Porter, enrichir, transmettre est le sens même de la Vie. La conquête spatiale via Mars, fait partie du programme

Dans l’époque de doute où nous vivons, on peut plus que jamais s’interroger sur le sens de la vie humaine.

Comme toute vie, depuis que le processus vital a été lancé sous la forme des premiers procaryotes il y a près de 4 milliards d’années, un être vivant quelconque existe pour se reproduire puis mettre « sur les rails » ses successeurs, et donc implicitement survivre jusqu’à ce qu’il ait pu y parvenir. Cette définition par l’objet est évidemment un peu courte pour englober les êtres dont le développement biologique aurait ‘simplement’ permis le développement d’un cerveau capable de comprendre son environnement, de se souvenir de son passé et sur ces bases, d’envisager l’avenir. Même si elle reste fondamentalement exacte, elle est encore beaucoup trop courte pour comprendre les êtres (nous-mêmes) capables, au-delà de ces capacités cognitives de base, de ressentir et d’exprimer des émotions, des sentiments, et d’agir sur la matière grâce à ses capacités de faire, avec les membres de son corps et avec des machines créées par ses capacités intellectuelles et physiques. Avec l’homme moderne la vie est passée, en quelques sortes, de deux à trois dimensions. Nous avons donc un devoir particulier, exceptionnel par rapport aux membres des autres espèces vivantes, pour honorer nos prédécesseurs.

Que pouvons-nous faire aujourd’hui, au point où nous en sommes ? Quel est le sens ou l’utilité de notre vie ? Nous contenter de l’acquis intellectuel ou des croyances établies, ou bien, portés par nos sentiments, notre curiosité et notre envie, continuer à réfléchir, à concevoir et à créer ?

Vous pensez-bien que j’opte pour la seconde proposition. Il faut continuer ; nous y sommes obligés par notre nature même. Il faut continuer à chercher à comprendre, armés de la somme de nos connaissances, de notre esprit critique, de nos machines et de nos logiciels, en acceptant sans cesse de remettre en question ce que nous savons, grâce à de nouveaux instruments et de nouvelles théories éprouvées par notre logique et surtout par nos observations.

Où cela va-t-il nous conduire ? Difficile de répondre puisque nous ne pouvons percevoir le Lointain que dans la brume, de plus en plus épaisse au fur et à mesure que la distance augmente, des Possibles et du Temps. Certaines hypothèses sont plus probables que d’autres mais rien n’est « écrit ». De toute façon, sur notre route, il y aura des carrefours, il nous faudra faire des choix et nous pourrons nous tromper.

Comme dans un marathon ou une autre épreuve d’endurance, il faut prendre des provisions et s’organiser pour « tenir le coup » et « rester en forme » (d’autant que l’épreuve est d’une durée dont la longueur tend vers l’infini). Il faut donc ménager notre base, la Terre, faire en sorte qu’Elle reste viable et que les relations entre les hommes restent paisibles pour qu’ils ne causent pas de dommages irréversibles, à eux-mêmes et à Elle. Car c’est d’Elle en effet dont nous dépendons et dont nous continuerons à dépendre, tant du moins que nous ne l’aurons pas quittée pour aller ailleurs.

C’est pour cela aussi que nous devons aller sur Mars et nous y installer dans une base autonome (‘self sustaining’ comme le dit Elon Musk). Mars est la seule possibilité que nous avons aujourd’hui de bénéficier d’une autre sécurité (supplémentaire et complémentaire, voire alternative), une ‘Planète B’ comme on dit. Certes, Mars ne peut pas être un substitut parfait à la Terre. Elle ne sera jamais ni aussi accueillante, ni aussi riante, ni aussi douce pour nous. C’est en effet du ventre de la Terre que nous sommes nés. Nous sommes ses fruits, nous faisons partie du cycle de sa biosphère et c’est la planète à laquelle notre vie est le mieux adaptée. Mais si nous voulons limiter les risques, nous n’avons pas le choix et nous ne pouvons pas attendre. Nous savons très bien, tous sauf quelques inconscients, que la catastrophe qui détruirait la Terre et donc nous-mêmes, est possible, demain sinon après-demain. Le ciel peut « nous tomber sur la tête » (astéroïde) ; une guerre nucléaire nous empoisonner par ses radiations ; une pandémie se répandre à nouveau partout à la surface du globe et faire cette-fois ci beaucoup plus de victimes ; le wokisme ou l’écologisme extrême peuvent prendre le pouvoir dans les principaux pays industriels ou scientifiques et nous obliger tous à brouter de l’herbe et donc à végéter ; le consumérisme et le socialisme extrêmes peuvent nous contraindre à simplement survivre comme du bétail en nous interdisant de regarder le ciel et de penser ; enfin la religion conquérante sortie du haut moyen âge mais, hélas, toujours de notre époque et qui, véritable camisole de force, s’introduit partout en voulant nous imposer par la violence son formalisme rigide et abolir tout esprit critique, peut nous faire abandonner notre marche vers le progrès. Ce n’est pas être inutilement pessimiste ni catastrophiste que de le dire, c’est être simplement réaliste.

Cette base sur Mars restera petite. Comme déjà dit sur ce blog, il ne faut pas rêver à la terraformation, ni à l’établissement de millions de personnes sur cette planète (comme le veut Elon Musk) mais simplement du minimum des ‘effectifs’ nécessaire (une ‘arche de Noé’) pour que notre vie humaine puisse continuer dans les meilleures conditions possibles. Comme je l’ai suggéré plus haut, l’environnement martien est sévère mais il est grandiose et beau par ses vues lointaines, son isolement même, tout comme le sont nos propres déserts. Et nous parviendrons par notre travail et notre créativité, à y créer des oasis qui auront tout l’attrait et l’agrément qu’elles ont toujours présentés dans des environnements comparables sur Terre.

Après, si nous parvenons à ‘tenir’ dans ce nouveau contexte, quelques dizaines de milliers d’années, 100.000 peut-être, un million au mieux, nous pourrons passer par évolution naturelle ou artificielle, le relais à d’autres êtres vivants, expression d’une nouvelle espèce, pour continuer ce que nous avons entrepris. Ce sera devenu leur problème et il faut espérer que certains d’entre eux auront à cœur de mener jusqu’au bout l’aventure à laquelle nous aurons participé. Ils n’auront sans doute jamais LA réponse claire et précise à nos/leurs questions mais ils pourront faire des suppositions et des paris de plus en plus justifiés en espérant que, eux, ou leurs propres successeurs, un jour sauront.

Ce devoir de transmettre notre dépôt après l’avoir enrichi, est d’autant plus important à assumer si, comme je le crois, nous sommes seuls dans l’Univers.

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23 réponses

  1. Mais la vie est une fin en soi! D’autres questions se cachent derrière vos interrogations: Qu’est-ce qui est le plus important l’individu ou l’espèce, moi ou tous mes semblables? A quoi cette histoire a-t-elle conduit? Moi ou les autres? égoïsme ou altruisme total allant vers l’héroïsme. Etes-vous sûr que nous avons un tout petit contrôle de ces questions? Que pensez-vous de la prédestination? Du Grand Barbu? De ceux qui imaginent que nous sommes dans un jeu de simulation informatique maîtrisé par des êtres supérieurs? « Rien n’est écrit », hum, c’est osé cette affirmation. Et si vous vous tentez une voie de révolte, que ferez-vous si d’autres imposent des actions différentes? Peut-on refuser de faire notre « devoir »? Vous cherchez le sens de l’existence individuelle ou de l’espèce. Cette interrogation ouvre la boîte de Pandore: « faire ou ne pas faire? » « Être ou ne pas être? » Philosophie, quand tu nous tiens! Je me pose des questions, donc je suis. Tout cela dit, et Mars pour revenir au certain, aux connaissances techniques ou astronomiques dures. On ne sait pas où en sera la puissance de notre espèce dans quelques siècles. Même « il ne faut pas rêver à la terraformation »: l’avenir est à Dieu disait un certain Victor… La religion est affaire subjective, n’est-ce pas? notre idée du futur aussi.

    1. Merci Martin de votre commentaire.
      Dans cet article, je considère l’homme d’abord en tant qu’espèce. Comme dans la Galaxie chacun a sa trajectoire particulière mais nous subissons des contraintes et évoluons dans le volume d’espace et de temps, et le milieu social, où il nous est possible d’agir. Nous avons notre liberté individuelle mais cette liberté est limitée dans un cadre, non seulement par toutes sortes de contraintes physiques mais aussi par les diverses collectivités humaines auxquelles nous appartenons et, en fin de compte, par l’ensemble de l’humanité terrestre.
      Pour ce qui est de notre destin commun, je ne crois pas à la prédestination sauf à dire que nous sommes une espèce vulnérable, mortelle et évolutive, et que, oui, cette évolution n’est pas écrite. Elle dépend de notre environnement mais aussi de notre comportement collectif, comportement qui peut être influencé par quelques fortes personnalités individuelles. De ce point de vue, aussi bien en sociologie qu’en cosmologie, j’adhère à ce que Stephen Hawking a voulu nous dire : non il n’y a pas de prédestination mais une succession d’évènements possibles qui se concrétisent et qui l’un après l’autre nous font suivre un chemin qui n’était que l’un des possibles.

  2. Bonjour
    Completons votre interrogation en demandant: quel est donc le sens de l Univers ?
    .
    ou encore la vie et l esprit sont ils forcemment associes?

    1. Bonjour Robert. Merci pour votre commentaire.
      A votre première question, je réponds ce que j’ai écrit à la fin de mon article: « Ils n’auront sans doute jamais LA réponse claire et précise à nos/leurs questions mais ils pourront faire des suppositions et des paris de plus en plus justifiés en espérant que, eux, ou leurs propres successeurs, un jour sauront. » En effet cette question du sens de l’Univers reste ouverte et bien audacieux est celui qui pourrait aujourd’hui ou même demain, donner une réponse (sauf si cette réponse est inspirée par la religion mais à ce moment elle n’est plus rationnelle). On ne peut qu’espérer qu’à la conclusion de TOUT, nous (ou plutôt nos lointains descendants ou successeurs) saurons.
      A votre seconde question, je répondrais la même chose. Rationnellement l’esprit dépend de la vie physique, sauf pour ceux qui pensent, en avançant des arguments non rationnels, que cet esprit est indépendant de la matière (et à ce moment l’esprit est alors la vraie vie).
      Pour ces grandes questions nous sommes incapables d’avoir des certitudes. Même les esprits religieux doutent.

  3. Graves questions que celles du sens de la Vie et du sens de l’Univers !
    Je crois fermement que, sans une vision spirituelle, il n’y a pas de sens raisonnable satisfaisant et donc, ultimement, que tout est absurde. Seul le fait de savoir que nous sommes des êtres non seulement avec une dimension somatique et une dimension psychique, mais avec encore une troisième dimension « pneumatique », donc spirituelle (nous assurant une certaine « épaisseur », une consistance de notre être) donne du sens à nos vies et à notre monde.
    Le père jésuite et éminent paléontologue Pierre Teilhard de Chardin a donné la clef de l’énigme du devenir de ce monde et de chaque être avec l’image de ce point Oméga, véritable « attracteur », qui nous attire tous à Lui, et qu’il identifie au Christ cosmique. Son chef-d’oeuvre, « Le Phénomène humain », est à lire et à relire.

    1. Merci cher Monsieur de Reyff de cette évocation de Pierre Teilhard de Chardin. Il est vrai que sa théorie de l’humanité qui se rassemble au fil de son évolution pour en fin de compte rejoindre Dieu en ce point Omega, est absolument magnifique. Espérons!

  4. Bonjour,
    Je crois que la seule et vraie question est: pourquoi l Univers? Ah oui en fin de comptes c est la seule question! Et l univers étant énergie la seule question devient: pourquoi l énergie? Et l énergie étant la capacite d un système a fournir un travail…? pourquoi donc le système « univers » doit il fournir un travail? ? ? Peut être pour éviter quelque chose… éviter de disparaitre? Mais dans ce cas qui est ce qui lutte pour protéger l univers? soit l univers lui même soit quelque chose « hors univers ».
    .
    Bon là j arrête …migraine assurée!

    1. Bonjour Robert. Merci de votre commentaire.
      « Pourquoi l’Univers? » est en effet LA question première.

      Certains répondront que ce souffle d’énergie pure que vous évoquez est le souffle de Dieu. Et alors se pose la question de l’origine et de la nature de Dieu ou bien, si l’on veut rester laïque, « pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien? »…ce qui revient en fait au même.
      C’est un questionnement magnifique et passionnant qui nous hante depuis que nous sommes conscients et auquel on ne peut répondre que par la foi, la réponse restant inaccessible, étant au-delà de la raison.
      La différence de l’homme moderne avec ses prédécesseurs est que le champ d’incertitude s’est considérablement réduit grâce aux avancées de la Science (on ne s’interroge plus sur les planètes, la Lune ou le Soleil et même l’évolution de l’Univers) mais ce qui est surprenant c’est que le point d’interrogation originel reste aussi énorme et intact qu’il l’a toujours été.
      .
      Il y a d’autres questions dérivées:
      La seconde est « pourquoi l’homme dans l’Univers »
      La troisième est « sommes nous seuls dans l’univers ».
      La quatrième est « notre esprit est-il mortel ».
      .
      Ces questions sont tellement importantes que l’on continue à chercher, avec nos instruments (notre ingénieurie), nos observations et nos réflexions (nos sciences). Les pulsions qui nous animent dans cette recherche sont irrépressibles et donnent beaucoup de satisfaction quand il y a progression. Ainsi nous avançons dans un océan inconnu, entourés de brume, sans savoir même s’il y a un bord « de l’autre côté » mais en ressentant le bonheur du trajet accompli et des possibilités qui demeurent immenses, comme à l’aube du premier jour.

  5. Merci Pierre Brisson: c’est ce que je dis, migraine assurée!
    D’autant que nous ne pouvons pas être sur qu’il n existe qu’un seul univers…ca complique l’affaire sérieusement !

    1. Il a déjà été longuement et plusieurs fois ici-même discuté de ces questions fondamentales.
      Qu’il y ait plus qu’un seul univers, donc que « notre » Univers, peut signifier deux choses :
      .
      soit 1°, des univers dits « parallèles » et donc, par définition-même, incommunicables entre eux (sinon ils seraient ultimement dans le même Univers) ; c’est là la théorie des multivers qui restera toujours invérifiables puisque ces univers parallèles seraient, doivent être, strictement disjoints ;
      soit 2°, des univers « successifs », leur succession temporelle étant comme une « renaissance » d’un nouvel univers à partir d’un univers finissant, et cela peut-être perpétuellement, comme par rebonds successifs ; nous ne serions que dans l’un de ces univers successifs, mais toujours sans preuve expérimentale à ce jour de traces quelconques qu’il y en aurait eu au moins un ayant précédé le nôtre, voire une série indéfinie de précédents. On sait en tout cas que notre Univers va finalement aller se dilatant, se dispersant, se diluant indéfiniment par son extension accélérée.
      .
      Concernant le « pourquoi » de l’énergie, il a aussi déjà été dit ici que, si l’on compare l’énergie de toutes les masses de l’Univers connu, soit leur équivalent en énergie massique E = M C^2, on trouve que l’énergie gravitationnelle, toujours négative, qui est en jeu entre toutes ces masses, est de même magnitude, mais de signe opposé, ce qui fait que le bilan énergétique ultime de l’Univers est nul.
      .
      Il y a pourtant un paradoxe, ou plutôt deux ! qui restent à résoudre (un sujet pour une prochaine chronique ?) :
      – Si l’Univers est en expansion et que la « densité d’énergie du vide » reste constante, ce qui correspond à la constance-même de la fameuse « constante cosmologique », alors, au cour de son expansion, l’Univers devrait voir son énergie augmenter, comme son volume… L’énergie est-elle conservée, ou non, dans un Univers en expansion ?
      – Quand la lumière qui nous provient des galaxies lointaines subit le bien connu décalage vers le rouge, dû à l’expansion de l’Univers, où va cette énergie (un photon rouge est moins énergétique qu’un photon bleu), est-elle perdue, violant de ce fait la loi thermodynamique de conservation de l’énergie ?
      La mise en regard de ces deux constatations expérimentales donne peut-être une clef de solution à ces deux comportements individuellement paradoxaux.

      1. Merci, Christophe de Reyff, pour ce commentaire très intéressant.
        Comme l’Univers est en expansion, n’y a-t-il pas un léger avantage pour l’énergie qui en est la cause, sur l’énergie qui rassemble en sens contraire la totalité des forces gravitationnelles? Ce très léger décalage pourrait être l’explication même de l’Univers. Qu’en pensez-vous?

        1. Sachant désormais que la densité (massique) critique actuelle de l’Univers est de l’ordre de 10^-26 kg/m^3 (probablement ~8,533 10^-27 kg/m^3), soit ~6 nucléons par m^3, soit aussi une densité d’énergie critique de ~9 10^-10 J/m^3 (en unités internationales), et que le paramètre de densité « oméga indice lambda » vaut déjà ~0,68 actuellement (et va tendre peu à peu ultimement vers 1), la densité d’énergie sombre, a la valeur très faible de ~6 10^-10 J/m^3. Ce qui est une valeur constante limite, à ce que l’on sait, sauf modèles dits « exotiques » à constante cosmologique croissante, avec « Big Rip » final, ou décroissante, avec « Big Crunch » final. Cette densité d’énergie de l’énergie sombre est strictement équivalente à une pression négative de même valeur en Pa = N/m^2, sachant que 1 J = 1 N x 1 m.
          Cette antigravité, provoquant donc une accélération centrifuge, ne peut l’emporter sur la gravité, provoquant une accélération centripète normale, qu’au-delà de la frontière, soit environ dès la limite de notre Groupe local de galaxies (d’une masse totale de 2 10^12 masses solaires, soit 4 10^42 kg), tenues ensemble par la gravité classique qui l’emporte localement sur la faible antigravité de la constante cosmologique omniprésente, soit dès au moins environ 1,4 Mpc, soit 4,5 millions d’AL ou 4,3 10^22 m (sachant que le Groupe local a un diamètre d’environ 3 Mpc ou 10 million d’Al ou 9 10^22 m). C’est pourquoi le ciel nocturne se videra ultimement de toutes ses autres galaxies de fond, qui auront semblé « fuir » de nous à la vitesse de la lumière, sauf de celles, environ 80 galaxies naines pour la plupart, outre Andromède et la Galaxie (Voie lactée), constituant notre Groupe local.
          À cette frontière, on peut calculer que l’accélération centrifuge est exactement identique, mais de signe opposé, à l’accélération centripète de la gravité, due à la masse totale du Groupe local, valant 1,4 10^-13 m/s^2 à cette frontière. Il y a tout juste annulation des forces opposées à cette limite ; en-deça, la gravité l’emporte et garde le tout ensemble, et, au-delà, c’est l’accélération centrifuge qui l’emporte, accélérant l’expansion de l’Univers.
          Il n’y a donc un « léger avantage » pour l’énergie sombre que dès au-delà de notre Groupe local. Mais cet écart croissant au-delà, n’est, à mon avis, pas un argument suffisant pour fonder « l’explication même de l’Univers » s’étendant sur des dizaines de milliards d’AL, mais seulement pour expliquer son expansion inéluctable durant un temps d’une durée indéfinie !

  6. Beaucoup d’optimisme et d’actes de foi dans nos échanges et surtout de questions insondables, ce qui est normal vu l’impossibilité souvent d’y répondre de façon inattaquable. «Sommes-nous seuls dans l’univers?» Il y a quelques années je pensais moi-aussi la vie n’existe que dans le système solaire vu les conditions épouvantables qui règnent auprès de la plupart des étoiles et les grains de sable qui apparaissent à chaque fois qu’on trouve une planète «semblable à la terre». Mais il m’arrive avant d’aller me coucher de sortir regarder le ciel et, par deux fois, j’ai vu un point brillant semblable à une étoile se livrer à un parcours aberrant avec des virages à trente degrés ou suivant une ligne droite avec des arrêts de dix ou vingt secondes avant de reprendre son cheminement ultra-rapide. Comme les Américains prennent aussi ces phénomènes au sérieux, je m’interroge ou j’essaie le plus possible de me persuader que je n’ai rien vu de tout cela. Vu la grande quantité de mystère aujourd’hui, je peux peut-être me permettre quelques idées douteuses. Si des civilisations extra-terrestres ont quelques milliers d’années d’ancienneté de plus que nous, il est possible qu’elles aient atteint une avance technologique que nous ne pouvons pas imaginer pour franchir des distances énormes, dominer la gravité, nous espionner depuis une très haute altitude, pratiquer la télépathie peut-être à nos dépens… Et même être capable de passer d’un univers «parallèle» à un autre?
    «Le champ d’incertitude s’est considérablement réduit». En lisant certaines des interventions on se sent pourtant des envies de modestie. Oui, nous avons un peu de puissance, quelques possibilités de comprendre ou même d’agir. Mais un petit peu seulement, nous avons des murs devant nous, nous sommes limités. Là où monsieur Brisson a totalement raison, c’est que nous devons et pouvons faire notre maximum même si on n’en perçoit pas toujours le «sens». Comme pourquoi aller sur Mars? Pourquoi lutter contre la mort? Pourquoi éviter de nous entretuer?…Certaines des questions au-dessus donnent le vertige. Essayons de ne pas nous jeter dans le vide. Cela d’autant plus que des interrogations tout aussi intéressantes pullulent. Etudie-t-on les radiations HZE quelque part dans ce monde? Des moyens de propulsion plus rapides ? Des moyens de communication plus efficients? Et les mystères de la gravité? La possibilité d’une anti-gravité? l’anti-matière en grande quantité?

    1. Vous terminez par six questions. C’est oui pour les deux premières. Pour la troisième, la limitation du temps de communication est celle de la vitesse de la lumière : il faut quatre ans pour transmettre ou pour recevoir un signal à la distance de Proxima, située à 4 années-lumière (AL). Pour la quatrième, la Relativité générale rend compte de la gravité. Pour la cinquième, l’accélération de l’expansion de l’Univers est justement le fait d’une anti-gravité, fixée par la constante cosmologique (qui a une valeur très faible de ~1,5 10^-52 m^-2) et qui est opérante seulement à grande distance, c-à-d. dès au-delà de notre Groupe local de galaxies, d’environ 3 Mpc (mégaparsec) ou 10 millions d’AL de diamètre, donc dès environ 5 millions d’AL d’ici.
      Pour votre sixième question, certains physiciens (dont le dernier en date est Jean-Pierre Petit, en 2019, avec son modèle cosmologique Janus, mais avec d’autres lois que celles de Bondi, en 1957, et Bonnor, en 1990) ont fait l’hypothèse de l’existence d’une matière faite avec une masse « négative » (qui n’est pas l’antimatière) ; en effet matière et anti-matière de nos laboratoires ont toutes deux une masse habituelle, « positive », absolument identique et normale (les pesées d’atomes d’hydrogène, proton + électron, et d’antiatomes d’hydrogène, anti-proton + anti-électron, ont été faites et ont montré une stricte égalité), et aussi des spins identiques, mais seulement des charges électriques, des nombres leptoniques et des nombres baryoniques opposés.
      Par contre, des particules hypothétiques faites d’une éventuelle matière de masse « négative » n’exerceraient pas une attraction entre elles, mais une répulsion (mais Petit propose, lui, aussi une attraction entre elles comme dans le cas des masses « positives »). Qu’en serait-il de l’interaction entre une masse positive et une masse négative (gravité bimétrique, ou bigravité) ? Elles se déplaceraient en se poursuivant de façon accélérée (« runaway »), créant une sorte de mouvement perpétuel, ce qui est bien un résultat absurde même s’il y a conservation des impulsions (quantités de mouvement opposées) et de l’énergie totale puisque les deux énergies cinétiques seraient aussi de signes opposés (mais Petit, lui, propose une simple répulsion entre elles). Ce sont là des formes contre-intuitives de mouvement. Voir ce bon article : https://fr.wikipedia.org/wiki/Masse_négative

  7. Merci Monsieur de Reyff. Vos réponses sont toujours précises et approfondies. J’essaie de distinguer ce qui est dans la nature et ce que l’homme peut faire. Je me demande si on a trouvé des explications exploitables autres que des hypothèses, je veux dire s’il y a eu des avancées depuis quelques années sur la fabrication d’anti-matière (en quantité utilisable à l’avenir), sur la création d’une anti-gravité ou du moins la compréhension de la gravité avec des applications pratiques entrevues? Avec toujours à l’esprit les voyages spatiaux et en espérant davantage de financement. Il y avait dans la revue « Pour la science » un tout petit article sur des recherches à propos de la gravité de masses très faibles (aucun rapport avec la force centrifuge).

  8. Pour l’anti-matière, je crois que c’est une affaire de laboratoire, comme au Cern, où l’on en produit artificiellement, mais en très petites quantités, juste utiles pour des expériences et pour mesurer des propriétés de l’anti-matière. On pourrait, théoriquement, envisager de préparer des kg d’anti-matière qui pourrait être utilisée, toujours théoriquement, pour s’annihiler avec de la matière ordinaire, cela en vue d’obtenir une énergie abondante dans un vaisseau spatial. Théoriquement, 1 kg de matière et 1 kg d’antimatière annihilés donneraient 1,8 10^17 J, soit aussi 50 TWh, soit l’énergie de 4,3 millions de tonnes d’équivalent pétrole (42 GJ/tep). En comparaison un starship embarque 3’400 tonnes, comburant (2’700 t LOX ) et carburant (700 t LCH4). C’est donc 6’122 fois plus d’énergie disponible, mais dans une masse de seulement 2 kg ! Je crois que, avant cela, on utilisera d’abord prochainement la fission ordinaire contrôlée pour produire de l’électricité pour alimenter de futurs moteurs à plasma, puis aussi la fusion contrôlée lorsqu’elle sera effectivement dominée. Je ne vois pas l’utilisation de l’anti-matière entrer en scène durant ce siècle.
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    Comme déjà dit, on comprend l’anti-gravité, cause de l’expansion accélérée de l’Univers, qui pourrait être vue comme une cinquième et nouvelle interaction fondamentale, omniprésente, mais de façon minuscule et imperceptible à petite échelle, et donc détectable seulement par ses effets à grande distance, au-delà des limites de notre Groupe local de galaxies. Je ne vois pas quel usage on pourrait en faire, étant donné sa très faible intensité, donnant une accélération de l’ordre de 10^-13 m/s^2, comme déjà vu ci-dessus.
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    Par contre, on sait déjà bien utiliser la gravité ordinaire pour accélérer des vaisseaux par assistance gravitationnelle, en plongeant leur orbite dans le puits de potentiel des planètes pour accélérer avec le moteur précisément réallumé au moment de la vitesse maximale pour en atteindre une encore plus grande. C’est l’effet de « fronde gravitationnelle » ou effet Oberth.

  9. Bonjour
    Selon vous quel radioisotope a choisir dans un generateur radioisotopique pour obtenir une fourniture d electricite de plusieurs siecles et en grande quantite pour une sonde disons « supervoager » destninee a se promener dans l espace intersideral ?
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    il y a l americanium a peu pres 4 siecles mais avec une puissance massique 5 fois plus faible que le plutonium 238 ce qui necessiterait d en embarquer une quantite 5 a 10 fois plus grande?
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    et il y a aussi les emetteurs beta?

  10. il y a l americanium a peu pres 4 siecles mais avec une puissance massique 5 fois plus faible que le plutonium 238 ce qui necessiterait d en embarquer une quantite 5 a 10 fois plus grande?

      1. Pour les radio-isotopes, il faut retenir que plus la demie-vie est longue, plus faible est l’énergie de la radioactivité et donc la puissance thermique rayonnée.
        – américium 241, Am241 : 432 ans et 0,114 kW/kg, et après une période 0,048 kW/kg ;
        – plutonium 238, Pu238 : 87,7 ans et 0,54 kW/kg, et après une période 0,195 kW/kg ;
        – strontium 90, Sr90 : 28,8 ans et 0,95 kW/kg ;
        – polonium 210, Po210 : 4,5 mois et 140 kW/kg, et après une période 66,5 kW/kg ;

        1. Merci pour votre reponse
          c est donc americium qui serait adapte pour ce qui est de la duree et pour ce qui est de la puissance electrique fournie il serait necessaire d embarquer une plus grande quantite et multiplier le nombre de generateurs; mais ca pourrait fonctionner a condition de savoir comment l on va fafriquer l americium. donc pour une telle sonde nous n avons pas grand choix.

  11. Je crois me souvenir qu’Einstein disait que pour atteindre la vitesse maximale possible, proche de celle de la la lumière, le choc matière/antimatière était la seule solution concevable jusqu’ici. Mais on ne peut pas accélérer le progrès et, après tout, on peut espérer que le soleil nous laissera encore un bon nombre d’années

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À propos de ce blog

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre fondateur de la Mars Society des États Unis et ancien membre du comité directeur de l’Association Planète Mars (France), économiste de formation (University of Virginia), ancien banquier d’entreprises de profession, planétologue depuis toujours

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