EXPLORATION SPATIALE - LE BLOG DE PIERRE BRISSON

Noël, au cœur de l’hiver, est cette période de l’année où les hommes se posent naturellement des questions cosmiques, notamment celles de la naissance et de la continuité, dans un contexte extérieur de froid, de nuit et de douleur, mais aussi intérieur de chaleur du foyer.

Nous sommes entrainés par notre planète dans cette course et cette répétition éternelle de nouvelle-naissance au sein de la période la plus mortifère de l’année. Nous n’avons pas le choix puisque la mécanique céleste nous l’impose. Inexorablement, du fait de l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre sur elle-même, sur le plan de l’écliptique défini par sa rotation autour du Soleil, tous les êtres conscients donc les hommes, qui vivent dans l’hémisphère Nord voient leurs jours raccourcir et le froid augmenter jusqu’à ce point sur l’orbite où la force de gravité exercée par le Soleil sur notre masse commune, nous fait repartir vers les jours plus longs et la chaleur.

Noël n’est bien sûr pas le Printemps mais déjà l’Espérance. Noël n’est pas la puissance mais le potentiel sans lequel rien ne pourrait advenir, comme l’enfant doit d’abord naître pour devenir homme. En passant Noël on sait bien qu’il y aura encore des jours difficiles jusqu’à l’éclatement de la couleur des fleurs dans les champs et le chant des oiseaux dans les arbres mais on sait que ce moment viendra. Il faut « tenir », passer l’hiver. La (re)naissance nous permet déjà de nous appuyer sur quelque chose pour recommencer et pour construire.

Les Chrétiens ont bien compris cette évolution au cours d’une année, depuis son début jusqu’à ce qu’elle se boucle, l’importance de ce cycle et le besoin qu’ils ont, que nous avons, de nous interroger ou de nous conforter à l’occasion des grands passages, dont celui de Noël, marqués dans le Ciel et sur le sol où nous vivons. Le cycle de la Religion est en symbiose avec le cycle de la Nature. Les deux se donnent mutuellement sens, profondeur et solidité. L’acmé du cycle étant la nuit de Noël, ce moment extrême, éclairé par la lumière de l’Etoile, nouvelle et unique, une nova sans doute à l’époque, au cœur de la nuit la plus profonde et la plus longue de l’année (même si en réalité c’est à quelques jours près), cette alliance concrétisée, ce don prodigieux et cet honneur inouï, où la divinité s’incarne dans l’humanité pour la sauver et lui permettre de repartir vers la lumière. Souvenez-vous du « Cantique de Noël », chant magnifique et puissant de Placide Cappeau (paroles) et Adolphe Adam (musique). Il a été écrit il n’y a pas si longtemps, 1843 les paroles, 1847 la musique, mais il semble venir du fond des âges tant il exprime parfaitement ce lien (plusieurs destinées assemblées) et ce nœud (lieu de l’accouchement et des premiers jours). Pour ceux qui ne l’ont pas en tête, je citerais les deux vers par lequel il commence et ils le reconnaîtront, « Minuit, Chrétiens ; c’est l’heure solennelle ou l’enfant Dieu descendit parmi nous… » ! Le très fameux « Christmas carol », « O Holy Night » en est la traduction (par John Sullivan Dwight, un Américain, en 1855).

J’ai vécu dans l’hémisphère Sud, en Uruguay, et je n’ai jamais intégré dans mon esprit l’idée que Noël puisse être célébré en été. Je pense toujours que les Sud-Américains devraient fêter Noël à la Saint-Jean. De même, quand nous serons sur Mars, Noël devra naturellement être célébré le jour ou l’irradiance solaire est la plus faible, au cœur de l’hiver austral (492 W/m2), une fois tous les 668 sols (jours martiens). Reste les zones « floues » ou de transition, comme la zone équatoriale. J’ai aussi vécu à Singapour et je me souviens des faux sapins de Noël enveloppés de fausse neige. C’était pittoresque mais certainement « décalé » ! On fait ce qu’on peut mais plutôt que de lier Noël à une image « occidentale », il me semblerait préférable que les habitants de cette zone géographique l’apparient également au moment où l’environnement est le plus hostile, celui où l’on doit « se réfugier à l’intérieur » d’une étable peut-être ou du mall qui pourrait en tenir lieu aujourd’hui. Là comme ailleurs où la mousson marque le passage du temps, on devrait choisir la date où la pluie est généralement la plus intense. Cela « tombe » bien, pour Singapour, car la période s’y situe entre Novembre et Décembre.

C’est cela l’esprit de Noël.

Il faut bien sûr espérer bénéficier pendant cette Nuit d’une période au ciel dégagé car Noël n’est pas seulement considérer la nature qui nous environne ou plutôt c’est en considérant cette nature que l’on est entrainé à lever les yeux, à regarder le ciel et à contempler les étoiles. Cette contemplation entraîne à réfléchir sur notre place dans l’Univers et au temps qui passe, si vite pour nous alors qu’il semble immuable pour les astres, sauf les météores qui en sont en quelques sortes les messagers.

Pensons-y ! 2000 ans (et quelques !) depuis la naissance à Bethléem de Jésus de Nazareth nous parait une durée très longue au regard de la multitude des événements et évolutions ou révolutions qui ont marqué notre histoire, des naissances et des morts. Mais qu’est-ce que cette durée par rapport aux 25.000 ans nécessaires à la lumière des astres situés au centre du bulbe de notre Voie lactée pour parvenir jusqu’à nous à la vitesse de 300.000 km/s, ou par rapport aux 240 millions d’années qu’il faut à notre Soleil pour effectuer un tour complet de cette même galaxie, ou encore aux 2,5 million d’années-lumière qui nous séparent de la galaxie d’Andromède, notre voisine la plus proche ! Ne sommes-nous pas, nous et nos ancêtres homo-sapiens depuis 300.000 ans et descendants (jusqu’à quand?), un de ces météores, trace brillante mais fugace dans le ciel noir immense au-delà du discible et éternellement silencieux ? Mais si nous sommes ce météore, n’avons-nous pas un caractère particulier qui a fait que nous ayons été choisis, sinon voulus, malgré cette fugacité ?

A Noël nous prenons ainsi conscience de notre fragilité, celle d’être immergés sinon perdus dans un Univers qui nous dépasse infiniment, dans les quatre dimensions, parcouru de forces que nous ne pouvons absolument pas maîtriser. Et nous prenons conscience en même temps de notre puissance puisqu’en dépit de notre faiblesse nous sommes porteurs d’une vie intelligente et sensible probablement extrêmement rare sinon unique dans l’Univers, et que nous pouvons l’appréhender tout entier en le pénétrant de notre esprit sagace, ingénieux et critique, en même temps que nous pouvons l’embrasser, également tout entier, par la seule force de nos capacités émotionnelles.

Pour pénétrer, comprendre et ressentir l’Univers, nous ne nous contentons pas en effet d’observer ou de calculer, en nous aidant d’instruments de plus en plus ingénieux et sophistiqués. Nous « brodons » aussi sur ce que nous observons, imaginant des voyages de plus en plus lointains, d’autres vies dont nous n’avons aucune preuve et nous laissant porter par des images qui n’ont de réalité que dans notre esprit (mais c’est déjà beaucoup et puissamment inspirant), enveloppés éventuellement dans des musiques dont les sons bien réels ont la faculté d’amplifier cette imagination. En ce moment particulier de l’année, je vous recommande de (ré)écouter le très connu concerto pour violon, « L’hiver » de Vivaldi, son largo surtout. C’est un philtre puissant qui si vous vous laissez emporter, peut vous élever au-dessus de la réalité tout en y restant attaché, et faciliter le travail de votre imagination, comme si vous étiez déjà à bord d’un starship à propulsion nucléaire, le seul vaisseau disponible aujourd’hui, dans vos rêves, pour aller au moins jusqu’au centre de notre Voie-lactée.

Joyeux Noël à tous !

Illustration de titre : l’étoile de Noël (visuel©depositphotos)

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11 réponses

  1. Bonjour Pierre Brisson
    Vous savez 2000 ans c est 20 siecles et a raison de 3 generations par siecle cela revient a une soixantaine de generations soit 60 representants de chacunes de celles ci: ceux ci tiennent dans une salle de classe ! on pourrait serrer la main de chacun d entre eux! c est pour cette raison que le patrimoine genetique n evolue pas vite!

    Joyeux Noel

  2. C’est vrai que fêter Noël en été paraît anachronique.
    Au fait, peut-il neiger à Bethléem ou à Nazareth ? Dans les deux cas, je pense à une commune d’Israël et pas des USA ni de Belgique.

    Noël était déjà fêtée avant le christianisme, un peu partout dans Monde. Dans tous les cas, on l’a toujours placée quelques jours après le solstice d’hiver, pour être bien certain que la durée des jours était bien en train de s’allonger. Les astronomes de l’époque n’avaient pas de montre à quartz.

    Les Incas sont la seule civilisation qui existait dans l’hémisphère sud avant l’occupation de leur pays par les Européens. Sait-on quand ils fêtaient l’équivalent de la Noël des nordiques ?

  3. Bonnes fêtes de fin d’année aux intervenants de ce blog.
    Et beaucoup de science-fiction pour tous!
    « Elon Musk wants to colonize Mars. Jeff Bezos prefers 1970s plans for giant orbital habitats.  Peter Thiel is funding research into artificial intelligence, life extension and “seasteading.” Mark Zuckerberg has blown $10 billion trying to create the Metaverse from Neal Stephenson’s novel Snow Crash.  »
    Ce sont eux qui ont les réussites exceptionnelles. Ceux qui les critiquent restent des inconnus.
    https://www.scientificamerican.com/article/tech-billionaires-need-to-stop-trying-to-make-the-science-fiction-they-grew-up-on-real/

    1. Merci pour vos vœux Martin.
      Je ne suis pas (également) d’accord sur la condamnation de l’inspiration par la science-fiction. Bien sûr une certaine science-fiction peut être totalement déconnectée du réel. Mais une autre peut faire avancer l’humanité vers un « mieux ». La science-fiction est une partie de l’imaginaire et c’est à partir de là qu’on peut travailler sérieusement sur un projet. Bien sûr tous les rêves ne deviennent pas réalités mais certains le deviennent vraiment. Ne refusons pas l’imaginaire, c’est une des caractéristiques de l’esprit humain.

  4. L’homme a rêvé avant de réaliser. On a mis plus de 7 millions d’années pour devenir capable de voler. Faudra-t-il une attente aussi longue avant d’habiter Mars ou une autre planète plus ou moins lointaine? Et personne n’a le droit de nous interdire de rêver? On peut quand même espérer que les choses vont s’accélérer

  5. Je profite aussi de cette occasion pour transmettre tous mes bons vœux de Nouvel An en vue d’une année sereine et fructueuse aux lecteurs de cette toujours passionnante tribune de M. Pierre Brisson et à lui-même tout spécialement, en le remerciant pour sa fidèle présence hebdomadaire depuis septembre 2015. En dépit des orages belliqueux qui nous entourent, je crois qu’il faut cultiver l’espérance d’un avenir apaisé.
    Malgré la période festive en cours, une ou deux considérations astronomiques ne sont pas déplacées. M. Brisson a mentionné l’Étoile de Noël qui aurait pu être une nova ou une supernova, une étoile explosant dans notre Galaxie avec un éclat inhabituel dû à sa relative proximité. Ces phénomènes de supernova peuvent durer de quelques semaines à quelques mois et ne laissent après coup plus de traces visibles à l’œil nu (seulement de faibles vestiges, des restes ténus, appelés « rémanants de supernova », ou SNR), en tout cas presque plus rien, sinon un pulsar (une étoile à neutron à rotation extrêmement rapide, émettrice d’ondes radio, ou de rayons X, ou de rayons gamma) que l’on peut détecter aujourd’hui et qui est quelques fois entouré d’une « nébuleuse de vent de pulsar », ou PWN, en forme de coquille, elle visible au télescope.
    Il y a beaucoup de quasars effectivement enregistrés, mais on ne peut pas déterminer leur âge de façon univoque (on parle de l’âge « caractéristique » d’un pulsar en connaissant sa fréquence de rotation et la diminution de celle-ci et même son freinage, donc la variation elle-même de cette diminution), sinon pour les quelques quasars actuels qui résultent de supernovae dûment enregistrées historiquement, telles SN 1006 (fort bien décrite avec minutie par les moines de l’Abbaye de St-Gall dans leurs annales, car l’année M.V.I. commence ainsi : « Nova stella apparuit… » ; voir ici : http://www.e-codices.unifr.ch/fr/csg/0915/222 ), SN 1054 (la Nébuleuse du Crabe actuelle), SN 1572 (enregistrée par Tycho Brahe dans son « De Nova Stella »), ou SN 1604 (très observée par Johannes Kepler). Il y a naturellement eu d’autres supernovae avant celles-ci, bien que le phénomène soit rare (on estime leur apparition à une supernova par siècle dans notre Galaxie). La question reste : y en a-t-il eu une autour de l’an 0 de notre ère ?
    L’observation des « Mages » qui ont vu une étoile annonciatrice d’une naissance extraordinaire pourrait aussi être une comète. Ce genre d’astre a l’avantage d’apparaître durant quelques mois et de se déplacer très vite dans le ciel, même à vue d’œil si la comète est proche de la Terre. Il y a aussi une disparition momentanée lorsque la comète passe à son périhélie et est noyée dans la lumière du Soleil avant de réapparaître. Cette disparition et réapparition est un élément qui est mentionné dans les Écritures.
    La troisième possibilité est celle d’une conjonction serrée entre deux planètes brillantes, en l’occurrence Jupiter et Saturne, telle que nous l’avons vécue le 21 décembre 2020 (la prochaine sera le 5 novembre 2040), avec un écart minimal de seulement 6 minutes d’arc. Il existe de telles conjonctions entre ces deux planètes environ tous les 20 ans, mais avec des écarts minimaux fort variables. Mais il y a un phénomène bien plus rare qui est la triple conjonction, soit la répétition de ce phénomène trois fois de suite à seulement quelques mois d’intervalle. Entre l’an -100 et aujourd’hui, il n’y en a eu que 14, la dernière en 1980-81, la prochaine sera en 2238-39 ! La première triple conjonction depuis l’an -100 a eu lieu effectivement en -6, donc en l’an 7 avant Jésus-Christ, ou avant notre ère, comme on dit actuellement (car les astronomes prennent en compte une année 0 !). La première dans cette série de trois conjonctions successives a eu lieu en février -6 ; la deuxième, à la mi-septembre -6, a été particulièrement frappante, les planètes, étant en opposition avec le Soleil, avec alors un éclat maximal d’une magnitude de -2,92 pour Jupiter et de -0,19 pour Saturne (plus les magnitudes sont négatives, plus l’éclat est fort) ; la troisième a eu lieu en décembre. Donc il y a eu de quoi impressionner des observateurs attentifs… Rappelons que Hérode le Grand meurt, enfin, en -3 (donc en 4 avant notre ère) et l’estimation des historiens pour la naissance du Christ est actuellement retenue entre -6 et -4 (donc entre 7 et 5 avant notre ère).

    1. Merci Monsieur de Reyff pour vos remarques amicales et encourageantes. Et merci aussi pour vos précisions concernant l’Etoile de Noël, un de ces mystères que l’on approche sans avoir de réponse certaine.
      Les supernovas sont des phénomènes merveilleux et rares et l’on comprend qu’ils ont de tout temps attiré l’attention des hommes. Aujourd’hui ce serait plus difficile en raison de la pollution lumineuse mais je ne doute pas quand même que celle d’étoiles vraiment proches, comme Bételgeuse située à environ 650 années-lumière, retienne puissamment l’attention quand elle surviendra.

  6. Bonjour a tous

    Meilleurs voeux pour 2024:bonheur sante prosperite et paix…
    C est vrai qu il peut y avoir des relations entre un phenomene celeste et des considerations religieuses tout cela etant en rapport avec les superstitions des epoques considerees.
    Mais un evenement ne se rapporte pas a ces phenomenes celestes : l ouverture de la mer rouge a l epoque de MOISE.
    Cet evenement semble plutot lie a un phenomene terrestre comme l explosion du volcan Thera a Santorin … il y a aussi le remise des tables de la loi a MOISE et cette lumiere au somment de la montagne…

    1. Merci Niogret pour votre fidélité et vos bons vœux. Je vous adresse également les miens.
      Attention, tous les phénomènes rapportés dans les textes religieux ne se sont pas forcément produits. Il peut s’agir aussi d’histoires que ce sont racontées les générations suivant l’évènement, supposé ou réel, pour le magnifier ou le diviniser. A contrario un fait extraordinaire a pu être la source d’une légende ou d’un mythe.
      Le Christianisme a pu « raccrocher » la vie terrestre de Jésus au cycle de la Nature, alors qu’il ne l’était peut-être pas tout à fait historiquement. Ce qui est remarquable, pour moi, c’est son harmonisation parfaite avec ce cycle et la profondeur de la compréhension de la Nature, de la vie et de la mort, et des sentiments que nous pouvons nourrir à l’égard des deux, notamment la fameuse « espérance », que ce rapprochement révèle et exalte. C’est tout à fait particulier et vous ne le retrouverez pas ailleurs.

  7. Oui tout a fait: la naissance du christianisme est pationnante et posterieure a la vie de Jesus, une vie stupefiante et une intelligence grandiose !
    Pour ce qui est de la Bible celle ci s est transmise par voie orale de generations en generations pendant environ mille ans avant d etre trancrite et surement un peu deformee. Moise a vecu vers 1500 ans env. avant Jesus c est a dire a une centaine d annees pres a l epoque d Akhenaton mais probablement apres : ils sont les deux immenses precurseurs du monotheisme ce qui leur a valu une grande disgrace helas. Dans le passe je suis tombe sur un article qui montrait qu on avait retrouve a AMARNA dans une tombe un fragmant de texte comparable a certains passages des tables de la loi recues par Moise !

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À propos de ce blog

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre du comité directeur de l’Association Planète Mars (France), économiste de formation (University of Virginia), ancien banquier d’entreprises de profession, planétologue depuis toujours

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