EXPLORATION SPATIALE - LE BLOG DE PIERRE BRISSON

La structuration et le lancement du MTI (Mars Technology Institute) et son complément le MTL (Mars Technology Lab) de Robert Zubrin dont je vous ai parlé dans mon blog le 7 octobre, se précisent. Vous pourrez lire en pj, la présentation (« pitch ») que Robert Zubrin m’a envoyée début novembre. Il s’agit avec ces deux instruments qui émanent de la Mars Society américaine, d’agir sur les plans financier, technologique et organisationnel afin de rendre possible la vie de l’homme sur Mars.

NB : « MTI » pour marquer l’analogie avec le MIT et « MLT », l’analogie avec les grands laboratoires de recherche existant aux Etats-Unis.

En préalable, Robert Zubrin souligne que nous installer pour vivre sur Mars (après deux ou trois missions habitées) sera problématique pour trois raisons : manque de main d’œuvre, manque de surface cultivable, peu de ressources énergétiques (absence d’hydrocarbures fossiles, aucun potentiel hydroélectrique, faible rayonnement solaire).

L’action du MTI va donc se concentrer principalement sur le domaine des biotechnologies, pour la production de nourriture, Robert Zubrin considérant que ce domaine requière moins de capital que les autres (nommés ci-après) et que pour le moment il n’est pas prioritaire chez les grandes institutions s’intéressant au spatial ou au comme on dit, au « NewSpace ». Les trois autres domaines qui feront aussi l’objet d’un intérêt du MTI (mais il sera moins systématique) seront (1) la production d’énergie, (2) la robotique et l’IA, (3) le raffinage des minéraux.

Le MTI sera un établissement à but non lucratif, une sorte de fondation financée par des donations (intérêt fiscal très important aux Etats-Unis), conçu pour sélectionner les concepts ou projets, faciliter leur financement, les piloter et les coordonner. Il s’appuiera sur le réseau mondial de la Mars Society pour les mener jusqu’à ce qu’ils puissent être l’objet d’un « spin-off » sous forme de sociétés « start-up » effectivement productives. Le MTI fera en sorte d’obtenir les droits de propriété intellectuelle pertinents pour ces nouvelles sociétés (brevets), contribuera à l’élaboration de leurs business plans, contribuera à la constitution de leurs équipes de direction et recherchera des investisseurs pour les financer à son côté en tant qu’actionnaires dans le cadre du MTL.

Le MTL sera une société à but lucratif, et pourra agir à ce titre comme une société industrielle et commerciale (ce qui lui donnera des droits dont ne bénéficient pas les sociétés à but non lucratif). Le MTL sera financé à l’origine à 100% par le MTI mais comme il sera « public » (actionnariat ouvert au public et coté en bourse), il pourra lui-même recevoir du capital d’autres sources et recherchera aussi des partenaires pour ses sociétés. Alternativement il commercialisera les licences obtenues au sein du MTI en résultat des recherches qui y auront été menées (brevets).

La structure est américaine et le plein avantage résultant du statut « à caractère non lucratif » du MTI ne profitera pleinement qu’aux résidents américains. Cependant l’avantage donné aux donateurs au MTI pour investir dans les spin-off n’est pas négligeable. Concrètement tout donateur au MTI bénéficiera d’un discount de 10% dans l’achat de titre des spin-off, proportionnellement au montant de sa donation. Par exemple, un don de 100.000 USD, ouvrira la possibilité d’acheter pour 900.000 USD un paquet de titres de 1.000.000 USD.

L’idée est donc de développer dès maintenant, sur Terre, une économie spatiale basée sur les technologies indispensables pour vivre sur Mars mais qui pourront aussi servir sur Terre. Lorsque l’homme sera installé sur Mars, les sociétés utilisant ces technologies transposeront naturellement une partie de leurs activités sur cette planète. Cela leur donnera les moyens de progressivement rendre les implantations martiennes rentables et donc autonomes financièrement par rapport aux financements publics terrestres (tout en pouvant continuer à faire appel aux capitaux terrestres en cas de besoin pour leur développement).

Lorsque, en 2018, dans le cadre du concours ouvert par la Mars Society US sur le concept d’une implantation martienne de 1000 habitants, j’étais allé présenter mon projet économique à l’University of Southern California, j’avais décrit une structure similaire. Je l’ai exposé dans ce blog. Il s’agissait pour moi, de créer (avec un noyau de capital constitué par Elon Musk) une « Mars Foundation » qui serait l’actionnaire initiateur et principal d’une « Compagnie des Nouvelles Indes ».

Cette structure de MTI proposée par Robert Zubrin me semble donc logique. J’espère qu’elle pourra être effectivement montée et qu’elle pourra prospérer. Les problèmes sont de deux types : le premier trouver des fonds, le second choisir de bons projets pour que l’argent investi soit productif de « retours » pour les investisseurs. Il ne faut pas en effet compter pour un développement de la vie humaine sur Mars fondé durablement sur la générosité publique. Cela ne pourrait pas jouer au-delà de quelques petites dizaines d’années.

Le second type de problèmes ne me semble pas insurmontable car il y a beaucoup de concepts bénéfiques pour la vie sur Mars qui de toute façon méritent d’être développés puisqu’ils seront également utiles (donc objets d’une demande solvable) sur Terre. Je pense en particulier, puisque c’est le domaine de prédilection de ce MTI, au projet BioPod développé par Barbara Belvisi dans le cadre d’Interstellar Lab (également décrit dans ce blog et qui rencontre beaucoup de succès). Le MTI ne pourrait pas ajouter grand-chose à ce qu’a déjà obtenu Barbara Belvisi et il ne servirait à rien de le concurrencer. Mais il pourrait être utile de l’aider ou plutôt de le compléter en développant des technologies nouvelles pour l’utilisation des cultures, la conservation des aliments, la transformation des protéines qui en proviennent, le recyclage des déchets, la production des coques dans lesquelles sont pratiquées les cultures à partir de matériaux martiens, la fourniture de lumière (intensité et couleurs) aux plantes selon les besoins, etc.

Par contre le premier problème, lever des fonds, me semble autrement plus difficile en dehors des Etats-Unis. Je ne suis pas inquiet pour ce qui est de la campagne engagée par Robert Zubrin dans son pays. Les Américains « riches » financent volontiers le NewSpace et avec de bons projets, Robert Zubrin trouvera des « bonnes volontés » pour devenir ses partenaires au sein du MTI, d’autant que les avantages liés aux donations aux fondations à but non lucratif sont extrêmement intéressants sur le plan fiscal. En Europe j’en doute car l’intérêt pour le NewSpace n’est pas du tout le même et les possibilités d’obtenir des exemptions fiscales, variables selon les pays, ne sont pas forcément intéressantes.

Je lance néanmoins un appel aux Européens francophones. Quand on investit, il s’agit bien sûr toujours de savoir où l’on met son argent mais le but me semble passionnant et certaines de ces start-ups peuvent devenir très profitables. Parlez m’en si cela vous intéresse et je vous mettrais en contact avec Robert Zubrin.

A ceux qui auraient quelques doutes sur les capacités de Robert Zubrin à porter un projet tel que la concrétisation du MTI, je répondrais qu’outre ses diplômes en ingénierie (Ms Université de Rochester, PhD Université de Washington) et son expérience professionnelle (fondateur de Pioneer Astronautics, société reconnue par la NASA comme conseiller et « fournisseur »), Robert Zubrin a été le mentor d’Elon Musk après qu’il eut vendu ses actions de Paypal dans les années 1990 et qu’il ait voulu entreprendre de concrétiser son rêve spatial. C’est en partie avec de l’argent de Zubrin que Musk à fait démarrer la Mars Society (en 1998) et c’est avec Zubrin que Musk a développé les concepts qui lui ont permis de lancer SpaceX. Vu les formations que l’association a dispensées de par le monde en raison des personnalités ingénieriales qu’elle a rassemblées, on peut dire sans exagération que la Mars Society a été une véritable université. Et puisqu’Elon en provient, on peut dire sans exagération que, sur le plan technologique, SpaceX a été le spin-off de la Mars Society, association que l’on peut, toujours sans exagérer, considérer comme l’embryon du MTI.

Si vous souhaitez rencontrer Robert Zubrin prochainement en Europe vous le pourrez en Janvier 2024. Il vient en Europe, en Angleterre et en France, et pourquoi pas en Suisse. Il me l’a proposé (sous réserve de rendez-vous le justifiant).

Lien avec son « pitch » :

231026 MTI Investor Deck

Pour (re)trouver dans ce blog un autre article sur un sujet qui vous intéresse, cliquez sur :

Index L’appel de Mars 23 10 04

Cet index reprend l’intégralité des articles publiés dans le cadre de la plateforme letemps.ch

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22 réponses

  1. L’initiative est intéressante, mais pour une entreprise (la colonisation de Mars) qui devrait concerner l’Humanité entière, je la trouve très (trop?) « US-centrée » même si je comprends bien qu’il y a des raisons financières derrière ce « montage » MTI/MTL « américain ». Je ne suis pas sûr non plus que le choix des initiales « MTI » soit très heureux, la confusion avec le MIT va être permanente (que pense d’ailleurs cette institution de cette utilisation de ses initiales, même si c’est dans le désordre?).
    Sur le plan technique, je supporte entièrement l’idée que seule l’utilisation de l’énergie nucléaire permettra de supporter une colonisation de la planète rouge sur le long terme. Mais pour longtemps encore probablement, ce sera sur la base de la fission et non de la fusion. Malgré les nombreuses décennies de recherche et les sommes colossales englouties, cette dernière n’est toujours pas maîtrisée sur Terre. Et personnellement je doute que la voie de développement principale, et presque unique, actuellement suivie, celle des Tokomaks utilisant la réaction D-T (deutérium-tritium), soit la bonne pour réaliser in fine des réacteurs de fusion commercialement viables (par contre pour faire la démonstration de la possibilité de produire au moins autant d’énergie par réactions de fusion que l’on doit en investir pour cela, c’est l’approche la plus prometteuse, car la plus « facile » à réaliser, en théorie). Une machine toroïdale, entourée d’enroulements magnétiques complexes, dont il faudra changer relativement souvent (1 – 2 ans) la première paroi contaminée au tritium radioactif sera plus souvent arrêtée pour entretien qu’en fonctionnement! Je ne comprends pas bien d’ailleurs la pertinence de relever qu’il y aurait 5 fois plus de deutérium sur Mars que sur Terre (d’où vient ce chiffre d’ailleurs et qu’est-ce qui l’explique?); la ressource en deutérium n’est pas un problème sur Terre, il y en a des quantités énormes dans l’eau des océans, c’est le tritium qui pose problème, car presque inexistant à l’état naturel. Je crois plus à l’approche fusion-inertielle (et pas seulement parce que c’était lié au sujet de ma thèse de doctorat à l’EPFL 🙂 !) qui conduit à des installations plus faciles à contrôler et maintenir, et semble d’ailleurs bénéficier récemment d’un net regain d’intérêt. Mais de toute façon, ce sera au mieux pour une deuxième phase de la colonisation, … si celle-ci a bien lieu et dans un délai pas trop éloigné.

  2. @PAH
    Néophyte en NUKE, on lit souvent que le Thorium est prometteur sur Terre et abondant pour la fission.
    @Pierre
    Solution adéquate pour Mars, aussi pour minerai?

    1. Bonjour Serge, La Terre et Mars ont été créées à la même époque, avec les mêmes matériaux de base, elles ont donc toute deux des compositions identiques en ce qui concerne en particulier des matériaux comme le thorium. Mais sur Terre, des processus complexes, liés à l’érosion entre autres (et même à des phénomènes bio-chimiques), ont conduit à des concentrations locales à teneurs plus élevées et donc plus « rentables » à exploiter. Je ne pense pas que cela ait existé sur Mars. A noter à ce propos que contrairement à l’uranium naturel, qui contient une part d’uranium-235 fissile, le thorium (thorium-232) n’est pas du tout fissile, il faut d’abord le transmuter en uranium-233, fissile, pour pouvoir l’utiliser dans un réacteur de fission. Comme l’uranium-238, principal composant de l’uranium naturel (env. 99,3 %), peut être transmuté en plutonium-239 fissile. Le thorium n’est donc pas un combustible nucléaire à proprement parlé (ce sont l’uranium-233, l’uranium-235 et le plutonium-239 qui le sont).

  3. La NASA (déjà subventionnée par l’Etat américain) ou Elon Musk comme constructeurs de fusées n’auront-ils pas en fin de compte le pouvoir de décision sur ce qui se fera ou non sur Mars? Dès lors le MTI sera-t-il autre chose qu’un fournisseur de fonds et d’idées complémentaire?
    Peut-on être sûr qu’il y a ou qu’il n’y a pas de minerai d’uranium sans creuser sur Mars?
    On pourra quand même envisager un ravitaillement en combustible depuis la terre. Quand on lance un projet, il faut s’en donner les moyens.
    Cultiver sur Mars va poser des problèmes de température, arrosage, protection des radiations… Tous problèmes dont on discute ici depuis certaines pages. La question est aussi y a-t-il eu de la vie autrefois sur cette planète? Si oui, peut-être y a-t-il quelque part du sol cultivable

  4. J’abonde dans le scepticisme de M. Haldi sur la fusion sur Mars.
    Il est vrai que l’abondance isotopique du deutérium (rapport D/H, en nombre) est « seulement » de 156 ppm sur Terre ( soit aussi 1 deutérium pour 6420 protium, ou proton !) et de 930 ± 170 ppm sur Mars (donc 5 à 7 fois plus élevée) — les teneurs en ppm (en masse) valent le double, car la masse du deutérium vaut deux fois celle du protium — ; cela est dû à ce que la planète Mars a perdu surtout son hydrogène sous forme d’eau (car l’eau légère s’évapore en premier, l’eau restante s’enrichit surtout en HOD et aussi, mais très peu, en D2O…). L’atmosphère de Mars n’a plus que 210 ppm (en volume) d’eau dans son atmosphère (faite à 95% de CO2), donc 86 ppm (en masse) d’eau. La masse de l’atmosphère martienne étant de 2.5 10^16 kg, la teneur en deutérium est de seulement 4 millions de tonnes. Ce n’est quasiment rien par rapport aux réserves de deutérium sur Terre : 5 10^13 tonnes dans les 1,4 10^18 tonnes d’eau des océans…
    L’argument des « 5 fois plus présent » (« Deuterium is 5 times as common on Mars as it is on Earth… « ), à la p. 7 du document MTI Investor Deck est donc tout à fait fallacieux. Il faut le faire supprimer.

    1. Merci M. de Reyff de confirmer qu’effectivement l’affirmation selon laquelle le Deutérium serait 5 fois plus présent sur Mars que sur la Terre n’a pas de sens. En outre, je le répète, ce sont les ressources en tritium qui posent problème (pour le seul type de fusion que l’on peut espérer maîtriser « prochainement », la fusion D-T), pas celles en deutérium. L’affirmation citée précédemment n’a donc non seulement pas de sens, mais ne présente en plus guère d’intérêt.

    2. Réponse de Robert Zubrin sur l’abondance de deutérium sur Mars:

      « Not correct. The relevant metric is not to the total amount of deuterium present on Mars but its concentration in water.
      Water is easy to find on Mars. »

      Ceci dit je partage votre opinion sur la fusion. Pour le moment son bilan énergétique est au mieux neutre. Donc on en reparlera plus tard. L’objet du MTI est principalement la recherche en biotechnologies. C’est cela sur quoi il faut se « focaliser ».

      1. Contrairement à la répons de M. Zubrin, je maintiens que la phrase : « Deuterium is 5 times as common on Mars as it is on Earth » est incorrecte et spécifiquement trompeuse.
        Il faudrait parler précisément d’abondance isotopique, et non pas de disponibilité, car « common » veut bien dire « courant », ce qui n’est de loin pas vrai sur Mars, comme on l’a vu quantitativement ci-dessus.
        La phrase en question, typiquement de formulation publicitaire, ne peut pas être comprise par le lecteur peu averti dans le sens tel que l’écrit dans sa réponse M. Zubrin. La « relevant metric » n’est pas indiquée dans le texte publicitaire. Il faut donc l’amender pour être honnête. De plus, l’eau sous Utopia Planitia n’est pas encore facilement extractible et exploitable. Rien à voir avec l’eau de nos océans dont on peut extraire directement et facilement les 32 g de deutérium par mètre cube. Dans un calcul correct il faudra prévoir tout le bilan énergétique, donc l’énergie totale à investir pour cette extraction à partir de l’eau martienne souterraine.
        J’aurais aussi des réserves sur la page suivante du document MTI Investor Deck, parlant de l’énergie de fission, comme si le thorium allait être demain la panacée. On le voit déjà dans sa mise en œuvre ici sur Terre !
        C’est bien méconnaître la difficulté de mise en place d’une nouvelle filière nucléaire. De toute façon, le thorium (Th232 étant un isotope fertile et non fissile) demande obligatoirement une « allumette » nucléaire fissile, en l’occurrence du U235 ou du Pu239, pour commencer à être transmuté en U233, lui, bien fissile… Il y a, de fait, peu de différences, avec l’emploi du U238, transmuté en Pu239. L’abondance du thorium est certes 3 à 4 fois celle de l’uranium dans la croûte terrestre, mais par, contre, il n’est pas soluble dans l’eau de mer où l’uranium est abondant, car soluble. De plus, tous les produits de fission de U233 ne sont pas plus « agréables » que ceux de U235, je pense au très pernicieux Tl208…
        Mais je crois que M. Haldi pourra, de son côté, nous en dire plus.

        1. C’est en effet ce que j’avais indiqué dans ma réponse à « Serge » (et qui répond d’ailleurs aussi au dernier commentaire de « Martin », 13.11.2023, 12h11, pour ce qui est des ressources respectives en matériaux de base sur la Terre et Mars). Le thorium-232 est, comme l’uranium-238, un matériau fertile (transmutable en combustible nucléaire par réaction neutronique) et non pas un matériau fissile, donc ce n’est pas en lui-même un combustible. Et, c’est juste, développer une nouvelle filière nucléaire et son cycle du combustible n’est de loin pas une mince affaire (sinon, ce serait déjà fait)!
          Je suis assez étonné du peu de rigueur de la présentation du MTI annexée (sigle que je continue à ne pas trouver très heureux par ailleurs car je me demande s’il ne va pas créer des problèmes avec le MIT), qui fait trop « publicitaire ». On peut défendre une telle initiative sans verser dans un marketing de niveau approximatif. Ce n’est pas comme ça que l’on va attirer des investisseurs sérieux.

  5. Un complément chiffré intéressant.
    En novembre 2016, la NASA disait avoir détecté de la glace souterraine dans la région d’Utopia Planitia. Le volume d’eau détectée a été estimé être équivalent au volume d’eau du Grand Lac Supérieur, qui est de 12’200 km^3, soit 1,22 10^13 tonnes d’eau ! Ce volume contiendrait donc à lui seul près de 5’700 fois plus d’eau que toute l’atmosphère martienne (qui recèle « seulement » 2,15 10^9 tonnes d’eau), et donc autant de fois plus de deutérium qu’elle, soit près de 23 milliards de tonnes. Combien de tels volumes souterrains existe-t-il sous la surface de Mars et combien d’eau au total y est encore piégée ?

  6. Faire des hypothèses n’est qu’une variante de la science-fiction, aussi étayé scientifiquement que ce soit. Il faut aller sur Mars et creuser. Nous ne pouvons pas être sûrs que cette planète a connu il y a quelques milliards d’années un état comparable à celui de la terre, pendant combien de temps, avec quelles différences et conséquences, à quel point ce qui en reste a été protégé

  7. Un point encore, je n’avais pas bien examiné jusqu’ici la « slide » comparant LWRs et LFTRs, qui est difficile à lire (petits caractères). Là encore, la présentation est TRES schématique et approximative, avec en particulier la totalité du combustible usagé dans le cas des LWRs supposée devoir être stockée pendant des dizaines de milliers, voire des millions d’années (sans indiquer qu’une partie peut-être retraitée et que les actinides pourraient ultérieurement servir de combustible dans des réacteurs ad hoc), alors que la séparation entre déchets de durées de vie différentes est faite dans le cas des LFTRs. S’il est vrai que la production d’actinides supérieurs de longue durée de vie est nettement plus faible dans ce dernier cas que dans le cas des LWRs, elle n’en est pas nulle pour autant contrairement à ce qu’indique la « slide » en question. Elle suppose aussi que 100% du thorium-232 peuvent être convertis en U-233, ce qui n’est évidemment pas le cas. On a l’impression d’un « constat établi à charge » au détriment des LWRs (technologie effectivement non « idéale » il est vrai sur bien des points cependant) afin de promouvoir la technologie LFTR plutôt que d’une présentation scientifique complète, rigoureuse et objective. Dommage pour la crédibilité de la présentation.

    1. Je partage totalement cette désagréable impression. C’est vraiment regrettable, car ces biais de présentation de deux thèmes technicoscientifiques (surabondance du deutérium et panacée du thorium) me font soupçonner qu’il pourrait y en avoir d’autres…

      1. Je comprends votre déception et la méfiance qui en résulte. Je regrette moi-même que Robert Zubrin ne s’en soit pas tenu à ce qu’il avait annoncé, la recherche en biotechnologies pour permettre la vie de l’homme sur Mars.

  8. @PAH question: NAARA/XAMR pour Mars?

    BARD:
    Le réacteur nucléaire Naarea, également connu sous le nom de XAMR. C’est un réacteur à sels fondus à haute température (HTGR) qui est actuellement en développement par le CEA en France. Le réacteur est conçu pour être plus sûr et plus efficace que les réacteurs nucléaires traditionnels.

    Le fonctionnement du réacteur XAMR est basé sur la fission nucléaire. Dans le réacteur, le combustible nucléaire, qui est un mélange de thorium et de fluorure de lithium, est dissous dans un sel fondu. Le sel fondu est ensuite chauffé à une température élevée, ce qui provoque la fission des noyaux d’uranium.

    La fission des noyaux d’uranium libère de l’énergie sous forme de chaleur. Cette chaleur est ensuite utilisée pour générer de la vapeur, qui fait tourner une turbine qui produit de l’électricité.

    Le réacteur XAMR présente plusieurs avantages par rapport aux réacteurs nucléaires traditionnels. Tout d’abord, il est plus sûr car il ne contient pas de liquides sous pression. En effet, le sel fondu est un liquide à basse pression.

    Deuxièmement, le réacteur XAMR est plus efficace car il peut fonctionner à des températures plus élevées que les réacteurs nucléaires traditionnels. Les températures plus élevées permettent de produire plus d’énergie à partir du combustible nucléaire.

    Enfin, le réacteur XAMR est plus durable car il utilise du thorium comme combustible nucléaire. Le thorium est un élément plus abondant que l’uranium et il ne produit pas de déchets nucléaires à vie longue.

    Voici une description plus détaillée du fonctionnement du réacteur XAMR :

    Combustible nucléaire

    Le combustible nucléaire du réacteur XAMR est un mélange de thorium et de fluorure de lithium. Le thorium est un élément chimique qui est naturellement abondant dans la croûte terrestre. Il est plus abondant que l’uranium, qui est le combustible nucléaire utilisé dans les réacteurs nucléaires traditionnels.

    Le fluorure de lithium est un sel fondu qui dissout le thorium. Le sel fondu est utilisé pour transporter le thorium dans le réacteur et pour le refroidir.

    Fission nucléaire

    Dans le réacteur XAMR, le combustible nucléaire est dissous dans un sel fondu. Le sel fondu est ensuite chauffé à une température élevée, ce qui provoque la fission des noyaux d’uranium.

    La fission des noyaux d’uranium est une réaction nucléaire qui libère de l’énergie sous forme de chaleur. Cette chaleur est ensuite utilisée pour générer de la vapeur, qui fait tourner une turbine qui produit de l’électricité.

    Chaleur

    La chaleur produite par la fission nucléaire est transférée à un fluide caloporteur, qui est généralement de l’eau ou de l’air. Le fluide caloporteur transporte ensuite la chaleur à une turbine à vapeur.

    La turbine à vapeur est un dispositif mécanique qui convertit l’énergie de la vapeur en énergie mécanique. L’énergie mécanique de la turbine est ensuite utilisée pour faire tourner un générateur électrique.

    Générateur électrique

    Le générateur électrique est un dispositif qui convertit l’énergie mécanique en énergie électrique. L’électricité produite par le générateur électrique est ensuite transmise au réseau électrique.

    Sécurité

    Le réacteur XAMR est conçu pour être plus sûr que les réacteurs nucléaires traditionnels. Le réacteur ne contient pas de liquides sous pression, ce qui réduit le risque d’accident.

    De plus, le réacteur XAMR utilise un système de refroidissement passif. Dans un système de refroidissement passif, le réacteur est refroidi par convection naturelle. Cela signifie que le réacteur ne nécessite pas de pompes pour le refroidir.

    Efficacité

    Le réacteur XAMR est plus efficace que les réacteurs nucléaires traditionnels. Le réacteur peut fonctionner à des températures plus élevées que les réacteurs nucléaires traditionnels. Les températures plus élevées permettent de produire plus d’énergie à partir du combustible nucléaire.

    Durabilité

    Le réacteur XAMR est plus durable que les réacteurs nucléaires traditionnels. Le réacteur utilise du thorium comme combustible nucléaire. Le thorium est un élément plus abondant que l’uranium et il ne produit pas de déchets nucléaires à vie longue.

    En conclusion, le réacteur XAMR est un réacteur nucléaire à sels fondus à haute température qui présente plusieurs avantages par rapport aux réacteurs nucléaires traditionnels. Le réacteur est plus sûr, plus efficace et plus durable.

    https://g.co/bard/share/f8710bd695d2

    1. « Le sel fondu est ensuite chauffé à une température élevée, CE QUI PROVOQUE LA FISSION des noyaux d’uranium », eh bien, il va falloir que je revoie les notions que j’ai apprises et appliquées durant toute ma vie professionnelle sur la physique des réactions de fission 🙂 !!

        1. Je ne comprends pas: vous contestez que prétendre que « les températures élevées provoquent la fission des noyaux d’uranium » est une totale ineptie physique?! Comme le relève aussi Monsieur de Reyff, il commence à y avoir vraiment trop de déclarations physiquement aberrantes ici; il serait souhaitable de revenir à un peu plus de rigueur scientifique.

  9. Le recours à cet outil BARD très approximatif en tant que perroquet sans cervelle, comme déjà souvent vu, devrait être interdit sur ce blog pour ne pas désinformer les lecteurs.

    1. Je suis d’accord avec Christophe de Reyff et aussi avec Pierre-André Haldi. Savoir ce que « pense » BARD de la fission nucléaire ne m’intéresse pas. Si l’on se sert de l’IA, il faut maîtriser un minimum le sujet traité. Autrement on donne la parole à un canard sans tête.
      Je supprimerai donc à l’avenir les dissertations de BARD (ou assimilés).

      1. Messieurs, c’est bien noté, je ne vais plus utiliser BARD ou autres AI pour annoncer des découvertes.
        Je vais me focaliser sur des recherches réelles, comme faites par Sfen ci-dessus.

  10. Bonjour
    Bien reussi quand meme le deuxieme vol STARSHIP: pas de tir ,allumage de tous les moteurs,separation des etages! Je trouve que dans quelques vols ce sera au point.

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À propos de ce blog

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre du comité directeur de l’Association Planète Mars (France), économiste de formation (University of Virginia), ancien banquier d’entreprises de profession, planétologue depuis toujours

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