En Mai 2025 Elon Musk a fait devant les employés de SpaceX, un exposé sur son objectif pour sa société. Il en ressort très clairement que cet objectif est « aujourd’hui Mars, demain les étoiles » ou pour préciser le titre de son exposé (« The road to making life multiplanetary »), faire de l’homme une espèce multiplanétaire. Comme il le dit lui-même, Elon Musk a des tendances autistes avec syndrome d’Asperger et son plan pour atteindre son objectif est en conséquence aussi précis que possible. Pour la même raison, il est irrémédiablement déterminé à l’appliquer. Pour mieux faire comprendre le chemin qu’il a pris et qu’il veut continuer, je reprends ci-dessous les points principaux de son exposé qui porte, bien sûr, d’abord sur la concrétisation de la faisabilité du Starship. Il faudra en effet, un moyen pour transporter sur Mars le maximum d’équipements, en plus des hommes, pour leur permettre de vivre à partir des ressources locales.  

Elon Musk commence par un constat, la rapidité de l’avancement du projet : Starbase n’est sortie du sable de la plage de Boca Chica, à la frontière du Texas avec le Mexique, qu’en 2019 pour le premier test de vol du vaisseau Starship (« Starhopper »). Son concept n’avait commencé à être élaboré qu’en 2012. Le premier test de vol intégré (vaisseau plus lanceur), « IFT1 », n’a eu lieu qu’en avril 2023 (les 10ème et 11ème viennent d’être effectués avec succès).

Mon point de vue (« Mpv ») : Certains disent que le développement du Starship est beaucoup trop lent et que cette lenteur prouve l’impossibilité de le mener à bien. Compte tenu des dates données ci-dessus, de la nouveauté et de l’audace du concept, c’est un jugement que je trouve malhonnête intellectuellement. Par ailleurs, ces mêmes dates sont une démonstration manifeste des capacités d’Elon Musk.

Puis, il développe les perspectives :

(1) Le rythme actuel de production, dans la « Starfactory » (hangar-atelier adapté à la taille de la fusée) est d’un starship en deux ou trois semaines. Mais pour Elon Musk c’est de l’artisanat et il a décidé la production en série (sans oublier l’entretien ou les réparations). Elle sera effectuée dans une usine encore plus gigantesque, la « Gigabay », implantée sur le site de Boca Chica. Elle est en cours de construction. Une autre sera construite en Floride. L’objectif est de pouvoir produire trois starship par jour, soit mille par an.

Mpv : ce dernier chiffre est énorme. Il suppose non seulement des moyens de production mais aussi une utilisation (que va-t-on en faire ?). Vu la rapidité envisagée pour construire les starships, le fait qu’il n’y ait seulement que deux gigabays, n’est pas irréaliste. Pour ce qui est de l’utilisation de la production, Elon Musk en parle ensuite (et là, le pari est beaucoup plus risqué).

(2) Le lanceur, SuperHeavy, doit être réutilisable dans le délai d’une heure (« ou de deux ») de son lancement précédent (raison de sa récupération dans les bras de la tour Mechazilla plutôt que de le faire atterrir sur des pieds, au sol ou sur une barge comme le New Glenn). Pour ce qui est du vaisseau (« the ship »), Elon Musk veut faire la démonstration de sa récupération dans le courant de cette année, 2025. Il doit aussi pouvoir être utilisé, en tant que tanker, plusieurs fois par jour. L’objet de cette vitesse de récupération est de procéder à un maximum de lancements sur un minimum de temps pour obtenir une économie d’échelle maximum pour que « tout le monde » puisse se payer un voyage pour Mars.

Mpv : la faisabilité de la récupération et de la réutilisation du lanceur a été démontrée. Reste à mettre au point l’accélération du processus. Par ailleurs, puisque le lanceur a été récupéré, nul doute que le vaisseau pourra l’être aussi ; ce sera l’application de la même technologie.

(3) Le transfert d’ergols (80% oxygène et 20% de carburant) en orbite doit être démontré l’an prochain.

Mpv : C’est la démonstration la plus délicate qui reste à faire.

(4) Le moteur est évidemment un élément essentiel du dispositif. Le Raptor 3 a été testé au sol et sera utilisé en vol l’an prochain. C’est une merveille de technologie par sa simplicité, sa robustesse et sa puissance. Il ne requiert plus de protection latérale par bouclier thermique (la « jupe ») ce qui permettra une petite économie de masse. Surtout, cela diminuera les conséquences négatives des fuites d’ergols au niveau des moteurs puisqu’elles ne seront plus contenues dans un volume.

(5) SpaceX travaille aussi « depuis des années » à un bouclier thermique pérenne pour protéger le ventre du vaisseau. Il est important pour les missions martiennes car l’oxydation par l’oxygène y sera beaucoup plus forte (x2) que dans l’atmosphère terrestre et que les moyens pour le réparer/remplacer sur Mars seront plus difficiles à mettre en œuvre que sur Terre. Cette puissance d’oxydation est due à ce qu’en raison de l’importance du CO2 dans l’atmosphère martienne (95%), l’oxygène libre sera beaucoup plus abondant dans l’environnement d’un véhicule se déplaçant à haute vitesse dans cette atmosphère. En effet, dans les conditions de vitesse de rentrée, le CO2 atmosphérique se transformera en plasma ce qui forcera l’autonomisation de son oxygène. La quantité de CO2 implique que la quantité d’oxygène libre dépassera le double de celle présente dans l’atmosphère terrestre. NB : avec la vitesse, la faible densité atmosphérique martienne est transformée en plasma et la densité du plasma sera quasiment la même que si le véhicule se déplaçait dans l’atmosphère terrestre). Il faut donc trouver un matériau qui réfléchisse la chaleur, sans se déformer, se fissurer ou s’oxyder. Elon Musk est confiant sur la possibilité d’aboutir.

(6) L’anneau intermédiaire entre le lanceur et le vaisseau (« hotstage »), qui permet de commencer la propulsion du vaisseau immédiatement après l’arrêt de la propulsion du lanceur sans attendre son détachement (afin de perdre le moins possible de vitesse acquise), doit être intégré au lanceur après être allégé (en permettant de plus grandes ouvertures pour l’évacuation des gaz ultrachauds). Il pourra ainsi être récupéré et réutilisé avec lui.

Le lanceur Superheavy et le vaisseau vont continuer à grandir :

(7) Le Superheavy (version 2 ou « block 2 ») fait, depuis l’IFT7, une hauteur de 71 m (précédemment 69 m). Le block 3 fera 72,3 m. L’objectif est de 81 m. Il a une capacité d’ergols de 3650 tonnes et une poussée au décollage de 8240 tonnes force. Les objectifs sont respectivement de 4000 t et de 10000 tf.

(8) Le Starship vaisseau actuellement de 50,3m de haut, fera 52,1 m dans sa version 3. Ultérieurement SpaceX vise les 61 m et 9 moteurs au lieu de 6 (soit 6 au lieu de 3 RVac, et 3 RSL). La capacité de ses réservoirs d’ergols est de 1550 tonnes, sa capacité de poussée de 1600 tonnes force. Les perspectives sont une augmentation de 20%. Son bouclier thermique doit être beaucoup plus fin et mieux intégré à la coque (sans dénivellation ni indentations en bordure).

La Version 2 du starship est déjà suffisante pour rendre possible l’implantation de la vie sur une autre planète. La version 3 ne fera qu’améliorer cette capacité. Elle devrait être lancée à la fin de cette année 2025.

Mpv : Là je pense qu’on aura un peu de retard ! D’ailleurs Elon Musk la admis en Novembre 2025 puisqu’il prévoit le lancement de cette version 3 « avant juin 2026 ». Mais on voit bien la différence du block 2 avec le New Glenn dont la masse n’est que de 1500 tonnes et la poussée n’est que de 1700 tf.

(9) La capacité de placement en orbite de 100 tonnes actuellement, doit atteindre 200 tonnes en 2029 soit 2 fois la capabilité de la fusée Saturn V. Mais cette dernière était non réutilisable (un Superheavy+Starship non réutilisables plaçant 200 tonnes en orbite auraient une capacité de 400 tonnes). Pour ce qui est de la charge utile effective, ce sera 10 tonnes en 2026 ; 75 tonnes en 2029, 150 tonnes en 2031, 300 tonnes en 2033.

(10) La première étape d’utilisation en dehors du placement de transmetteurs Starlink sera une base sur la Lune, « Moon base Alpha » pour « faire de la recherche scientifique ».

Mpv : dans l’esprit d’Elon Musk, cette base lunaire n’est qu’une étape, une sorte de test montrant qu’on peut aller dans l’espace interplanétaire. Il restera à démontrer la capacité à embarquer une source d’énergie pour les voyages habités plus lointains.

(11) Le premier lancement vers Mars devrait avoir lieu fin décembre 2026 ou début janvier 2027, avec une probabilité de réussite de 50%, le préalable étant le succès du test du remplissage des réservoirs en orbite. Il s’agira de prouver que l’on peut aller jusqu’à Mars avec le Starship. On en profitera pour démontrer les technologies clefs pour le voyage et pour l’atterrissage. Et on enverra un minimum de véhicules (avec robots humanoïdes optimi) pour maximiser nos connaissances…dans le cas où l’atterrissage réussirait.

La seconde tentative, sur laquelle Elon Musk compte vraiment, sera la mission robotique lancée pendant la fenêtre suivante (2029). Il s’agira de faire atterrir les éléments nécessaires à l’infrastructure initiale de l’implantation, confirmer que les ressources de base sont bien disponibles localement, préparer les aires d’atterrissage pour la suite, livrer des équipements qui seront nécessaires pour la première mission habitée. Les équipages seront, comme fin 2026, des optimi.

Le lancement de 2031 sera encore une mission robotique. Il s’agira d’apporter les ressources pour extraire des matières premières du sol, construire des routes et des plateformes d’atterrissage, construire des habitats, augmenter les capacités de production et de stockage d’énergie (panneaux solaires aussi bien que générateurs à fission nucléaire).

Le lancement de 2033, sera la première mission habitée. Il s’agira de développer l’autonomie par rapport à la Terre, miner et transformer les ressources locales, développer une mobilité planétaire, installer un réseau de communication planétaire (dispositif Starlink).

Mpv : Personnellement je suis moins optimiste et envisage que la première mission habitée n’ait lieu qu’en 2035, après que deux missions robotiques l’aient préparée. La mission 2027 ne devrait servir qu’à démontrer la faisabilité du voyage, ce qui serait déjà beaucoup.

(12) Ensuite, à chaque fenêtre, SpaceX effectuera 10 lancements interplanétaires par jour. Chaque lancement devant permettre de mettre 200 tonnes en orbite, cela permettra, par fenêtre de lancements, de placer 1.500.000 tonnes en LEO et d’apporter 250.000 tonnes sur Mars.

La perspective plus lointaine est d’apporter un million de tonnes de charge utile par fenêtre.

En principe, selon Elon Musk, il serait possible qu’avec précisément un million de tonnes de charge utile, l’établissement humain sur Mars comprenant des centaines de milliers de personnes résidentes, puisse devenir autonome. Mais aujourd’hui, compte tenu de l’état peu avancé de la réalisation du projet, il n’exclut pas qu’il en faille dix millions et il espère qu’il n’en faudra pas cent millions. Avec un objectif de 250.000 tonnes par fenêtre de lancement, atteindre cette autonomie n’est pas hors de portée. Il faudra de toute façon faire en sorte que l’autonomie soit atteinte le plus rapidement possible pour sécuriser notre Civilisation en lui offrant un cadre de vie qui ne sera pas soumis aux mêmes risques de destruction que la Terre.

MPV1 : Je pense que sans attendre la sécurisation de notre civilisation, la sécurité des premiers résidents humains sur Mars exige que cette autonomie soit concrétisée le plus vite possible. Il ne faut pas oublier en effet que les transports physiques ne sont possibles, aussi bien à l’aller qu’au retour, que dans des fenêtres distantes d’environ deux ans.

MPV2 : C’est là que le projet de Jeff Bezos diffère de celui D’Elon Musk. Jeff Bezos ne veut pas coloniser Mars, il veut créer une île de l’espace comme l’avaient imaginé Oberth puis O’Neill. L’île de l’espace présente théoriquement l’avantage de pouvoir resituer une gravité terrestre, un espace viabilisé plus grand. Mais elle est certainement plus difficile à réaliser.

(13) Elon Musk parle enfin du choix du site et du moyen de financement. Pour le premier il exprime sa préférence pour Arcadia Planitia (voir mon article d’il y a quinze jours). Pour le second, ce sera les bénéfices tirés du réseau Starlink terrestre. Pour voir le lien et la volonté, il suffit d’ailleurs de regarder le logo de cette dernière société qui montre la trajectoire que doit suivre un vaisseau pour faire le voyage de la Terre à Mars.

MPV : Ceci est une réponse aux personnes qui s’inquiètent de l’énormité de la dépense que représente ce projet en craignant que notre société humaine en souffre. Il est clair dans l’esprit d’Elon Musk, que l’installation de l’homme sur Mars ne doit pas être une dépense à fonds perdus mais une entreprise « self-sustainable ». C’est l’intérêt d’Elon Musk en tant qu’entrepreneur et c’est un gage pour la pérennité de l’implantation. J’ajouterais aux ressources provenant des bénéfices de Starlink, les ressources tirées des prestations de services aux personnes se rendant et séjournant sur Mars (pour faire de la recherche planétologique, biologique, ingénieuriale, ou même créer un business compatible avec l’éloignement des planètes). Il y a là un « business » important possible. Que les contribuables terrestres (et notamment Français) se rassurent, les milliards de dollars/euros nécessaires pour démarrer la colonisation ne conduiront pas, comme les dépenses publiques générées par l’immobilisation de la vie économique pendant la covid, à un accroissement déraisonnable de l’endettement de tous. Pour les contribuables, l’avantage d’une entreprise privée sur une administration c’est que lorsqu’elle n’a plus d’argent, elle fait faillite. Agrandir le trou au fond du tonneau des Danaïdes est impossible ; tricher est impossible.

(14) L’objectif ensuite sera d’aller toujours plus loin, la Ceinture d’Astéroïdes, les lunes de Jupiter, d’autres systèmes planétaires. La terraformation est aussi mentionnée comme une (vague) possibilité dans le futur.

Mpv : Les commentaires sur Elon Musk dans les médias où sur les réseaux sociaux montrent que la plupart des Européens francophones ne comprennent pas ses motivations. Il suffit pourtant d’écouter ses diverses déclarations et de constater sa réussite économique et sa progression. Compte tenu du démarrage spectaculaire du Starship, je conseillerais aux sceptiques d’arrêter de ricaner quand on parle de lui. Pour le moment son parcours entrepreneurial est un sans-faute. Il a été visionnaire certes mais il a été aussi raisonnable et prudent, avançant pas à pas et à chaque fois disposant des moyens technologiques et financiers pour continuer à avancer. La boussole d’Elon Musk n’indique sans doute pas le Nord mais il ne dévie absolument pas de la direction Planète Mars.

Illustration de titre : une des « slides » de la présentation faite par Elon Musk aux employés de SpaceX en mai 2025. Crédit SpaceX.

Liens :

Article RTS:

https://www.rts.ch/info/monde/2025/article/elon-musk-cree-starbase-au-texas-spacex-s-implante-habitants-inquiets-29052263.html

Discours d’Elon Musk à l’occasion de la création de la municipalité de Starbase (26 Mais 2025): https://www.youtube.com/watch?v=vse4nvYdtQE

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15 réponses

  1. Aller sur Mars n’est pas un caprice de milliardaire mais une décision vitale pour l’espèce humaine vu les dangers locaux ou interplanétaires qui nous menacent à plus ou moins long terme

  2. Les dangers interplanétaires ?
    Je crois que c’est tout le contraire . Mars étant plus proche de la Ceinture d’astéroïdes que la Terre, les chances d’en rencontrer augmentent fortement et donc aussi celles de chutes de grosses météorites y sont bien plus élevées que sur Terre. La ténuité de l’atmosphère martienne contribuant peu à leur destruction et vaporisation en cours de chute.

    Cela dit, le point (5) ci-dessus m’interpelle :  » En effet, dans les conditions de vitesse de rentrée, le CO2 atmosphérique se transformera en plasma ce qui forcera l’autonomisation de son oxygène. La quantité de CO2 implique que la quantité d’oxygène libre dépassera le double de celle présente dans l’atmosphère terrestre.  »
    Une teneur de 95% de CO2 (le dioxyde de carbone qui, dans un plasma thermique ou chaud, commence par se décomposer en monoxyde de carbone et en dioxygène : 2 CO2 —> 2 CO + O2) dans une atmosphère extrêmement ténue de seulement 610 Pa de pression moyenne n’est en rien comparable aux 21% de teneur en dioxygène de l’atmosphère terrestre à 101 kPa de pression, soit 166 fois plus élevée.
    Comment arrive-t-on à cette concentration double en oxygène ?
    La moitié de 95% donne bien 47,5% qui, certes, est plus que le double de 21%, mais les conditions de concentrations absolues (en g/cm3, par exemple) sont fort différentes. Il manque quelques données plus quantitatives pour étayer cette affirmation.

    1. Le point concernant l’intensité de l’oxydation est choisi par Elon Musk pour justifier le travail que SpaceX mène actuellement pour renforcer la protection thermique de son bouclier.
      Une explication : quand la fusée pénetre un environnement gazeux, sa vitesse fait que les molécules qui le composent sont rapprochées les une des autres dans le temps. C’est cela qui réchauffe cet environnemen. Le rapprochement dans le temps crée une sorte de densification. On a le même phénomène lorsque un avion tombe dans l’océan. Au contact de l’élément liquide il se disloque en raison de sa vitesse. A une autre échelle, quand on plonge dans une piscine et qu’on « fait un plat », le contact amplifié par la vitesse, est violent et douloureux

  3. Bonjour a tous : je resume par le propos suivant : ELON MUSK est le SNEFROU de notre civilisation; meme demarche vers la perfection!

    Et meme remarque pour JEFF BEZOS .

    Et les responsables de ARIANE egalement brillants mais plutot MIKERINOS !

  4. De mon cote je viens de regarder le risque de corrosion engendre par le sol Martien riche en perchlorates: ce risque est reel surtout avec la chaleur degagee par les moteurs et le temps de sejour ,long sur MARS AVEC possiblement presence parfois d humidite : les pieds de STARSHIP sont en INOX qui peut etre « pique » sans parler de la carrosserie et surtout des moteurs. cela s ajoute aux risques deja evoques concernant la poussiere.

    1. Puisque, étant pharmacien, vous avez des connaissances en chimie, pouvez vous nous en dire plus sur les effets des sels de perchlorates? NB: Sur Mars, ces sels de perchlorates sont des perchlorates de calcium (Ca(ClO4)2).
      J’ai lu que certaines bactéries, dans un environnement humide, consomment les perchlorates et, de surcroît, libèrent de l’oxygène.

  5. le perchlorates de ca est tres hygroscopique et forme avec la moindre humidite des saumures super oxydantes ca attaque en particuler l inox ! les pieds des Vikings (atterrisseurs) n ont pas ete attaques parce qu ils sont semble t il en titane.
    Pour ce qui est des bacteries faut que je regarde l affaire !
    pour les autres questions : 1) keops a beneficie de l enorme travail de conception fait par son pere ce qui n enleve rien a son merite!
    2) Mikerinos: oui elle est tres belle mais plus petite disons moins audacieuse!
    SNEFROU a eu une enorme vision de grandeur et de perfection : durant tout son regne (dont on ne connait pas precisemment le duree ) il a bati plusieurs pyramides dont la romboidale un peu « ratee » puis la pyramide rouge carremment parfaite! du coup son fils a possede la technologie!
    Et vous voyez Elon MUSK ainsi que Jeff Bezos ont une vision de la conquete spatiale qui revolutionne pour l avenir nos possibilites aerospatiales.

    1. SNEFROU de la quatrieme dynastie fils de HOUNI MAIS celui qui a  » lance  » les pyramides c est DJESER 3EME dynastie mais c etait des pyramides a degre (escaliers) et Snefrou a voulu des pyramides plus hautes et a faces blanches et lisses ! la perfection!

      1. C’est comme Elon Musk qui ne veut plus de dénivellation entre les surfaces protégée et non-protégée de la coque du Starship et qui veut une ligne sans indentation à la limite de la surface protégée.

  6. oui Pierre Brisson ces bacteries existent elles reduisent les perchlorates et produisent de l oxygene. cela est interressant ! je viens de questionner gemini a ce sujet! c est tres rapide!

  7. Tout à fait d’accord pour envisager cette densification locale due à la vitesse. Mais dans l’atmosphère terrestre il en est de même.
    Rappelons-nous que la densité de l’atmosphère martienne au sol est de seulement 0,020 kg/m3 et celle de l’atmosphère terrestre de 1,217 kg/m3, soit 61 fois plus élevée. S’il y a densification dans les deux cas, pourquoi celle dans l’atmosphère de Mars devrait-elle être supérieure à celle de la Terre ?
    La teneur en O2 de l’atmosphère terrestre étant de 21% en volume, soit aussi 23% en masse, sa part dans la densité est de 0,282 kg/m3.
    La teneur en CO2 sur Mars étant de 96% en volume, soit aussi 97,5% en masse, sa part dans la densité est de 0,019 kg/m3.
    Comme le CO2 dans un plasma chaud se décompose en CO et O2, la fraction de O2 est de 36% et donc sa part dans la densité est de 0,007 kg/m3.
    Pour avoir le doublement annoncé, il faudrait mettre en jeu un phénomène qui accroît localement la densité d’au moins 2 x 0,282 / 0,007 = 80 fois par rapport à ce qui se passe aussi comme densification dans l’atmosphère terrestre. Serait-ce dû à une vitesse de chute 80 fois plus élevée ?

    1. Je comprends le raisonnement et ne peut répondre à la place des ingénieurs de SpaceX (ou du moins à la déclaration d’Elon Musk transmettant la position de ces ingénieurs).
      Ne faudrait-il pas introduire dans le raisonnement le fait que dans l’atmosphère martienne l’élément largement dominant (en dehors de toute considération de densité) est le CO2? Le fait que l’azote soit si important dans l’atmosphère terrestre n’atténue-t-il pas l’effet de l’oxygène?

      1. Oui, c’est exactement ce que j’ai fait avec ces calculs sur les concentrations respectives du dioxygène O2 dans les deux cas. Pour résumer, sur Terre, le O2 (23% en masse) est accompagné du N2 (75,5%), entre autres gaz, pour arriver à une concentration de 0,282 kg/m3 avant densification, et sur Mars, dans le plasma chaud de CO2, le O2 (36%) est accompagné du CO (64%), pour arriver à une concentration de 0,007 kg/m3 avant densification. C’est l’amplification nécessaire de 80 fois qu’il faudrait expliquer.

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À propos de ce blog

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre fondateur de la Mars Society des États Unis et ancien membre du comité directeur de l’Association Planète Mars (France), économiste de formation (University of Virginia), ancien banquier d’entreprises de profession, planétologue depuis toujours

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