EXPLORATION SPATIALE - LE BLOG DE PIERRE BRISSON

La situation est grave. Pour l’exprimer fortement et solennellement, Robert Zubrin1 dans « Une déclaration de décadence », article publié le 30 mai 23 dans le magazine Quillette2, la rapproche par le vocabulaire d’une autre situation créée le 4 juillet 1776 par un document célèbre, porteur, lui, d’espoir et de grandeur, la « Déclaration d’indépendance » des Etats-Unis. Vous pourrez lire ci-dessous ma traduction de cette « déclaration de décadence ». Le sous-entendu sur la différence d’époque et de perspective est lourd. Robert Zubrin le développe et j’y ajoute quelques commentaires personnels.

Dans son article, il fait état du danger extrêmement sérieux que présente le wokisme pour la conquête spatiale. En effet cette idéologie mortifère s’étend en Amérique du Nord avec une force et une rapidité surprenantes, comme un tsunami. Elle touche aussi bien les activités progressistes reposant sur l’ingénierie (donc l’astronautique), que la science, l’histoire, les relations sociales ou l’économie capitaliste moteur de notre monde. Le « poisson pourrit par la tête » et c’est le monde universitaire et généralement « intellectuel » de la plus grande puissance mondiale qui est le plus malade. Il ne faut pas croire que le monde « occidental » et l’Europe en particulier puissent être à l’abri. On sent d’ailleurs bien que les prémices de cette décadence y sont déjà présentes. Des minorités très actives sont pénétrées de ce wokisme, et il faudra lutter âprement, sans garantie de victoire, pour tenter de faire prévaloir le bon sens, la raison, la culture, sur les préjugés, les superstitions et les valeurs régressives.

Le support de l’article de Robert Zubrin, la « déclaration » susmentionnée qui justifie sa réaction, est Astrotopia (The Dangerous Religion of the Corporate Space Race), le dernier livre de la Professeure Mary-Jane Rubenstein. Cette dernière est enseignante en « Science et Religion » à l’Université Wesleyenne (Connecticut), un des piliers du monde universitaire américain. Fondée par des méthodistes en 1831, cette établissement a été longtemps considérée avec respect dans le monde entier pour sa rigueur et son sérieux. Mais aujourd’hui elle est célèbre pour son militantisme déconstructeur car outrancier en faveur des droits des minorités (néo-féministes, LGBT, Noirs, écolos-extrémistes, etc…) aussi bien dans les actions qu’elle organise que dans son enseignement. Elle reste, malheureusement pour la société américaine et indirectement pour nous-mêmes, extrêmement influente.

Je vous laisse lire.    

1) Robert Zubrin est ingénieur en aérospatiale, docteur en génie nucléaire de l’Université de Washington et fondateur de la Mars Society aux Etats-Unis. Il est aussi l’auteur de onze livres sur l’exploration spatiale, avec un intérêt particulier sur Mars.

2) magazine australien en ligne à vocation internationale, de réflexions et d’analyses culturelles.

 Article de Robert Zubrin

Une déclaration de décadence

Dans son nouveau livre « Astrotopia », la véritable cible de Mary-Jane Rubenstein, professeure de « religion et science dans la société » à l’Université Wesleyenne, n’est pas tant la course des entreprises à l’espace, mais les idées mêmes d’humanisme et de progrès.

L’historien français Fernand Braudel remarque dans Le Modèle italien que la « décadence » est ce qui apparaît dans une civilisation lorsqu’elle rejette les idées et idéaux qui constituent le socle de son origine puis de sa croissance. Dans Astrotopia: « The Dangerous Religion of the Corporate Space Race », Mary-Jane Rubenstein, donne précisément un exemple brutal de ce type de rejet, appliqué à tout ce que la civilisation humaniste occidentale représente ou a toujours représenté. Si vous pensez que le monde en a assez de la liberté, du progrès, de la science et de la raison, c’est le livre qu’il vous faut lire pour vous conforter.

La professeure Rubenstein commence par une attaque en règle des entrepreneurs spatiaux Elon Musk et Jeff Bezos, qu’elle décrit comme des représentants de l’avant-garde d’une nouvelle tribu de capitalistes pourris déterminés à exploiter et ruiner un système solaire « vierge », à leurs propres fins cupides. Cependant, sa véritable cible n’est pas tant la course des entreprises à l’espace que l’idée même que le développement d’autres planètes (ou même de la nôtre) pour répondre à nos besoins, constituerait un objectif positif.

En formulant cette critique, Rubenstein s’inspire de certains des derniers écrits de l’historien spécialiste du Moyen-âge, Lynn White Jr. (1907–1987), White lui-même ayant été un adepte de l’école de pensée créée par l’historien Charles Homer Haskins (1870-1937). Ce dernier, dans son ouvrage fondateur de 1927, La Renaissance du 12e siècle, réfutait fermement l’idée communément admise par les Lumières selon laquelle la période entre la chute du L’Empire romain d’Occident et la Renaissance italienne avait été un « âge sombre » au cours duquel il y avait eu très peu de progrès, dans les arts, la littérature ou quelque autre domaine que ce fut. White soutint les arguments de Haskin concernant les avancées culturelles médiévales, avec des études détaillées de progrès importants réalisés pendant cette période par l’invention de technologies concrètes (la rotation des cultures, la voile latine, l’étrier, la brouette, le rouet, la manivelle, les moulins à eau et à vent…) qui firent progresser les Européens médiévaux bien au-delà de ce qu’avaient accompli leurs ancêtres.

Mais White poussa les choses encore plus loin dans son article séminal « Technologies et inventions au Moyen Âge » paru en avril 1940 dans la prestigieuse revue américaine spécialisée, Speculum. Il y attribua la primauté de l’Occident dans la technologie, à la tradition « activiste » de la théologie occidentale, qu’il entendait comme « son hypothèse implicite de la valeur infinie de la personnalité humaine même la plus dégradée » et « sa répugnance à soumettre tout homme à quelques corvées répétitives que ce soit ». Ce sont ces idées chrétiennes, selon White, qui conduisirent les Européens médiévaux à leurs exploits sans précédent en matière de progrès technologiques. « La principale gloire de la fin du Moyen âge ne fut pas les cathédrales, ni les épopées littéraires, ni la scolastique, ce fut l’édification pour la première fois dans l’histoire, d’une civilisation complexe qui ne reposait plus sur le travail des esclaves, mais principalement sur des énergies dont la source n’était plus le corps humain ».

Ces idées étaient profondes. Mais en 1967, White changea de camp. Sautant à bord du bateau du mouvement environnemental en pleine accélération, il publia un nouvel essai, « Les racines historiques de notre crise écologique », dans lequel il soutenait que c’était précisément le progrès technologique guidé par l’humanisme chrétien qui était le problème : « Nous semblons nous diriger vers des conclusions désagréables pour de nombreux Chrétiens…La technologie moderne ne peut être expliquée, au moins en grande partie, autrement qu’une réalisation occidentale et volontariste du dogme chrétien de la transcendance et de la maîtrise légitime de l’homme sur la nature. Mais… la science et la technologie… se sont jointes pour donner à l’humanité des pouvoirs qui, à en juger par de nombreux effets écologiques néfastes, sont hors de contrôle. Si tel est bien le cas, le Christianisme porte une énorme part de culpabilité ».

Rubenstein répond à l’appel lancé par White pour abandonner l’idéal judéo-chrétien de domination de l’Homme sur la nature. Mais elle va beaucoup plus loin et mène son rejet de la valeur ajoutée par l’Homme jusqu’à sa conclusion logique. White proposait (seulement !) une éthique alternative basée sur la notion de « l’égalité de toutes les créatures de Dieu ». C’était déjà beaucoup et je ne pense pas que cela puisse fonctionner (comme Rachel, ma fille, me disait quand elle avait dix ans : « Tout ce que nous mangeons était autrefois vivant »). Mais peu importe ; Rubenstein insiste, elle, sur le fait que nous devons non seulement éviter de nuire aux autres créatures vivantes, mais aussi à la matière inanimée.

Elle écrit :

« Comme le dit le philosophe Holmes Rolston III, nous continuons à nous demander comment faire de l’espace extra-atmosphérique une « ressource », c’est-à-dire comment cet espace peut nous appartenir, alors que nous devrions nous demander (1) « pourquoi nous lui appartenons » et (2) « s’il s’appartient à lui-même ». »

« Pourquoi nous lui appartenons », c’est-à-dire pourquoi nous devons vivre en lui en étant attentionné et respectueux à son égard, à partir de notre toute petite place dans le cosmos infini ; pourquoi nous devons lui demander ce qu’il attend de nous plutôt que ce que nous attendons de lui.

« S’il s’appartient à lui-même », c’est-à-dire, les astéroïdes peuvent-ils accepter que nous en extrayions des richesses pour notre seul profit ? Mars et la Lune ne sont-elles là-haut que pour qu’on s’en empare ? les roches elles-mêmes ont-elles des droits ? ».

Je réponds :

Si les roches ont des droits, alors sûrement l’érosion est un crime. Comment la nature pourrait-elle être tenue responsable de tels méfaits ? Selon Hérodote, le roi de Perse Xerxès aurait fouetté les eaux de l’Hellespont après qu’elles se soient mal comportées. Pourtant, l’efficacité d’une telle action est plus que douteuse.

Rubenstein est consciente que certaines personnes pourraient ne pas être d’accord avec sa pensée sur ces questions, et elle distingue votre humble serviteur en tant que représentant de l’école adverse :

« Pour quelqu’un comme Zubrin », dit-elle, « ce genre de pensée est insensée ». « La Lune », dit-il, « n’a pas le droit de rester inchangée ». En fait, elle n’a absolument aucun droit car clairement la Lune est un rocher mort. Elle ne peut rien faire, ou vouloir faire quoi que ce soit ».

Je dois concéder à la professeure Rubenstein que son résumé de mon opinion sur cette question est exact à 100 %. Cependant sa réfutation de cette opinion me semble faible. Selon Rubenstein, la personnalité de la Lune est démontrée par le fait que ses roches contiennent des traces d’événements passés et que sa poussière peut nuire aux astronautes. Par conséquent, selon elle, la Lune possède à la fois mémoire et capacité de provoquer des actions. « En fait, la Lune pourrait même désirer des choses », dit-elle. « Compte tenu des problèmes respiratoires qu’elle a causés à nos astronautes et des problèmes fonctionnels qu’elle a causés à leurs machines, la Lune pourrait bien exprimer le désir géologique que les êtres humains restent sur leur planète d’origine ».

Ce serait en effet très impressionnant s’il en était ainsi, car il faudrait que la Lune ait non seulement de la mémoire, une capacité d’action et de désir, mais aussi qu’elle puisse avoir prévu de développer son système de défense de poussière anti-respiration des milliards d’années avant que les humains n’évoluent sur Terre. Je ne pense pas du tout que la théorie de Rubenstein se tienne. Après tout, si la Lune était assez intelligente pour faire cela, pourquoi aurait-elle choisi de se positionner si près de la Terre, devenant ainsi une cible facile pour une invasion ? Cela n’a tout simplement aucun sens.

Rubenstein prétend se soucier de la cause de la justice sociale et elle attaque notre effort d’ouverture de la frontière spatiale à partir du programme Apollo comme étant contraire à cet objectif. Pourtant, ses affirmations ne résistent pas à l’examen, et ceci non seulement parce qu’en fait l’Amérique a réalisé ses plus grandes avancées en matière d’égalité raciale depuis la Guerre-civile précisément pendant la période où elle a atteint la Lune. Le plus grand problème avec l’argument de Rubenstein est que l’idée de la valeur particulière des êtres humains – que ce soit sous une apparence religieuse comme image d’enfants de Dieu ou énoncée en termes laïques comme loi naturelle (sans utilisation d’hypothèse théiste) – qu’elle attaque si ardemment, est le fondement même du concept des droits fondamentaux de l’Homme.

Si les êtres humains ne sont pas considérés comme ayant une valeur infiniment plus grande que les animaux, sans parler des microbes ou des roches, alors il n’y a aucune raison morale pour qu’ils ne puissent être opprimés sans limite par quiconque est assez puissant pour le faire. De manière troublante, Rubenstein cite à plusieurs reprises, et positivement, le philosophe proto-nazi Friedrich Nietzsche qui gagna l’approbation des maîtres génocidaires du Troisième Reich précisément parce qu’il rejetait ces contraintes éthiques comme de simples chaînes mystiques dans lesquelles les personnes inférieures auraient enfermé leurs supérieurs. Comment quelqu’un peut-il prétendre être en faveur de la justice sociale tout en niant la valeur intrinsèque des êtres humains ? C’est quelque chose qui me dépasse.

L’idée de la nature divine de l’esprit humain que Rubenstein méprise tant est aussi la base de la science. Comme l’a dit le grand astronome de la Renaissance Johannes Kepler : « La géométrie est une et éternelle, un reflet de l’esprit de Dieu. Le fait que l’humanité communie dans cette géométrie est une des raisons pour considérer que l’homme est à l’image de Dieu ». Toute l’entreprise scientifique repose sur la conviction que l’esprit humain a la capacité de découvrir les lois de causalité régissant l’univers en utilisant le pouvoir de la raison. Rubenstein rejette cela, estimant que les explications ad hoc non causales et les superstitions concernant les phénomènes naturels, qu’elle qualifie du terme « savoir indigène », ont la même valeur que la science.

Rubenstein commet également un certain nombre d’erreurs factuelles dans son livre. Par exemple, elle déclare à plusieurs reprises que les hommes ont détruit la Terre. Cela ne peut être vrai. Je le sais parce que j’ai été sur Terre – en fait j’y suis en ce moment même et ce depuis 71 ans – et je suis prêt à témoigner sous serment qu’elle n’a pas été détruite. De plus, c’est un endroit beaucoup plus agréable à vivre aujourd’hui qu’il ne l’était lorsque je suis arrivé. Cette vaste amélioration des conditions de vie sur presque toute la Terre peut être démontrée dans toutes les mesures pertinentes, y compris non seulement le bien-être matériel humain, la propreté de l’environnement, la santé publique, la liberté personnelle et, oui, plus particulièrement l’équité entre les genres et les races.

Etrange peut-être à dire pour certains comme Rubenstein, mais cela a été accompli grâce à la poursuite continue de la connaissance humaine et de notre domination sur la nature, précisément le programme de construction d’une « civilisation complexe qui ne repose pas sur la sueur des esclaves mais principalement sur une énergie non-humaine » que Rubenstein choisit de condamner.

Musk, Bezos et nous tous qui essayons d’établir de nouvelles branches créatives de la civilisation humaine sur d’autres mondes, peuvent ou non réussir. Mais nous portons la bannière d’une noble cause, responsable de la création des plus grandes réalisations culturelles, politiques, scientifiques et techniques de l’humanité. Rubenstein appelle cela une « religion dangereuse ».

Elle n’est, hélas, pas la première à voir les choses ainsi.

Mes commentaires :

On se trouve ici, dans le livre de Mary-Jane Rubenstein et dans la critique qu’il suscite chez Robert Zubrin, dans une atmosphère religieuse assez typique de celle qui enveloppe la réflexion émanant d’une société américaine qui n’a jamais voulu séparer le religieux du profane. L’enveloppe de cette atmosphère est évidemment chrétienne mais chrétienne protestante. C’est-à-dire que son « livre sacré » est la Bible toute entière, tout autant l’Ancien-testament que le Nouveau, ce qui permet à Rubenstein de condamner la dureté du Dieu de Moïse (Deutéronome) en oubliant la leçon d’amour universel donnée par les Evangiles des apôtres de Jésus.

Sur cette base, Rubenstein, en bonne wokiste, se laisse emporter par la rage d’appartenir à une civilisation qui a dominé le monde parce qu’elle était supérieure aux autres en raison du choix qu’elle avait fait de donner la primauté à la raison. Il faut bien sûr admettre que cette force a souvent conduit notre civilisation à être cruelle avec les vaincus ou les plus faibles. Mais ces mauvais comportements appartiennent à l’Histoire. Ils ne doivent pas effacer les bienfaits que l’on constate aujourd’hui dont la source est incontestablement dans cette civilisation, et les perspectives positives que sa force créatrice ouvre toujours à la planète entière. Rubenstein ne prend aucun recul. Emportée par un élan purement émotionnel et totalement anachronique, elle « jette le bébé avec l’eau du bain » en plaçant au-dessus de notre civilisation fondée sur la raison, l’esprit-critique, la démonstration, la preuve, la discussion, les autres civilisations qu’on appelait autrefois « primitives » qui reposent simplement sur les croyances et la tradition, uniquement parce qu’elles ont été victimes.

Il en résulte de sa part, un refus général de tout le progrès technologique qui nous permet de vivre aujourd’hui si nombreux sur cette Terre, y compris bien sûr le capitalisme et la recherche du profit, sans dire une seule ligne des moyens économiques qu’elle propose pour que les populations puissent continuer à satisfaire leurs besoins les plus ordinaires tel que celui de se nourrir ou de se loger (sans parler d’acheter des livres comme le sien via Amazon partout dans le monde).

La conquête spatiale est condamnée « dans la foulée » comme l’expression d’un monde matériel, rationnel et viril. Mary-Jane Rubenstein n’est pas ignorante de l’astronautique et de ce qu’elle permet. Mais elle ne voit la perspective des vols habités dans l’espace profond et de la colonisation d’autres Terres que comme une menace pour ces astres (qu’elle va jusqu’à doter d’une personnalité consciente !) et comme une lutte d’égos d’entrepreneurs avides (et blancs !). Dans ce contexte, elle se moque de toutes les bonnes raisons que l’on peut présenter pour démontrer qu’elle pourrait servir à améliorer le sort de l’humanité.

La dernière phrase de l’article de Robert Zubrin est pessimiste et il a raison. La situation est grave non seulement pour la conquête spatiale mais pour l’avenir de l’humanité car la pandémie wokiste est toujours en pleine progression, dans un environnement psychologique mou où la résistance est faible car honteuse et pleine de remords de nature chrétienne, inculqués par les Evangiles !

Lien vers l’article en Anglais dans Quillette :

https://quillette.com/2023/05/30/a-declaration-of-decadence/

Lien vers une autre présentation (officielle) du livre Astrotopia:

https://nextbigideaclub.com/magazine/astrotopia-dangerous-religion-corporate-space-race-bookbite/37624/

Image à la Une : extrait de la bande annonce du film Seul sur Mars, réalisation Ridley Scott, production Kinberg Genre et Scott Free Productions.

Le Temps a arrêté sa plateforme de blogs le 30 juin 2023. Mon blog, “Exploration spatiale”, qui y était « chez lui » depuis près de huit ans a dû, comme les autres, prendre son envol pour migrer ailleurs plutôt que disparaître.

Vous me lisez donc aujourd’hui sur mon nouveau blog et je serais heureux que vous vous y abonniez.

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Le nouveau blog a repris toutes les archives de l’ancien (425 articles et 5500 commentaires)Pour y (re)trouver un article sur un sujet qui vous intéresse, cliquez sur :

Index
L’appel de Mars 23 06 06

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Vous pouvez aussi me lire sur contrepoints.org, porte-parole des opinions libérales en langue française (Contrepoints est un media avec lequel j’entretien une relation déjà longue) lorsque sa direction estime mes articles intéressant dans son contexte éditorial:

https://www.contrepoints.org/

Vous pourrez encore me lire, de temps en temps, dans les pages du Temps dans la rubrique “Opinions/débats” quand la Direction du journal le jugera utile pour son lectorat général.

A la semaine prochaine !

21 Responses

  1. Bonjour
    Etonnant tout cela ! je n etais pas au courant de l existence de ce mouvement ! mais bon des mouvements j en ai connu quantite dont il ne reste plus rien de nos jours de plus nos responsables disposent de tous les outils pour y faire face c est leur travail !

  2. Je ne suis pas sûr qu’il soit de bonne politique de répondre aux élucubrations de ces gens-là. Il est totalement inutile d’essayer de convaincre des personnes irrationnelles, aveuglées par leurs convictions. Comme on dit: « Tout ce que est exagéré est insignifiant » et c’est ce que pensera la majorité de nos concitoyens (cette idéologie semble d’ailleurs déjà en perte de vitesse, justement à cause de ses exagérations) et pour les autres, encore une fois, il n’y a de toute façon rien à faire. Laissons-les se ridiculiser et déconsidérer seuls, sans en rajouter et leur donner ainsi une importance qu’ils n’ont pas!

    1. Je voudrais partager votre optimisme mais j’ai du mal à le faire. En 1917 les bolcheviks étaient une minorité en Russie. Il ne faut pas sous-estimer les menaces de minorités déterminées, d’autant qu’en face il n’y a que très peu de résistance.
      .
      Si nombre d’universités américaines, lieux de savoir par excellence dans ma jeunesse, sont « tombées » et si les autres se taisent, nous risquons vraiment de retourner au Moyen-Âge. D’ailleurs chez M.A. Rubenstein les sorcières valent les scientifiques fonctionnant encore avec la raison. Malheureusement ce n’est pas un cas isolé. Lisez son livre, ça en vaut la peine!

  3. Je partage votre opinion selon laquelle les prises de position de Mary-Jane Rubenstein peuvent faire beaucoup de mal. Toutes les personnes qui sont contre l’exploration spatiale vont se regrouper sous sa bannière et ses arguments. Mais plus ou moins tard, son discours perdra son efficacité: on ne peut pas aller contre les idées fortes. Le goût de l’aventure est inné chez l’homme, le besoin de nouvelles connaissances. Il faudrait lui faire lire tous les arguments développés sur ce blog pour démontrer la nécessité de s’installer ailleurs que sur la terre (à traduire!) . Elon Musk a une fortune personnelle mais le priver du soutien de la NASA, du gouvernement US le retarderait énormément. Pourtant regardez comment les choses se sont passées autrefois: Spoutnik a dynamisé la jalousie américaine. Alors si les Chinois débarquent sur Mars ou les Arabes, vous croyez que Mary-Jane Rubenstein sera toujours écoutée? Il me semble aussi que les succès spatiaux sont extrêmement populaires aux US. La question est donc de voir comment vont s’établir les rapports de force entre les pros et les antis. Ce qui donnerait un avantage à cette dame serait la survenue d’un évènement grave nécessitant de grandes dépenses.
    Voyez aussi l’intérêt des Américains pour Mars là-bas:
    https://forums.space.com/threads/mars.61287/

  4. Et bien les wokistes ne vont pas etre contents d apprendre que le moteur nucleaire PULSAR est en cours d assemblage et ve permettre le voyage Terre-Mars en deux mois!

  5. Fantastique, mais le moteur nucléaire sera expérimental pendant longtemps avant de prendre le risque de transport de nombreux humains sur de grandes distances. Cependant il pourra faire ses preuves comme fusée-cargo pour amener rapidement des cargaisons jusqu’à Mars et retour.
    Belle (r)évolution.

  6. BONSOIR Monsieur Brisson
    Si j ai bien saisi le contexte MARY JANE RUBENSTEIN roule en automobile fait ses courses en grande surface paie avec une carte de credit utilise chaque jour son iphone et son ordinateur ,vit dans une maison climatisee et voyage en avion , se soigne a l hopital aves les dernieres technologies ? c est bien cela n est pas ?
    Cordialement

    1. Je crois que c’est encore plus grave. Elle milite pour la décroissance, le retour à l' »état de nature » et l’égalité des « savoirs » traditionnels avec ceux que nous avons développés grâce à la Science.
      .
      Le wokisme dur (qu’à mon avis elle incarne) est une sorte de pulsion de suicide collectif.

  7. Difficile d’empêcher la pluralité des opinions. Cependant elle serait beaucoup plus dangereuse si elle défendait une cause raisonnable du genre accorder plus d’argent à la recherche médicale, aux pays pauvres, à la lutte contre le réchauffement voire à la colonisation des fonds marins… Mais là, si son but est de vivre dans une caverne en chassant les lapins avec une hache de pierre taillée, je doute que son impact soit très grand. En fait, elle appartient au parti des gens qui veulent résoudre tous les problèmes se posant sur terre avant de dépenser de l’énergie… et des sous dans l’espace. C’est comme si Christophe Colomb s’était dit ; je ne vais pas en Amérique avant de connaitre tous les petits villages d’Europe. A nous de les convaincre! Il m’avait semblé que c’était un des buts de ce blog de démontrer qu’aller dans l’espace est non seulement raisonnable mais vital. Nous serons forcés à élaborer des technologies qui permettront de réguler le climat sur terre, nous trouverons des minerais qui nous donneront un niveau de puissance et des possibilités inatteignables avec les seules ressource de notre planète, nous aurons une assurance-vie en cas de catastrophe ici bas… Même si elle fait prendre du retard, cette dame, Musk a une fortune personnelle qui lui permettra d’avancer un peu (moins qu’avec de l’argent public). On n’arrête pas les idées fortes ni l’esprit d’aventure ou la curiosité scientifique

    1. Merci Martin,
      Vous écrivez « Il m’avait semblé que c’était un des buts de ce blog de démontrer qu’aller dans l’espace est non seulement raisonnable mais vital ». Certes! Je m’y efforce. Mais il y aura toujours dans nos sociétés, des gens comme Mme MJ Rubenstein qui sont totalement hostiles à ce que nous « sortions de notre berceau ». Ce n’est pas faute de mettre en avant notre intérêt à le faire, avec des arguments solides, c’est simplement qu’il est impossible pour eux de percevoir cet intérêt. Espérer les convaincre c’est comme vouloir amener des personnes qui sont construites intellectuellement pour vivre dans deux dimensions, à pouvoir envisager de vivre dans quatre (y compris celle du temps).
      .
      Le danger ce n’est donc pas que ces personnes ne puissent jamais être convaincues, elles ne le seront pas. Le danger c’est qu’elles n’entrainent avec elles les indécis ou bien prennent le pouvoir. Aux Etats-Unis c’est ce qu’on peut craindre, tant leur détermination et leur activisme sont forts (dans les cercles intellectuels ou dans le Parti Démocrate)…à moins que le mouvement anti-woke prenne rapidement de l’ampleur et ramène l’ensemble du peuple à la raison.

  8. Oui, il y aura toujours des gens qui ne pensent pas comme vous. Le tout est de rester raisonnable des deux côtés.
    Les Amish existent, ils sont en paix et n’empêchent pas les autres de préférer les autos et les moissonneuses-batteuses. Mais comme vous le dites il ne faut pas en faire une guerre de religion comme protestants contre catholiques autrefois. C’est un combat mais, à plus ou moins long terme, on peut espérer qu’on ira sur la lune er sur mars parce que c’est le sens de l’histoire

  9. Bonjour
    petites questions : Modifier les romans de Agatha Christy est ce du wokisme ?
    Modifier la declaration universelle des droits de l homme est ce du wokisme ?
    cordialement

    1. Je réponds oui sur le premier point et oui aussi sur le second, si vous m’interrogez sur le changement de « droits de l’homme » en « droits humains ». En Français, le terme « homme » est non seulement masculin mais également neutre (et s’applique aux deux genres).
      .
      Mais vos questions nous emmènent loin de l’espace. Dans ce domaine, mettre en avant le fait que l’on va envoyer sur la Lune une femme et une « personne de couleur » est du wokisme. Je trouve regrettable que l’on choisisse les astronautes en fonction non de leurs compétences ou de leurs mérites mais en fonction de critère de genre ou de race. Ceci dit, il était utile de décider d’envoyer une femme sur la Lune non pour appliquer un principe d’égalité mais parce qu’il y aura évidemment des femmes astronautes. Je ne vois aucune raison de les discriminer (ni négativement, ni positivement). Et si nous allons sur Mars, ce que j’espère, il sera psychologiquement et biologiquement indispensable que les deux sexes soient représentés de façon équilibrée, compte tenu de la durée de la mission.

  10. Oui absolument d accord; en fait j attends avec interet le point fixe des 32 raptors en simultane . Et je vois que le pas de tir a beaucoup evolue et tres rapidement ! Cela promet peut etre un decollage bientot pour notre starship !

    1. Je pense que SpaceX a intérêt à « assurer le coup » pour son deuxième essai et ne pas chercher à aller trop vite et brûler les étapes. Il est tout particulier important d’éviter qu’une éventuelle explosion du lanceur peu après son décollage ne provoque des dégâts matériels importants au site de lancement et, pire encore, au voisinage de celui-ci. Le relatif échec du premier lancement n’a rien de catastrophique, ni de vraiment surprenant dans une telle entreprise complexe, mais une répétition d’échecs amènerait de l’eau au moulin des détracteurs d’Elon Musk et pourrait rendre la FAA encore plus frileuse qu’elle ne l’est déjà pour autoriser des essais ultérieurs. Comme le disent nos amis italophones : « chi va piano, va sano e va lontano »!

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À propos de ce blog

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre du comité directeur de l’Association Planète Mars (France), économiste de formation (University of Virginia), ancien banquier d’entreprises de profession, planétologue depuis toujours

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