Sur la durée, les relations sociales dans une colonie martienne resteront toujours nécessairement contraintes mais les effets de catastrophes possibles seront de plus en plus diluables et de ce fait adoucis pour l’ensemble
Dans un siècle, il y aura des humains sur Mars, vivant non pas temporairement comme aujourd’hui les Terriens dans les bases de l’Antarctique mais tout au long de leur vie. Il y a des raisons fortes pour cela que je développerai ci-dessous. Cela n’empêchera pas les relations avec la Terre mais ces relations se feront quotidiennement par les ondes et périodiquement par des transports qui seront largement automatisés et qui impliqueront peu d’humains dans le sens Mars/Terre (voir ci-dessous). Au sein de la communauté martienne, les relations seront semblables à ce qu’elles sont sur Terre avec des différences de deux types : celles qui résultent des contraintes de sécurité imposées par la non-viabilité de l’extérieur des bases habitées et celles qui résultent des risques sanitaires indissociables d’une vie en milieux clos.
Les résidents martiens auront intérêt à rester sur leur planète. Un voyage vers la Terre les exposerait à des risques importants, notamment radiatifs ; pour cette raison on ne pourra pas faire plus de deux ou trois voyages dans une vie. Par ailleurs le voyage restera très longtemps, long et coûteux (jusqu’à imaginer de nouvelles technologies dont nous n’avons pas idée aujourd’hui) et sera de ce fait un peu comme un voyage transatlantique au début du XXème siècle. Une autre raison sera la différence de gravité. Après un long séjour sur Mars et a fortiori s’il y est né, la gravité terrestre sera difficile à supporter pour un résident martien. Une autre raison sera le risque bactériologique. Sur Terre, les martiens seront exposés dans ce domaine à des risques beaucoup plus importants que sur Mars où les interactions seront moins nombreuses et l’environnement beaucoup plus contrôlé*. Une dernière raison sera le fait que les Martiens n’auront pas un besoin vital des Terriens pour vivre. L’autonomie sera une nécessité à atteindre au plus vite. Comme dit dans mon précédent article, il ne sera pas question de dépendre d’un arrivage physique de la Terre pour résoudre un problème qui se posera à un moment donné en urgence. Une défaillance grave dans le système de support-vie de Mars qui dépendrait d’une intervention physique de Terriens signifierait la mort pour tous puisqu’aucun transport ne sera possible en dehors des fenêtres permettant le voyage et s’ouvrant tous les 26 mois.
*Un effet inévitable de ce risque et de la distance sera le danger d’un contact brusque des deux populations (martienne et terrestre) à l’occasion des voyages espacés de plus de deux ans. Ce sera l’occasion de l’ajustement des évolutions parallèles. A l’arrivée sur Terre mais surtout sur Mars, des mesures devront être prises pour que les ‘retrouvailles’ se passent avec précautions car les germes biologiques communs auront évolué différemment sur l’une et l’autre planète.
Quelques années après le premier établissement permanent, des enfants naîtront sur Mars et, avec le temps, génération après génération, ‘il faudra faire avec eux’ en tant qu’adultes car pour les raisons de santé mentionnées ci-dessus, ils devront rester sur Mars, y vivre et y travailler. Ce sera la grande différence avec la première phase de la colonisation. Ce n’est pas les emplois qui manqueront, ni les professeurs (le milieu ‘première génération’ sera de ce point de vue très riche) mais ce sera l’aptitude de ces jeunes à remplir ces emplois. Heureusement, le passage de la première génération à la ‘vitesse de croisière’ se fera progressivement. Les pionniers disparaîtront petit à petit avec l’âge, les adultes nés sur Mars seront de plus en plus nombreux et en même temps d’autres personnes qualifiées viendront de la Terre pour faire face aux besoins de développement sans cesse croissant.
Il faudra faire au mieux pour inciter les enfants à apprendre, puis à travailler (comme on devrait le faire d’ailleurs dans toute situation). La meilleure incitation sera sans doute, comme sur Terre, la responsabilité. Un être humain doit pouvoir s’assumer et satisfaire ses besoins et ses envies proportionnellement à ce qu’il apporte à la communauté à laquelle il appartient, cet apport étant mesuré par une rémunération fixée par la rencontre d’une offre et d’une demande. La rigueur de cette règle pourra, comme sur Terre, être atténuée par l’héritage. Mais, pour limiter les dépenses inutiles à la vie matérielle de la communauté, on pourra inciter fiscalement les détenteurs de capitaux à investir (les fiscalistes savent très bien créer cette incitation). Comme sur Terre, les choix d’investissements pourront être mauvais ou bons. Un mauvais choix diminuera le capital du détenteur et un bon choix l’enrichira. Une partie du capital actif martien sera donc détenu par la société ayant investi dans la construction de la Colonie (qui aura sans doute pour actionnaire, outre des entreprises privées comme SpaceX, des agences spatiales) et une autre partie sera détenue par des personnes privées qui auront réussi leurs investissements. La fluidité ou l’anticipation seront assurées par des banques et des compagnies d’assurance, et par un marché de capitaux (bourse reliée aux bourses terrestres).
Bien sûr, le fait que les enfants martiens vivront sur Mars limitera la qualité intellectuelle et fonctionnelle de l’ensemble de la population par rapport à la première génération dont tous les membres auront été choisis en fonction de leur compétence et des besoins. Tous les enfants ne sont pas aussi doués ni travailleurs que leurs parents et certains jeunes martiens n’auront aucun intérêt pour les fonctions dont on aura le plus besoin. Il y a aura donc des chutes dans l’efficacité globale de la communauté mais la vie est ainsi faite (et c’est aussi ce qui permettra à tous de ‘respirer’, la perfection étant un niveau difficile ‘à tenir’).
Il y aura aussi des individus asociaux ou antisociaux, comme dans toutes sociétés. On ne peut rien contre ce fait, sauf à tenter de réintégrer les asociaux s’ils semblent dériver vers l’antisocial. Pour les antisociaux, on ne pourra se permettre de tolérer qu’ils portent atteinte ou risquent de porter atteinte à la sécurité de tous. Dans une base martienne, un grain de sable pourrait être un grain d’explosif. Dans ces conditions, la police se devra d’être particulièrement vigilante et préventive, et la justice devra être extrêmement ferme (on peut concevoir un habitat pénitentiaire, bien séparé des autres, pour héberger les condamnés afin qu’ils ne constituent plus un risque mortel pour l’ensemble des Martiens).
Ainsi tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles !
Pour la société martienne, la seule différence avec la société terrienne, sera la menace constante de la chute d’un météore, ou d’un accident au système de viabilité. Mais petit à petit, avec l’augmentation du nombre d’habitats viabilisés et la création d’établissements tout autour de la ceinture équatoriale de la planète, le risque pour l’ensemble de la population humaine sur Mars sera dilué de telle sorte que si les uns meurent, les autres survivent (on peut dans ce cas dire que l’expansion permettra de développer un ‘buffer effect’ – effet tampon). On peut espérer que sur le plan des comportements humains, la sensation de ce risque responsabilise les habitants davantage que les facilités ‘édéniques’ que constitue la Planète Terre où la liberté est moins contrainte par la Nature.
Pour que tout se passe le mieux possible entre les hommes de cette population, il faudra un maximum de décentralisation et un maximum de démocratie participative, avec aussi une justice et des sanctions. Si j’osais (et j’ose !) je dirais que le modèle suisse devrait beaucoup inspirer l’organisation de la gouvernance.
Illustration de titre : image Max Rymsha, Between the Red Mountains, The project of the city on Mars. The winning entry of the Mars home planet Competition. Lien: https://www.cgarchitect.com/projects/1b3b2d84-between-the-red-mountains
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20 réponses
L’éventualité d’un établissement humain permanent sur Mars soulève de nombreuses questions, dont seulement une partie a été traitée dans les deux derniers articles de ce blog.
On peut commencer par se demander quelle serait la taille optimale d’une telle colonie martienne. Comme Monsieur Brisson, je ne crois guère au million de colons visé par Elon Musk. Plus vraisemblablement, entre mille et dix mille, ce dernier chiffre étant sans doute préférable, pour des raisons de « brassage génétique », dans l’hypothèse d’une colonie sur Mars totalement autonome et éventuellement coupée de la Terre.
Un problème qui apparaît alors immédiatement est celui du contrôle démographique de ce nombre d’habitants. Il ne sera pas possible sur Mars de compter comme sur Terre sur des mouvements d’émigration/immigration pour corriger d’éventuelles dérives par rapport au nombre optimal (qui ne pourra à l’évidence être nettement dépassé, mais pas non plus trop réduit, étant donné les contraintes d’un établissement martien). Il faudra donc exercer un très strict contrôle des naissances pour rester en gros à 2,1 enfants par femme en moyenne. Ce qui peut imposer des limites à la procréation, mais aussi le cas échéant des obligations à procréer! Et ce n’est pas tout, l’équilibre de population ne devra pas être seulement quantitatif, mais aussi qualitatif, en particulier le maintien d’une pyramide des âges correcte. Là, les choses deviennent délicates; que faire entre autres des résidents devenus incapables d’assurer un service à la communauté en raison de l’âge, ou de la maladie? Les renvoyer sur terre risque de s’avérer impossible (dans un « Starship-ambulance »?!). Dans les difficiles conditions d’un environnement martien, pourra-t-on accepter de s’occuper de bouches devenues inutiles (on pourrait même dire aussi de narines dans ce contexte, étant donné que même l’air respirable ne sera pas à disposition « gratuitement »!)? Les auteurs de science-fiction ont souvent « résolu » ce problème (dans le cadre de vaisseaux multi-générationnels en particulier) par le recours à l’euthanasie active vis-à-vis de telles personnes qui constitueraient sans cela un fardeau ingérable pour la colonie. Mais peut-on accepter cette « solution » d’un point de vue éthique?
Se pose également la question de la gestion et organisation sociétale d’un tel nombre d’êtres humains. Comme relevé dans l’article de ce jour, les êtres humains étant ce qu’ils sont, on ne pourra jamais exclure l’apparition de cas asociaux parmi les habitant de la colonie. Il faudra donc inévitablement prévoir un « service d’ordre ». Mais aux ordres de qui? Avec quels moyens d’action (le recours à des armes à feu par exemple paraît exclu dans un tel environnement)? Et soumis à quel contrôle (difficile d’exercer un contrôle quelconque depuis la Terre en cas de dérive toujours possible)?
Dans ce même ordre d’idée, je vois un gros danger pour le maintien de droits démocratiques pour les habitants de la colonie. Le risque d’une dérive autoritaire sera très important. Etant donné que la sécurité de tous dépendra fortement du comportement individuel de chacun, la tentation sera grande pour les « autorités » de la colonie de restreindre fortement ces droits (on a vu plus haut le problème lié à la procréation par exemple). Et un petit groupe de « mégalomanes » pourrait avoir l’idée de prendre le contrôle de l’approvisionnement en biens vitaux – air, eau, nourriture, énergie – ce qui leur assurerait alors une mainmise complète sur les autres résidents de la colonie pour les asservir à leur guise, sans aucune possibilité pour ceux-ci de se révolter sous peine de mort immédiate! La colonie martienne pourrait alors vite se mettre à ressembler plus à une colonie pénitentiaire qu’à une communauté idyllique de gens vivant en bonne harmonie! 🙁
Je vois bien l’argument qui n’est évidemment pas infondé.
La réponse pourrait être une pluralité de « cités » indépendantes, comme dans la Grèce antique. D’ailleurs, l’autonomie d’une implantation par rapport à une autre sera justifiée par la nécessité de réagir très rapidement à un événement quelconque.
Encore une fois, on pourrait se retrouver comme en Suisse avec des gouvernements locaux et un gouvernement fédéral doté de pouvoirs minimum.
Oui Pierre Andre
Je souscris entierement a vos remarques: reellement ce genre d installation m inquiete a causes des contraintes enormes et des risques de derive…Une sorte de haute technologie nous emmene sur MARS pour vivre au moyen age ou presque….
il y a eu dans le passe une experience de vie d un groupe a l isolement complet sous une structure geodesique(je ne me souviens plus du nom) et cela a ete un veritable fiasco lie en particulier aux comportements humains d une part et a l environnement d autre part.
Il s’agit de Biosphere 2.
C’etait la première expérience et il y a un début à tout. On apprends de ses erreurs.
Une des raisons était d’ailleurs la non segmentation des volumes viabilisés. Un Dans ce cas, une erreur ou un accident dont on a laissé se développer les conséquences, devient très vite incontrôlable et irréparable.
Etant donné que l’article de ce jour évoque la question d’enfants mis au monde sur Mars, je m’attendais à quelques réactions à ce sujet. Personne ne semblant vouloir aborder le sujet, je m’y « colle » car je pense que c’est un problème important et très sensible.
Peut-on en effet d’un point de vue éthique accepter la perspective de voir des êtres humains condamnés à vivre dans des conditions difficiles, pour lesquelles ils ne sont biologiquement pas conçus, sans avoir aucunement eu leur mot à dire sur le sort qui les attend toute leur vie? Est-ce que des parents responsables peuvent prendre la lourde décision de procréer dans ces conditions? Personnellement, je m’y refuserais. Des enfants ne sont pas des cobayes que l’ont peut soumettre à des conditions « non-naturelles » sans même savoir quelles en seront les conséquences pour eux et comment ils accepteront cette situation une fois devenus adultes.
D’autant plus, comme le souligne très justement l’article de ce jour, qu’un éventuel retour sur Terre risque bien pour eux d’être impossible. Ils verront donc des images de la terre d’origine de leurs parents, qui leur paraîtra certainement idyllique par rapport à leur environnement martien, comme un paradis à tout jamais inaccessible pour eux. Situation psychologiquement très difficile à accepter et qu’ils pourraient bien amèrement reprocher à ceux qui les auront mis au monde, un monde en l’occurrence hostile auquel ils ne sont pas naturellement adaptés.
Ces question sont graves et méritent une sérieuse réflexion en amont de toute décision de créer une éventuelle colonie martienne pérenne.
Je comprends vos réserves, MAIS.
Je pense que les enfants nés sur Mars pourraient être beaucoup plus heureux que des centaines de millions restés sur Terre en raison de la dégradation des conditions environnementales sur Terre dans beaucoup de régions.
Je pense que dans toute l’histoire de l’humanité, les enfant sont nés là où leurs parents vivaient (et des fois dans d’horribles conditions dont ils leur étaient pratiquement impossible de s’échapper).
Je pense que toute colonisation a reposé sur la reproduction de la vie là où les colons se trouvaient et qu’il est impossible de la concevoir autrement (sauf à remplacer les enfants par des robots).
Je pense que dans un tel environnement, les enfants seront choyés bien plus que dans beaucoup d’autres endroits sur Terre et éduqués avec le plus grand soin par des personnes extrêmement compétentes dans leurs diverses spécialités.
Je pense que bien qu’ils ne disposeront ni des lacs, ni des Océans pour jouir de la vie, ils disposeront des déserts, comme beaucoup de peuples des déserts aujourd’hui (Touareg, Mongols…). Certes ils ne pourront pas rester de longues heures à l’extérieur des bases protégées des radiations mais les sorties ne seront pas impossibles.
Pour résumer mon avis, il y a bien pires situations.
Cette question est trop grave et trop délicate pour être ainsi évacuée d’un revers de main (comme celle de la gestion des fins de vie d’ailleurs, que j’ai aussi évoquée). Ni vous, ni moi, ne sommes légitimés à la trancher. Bien sûr qu’il y a des enfants vivant dans des conditions difficiles sur Terre (j’étais d’ailleurs sûr que vous avanceriez cet argument), mais leur situation ne sera en rien comparable à celle d’enfants placés dans un environnement totalement artificiels, dont ils n’auront pas la moindre perspective de pouvoir un jour sortir. Il y a (heureusement) des exemples sur Terre de personnes nées dans un environnement/pays en principe peu favorable qui ont quand même réussi, grâce à leurs talents et volonté, à « faire leur trou » dans ce monde et vivre une vie beaucoup plus plaisante que celle qui leur semblait promise a priori. Cette opportunité « d’aller chercher son bonheur ailleurs » ne sera pas offerte aux enfants nés sur Mars. Et nous ne savons pas du tout quel sera leur sentiment à ce propos une fois atteint l’âge adulte, en particulier à la vue du « paradis » qui était celui de leurs parents mais qui leur restera à jamais inaccessible. Qui sommes nous pour nous mettre à l’avance à leur place?! Comme je l’ai mentionné. ce sont de graves questions, qui doivent être débattues dans le cadre d’une réflexion globale de l’Humanité (et certainement pas tranchée par une seule personne, qu’elle s’appelle Elon Musk ou n’importe quel responsable politique) avant de prendre la décision d’établir ou non une colonie pérenne sur la planète rouge.
C’est une question qui sera bien sûr débattue par de nombreux groupes en principe qualifiés. Elle sera encore étudiée sur le plan expérimental (sans enfants mais indirectement via les premiers adultes qui iront sur Mars). Mais s’il s’avère que l’homme peut vivre sur Mars pendant un cycle synodique et peut-être deux, je doute que l’on renonce à donner naissance à des enfants sur Mars.
D’abord parce que je ne pense pas qu’une femme étant enceinte voudra forcément avorter. Ensuite parce que si c’est l’avenir de l’humanité qui est en jeu, les contraintes que subiraient les enfants nés sur Mars, seraient acceptables.
On est bien d’accord, ce n’est pas nous (vous et moi) qui pouvons trancher cette grave question. Et on ne peut aujourd’hui préjuger des conclusions qui ressortiront d’une large réflexion sur ce délicat sujet. Par ailleurs, pour le moment en tout cas (et espérons que ça ne devienne jamais le cas ou, en tout cas, le plus tard possible!), ce n’est pas « l’avenir de l’Humanité » qui est en jeu dans cette nécessaire réflexion, il ne faut pas exagérer.
Je ne suis pas certain que l’avenir de l’humanité ne soit pas en jeu « tôt ou tard ».
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Ce serait stupide et très regrettable de ne pas disposer de cette solution de repli (Mars) « au cas où » si elle était possible. Il ne faut donc pas la rejeter par principe.
Bonjour Pierre Brisson et Pierre Andre Haldi
Oui j ai bien regarde vos commentaires extremement interressant: sur ces questions je n ai aucune suggestion; les premieres missions seront de la duree la plus courte possible a la charge d equipages reduits en nombre , puis ensuite il faudra construire de vastes et meme tres vastes structures tres agreables a vivre reliees les unes aux autres et recreant un beau milieu a vivre. il faudra auparavant etudier toutes les richesses disponibles sur la planete et suscepibles de permettre le developpement d une economie riche permettant aux structures de vie de s etendre. pour la procreation elle finira par exister c est inevitable. Je crois que a terme cette colonie finira par proclamer son independance.
les diverses photographies presentees par Pierre Brisson dans des chapitres precedents sont representatives de ce qui sera fait mais en infiniment plus grand.
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ce sera tellement beau que les gens voudront partir sur MARS.
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Cela peut etre dans un siecle… avec des vaisseaux beaucoup plus rapides beaucoup plus vastes et beacoup plus surs : des navettes regulieres.
Bonsoir M. Niogret, « techniquement » il n’y a en effet en principe aucune impossibilité fondamentale à réaliser une colonie martienne totalement « autarcique » à terme (mais ça ne serait néanmoins pas pour tout de suite, loin de là). Reste les questions éthiques, ou « morales » si vous préférez, que j’ai évoquées. Je ne sais pas vous, mais personnellement je ne me verrais pas prendre la responsabilité de mettre au monde des enfants condamnés sans en avoir eu le choix à passer leur vie dans l’enceinte confinée artificielle et « non naturelle » (gravité en particulier) d’une base martienne, aussi bien aménagée puisse-t-elle être. Sauf évidemment si le sort de l’Humanité sur Terre était effectivement inéluctablement scellé (collision anticipée avec un très gros astéroïde par exemple), mais nous n’en sommes heureusement pas là et, comme je l’ai écrit plus haut, espérons que ce ne sera pas le cas avant (très) longtemps! Et étant donné les aléas de l’environnement martien, rien ne dit que la colonie qui y serait installée puisse elle-même survivre longtemps à l’absence définitive de tout ravitaillement/renouvellement venant de la Terre.
« Sauf évidemment si le sort de l’Humanité sur Terre était effectivement inéluctablement scellé »
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C’est précisément le problème. Oui un gros astéroïde ou une guerre nucléaire, ou une pandémie, ou autre chose pourraient avoir des conséquences proprement dévastatrices sur Terre, d’autant que nous sommes aujourd’hui mondialisés. La dernière pandémie l’a bien prouvé.
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Dans ces conditions si nous ne sommes pas prêts, notre vie ou du moins notre civilisation, disparaitra.
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« Etre prêts » c’est évidemment ne pas attendre pour se préparer. Nous savons bien que l’établissement sur Mars ne sera pas facile et si nous commençons pas maintenant (ou dès que possible »), nous ne serons jamais prêts. C’est pour cela que, contrairement à vous, je pense qu’il y a urgence pour commencer.
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Il faut atteindre au plus vite l’autonomie sur Mars et cette autonomie n’est pas théoriquement impossible à partir du moment où nous aurons une population minimum pour tirer parti des ressources locales (qui sont sur le plan de la chimie, les mêmes que sur Terre).
Bonjour Pierre Andre Haldi
Pour ce qui est des collisions lorsque l on voit ces bolides qui traversent le systeme solaire on se dit que cela peut arriver par exemple le dernier en date 3L/ATLAS 25 kms…cela ferait tres tres « mal »!
Puisque les considérations éthiques et morales ne semblent pas susciter ici de grandes réactions (ce qui me déçoit: « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme! » comme le dit la formule attribuée à François Rabelais), je voudrais soulever un obstacle plus concret à l’éventualité de procréer sur Mars, à savoir l’exposition aux radiations. Quelles que soient les précautions que l’on puisse imaginer, les futurs « martionautes » seront inévitablement soumis à des niveaux d’irradiation nettement supérieurs à ceux que l’on tolère sur Terre même pour les personnes dites « professionnellement exposées » (dont j’ai fait partie une bonne partie de ma vie estudiantine d’abord et professionnelle ensuite, avec contrôle de santé annuel obligatoire à la clé). Femmes et hommes en âge de procréer compris. Les gamètes étant particulièrement sensibles aux radiations, cela ferait courir de sérieux risques aux embryons conçus dans ces conditions. De nouveau, qui accepterait de faire courir ce risque à sa descendance? Et en admettant que des enfants soient malgré tout mis au monde en bonne santé, il faudrait alors leur éviter au maximum de recevoir des doses supplémentaires importantes au moins pendant leur phase de croissance. Ils devraient en conséquence rester confinés au plus profond des abris, pas question de sorties « extra-domiciliaires » pour eux, jusqu’à leur majorité en tout cas. Perspective peu réjouissante, d’autant plus pour des « cobayes » n’ayant pas eu leur mot à dire si cela leur convenait ou pas!
En ce qui concerne la « survie de l’Humanité », on ne peut sacrifier ainsi des générations pour prévenir les conséquences d’une hypothétique catastrophe globale, plus ou moins fantasmée, qui pourrait (espérons-le en tout cas) ne jamais se produire dans un avenir prévisible (de toute façon, l’Humanité ne sera pas éternelle). Ce qui pourrait être néanmoins fait dans cette optique est de créer sur Mars un « avant-poste » de l’Humanité, un peu à l’image de nos bases antarctiques mais avec des rotations de « personnel » plus espacées étant donné les aléas du trajet Terre-Mars (les résidents pouvant y passer typiquement, de manière unique, 20 à 30 ans de leur vie). Sans enfants nés au sein de celle-ci en période « normale ». Cette (ou ces) base(s) serai(en)t progressivement aménagée(s) pour pouvoir recevoir un nombre plus important de résidents en cas de besoin (comme on a en Suisse des « abris anti-atomiques », mais qui ne sont pas occupés en permanence en prévision d’une possible guerre nucléaire!). Si une catastrophe globale menaçait l’Humanité, les résidents en question seraient alors, et seulement alors, transportés depuis la Terre vers la planète rouge et autorisés à y procréer (perdus pour perdus … !). On ne voit guère en effet quelle catastrophe pourrait menacer de disparition TOUTE l’Humanité sans laisser un préavis suffisant pour qu’un tel transfert d’urgence reste possible. Sauf peut-être une guerre nucléaire généralisée, mais si l’Humanité devait en arriver à une telle extrémité, alors, franchement, notre espèce ne mériterait pas de survivre! A noter que dans le cas de la plupart des catastrophes que l’on peut imaginer, excepté peut-être celle de la collision avec un très gros astéroïde, il pourrait être préférable de chercher des solutions permettant à un nombre maximal d’êtres humains de survivre malgré tout sur Terre plutôt que très aléatoirement sur la planète rouge: habitats enterrés, « bulles » viabilisées sous cloche, refuges sous-marins … A coût égal, cela permettrait certainement de sauver bien plus de monde et de manière moins précaire.
Notre espèce méritera toujours de survivre! Ce n’est pas parce que de mauvais éléments la pourrissent, que les bons qui subsistent doivent être punis.
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Si le préavis n’est que de quelques années, cela ne suffira pas.
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Je ne vois pas, en application de quel principe, si un infinitésimal pourcentage de la population terrestre voulait aller vivre sur Mars, on les en empêcherait.
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Je ne vois pas non plus pourquoi on interdirait à cette population d’avoir une descendance. Les habitats martiens peuvent être conçus pour être agréables à vivre.
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Bien entendu les deux premières missions habitées seront des tests.
« Science sans conscience n est que ruine de l ame » c est la pure verite: pour ce qui est des radiations recues sur Mars a part trouver une protection adequate (peut etre champ magnetique avec en plus une atmosphere simulant la haute atmosphere terrestre a l interieur d un deuxieme dome couvrant le premier) et limitation des expositions ….je ne vois pas d autres solutions… parce que vivre dans des cavernes c est nul!
Et pour les grandes collisions : il faut les prevenir et donc disposer des moyens permettant soit de detourner ces trucs soit de les detruire….la aussi je n ai pas mieux ! desole! je voudrais bien!
Bonjour M. Niogret.
« … et limitation des expositions », oui, c’est bien ce qu’il faudrait viser, mais comment, sans précisément rester confinés sous une bonne couche de régolithe ou dans une caverne?
Quant à créer une sorte de magnétosphère artificielle, vous vous rendez compte des quantités d’énergie qu’il faudrait pour cela?!
Et vous avez raison, dans le mesure du possible il serait préférable de tenter de dévier un astéroïde de pas trop grosse taille menaçant la Terre que de « courir » se réfugier sur Mars ( 🙂 ). Comme pour les autres catastrophes potentielles d’ailleurs, quand une « solution terrestre » est possible, celle-ci est à privilégier absolument. Mais dans le cas d’un vraiment gros astéroïde, il n’y aurait bien sûr rien à faire pour éviter l’issue fatale; là, la planète rouge serait effectivement l’unique refuge qui pourrait être envisagé pour sauver une (toute petite) part de l’Humanité.