système planétaire externe soit vers le système planétaire interne et donc la Terre. Mais, comme dans toute manœuvre de ce genre, il y eut des excès ; c’est-à-dire des effets d’inertie ou de balancier. Jupiter descendit très bas vers le Soleil, jusque dans le domaine de Mars et captura beaucoup de matière à cette distance du Soleil, ce qui n’en laissa pas suffisamment à la future Mars pour devenir aussi massive que la Terre ou Vénus. Dans l’autre direction, après rebroussement, le retour du couple emporta Saturne bien au-delà du berceau de sa naissance. Neptune fut de ce fait éjecté au-delà d’Uranus et l’axe de rotation d’Uranus fut complètement perturbé (rotation rétrograde, sur un axe incliné de 97,7° sur l’écliptique). Certains pensent même qu’une autre géante gazeuse, qui s’était formée à distance respectable de l’orbite initiale de Saturne, fut, du fait de son retour, expulsée bien au-delà des autres planètes. C’est ce qu’on appelle la Planète-9 susmentionnée, qui serait aujourd’hui quelque part dans la Ceinture de Kuiper, ce tore d’astéroïdes trop lointain et trop immense (et ses composants animés d’une vitesse trop faible) pour avoir permis la création d’une planète unique sur son orbite bien qu’il soit peuplé de plusieurs planètes-naines de la taille de Pluton. D’ailleurs ces planètes naines résultent peut-être de perturbations créées par l’intrusion profonde de Neptune dans cette zone du fait qu’elle y avait été rejetée par le retour de Saturne. Du fait de ces bouleversements dans les Ceintures d’astres glacés, l’eau redescendit sous forme de pluies de comètes vers le Soleil. Et la Terre, comme Mars et Vénus purent jouir de ses bienfaits.

Les dés étaient jetés, les cartes distribuées, les rôles pouvaient se dérouler en fonction des positions de chacune des planètes par rapport au Soleil et de leurs dons ou aptitudes respectifs. La Terre, comme les autres, avaient ses potentialités sinon son destin. Compte tenu des circonstances particulières galactiques, compte tenu du dosage des composants chimiques les constituant, compte tenu de l’histoire ayant mené les astres jusqu’à ce point, beaucoup de voies étaient possibles. Ce qui est certain c’est que la Terre se trouvant alors dans la zone-habitable du Soleil et possédant de l’eau en plus des fameux éléments chimiques C,H,O,N (plus souffre, potassium, et quelques autres), elle devenait potentiellement habitable.

Cela a conduit jusqu’à nous au travers d’une multitude de vicissitudes, d’accidents, d’imprévus comme de possibles sinon de prévisibles. C’est précisément parce que la Vie a pris au bon moment les bonnes directions dans les multiples carrefours qui se sont présentés par accidents que nous sommes aujourd’hui présents sur Terre. Ces accidents étaient imprévisibles dans leur intensité particulière et dans le moment exact où ils survinrent par rapport à l’écoulement du fleuve de la Vie.

Certains voudraient que tout fut écrit. Je ne le pense pas. De la poussière à l’Homme il y a un très long parcours croisant de multiples carrefours, unique comme une empreinte digitale et qui s’est effacé au fur et à mesure qu’on a progressé. Il y a eu le Hasard et la Nécessité et aussi, lorsqu’il accéda à la conscience, la Liberté de l’Homme, sa Réflexion, sa Volonté et sa capacité de Faire. Maintenant on peut toujours s’interroger sur le Hasard, la Nécessité et l’issue de la Réflexion. Jamais nous n’aurons de certitude absolue sur la cause du résultat de ce cheminement absolument unique. C’est cela aussi notre Liberté. Le pari de Pascal a un bel avenir.

Comme quoi « On » peut tout faire avec la poussière, même l’Homme pour contempler le Ciel et se poser les questions qui lui sont essentielles.

Joyeuses Pâques!

Illustration de tire : Nébuleuse d’Orion, crédit NASA, ESA, M Robberto (STscl/ESA et al.).

Liens :

https://media4.obspm.fr/public/ressources_lu/pages_planetologie-formation/disque-protoplanetaire_impression.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9buleuse_solaire

22 réponses

  1. « Certains voudraient que tout fut écrit. Je ne le pense pas. »

    Pourtant, n’est-il pas écrit quelque part: « Tu es poussière et tu retourneras à la poussière »?

    Ce qui nous amène à votre phrase-amorce: «  »Au commencement était un nuage… »

    ..et à l’associer à une autre: « Au commencement était le Verbe. »

    Qu’il s’agisse de langage « propre » ou figuré, merci de nous déchiffrer de blog en blog celui de l’Univers et Joyeuses Pâques à vous.

    1. Merci A. Ldn de votre aimable commentaire.
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      Je n’ai aucun doute que nous sommes poussière et que nous retournerons à la poussière, comme tout organe vivant qui se déplace en surface, dans le ciel et dans les profondeurs de notre belle planète.
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      Ce que je voulais dire c’est que nul automatisme ne pouvait assurer, au « début », que le processus d’évolution de la Vie, conduirait jusqu’à l’Homme. Pour ne prendre que le dernier « accident de parcours », pensez vous que si l’astéroïde de Chicxulub n’était pas tombé sur la Terre il y a 66 millions d’années, les dinosaures auraient cessé de piétiner nos ancêtres, ne laissant aucune chance à l’apparition ultérieure des hominidés?

      1. Merci à vous pour votre réponse. je serais bien incapable de dire si les dinosaures auraient cessé de piétiner nos ancêtres si la chute de l’astéroïde sur la péninsule du Yucatan il y a plus de 66 millions d’années ne s’était pas produite ou si elle avait eu lieu à un autre endroit. D’ailleurs, les nouvelles théories qui cherchent à démontrer que la disparition des dinosaures non-aviaires aurait commencé avant cette catastrophe naturelle et serait due à d’importants changements climatiques, en particulier à une intense activité volcanique en Inde, semblent indiquer que l’impact de l’astéroïde aurait été non pas la cause, mais la « solution finale » (si l’on peut dire) à la disparition des dinosaures. C’est du moins ce qui ressort d’un article paru dans le « National Geographic » du 11 octobre 2021, « Dinosaures : nouvelles théories sur la cause de leur extinction » (https://www.nationalgeographic.fr/sciences/nouvelles-theories-sur-la-cause-de-lextinction-des-dinosaures).

        Ce qui me paraît bien plus préoccupant est le fait que si les cinq extinctions de la biodiversité passées, dont celle des dinosaures serait la troisième, ont toutes eu des causes naturelles, celles dans laquelle nous serions entrés et qu’Hubert Reeves qualifie de sixième extinction de la biodiversité a, elle, des causes d’abord humaines. Cette sixième extinction serait dix à cent fois plus rapide que les précédentes, selon le célèbre astrophysicien. N’est-ce pas ce que confirmait le secrétaire général des Nations Unies António Guterrez quand il déclarait à l’ouverture de la COP 15 sur la biodiversité à Montréal, en décembre dernier, que « ‘humanité est devenue une arme d’extinction massive »?

        A vrai dire, je crains beaucoup plus les déprédations de l’homme, ce loup pour l’homme, que celles des dinosaures (paix à leurs âmes).

        1. Je pense aussi que nous sommes bel et bien entrés dans la « sixième » extinction.
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          Nous le constatons tous les jours. La Terre ne peut supporter les 8 milliards d’individus que nous sommes à sa surface (et encore moins les 10 que nous allons être). Cela a déjà et aura encore plus, des conséquences aussi graves que l’ont été les catastrophes à l’origine des extinctions précédentes.
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          Nous sommes pris dans la tourmente et les individus isolèment ne peuvent arrêter le tsunami. La seule solution est sans doute le progrès technologique plutôt que dans l’arrêt brutal qui casserait tout, un pilotage de voiture de course dont le frein est quasiment inopérant, en quelque sorte.
          De toute façon, « c’est parti ». La seule consolation c’est que, si le pilotage échoue, la vie sur Terre continuera, une autre vie, sans nous. De toute façon, aucune espèce dominante passée ne l’est restée longtemps.
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          Pour ce qui est des dinosaures, oui je connais les préliminaires, le déversement des laves du Dekkan (les Trapps). Mais comme vous dites l’astéroïde a tout arrêté, un point final en quelque sorte. Pour l’Homme c’est pareil, l’apogée cohabite avec la décadence.
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          Dans d’autres extinctions, le processus a également été complexe. Je pense aux épisodes Snow Ball Earth.
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          C’est la vie, comme on dit!
          Alors il y a Mars, notre Arche de Noé. Mais aurons nous le courage et surtout le temps?

          1. Cet article paru aujourd’hui même dans « Le Temps » offre une vision moins pessimiste: « 9 milliards d’ici 2050, une population idéale? » (https://www.letemps.ch/opinions/9-milliards-dici-2050-une-population-ideale). A croire ses auteurs, le danger ne serais pas la surpopulation mais l’excès de consommation, et donc de destruction des ressources naturelles, par les 10% des plus riches de la planète.

            Depuis 1945, la population mondiale a plus que quadruplé. Mais pour avoir traversé de part en part l’ex-URSS, plus vaste pays du monde, au milieu des années 1970, j’ai pu constater qu’en dehors des centres urbains les neuf dixièmes de son territoire, dont le sous-sol ne manque pas de ressources, étaient inoccupés. De plus, la démographie russe actuelle est en baisse, ce qui donnerait des sueurs froides à Poutine et sa clique de va-t-en-guerre en cas de pénurie de chair à canon, paraît-il.

            Ne pourrait-on en dire autant des immenses territoires encore inoccupés en Amérique du Nord (pour avoir vécu une année entière au Midwest, j’avais l’habitude de parcourir des heures de route sans rencontrer âme humaine), en Afrique, en Asie et en Australie?

            La population n’est-elle pas en baisse dans les pays industrialisés? N’est.ce pas dans les régions à faible taux d’éducation que l’on continue à se reproduire comme des sauterelles? Comme le souligne l’article cité, n’est-ce dès lors pas par l’éducation et donc aussi par le progrès technique, à condition qu’il soit gardé sous contrôle et non laissé à lui-même comme cette automobile folle que vous évoquez, que l’on pourra combattre les dégradations du biotope? Et s’il peut contribuer à atteindre ce but, pourquoi pas un voyage sur Mars?

          2. Je n’aime pas les analyses qui rejettent a priori la faute (toutes les fautes) sur les plus riches. Les plus riches sont souvent les plus sensibles aux problèmes environnementaux et on peut déjà constater la prise de conscience générale du problème écologique par cette population. Les plus riches sont aussi ceux qui peuvent investir le plus utilement pour répondre à l’évolution de la demande (et ça tombe bien si cette demande est animée par une prise de conscience des problèmes écologiques qui nous sont posés). Les états ne sont pas des entrepreneurs et ils font des fautes énormes dans leurs plans d’investissement.
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            Ce qui m’inquiète plus ce sont les populations des pays pauvres (les mêmes qui sont à faible éducation et à faible accès à l’information). Pour ces populations, il n’y a pas de choix, il faut survivre, c’est à dire défricher, couper et brûler le bois, tuer les animaux sauvages qui subsistent pour les manger, faire des enfants pour qu’ils puissent prendre soin de vous plus tard (et parce que les moyens contraceptifs, on s’en moque car on a autre chose à penser). Regardez le Brésil, l’Indonésie, l’Afrique noire, le Maghreb ou l’Egypte.
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            Certes nous approchons du pic mais nous en approchons comme le Titanic de l’iceberg après avoir mis ses machines en propulsion rétrograde. Que va-t-il se passer dans les prochaines années et surtout « après », dans quel état sera la Terre? Il faudra qu’elle panse ses plaies. Le pourra-t-elle? Les dommages n’auront-ils pas été irréversibles pour l’homme comme pour toutes les espèces d’animaux et d’insectes? Quelles seront les conséquences sur le long terme des déséquilibres créés? On voit déjà les tensions qui montent, comme dans une population de rats enfermés dans des locaux trop petits.
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            Certes, il reste des déserts et de grandes étendues qui pourraient être exploitées mais l’homme moderne a de plus en plus besoin de machines pour vivre, même à la « campagne ». Ceci implique une concentration urbaine. Il ne faut pas rêver d’un retour de chacun à la charrue et une agriculture sans mécanisation et sans OGM (c’est à dire sans industrie chimique) serait incapable de nourrir les 9 ou 10 milliards d’individus qu’on nous annonce. Par ailleurs, sacrifier les dernières étendues vierges à notre survivance, serait criminel à l’égard de la Nature et l’occasion d’un massacre renouvelé des autres formes de vie.
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            Je dis cela car je doute que les bonnes mesures soient prises et qu’elles soient prises à temps. Il y a un virage à prendre et, pour reprendre l’image de l’automobile, nous allons très vite, peut-être trop vite. Dans l’article que vous citez, il est écrit:
            « Et si la communauté internationale investissait plus dans le développement économique, l’enseignement et la santé, la population mondiale pourrait arriver sous le niveau qui permettrait à chacun sur Terre d’avoir un accès viable à de l’énergie verte, un toit, à suffisamment de nourriture et d’eau. »
            Je reprends le « et si ». On peut toujours rêver ou avoir une vision rousseauiste de l’humanité (ce qui revient au même). Personnellement je ne l’ai pas.
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            Reste comme je le disais, une arche de Noé sur Mars, pour sauver quelques uns d’entre nous, les « meilleurs » bien entendu!

          3. La référence des auteurs de l’article aux « 10% » des plus riches me paraît aussi pour le moins partiale, sinon arbitraire. J’ai cité cet article sans parti-pris et me borne à constater les faits. Pas plus que vous, je n’aime les analyses qui rejettent a priori et sans preuves à l’appui la faute (toutes les fautes) sur les plus riches. Et je n’ai aucune sympathie pour les utopistes, dont on sait trop où leurs songes creux ont mené.

            Pourtant, je ne partage pas pour autant le catastrophisme ambiant, que je trouve de loin excessif et pas plus objectif que son contraire. Alors qu’on ne cesse de nous rabattre les oreilles sur la dégradation du climat et l’augmentation de la pollution, pour avoir encore en mémoire le nuage de smog, crasseux et brunâtre, qui s’élevait chaque après-midi au-dessus de Los Angeles et de sa région, où j’ai vécu dans les années soixante, sans parler de la pestilence qu’il engendrait, je ne peux que constater (sans être conducteur moi-même) qu’il a quasi disparu grâce, entre autres, à l’amélioration de la construction des voitures.

            Par ailleurs, avec les progrès de la médecine et ses impacts sur l’alimentation, les famines dues aux causes naturelles (sécheresse, entre autres) sont en régression et celles qui sévissent encore le sont par la faute de l’action humaine, à commencer par les guerres. Le chantage exercé par les belligérants dans le conflit actuel du Donbass sur l’approvisionnement des pays pauvres en céréales ne parle-t-il pas de lui-même?

            Peut-être suis-je un optimiste naïf à la manière de Candide, pourtant je ne désespère pas que les progrès dans l’amélioration des conditions de vie soient possibles. Sans doute suis-je trop terre-à-terre?…

            Mais je m’en voudrais d’abuser de votre hospitalité sur votre blog et m’arrête ici avec cette citation de Denis de Rougemont:

            « Définition du naïf dans les temps modernes: individu qui soutient des idées qui ne rapportent rien. »

          4. Vous n’avez pas abusé, cher A. Ldn. Je pense qu’il est important de bien se comprendre et cela implique de nuancer ses propos ou de les préciser si nécessaire.
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            Je ne désespère pas moi non plus, du moins totalement, de notre possibilité d’éviter l’iceberg. Mais je pense que nous sommes sur une ligne de crête. La sixième extinction est la première dans laquelle des êtres intelligents sont impliqués. On verra bien s’ils le sont vraiment (intelligents).
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            NB: Comme déjà, d’après le WWF, 70% des populations d’animaux sauvages (en effectif, pas en espèces) ont disparu entre 1970 et 2018, je pense qu’on peut dire que nous aurons bien une sixième extinction (elle est en cours). Le problème est de savoir quelles seront les conséquences pour l’Homme.

  2. Je ne peux que abonder dans votre sens, nous nous dirigeons certainement vers la fin de notre civilisation. J’en veux pour preuve la disparition quasi totale des insectes.
    Vivant dans un pays tropical d’Asie, je ne peux que constater que, comme en Suisse, pas un seul moustique écrasé sur le pare-brise de la voiture après 300 km d’autoroute et cela est vraiment inquiétant.
    Allons nous vers une famine ou d’autres calamités ?
    Même CHATGPT ne sait pas ! 😅
    Joyeuses fêtes de Pâques, malgré tout. 🙏

    1. Je viens de faire 400 km entre Suisse et France, alors que la température actuelle est sous les normales saisonnières (cf météo france) avec des gelées le matin), ma voiture était maculée d’insectes….

  3. EPFL (École polytechnique fédérale de Lausanne)
    When it comes to measuring how fast the Universe is expanding, the result depends on which side of the Universe you start from. A recent EPFL study has calibrated the best cosmic yardsticks to unprecedented accuracy, shedding new light on what’s known as the Hubble tension.
    Read more:
    https://actu.epfl.ch/news/a-new-measurement-could-change-our-understanding-o/

    Suivant les méthodes utilisées, les astronomes n’obtiennent pas les mêmes chiffres lorsqu’ils estiment la vitesse à laquelle notre Univers se dilate. Nos chercheur·e·s ont récemment trouvé un étalon de mesure cosmique permettant des calculs d’une précision et d’une fiabilité inédites.
    Article en français:
    https://actu.epfl.ch/news/la-mesure-qui-change-la-comprehension-de-l-univers/

  4. Juste un petit commentaire à propos de la population mondiale: Xinran, journaliste et auteure chinoise, a étudié les effets de la politique de l’enfant unique dans son pays. Très documenté et parsemé d’entretiens avec des personnes nées sous ce régime tout comme avec leurs parents, son livre, « L’Enfant unique », éditions Picquier 2016 pour la traduction française, est édifiant. 400 millions d’enfants  » économisés » sur deux générations n’ont pas eu que des retombées positives, notamment en raison d’un rite anthropologique que je vous laisse découvrir. Je me suis amusée à calculer le nombre d’individus que le monde moins la Chine aurait « épargnés » proportionnellement sur la même période… Bien sûr, comme tous les riches de l’Arche le savent, il ne suffit pas de calculer pour être heureux! Deux ou trois milliards d’êtres humains qui ne peuvent vivre dignement, en plus ou en moins, qu’est-ce que ça peut bien leur faire?

    1. Merci Madame de votre commentaire.
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      Certes la politique de l’enfant unique a eu beaucoup de conséquences négatives (j’ai travaillé sur et vécu en Extrême Orient et je connais le sujet). Surtout l’assassinat des fillettes à la naissance ou dans l’utérus de leur mère. Le résultat en Chine est un déséquilibre entre hommes et femmes qui est très malsain et dangereux. En Inde également les politiques de stérilisation dans les années 70 sous le gouvernement d’Indira Gandhi, ont eu des résultats honteux.
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      Ceci dit le mur démographique que nous sommes en train d’affronter et ses conséquences, manque d’eau et de nourriture, déforestation, pollutions de toutes sortes, migrations massives, est lui aussi effrayant.
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      Nous nous sommes faits piégés dans cette situation et il faut s’en sortir si nous voulons survivre en tant qu’êtres civilisés. Je n’ai pas de solutions miracles si ce n’est avoir recours à la raison autant qu’aux sentiments. Par exemple ne pas accueillir toute la misère du monde en Europe, comme les bonnes âmes voudraient le faire mais aider plutôt au contrôle des naissances dans les pays pauvres en même temps qu’on y investira pour produire les biens dont l’humanité entière a besoin. Ceci ne se faisant pas par exploitation abusive des pays pauvres, ni à perte pour les investisseurs (sinon ils n’iraient pas), ni en concurrence déloyale avec les pays développés (sinon ils deviendraient pauvres à leur tour). Pas facile, d’autant que les rivalités politiques pour s’approprier les ressources et le travail des plus pauvres, est déjà à l’œuvre et elle est féroce !
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      Pour ce qui est de l’Arche vous m’avez mal compris. Il ne s’agit pas de se sauver égoïstement en profitant du fait qu’on soit riche. Il s’agit de sauver une petite communauté représentative de l’humanité et qui puisse durer. L’argent ne sera pas le critère dominant du « recrutement » (il en faut pour le financement) mais la compétence. C’est vital pour une petite colonie (1000 personnes ?) qui doit fonctionner avec un minimum d’équipements, savoir les entretenir et en créer.
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      Il n’est pas certain que nous puissions franchir ce mur sans le faire s’effondrer sur nous-mêmes et il n’est pas certain non plus que nous ayons le temps de nous installer sur Mars pour y vivre de façon autonome. Il faut essayer…sinon nous retournerons en poussière.

      1. Cher Monsieur, merci de votre réponse. Je ne moralise pas un instant ni ne peux proposer de solution à part le partage un peu mieux programmé des ressources. Si j’ai cité l’enfant unique dans la perspective chinoise, c’est que ce pays, pas plus que nombre de populations du sud, ne possède de système de retraite – sauf exceptions, donc la pression sur l’enfant est énorme. (Aller prendre le thé avec Xi la semaine dernière alors qu’on est incapable de nourrir et de soigner toute sa population… ne manque pas de piquant. Ce qui ne signifie pas qu’il faille épuiser une population en allongeant le temps de travail!) Comme les travaux de mise au point de l’Arche sont loin d’être achevés, les mobiles de survie à l’Extinction de ceux qui seront sauvés pourraient avoir changé au moment d’embarquer. Pour rester en Chine, la décision de Mao de tuer tous les moineaux pour épargner les rizières à la fin des années 40 a peu retenti en Occident, surtout quand deux ou trois ans plus tard les insectes ont envahi les cultures, occasionnant la famine mortelle de dizaines de millions d’individus. Il faudra bien réfléchir avant de sélectionner les espèces privilégiées…

        1. Vous avez raison, l’imitation de la Nature (savoir ce dont nous avons besoin d’elle au minimum pour vivre) est difficile. Votre rappel de l’épisode des moineaux et des insectes en Chine est un bon exemple à cet égard. Mais définir la quintessence de ce dont on a besoin comme « support-vie » (ECLSS, pour Ecological Life Support System) est aussi une recherche passionnante (menée aussi bien à la NASA qu’à l’ESA, cf système MELiSSA). Mao Tse Toung ne l’avait certainement pas entreprise!
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          Les mobiles de survie pourraient avoir changé mais cela ne changera rien au fait que le nombre de places à bord de l’Arche de Noé martienne sera extrêmement limité et qu’il faudra bien quelqu’un pour faire tourner les machines. Ce sont ceux-là qui auront la priorité, sinon l’exclusivité, du droit au séjour. Avec un ami polytechnicien de Paris, nous avons fait une étude (parue dans le Journal of the British Interplanetary Society, en Février 2020) montrant qu’il faudrait 550 « staff » pour 1000 résidents. Les 450 « non-staff » étant des résidents payants (leurs dépenses étant nécessaires au financement du travail et de la vie des autres). Ces résidents dans un premier temps seraient des chercheurs payés par leur Université ou des ingénieurs travaillant à la mise au point d’équipements fonctionnant en milieu extrême, ou encore des artistes venus pour chercher une inspiration ou simplement des personnes évidemment riches (compte tenu du prix du « ticket ») voulant jouir d’une expérience particulière (moyennant rémunération versée à la Société d’exploitation de la Colonie ceux qui les accueillerait).
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          L’autonomie ne pourra venir qu’avec le temps. Le processus sera long mais tout progrès sera un gage de sécurité, compte tenu de l’éloignement. C’est pour cela qu’il faut commencer aussitôt que possible.
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          Concernant votre intérêt pour « un partage un peu mieux programmé des ressources », je suis très sceptique. Je suis contre la répartition administrative des ressources. Cela n’a jamais « marché ». Une personne doit être payée pour ce qu’elle fait (et ne pas être payée si elle ne fait rien de ce qui intéresse ceux qui pourraient la payer). Le revenu individuel provenant d’un travail fait partie de la motivation et ensuite (dans l’affectation des dépenses) de la liberté et son niveau doit dépendre de la rencontre entre l’offre et la demande. Cela est aussi dans l’intérêt d’une bonne gestion des ressources rares (y compris de celles des capacités de travail/production). Il est logique qu’une personne qui ne rend pas de service à la communauté à laquelle elle appartient ne soit pas payée. Mais comme on ne peut laisser un autre être humain dans l’indigence, un filet minimum de protection sociale est incontournable.

  5. Notons d’abord qu’il doit y avoir un certain plaisir à se faire peur. J’ai un peu de confiance en l’homme qui peut trouver des solutions pour s’en sortir. Et l’Arche se créera par la force des choses, par le hasard plutôt que par des critères plus ou moins contrôlés. Elle se crée déjà par la mort de malheureux qui souffrent de la pollution, de la pauvreté, de la faiblesse de nos connaissances médicales, etc…. Oui nous vivons une nouvelle extinction. Je lisais un article d’une revue au sujet de celle du permien où la chaleur, la mort des arbres causèrent un pullulement des bactéries dans les eaux, lequel aurait rendu les eaux mortelles. Mais nous savons maintenant filtrer les eaux, nettoyer les rivières. Cette extinction actuelle ne ressemble pas aux précédentes. Nous allons passer un sale moment. Il y a des victimes innocentes, des erreurs sont commises. Mais nos ancêtres aussi ont affronté bien des choses comme les glaciations, la peste, la faim et même ils ont survécu aux précédentes extinctions (J’admets que nous n’avions pas la même morphologie à cette époque). Le problème est que nous sommes dans l’incertitude et que peut-être on survivra sur terre à l’aide d’un scaphandre pendant un temps. Ça vaut mieux que de mourir. Cela en attendant d’avoir atteint un tel niveau de puissance qu’on soit capable d’extraire et stocker méthane et CO2 en énorme quantité, voire à extraire l’O2 comme cette expérience géniale sur mars. A ce propos, tout cela aura pour conséquence de nous forcer à une nouvelle créativité, à de nouvelles découvertes, à de nouveaux travaux. La conquête de Mars se fera, à moins que nous soyons pris de court par un astéroïde ou quelque catastrophe de nature inconnue. Je la vois comme une installation dans des tunnels où la vie ressemblera à ce qui se passe dans les sous-marins ou dans le Montréal souterrain. Certains trouvent cela abominable mais je note qu’on ne songe même pas à évacuer Montréal! En outre, cela nous obligera aussi à bien des inventions pleines de création de richesses et d’aventures dans ce monde où l’on commence à se sentir à l’étroit. Pensez aux expériences des rats confinés, prisonniers trop nombreux qui en viennent à se battre. La conquête spatiale nous fera mieux prendre conscience de notre situation, à des moments de solidarité peut-être quoique pas sûr. Bref l’histoire humaine continuera… Si Dieu le veut. Parce qu’il est en filigrane dans cette discussion. Il y a quand même un sacré ordre dans l’univers, un principe organisateur quasi rationnel, une volonté qu’il y ait quelque chose. Et si on en arrive à penser un jour, après bien des recherches, que nous sommes seuls dans l’univers, la question reprendra de son acuité. Mais qu’est-ce qu’on se sent seuls!

  6. @ Serge
    Intéressante question que celle que vous soulevez ici. Il s’agit de ce que l’on appelle la « tension Hubble », le fait que, selon les méthodes de calculs à partir de mesures de différentes données, on n’arrive pas à une valeur convergente pour le paramètre de Hubble actuel, soit la constante de Hubble, Ho.
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    Il y a actuellement, principalement, trois valeurs contraintes par des marges d’erreur et qui semblent ne pas pouvoir se recouvrir : 74,03±1,42 km/s/Mpc, 69,8±1,9 km/s/Mpc et 67,66±0,42 km/s/Mpc. Rappelons que Ho prescrit de combien la vitesse d’expansion de l’Univers (en km/s) augment avec la distance (en mégaparsec, sachant que 1 Mpc = 3,26 millions d’années-lumière).
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    Ces valeurs, incompatibles entre elles, paraissent vouloir signifier qu’il « manque quelque chose » dans la physique ; en premier lieu, on pense que le « principe cosmologique », qui implique l’isotropie et l’homogénéité des propriétés de l’Univers partout et dans toutes les directions à grande échelle, pourrait ne pas être absolument valable ; il y aurait donc comme des « bulles » d’espace vide qui auraient localement d’autres propriétés que leurs voisinages. Un autre fait, source de confusion possible, est que la notion de distance peut être ambiguë, sachant qu’il y a plusieurs sortes de distances, selon les méthodes de mesure : la distance angulaire, la distance lumineuse, la distance euclidienne, la distance propre et la distance comobile ! Il existe certes des équations reliant certaines d’entre elles, mais il faut retenir qu’elles ne croissent pas selon les mêmes lois, par exemple, lorsque le redshift (décalage vers le rouge), z, est la variable. C’est un sujet qui passionne aujourd’hui les astrophysiciens et la contribution de l’EPFL apporte un resserrement dans une fourchette d’incertitude, à ±0,9%, soit quelque ±0,66 km/s/Mpc pour une valeur de Ho = 73 km/s/Mpc. Le suspens va encore continuer !

  7. Alors, comme ça, vous avez en vain essayé d’ouvrir mon esprit? Trop drôle. « Une femme moderne » prête à faire un procès pour un mot de travers… D’abord, je n’ai jamais frayé ni avec la justice ni avec la police, n’ai jamais monté les marches d’un Tribunal ni jamais témoigné. D’autre part mon parcours professionnel ne fait honte à personne, des expériences dans des domains variés, y compris après l’AVS (une licence en lettres et un master en relations internationales IHEID, plusieurs formations continues certifiées.) Alors, votre insistance à essayer de prouver que votre Arche constitue la seule solution mais ne vous libère pas de l’angoisse de mourir comme tout le monde, désormais je m’en moque. Vous m’aurez appris une chose: c’est que l’échange sur des questions graves sur un blog, ce n’est tout simplement pas possible. Donc vous ne m’y lirez plus, et je vous en remercie!

    1. Décidemment vous ne me comprenez pas du tout.
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      D’abord sur la justice, vous avez mis en garde Jacques Neyrinck sur son blog par ces mots « J’espère que, ancien parlementaire sous la Coupole, vous savez qu’un blog n’est pas une zone de non-droit et que vous n’êtes pas libre d’inciter à la discrimination ». On pouvait donc légitimement avoir la réaction que j’ai eu.
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      Sur le fond, vous dites « votre insistance à essayer de prouver que votre Arche constitue la seule solution mais ne vous libère pas de l’angoisse de mourir comme tout le monde ». Ce n’est pas du tout de moi dont il s’agit. Je sais bien que je vais mourir, « comme tout le monde ». Ce que je redoute n’a rien de personnel. Ce que je crains c’est que notre belle aventure humaine s’arrête parce que nous n’aurions pas su gérer la crise civilisationnelle dans laquelle nous sommes entrés. L’arche est une possibilité d’échapper à la catastrophe totale (pas pour moi, qui ait passé l’âge, pour nous tous) mais ce n’est pas la seule solution. Si on peut aussi survivre sur Terre, j’en serais très heureux. Echapper à la catastrophe n’est pas non plus la seule raison d’aller s’établir sur Mars. La raison peut tout simplement être de donner un « coup de jeune » à cette civilisation, de nouvelles incitations, de nouvelles inspirations, induisant la création de nouvelles richesses (y compris culturelles) sous de nouveaux cieux.

      1. Merci Monsieur, c’est ça, contentons-nous de survivre sur terre! Un dernier mot: encourager à dresser des barbelés entre des êtres humains ou à en sélectionner une élite selon des critères irrecevables du point de vue de la loi et de la démocratie ne devrait être possible ni sur un blog ni ailleurs. D’où ma réaction. Que je ne regrette pas.

        1. « sélectionner une élite selon des critères irrecevables du point de vue de la loi et de la démocratie ». Cette phrase n’a aucun sens relativement au projet d’envoyer quelques hommes sur Mars.
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          Il est évident qu’on ne pourra y envoyer que des personnes qui auront quelque chose à y faire ou qui auront payé pour permettre à la base de fonctionner. Aller sur Mars ne sera pas un « droit » ni quelque chose qui va se décider à la majorité, de façon démocratique. C’est absurde.

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À propos de ce blog

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre du comité directeur de l’Association Planète Mars (France), économiste de formation (University of Virginia), ancien banquier d’entreprises de profession, planétologue depuis toujours

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