Exploration spatiale - le blog de Pierre Brisson

On connait les dangers que les hommes devront affronter sur Mars. Parmi ceux-ci, on peut noter les impacts d’astéroïdes, l’absence d’air respirable, la très faible pression atmosphérique, des variations de températures quotidiennes de l’ordre de 100°C, la panne d’un équipement vital ou d’un autre, et bien sûr l’impossibilité de repartir sur Terre ou de bénéficier d’un secours en dehors des fenêtres synodiques espacées de 26 mois.

La conséquence c’est qu’il faudra penser à la possibilité d’une catastrophe à tout moment pour s’en prémunir. A cette fin on peut bien sûr envisager de s’installer en sous-sol, suffisamment profondément pour éviter les impacts susmentionnés, mais cela n’empêchera pas les accidents internes aux volumes viabilisés qui pourraient les rendre inhabitables, les pannes ou même un tremblement de Terre, peut-être peu puissant mais agissant sur un point faible de la structure sur laquelle l’habitat reposerait ou en contrebas duquel il se trouverait (au cas où la base serait construite dans une caverne).

La solution ce sera la redondance partout où elle sera possible.

Cela commencera avec les fusées pour revenir sur Terre. Le risque c’est que l’une (sinon évidemment les deux !) se pose mal à l’atterrissage ou que durant le long séjour en attendant la possibilité de retour, l’entretien soit défaillant ou insuffisant (et le seul test vrai de la possibilité de décollage d’une fusée, c’est son décollage effectif). La possibilité de retour physique sur Terre étant sinon indispensable (il le sera de moins en moins avec le temps et l’amélioration des capacités de vie sur Mars) du moins extrêmement utile, il sera nécessaire que lors de chaque fenêtre de tirs, au moins deux fusées soient lancées en même temps. D’ailleurs cela pourra servir pendant le voyage, pour créer une gravité artificielle dans chacune d’elle après mise en rotation du couple.

Ensuite, si l’on construit des habitats en surface, ils devront bien entendu être protégés par une couche de régolithe, aussi bien contre les impacts de micrométéorites que contre les radiations. En principe une couche d’un à deux mètres de régolithe devrait suffire mais les météorites capables de transpercer une telle épaisseur ne sont pas inenvisageables. On a observé en surface de Mars plusieurs cratères récents résultant d’impact de corps porteurs de cette énergie (voir illustrations de titre et ci-dessous). Cela implique donc une compartimentation des habitats permettant l’isolation immédiate des volumes viabilisés dont l’enveloppe serait frappée…et percée. Mais, en allant plus loin, il faudrait prévoir qu’un habitat puisse être détruit par une météorite et que donc les hommes qui l’occupaient puisse se réinstaller (s’ils n’ont pas péri) dans un habitat proche disposant des mêmes facilités de vie. A noter qu’il n’y a pas davantage de météorites qui approchent Mars que la Terre, en réalité moins, considérant que le puits de gravité terrestre est plus profond donc plus attractif que celui de Mars. Cependant dans l’environnement terrestre une bonne partie des météorites (les plus petits) sont totalement détruits dans l’atmosphère où ils brulent et sont consumés. Quand aux plus gros, ils peuvent « survivre » jusqu’au sol mais l’atmosphère joue aussi son rôle de chauffage et de freinage et beaucoup sont désagrégés avant d’atteindre le sol. L’atmosphère joue également un rôle de protection autour de Mars mais beaucoup plus faible (je rappelle que la pression atmosphérique est de 610 pascals au datum (équivalent du niveau de la mer) soit 6 millibars.

Pour l’énergie ce sera pareil. La source principale sera la fission nucléaire et, comme il est inenvisageable d’être à court d’énergie, les hommes devront disposer, dès le début, de deux réacteurs. Le second pouvant d’ailleurs ne pas être activé tout de suite, pour ne pas écourter sa durée de vie utile. En cas d’incident, on pourrait relayer le réacteur défaillant en attendant la mise en route du second, par des batteries, des panneaux solaires ou bien de petits générateurs brûlant du méthane dans de l’oxygène (le tout dans un volume viabilisé restreint et en maintenant une activité réduite à l’urgence).

Pour les hommes, ce sera encore pareil. En cas d’invalidation d’un dentiste, un autre dentiste doit pouvoir intervenir, de même le mécanicien qui connaît parfaitement le fonctionnement du rover ou du hopper doit pouvoir être remplacé « au pied levé » sans attendre qu’il récupère d’un accident, d’une maladie et, bien entendu, s’il décède.

Si l’on y réfléchit, aucune fonction ne doit pouvoir être dépendante d’un seul individu ou d’une seule machine. Toute fonction vitale doit être exercée ou exerçable de façon redondante. Cela implique donc beaucoup de personnes, d’équipements, de volumes viabilisés « en plus », donc des coûts en plus et des niveaux d’emplois-essentiels peu élevés en temps normal. Ce taux d’emplois-essentiels réduit ne sera pas un luxe mais une nécessité pour la sécurité de tous d’autant qu’en dehors des taches essentielles, les personnes disposant de temps « libre » pourront/devront exercer toutes sortes d’activités. Un dentiste (pour reprendre l’exemple) pourra aussi effectuer des travaux en mécanique de précision ou assister un chirurgien comme anesthésiste.

Maintenant, peut-être ne sera-t-il pas indispensable d’avoir exactement « un doublon » pour toute fonction. Il faudra estimer lesquelles pourront subsister en mode légèrement dégradé. Dans cet esprit, je me souviens d’une solution que j’avais trouvée très heureuse quand, jeune banquier, j’étais allé, avec deux autres collègues de mon établissement, négocier un accord cadre chez un confrère, importante banque d’investissement dont le siège était à Londres. Un jour, un de nos interlocuteurs étant défaillant, il fut remplacé au pied levé par un cadre dont l’âge le situait aux alentours de la retraite et dont l’expérience lui permettait d’entrer, sans autre, dans la négociation. J’appris par la suite que ce mode de fonctionnement n’était pas inhabituel au sein de cette société, plusieurs équivalents pouvant être mobilisés selon leur spécialité en cas de besoin, d’un replaçant ou d’un renfort. Sur Mars il y aura bien sûr beaucoup de retraités car après une longue vie sur cette planète, certains voudront y rester d’autant que la ré-acclimatation à une gravité plus forte ne sera pas facile. Nul doute qu’on puisse compter sur eux en cas de besoin, et ce pendant de longues années (j’ai moi-même été « cyberconsultant » après avoir cessé ma vie « active »).

Un autre facteur à considérer pour alléger les contraintes résultant de l’obligation de redondance est la modularité liée à la standardisation des éléments utilisés dans les équipements ou les constructions. Comme expliqué plus haut, il faut pouvoir à tout moment utiliser un élément quelconque dans une pluralité de fonctions aussi étendue que possible. Un volume viabilisé ou un véhicule doivent pouvoir être adaptables à plusieurs fonctions et un longeron en métal ou une poutre être utilisables dans toutes sortes de constructions différentes. Au bout du processus, l’impression 3D sera l’outil à tout faire. On le voit aujourd’hui quand une société comme Relativity Space est capable de construire 85% (en masse) d’une fusée avec ce seul outil, en 60 jours seulement. Sur Mars, on recourra massivement à cette solution. On pourra donc avoir un minimum de stocks d’éléments standardisés modulables et toute une batterie (redondance) d’imprimantes 3D avec leurs stocks d’« encres métalliques » à disposition (extraites du sol martien et raffinées sur place).

En réalité on arrive avec ce raisonnement, à la marge de ce qu’on peut appeler la redondance. La question de l’utilité multiple se pose en effet à chaque niveau de complexité, la véritable redondance, c’est-à-dire la possibilité d’utiliser un élément de rechange standardisé immédiatement, n’existant qu’à un niveau élevé de complexité ne nécessitant pas d’adaptation longue pour le nouvel usage. Cependant elle existe dans une certaine mesure à tous les niveaux, même à celui de la poudre de métal utilisée par l’imprimante 3D. Plutôt que de rechercher les variétés de ces poudres pouvant les rendre plus appropriées à tel ou tel usage dans un environnement martien, il sera préférable de rechercher les caractères communs pouvant être portés par une poudre plutôt qu’une autre et stocker la poudre qui aura le plus d’applications possibles.

Vous avez donc compris le sens du titre de mon article. Oui, Mars ce devra être la vie en double puisqu’il faudra toujours penser au remplacement, à la substitution. Même si, hélas, les vies humaines qui seraient emportées par la chute d’un astéroïde ne pourront pas être remplacées après avoir été dupliquées !

Illustration de titre : IPGP-CNES, N. Starter. Crédit NASA. Illustration réalisée à l’occasion de l’impact du 24 décembre 2022.

Illustration ci-dessous : (crédit NASA, capture d’écran). Un cratère de météorite « frais » sur Mars. Image réalisée à partir des données recueillies par l’orbiteur MRO de la NASA. L’impact a été enregistré par la sonde InSight le 24 décembre 2021 et identifié par MRO le 11 février 2022. L’astéroïde devait avoir une taille de 5 à 12 mètres. Il a formé un cratère de 150 mètres dans sa longueur et de 21 mètres dans sa plus grande profondeur. Les éjecta ont été projetés jusqu’à 37 km. Un tel impact pourrait statistiquement survenir tous les 20 ou 30 ans quelque part n’importe où sur la planète :

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Index L’appel de Mars 23 03 17

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30 réponses

  1. Je ne pense pas que le risque d’un « tremblement de Terre » (avec un « T » majuscule) soit très significatif pour les futurs « martionautes » :-). Parlons plutôt de séisme dans ce contexte.

    1. Je préfère ne pas « personnaliser » les termes s’appliquant à nos rapport avec notre planète et qui s’appliqueraient aussi bien à d’autres corps célestes. Je pense qu’on « atterrira » sur la Lune, sur Mars et sur Europa.
      In fine ce sera à nos descendants de choisir le meilleur usage.

      1. Oui, c’est juste pour « atterrir » par exemple, qui signifie se poser sur le sol en fait et non la planète Terre (au lieu d’inventer des termes comme « alunir », « amarsir », etc.!), mais « tremblement de Terre » avec un « T » majuscule ne peut s’appliquer qu’à notre planète. Utilisons plutôt le terme « séisme » (ou alors, au moins « tremblement de terre ») qui existe et s’applique sans ambiguïté à n’importe quel corps céleste.

  2. De plus en plus précis et réaliste! J’essaie désespérément de trouver des objections! le risque d’un impact de météore: il faudrait creuser un habitat très très profondément enfoui ( à plus de 21 m de profondeur ce n’est pas impossible!) ou au sein d’une montagne si on veut un débouché au niveau de la surface. A Montréal, ils passent du temps dans des galeries et ce n’est pas gênant. Il faut laisser le moins de chance possible aux malheurs. Habiter en surface c’est douteux sauf pour des cultures. Donc vous envisagez que des gens passent leur vie entière sur Mars. Il faudra que cette planète soit vraiment intéressante et plaisante ce qui n’est pas impossible. Il faudra résoudre les problèmes de radiations et de température, ça refroidit parce que la fission on n’y est pas encore et je lis sous la « plume » de Sarah Baatout:
    « Radiation carried by the solar wind is considered to be low hazard »_Bon!
    « A solar flare…a matter of concern, however »
    « Galactic cosmic radiation… a CONTINUOUS flux… can be critically hazardous » Aïe!
    Vous faites un travail d’un sérieux impressionnant. La conquête spatiale est vitale à l’heure où des gens nous menacent chaque jour d’un bombardement atomique. Mais il reste des progrès technologiques à accomplir et, vu notre soif, je pense qu’on va envoyer bientôt des gens sur Mars dans des conditions primitives, insécures. Ce n’est pas à blâmer mais bon! Je vous remercie pour l’optimisme que vous nous insufflez et pour votre créativité futurologique. Elle impressionne et délecte à chaque fois les gens qui vous suivent. Cependant je crois toujours que la conquête de la lune se fera avant, pour nous permettre d’acquérir des connaissances, de mettre au point des technologies dont nous ne voyons pas encore la nécessité ou les faiblesses et surtout d’avoir accès à de nouvelles richesses, peut-être le cuivre dont nous risquons de manquer bientôt, les terres rares, le fameux hélium3. Bref, nous donner plus de moyens pour aller sur Mars.

  3. Concernant le fond de l’article de ce jour, je suis entièrement d’accord avec Monsieur Brisson que: « Si l’on y réfléchit, aucune fonction ne doit pouvoir être dépendante d’un seul individu ou d’une seule machine. Toute fonction vitale doit être exercée ou exerçable de façon redondante ». C’est bien ce que je n’aime pas trop, pour ce qui est du transport interplanétaire, dans la conception du Starship, qui est très monolithique et ne permet guère de prévoir des « plans B » si un problème devait affecter un de ses éléments vitaux; dans ce concept, « ça passe ou ça casse » en bloc! L’approche modulaire permet d’appliquer le principe de redondance beaucoup plus facilement et naturellement. Il suffit de penser à ce qu’aurait par exemple donné l’accident d’Apollo 13 si ce véhicule lunaire avait été conçu de manière aussi monolithique que le Starship! Bien sûr, on peut toujours dupliquer le vaisseau lui-même, mais outre que c’est une solution coûteuse, elle n’offre pas la flexibilité de l’approche modulaire, ni sa sûreté car la cause d’une défaillance majeure pourrait bien affecter simultanément deux vaisseaux de conception identique (alors que dans la conception modulaire, les modules ne sont pas complètement identiques mais néanmoins susceptibles de suppléer à la défaillance d’un autre). J’ai fait en son temps une proposition de concept modulaire qui offre beaucoup plus de possibilités de réduction des risques et de « solutions de repli » en cas de problèmes que ne le permettra jamais un Starship martien.

    1. Je suis d’accord avec l’alternative « approche modulaire », très bien décrite par Pierre-André Haldi dans un article que vous retrouverez dans l’index du blog.
      .
      La seule réserve que j’emmetrais serait pour le transport d’équipements volumineux et massifs. Il me semble que pour ces transports le Starship serait plus approprié du fait de sa capacité…et il y aura beaucoup d’équipements volumineux et massifs à transporter.

      1. Merci pour votre appréciation positive, Une remarques cependant, la capacité d’emport et la modularité sont deux questions différentes. On peut concevoir un engin monolithique de relativement faible capacité en charge utile et un engin modulaire offrant de gros volume de chargement. L’une des caractéristiques n’est pas forcément liée intrinsèquement à l’autre. En fait, étant donné qu’une conception modulaire permet une meilleure optimisation des fonctions et d’éviter en particulier de faire atterrir puis redécoller ensuite des masses inutiles sur le corps céleste de destination, la charge utile pouvant être débarquée sur ledit corps céleste peut le cas échéant être plus importante que dans le cas d’un engin monolithique.

  4. Bonjour en cette journée mondiale des abeilles du 20 mai qui ont démontré leurs survies et productivité à 0 gravité dans l’espace. Pour ce qui est des énergies et redondance, la pire forme de gestion de risques de catastrophes est de limiter à une seule forme, fut-ce la fission nucléaire… Quand on voit la gabegie en France en 2022 et les délais de retard de construction de plus de 14 ans pour les EPRs sans compter les débacles financiers des SMRs, il faut impérativement avoir des sources d’énergies renouvelables avec batteries ou stockage adaptés sur Mars… et sur la Terre.

    1. Il ne faut pas mélanger le problème des centrales électronucléaires de très grande puissance sur Terre avec la production d’énergie électrique à bord de vaisseaux spatiaux ou sur le sol d’autres corps célestes qui fait à appel à des réacteurs de relativement faible puissance dont la conception est BEAUCOUP plus simple. Quant à l’utilisation de batteries/stockage dans le contexte spatial, elle est très limitée (juste pour faire l’appoint sur de courtes durées en cas d’indisponibilité momentanée d’une autre source d’énergie) en raison de la masse excessive de ces dispositifs (essayez, comme je l’ai fait, de calculer par exemple la masse de batteries qui serait nécessaire pour alimenter en électricité sur une durée relativement longue un Starship en transit vers Mars!).

  5. Bonjour Monsieur
    Ce genre de mission est extremement difficile a planifier; la redondance c est bien sur la solution mais lorsque c est possible.
    Ce qui m inquiete actuellement c est la protection de l equipage contre les radiations.
    Tout l un dans l autre cela va faire beaucoup de poids supplementaire a embarquer et je pense que cette fusee fantastique risque par ailleurs de manquer de puissance si l on desire par economie tout lancer simultanemment.
    Qu en pensez vous ?

    1. La question des radiations doit certes être prise en compte, mais Monsieur Brisson a déjà montré dans de précédents articles qu’à condition de ne pas multiplier les voyages Terre-Mars au cours d’une vie (on n’aura jamais de personnel naviguant de manière régulière entre les deux planètes comme c’est le cas sur les lignes aériennes! 🙂 ), ce n’est pas un problème rédhibitoire. Il a été estimé qu’un astronaute effectuant un voyage aller-retour de 2 1/2 ans vers Mars verrait son risque d’un cancer mortel induit durant les 30 années suivant son retour augmenté de l’ordre d’un pour-cent (sur la base d’une dose cumulée de quelque 600 mSv), une valeur qui reste raisonnable. Un gros fumeur court un risque beaucoup plus grand durant la même période!

  6. Wikipedia dit « Ce rayonnement (émis par les galaxies lointaines) … peut être ionisant et susceptible de casser l’ADN, de causer des cancers et des malformations génétiques. Au niveau du sol terrestre il est largement dispersé par la magnétosphère ou bloqué par l’atmosphère et ses particules en suspension ». En outre il peut traverser la matière. Il n’est pas à mépriser sur Mars même si, en flux continu, il est plus rare

    1. Les radiations cosmiques (Galactic Cosmic Rays, GCR) sont nocives, tout comme les radiations solaires (Solar energetic Particles, SeP). La différence est que les GCR sont constants mais comprennent 2% de HZE (noyaux lourds) qu’on ne peut pas arrêter et qui pénètrent très profondément les organismes tout en générant des rayons gamma en rencontrant des obstacles. Par contre les SeP sont constituées de protons et on peut relativement facilement les bloquer (blindage ou réserves d’eau). Le seul problème avec les SeP c’est leur intensité lors des tempêtes solaires. Les doses que l’on pourrait recevoir lors de ces tempêtes sont tellement élevées qu’elles sont en réalité plus dangereuses que le flux continu de GCR (image: on peut boire un verre de cognac tous les jours pendant un mois mais si on boit quatre bouteilles de ce breuvage en une soirée, on est mort). Mais le flux continu de GCR est quand même dommageable avec le temps. C’est pour cela qu’il ne faut pas rêver à des voyages jusqu’au delà de la Ceinture d’Astéroïdes (durant plus de 6 à 8 mois). Mars est la seule planète ou en puisse aujourd’hui envisager d’aller.
      NB: il y a autant de GCR dans l’environnement de Mars que dans celui de la Terre. La différence est que l’atmosphère terrestre peut faire écran car elle est très épaisse, alors que l’atmosphère martienne laisse presque tout « passer ».

  7. On étudie la fréquence et l’intensité des tempêtes solaires. Vu que nous en sommes protégés sur terre seuls les scientifiques les mesurent. Pourtant on redoute leurs perturbations (SeP) pour les communications satellitaires voire tous les appareils électroniques. Je n’ai pas encore entendu dire que cela soit arrivé récemment. Par contre, selon Sarah Baatout (Belgian Nuclear Research) qui pense à peu près comme vous, si je comprends correctement:
    « Galactic cosmic radiation (GCR), composed of protons and alpha particles as well as heavy ions, still needs significant research. As a continuous flux it can be critically hazardous and currently we don’t have a complete solution for stopping it. »__ Mais « Currently », donc elle a l’espoir qu’on pourra les comprendre et contrôler un jour ! Un nouvel élément à trouver sur le tableau de Mendeleïev, un magnétisme très puissant pour les dévier, une émission antagoniste de particules ou un tunnel à très grande profondeur sur Mars ou … ? Les neutrinos traversent toute la planète, je ne sais pas s’il en est de même pour ces GCR.

    1. Un rayonnement (neutrinos) qui peut traverser la Terre sans en être affecté n’a par définition pratiquement pas d’interaction avec la matière et n’est donc pas dangereux. Ce n’est pas le cas des GCR.

    2. Pierre-André Haldi a raison, Martin. Les neutrinos traversent toute la planète parce que leur masse est infinitésimale. Ceci veut dire que quasiment (mais pas tout à fait) aucune matière ne peut les stopper. Ce n’est pas le cas des GCR (au minimum des protons isolés issus de l’hydrogène, et au maximum des noyaux de fer).
      .
      Quant à votre hypothétique nouvel élément sur la table de Mendeleïev, il ne faut pas rêver de n’importe quoi (sans vouloir vous offenser). Il ne peut pas y avoir de nouveaux éléments qui vont venir s’intercaler dans la table des éléments existants. La seule possibilité serait d’en découvrir un tout au bout de la liste actuelle. Mais cet hypothétique élément serait extrêmement lourd (grand nombre de protons) et extrêmement instable (comme ceux qui le précédent immédiatement)…donc totalement inutilisable pour faire un bouclier.

  8. Oui, de nouveaux éléments seraient difficilement concevables, à créer non à découvrir.
    L’ununtrium, l’ununpentium, l’ununseptium et l’ununoctium ont été trouvés il y a assez peu de temps, au bout de la table oui et après 2000 pour certains. Mais je ne doute pas que les scientifiques s’activent pour faire barrage aux radiations cosmiques de tous genres. Très instables oui, mais on cherche. Sinon le rêve de vie sur Mars sera compromis

    1. Ce ne sont pas les noyaux d’atomes de masses atomiques les plus élevées qui nous donneraient la meilleure protection. En effet les noyaux d’atomes de masses très élevées sont susceptibles d’éclater sous le choc d’un impact de noyaux de HZE élevé (fer et autres) ce qui va créer un rayonnement gamma secondaire extrêmement nocif.
      Il faut « simplement » rechercher les atomes les plus stables ou, pour contrer les protons, simplement les molécules d’eau car l’eau est tres riche en hydrogène et l’hydrogène est un proton accompagné d’un électron.

  9. On en revient à l’eau. Sur Mars, ce sera un pis aller. Vivre sous un réservoir! si on veut passer sa vie sur cette planète. Mais, ce n’est qu’un début. Espérons qu’on trouvera mieux un jour

    1. La physique des interactions rayonnements-matière est bien connue et je doute qu’elle change avec le temps (donc pas de miracles à attendre)! 🙂

  10. Bonjour
    Il est a noter que en se contentant de ne blinder que la partie habitable deStarship le poids ainsi genere serait voisin de 700 tonnes ce qui nous amene a une valeur proche des possibiltes du lanceur.On peut meme ameliorer cela en ne blindant qu une partie de l ensemble habitable.
    Donc a priori Starship tel qu il existe serait utilisable pour effectuer une mission sur Mars de longue duree de translation. Par contre le sejour sur Mars n offre pas beaucoup de solutions?
    Toutefois sur Mars les astronautes seront « dehors » seulement la moitie du temps le reste etant consacre au repos; Donc selon ce raisonnement c est le module habitable Martien qui est a travailler s il ne s agit pas de starship.
    On pourra limiter ainsi de facon importante la quantite de radiations impactant l equipage.

  11. Apparemment les raptors progressent en ce moment:ils permettraient dans leur etat actuel une poussee proche de 9000 tonnes ! Heureusement qu ils refondent le pas de tir !

    1. Bonjour Niogret,
      Je sais que je devrais écrire un article sur ce compétiteur du Starship HLS. Je voudrais le faire sérieusement plutôt que dans un commentaire rapide.
      .
      A priori je pense que cet atterrisseur est faisable, une sorte de LEM amélioré (mais compte tenu de sa masse et de son volume, je crois qu’il devrait être acheminé au Gateway en plusieurs parties/vols et assemblé dans l’espace).
      Cependant il ne présente pas le caractère révolutionnaire du Starship HLS, que je souhaite voir réussir. Le Starship HLS permettrait en effet de se passer du SLS et du Bluemoon. Ce serait une simplification (donc une sécurité accrue) avec une capacité d’emport bien supérieure.

  12. Bonjour Monsieur Brisson

    Oui le fait est que le projet est un peu complique SLS ORION GATEWAY STARSHIP HLS …
    Starship pourrait tout faire tout seul en fin de compte.

    Cordialement

  13. Gateway va etre petit avec peu de place pour les astronautes et onne voit aucun plan pour l instant ; Meme remarque pour Bluemoon; Par ailleurs la fusee Newglenn a t elle deja decolle ?

  14. A propos d impacts Avi Loeb est en train de chercher dans l ocean indien des morceaux de cneos 2014: il aurait trouve des spherules metalliques fer titane etc…

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À propos de ce blog

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre du comité directeur de l’Association Planète Mars (France), économiste de formation (University of Virginia), ancien banquier d’entreprises de profession, planétologue depuis toujours

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