EXPLORATION SPATIALE - LE BLOG DE PIERRE BRISSON

La possibilité théorique de l’existence de civilisations extraterrestres pose question sur le niveau de développement technologique possible de ces civilisations. Estimer qu’elles auraient pu atteindre notre propre niveau implique qu’au sein de ces civilisations d’autres « personnes » auraient fait les mêmes découvertes que nos plus grands génies sur Terre et qu’en quelque sorte, le progrès est inévitable. Est-ce acceptable intellectuellement ?

Passe encore que sur cette autre planète, des hommes (ou plutôt leurs équivalents) aient découvert par accident certains phénomènes comme le feu pour brûler ou chauffer, ou l’éclat d’une roche pour couper ou tuer. Mais peut-on aller beaucoup plus loin ?

Bien sûr, une évolution est possible pour toute collectivité d’individus intelligents. On peut imaginer parvenir « naturellement » à l’élevage, à l’agriculture, à la navigation sur un morceau de bois qui flotte, faire certaines déductions astronomiques d’après l’observation des étoiles. Tout cela résulte de l’observation de l’environnement avec une réflexion sous-tendue par une intelligence. Mais il me semble qu’au bout d’un moment on atteint des limites que l’on ne peut plus franchir automatiquement.

Ainsi, comme chacun sait, les Indiens d’Amérique n’ont jamais découvert la roue ou plutôt ils n’ont jamais déduit de la connaissance de la roue la possibilité qu’elle ait, appariée en deux ou quatre unités, d’équiper grâce à un essieu un châssis qui permettrait de transporter « quelque chose », en réduisant l’effort par l’exploitation de leur instabilité au sol résultant de leur très faible incidence.

Plus on s’éloigne des phénomènes les plus simples, plus on entre dans la complexité et dans l’abstraction, plus les calculs et les mathématiques qui les utilisent deviennent nécessaires, plus le degré d’improbabilité d’obtenir les mêmes résultats à partir d’une même base augmente.

Ainsi on peut observer le ciel, comme les Grecs anciens le firent et développer des outils relativement sophistiqués comme la Machine d’Anticythère et ses engrenages pour en déduire les mouvements apparents futurs des astres, sans pour autant avoir l’idée d’utiliser des verres d’une certaine courbure pour augmenter la puissance d’observation et mieux comprendre ainsi les mouvements apparents et la différence entre la Lune, les planètes et les étoiles. On peut aussi inventer l’hélice, comme l’a fait Archimède, sans pour autant en déduire qu’on pourrait l’utiliser pour propulser un navire. Le savant grecs (dont le nom est perdu) à l’origine de la Machine d’Anticythère était génial tout comme Archimède mais ce n’est qu’en 1600 après Jésus-Christ que Galilée eu l’idée d’utiliser l’invention toute récente de la lunette pour observer les étoiles et ce n’est qu’en 1486 que Léonard de Vinci comprit que l’hélice pouvait servir à la propulsion (dans ce cas pour un aéronef) et ce n’est qu’encore plus tard, en 1806, que Charles Dallery compris qu’on pouvait l’utiliser pour faire avancer les bateaux.

A noter que l’utilisation de lentilles dans la lunette astronomique ne devenait possible qu’après que l’optique (les opticiens) et le travail du verre (les maîtres verriers) aient fait suffisamment de progrès. A noter aussi que la propulsion au moyen de l’hélice ne pouvait être possible que s’il y avait un moteur fournissant l’énergie pour la faire tourner (Léonard ne pouvait imaginer que la force musculaire). Il fallait donc que Denis Papin intervint en concevant le piston à vapeur en 1690, pour que le rapprochement pu se faire.

Alors Denis Papin ou plus près de nous Michel Mayor pensant que l’effet Doppler (après que Doppler l’eut compris !) pouvait être utilisé pour détecter les exoplanètes, sont-ils « inévitables » ? Leur rôle n’est-il que d’être des révélateurs interchangeables ? Si ce n’avait pas été eux, peut-on dire que leurs inventions auraient été faites par d’autres ?

C’est une interrogation à laquelle il est très difficile de répondre. Disons que la progression en éventail des découvertes scientifiques et technologiques créée un champ de possibles. Ce champ peut être exploité par ceux qui connaissent parfaitement une science et qui sont ainsi capables de la porter un peu plus loin ou de l’utiliser pour développer une autre branche de la connaissance qui peut utiliser la leur ou plutôt la réflexion qu’eux-mêmes peuvent avoir exprimée grâce à leur acquis. Mais il me semble qu’il n’y a nul automatisme et qu’une découverte ou une progression de la science n’est possible que si un individu est suffisamment intelligent et persistant dans sa réflexion et l’application de sa réflexion, pour qu’une nouvelle découverte se manifeste, soit démontrée, et que l’évidence de sa validité soit reconnue par tous.

Je ne vois nul automatisme dans le progrès mais je vois bien la nécessité de ces individus, de ces savants prodigieux qui non seulement ont les connaissances à partir desquelles il faut partir (« on ne va pas réinventer la roue ») mais qui en plus ont les capacités intellectuelles pour pouvoir et oser sortir des sentiers battus, juste à côté ou un peu plus loin. Mais on ne trouve pas toujours. Rien n’est facile, rien n’est évident, sauf après-coup.

La conséquence c’est que si sur une planète quelconque à l’environnement favorable, la vie est apparue puis s’est développée et complexifiée jusqu’à parvenir à produire une espèce intelligente comme la nôtre (et comme peut-être certains descendants de dinosaures auraient pu devenir), il n’est pas du tout évident que cette espèce ait atteint le niveau que nous avons atteint. Elles n’ont peut-être généré ni Denis Papin, ni Georges Lemaître, ni Einstein, ni Michel Mayor, ni Elon Musk…

Le contraire peut être vrai, c’est-à-dire qu’elles ont pu avoir l’équivalent de nos plus grands savants et ingénieurs et plus encore, de telle sorte que notre civilisation paraîtrait bien primitive en comparaison de la leur. Mais ce que je veux dire c’est que la nécessité de l’intervention d’individus remarquables dans le processus de progrès induit que nous ne pouvons absolument pas préjuger du niveau technique des « autres » (petits hommes verts). Le progrès n’est pas seulement une question de temps ni d’environnement favorable, c’est une question d’hommes.

Nous n’aurons de preuve de la possibilité de civilisations extraterrestres évoluées que lorsque nous les obtiendrons. C’est pour cela que nous devons les chercher.

Illustration de titre : Diagramme expliquant la méthode dite de vélocité-radiale (autrement dit l’effet Doppler). Crédit : Las Cumbres Observatory (réseau mondial de télescopes robotiques, siège en Californie).

Pour (re)trouver dans ce blog un autre article sur un sujet qui vous intéresse, cliquez sur :

Index L’appel de Mars 22 02 24

17 réponses

  1. Pierre,
    Ce sujet me passionne et je découvre sur Google un article intéressant (extrait):
    http://www.astrosurf.com/macombes/chapitre%2014-me.htm
    L’origine cosmique de la vie terrestre.
    Nous avons expliqué plus haut que la vie est une généralité dans l’Univers. Il nous reste à voir par quels processus elle a pu parvenir sur la Terre. Plusieurs scénarios sont possibles que nous allons étudier successivement : le premier met en scène les météorites, le deuxième les comètes et le troisième la traversée d’un nuage de molécules organiques. Mais auparavant nous allons dire quelques mots de cette remarquable hypothèse qu’est la panspermie, liée à la découverte des premières météorites carbonées étudiées par les chimistes, hypothèse envisagée dès l’Antiquité et reprise au milieu du XIXe siècle par quelques savants fort perspicaces et en avance sur leur temps.

    Votre avis?
    Merci

    1. Vous savez, Serge, que je ne suis pas d’accord avec vous. Pour moi la complexification de la matière inerte jusqu’à l’apparition de la vie reste à prouver. La complexification des molécules organiques sur un support matériel (astéroïdes, ou planètes) est certaine puisqu’on l’a constaté sur les astéroïdes et sur Mars. Mais l’aboutissement à la vie de cette complexification, n’est qu’une hypothèse. Il y a « un monde » entre une molécule organique complexe déjà constatée et la vie.
      Par ailleurs recourir à la panspermie est juste reporter ailleurs la difficulté du problème.
      Ce qu’on sait c’est que la vie est apparue sur Terre. Ce qu’on peut faire c’est chercher pour voir si elle a pu apparaître ailleurs en respectant les contraintes les plus évidentes (eau, énergie, minéraux…) qui ont permis son apparition, sur Terre. Bien sûr qu’il y a eu des échanges de matière entre les planètes du fait des astéroïdes. Mais ce qui a pu être transporté a certainement toujours été très simple, vu les conditions du voyage.

  2. Là où se trouve un phénomène observable, un jour un humain curieux tombera dessus soit grace à ses sens naturels, soit à travers d’instruments de plus en plus perfectionnés …, parfois par accident …
    Et cette curiosité semble difficilement automatisable … tant qu’on n’a pas franchi le premier pas … on ne peut pas mettre en équation quelque chose qu’on n’a pas encore mis en évidence …
    Mais cette curiosité ne doit pas nous éloigner de la conscience que toute découverte n’est pas synonyme de progrès , jouer avec le feu peut se retourner contre soi !
    Connaitre les limites d’une découverte reste primordial !
    Imaginer qu’une autre forme de vie évoluée existe dans l’univers est d’abord une question statistique : on peut difficilement envisager que tous les autres systèmes stellaires sont stériles ! la preuve par notre existence qui n’est rien d’autre que l’aboutissement d’un processus comme tous les autres à travers l’univers à différents stades … peut-être même plus avancés que le notre …
    Pour l’instant on doit se borner à définir des critères qui correspondent aux formes de vies connues …
    Essayer de programmer ce processus pourrait également nous fournir des pistes de recherches …

    1. D’accord avec vous pour chercher à bien définir les critères. Pas d’accord avec vous sur l’inévitabilité de la vie ailleurs dans l’Univers. Mais toujours d’accord pour observer et écouter.

  3. Je vous conseille l’excellent livre  » Dieu – La science Les preuves  » de Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies.
    C’est un ouvrage scientifique remarquable qui montre que nous ne somme pas ici par hasard, car la probabilité que cela soit le cas serait de l’ordre de 10^200, soit tirer une flèche dans une direction au hasard dans l’espace et toucher une pièce de 1franc à l’autre bout de l’univers…

    Pour ce qui est de la vie, le problème est de passer de molécules complexes à de l’ADN, car le code pour déchiffrer l’ADN est lui même codé dans l’ADN… A ce jour on ne sait pas encore décoder l’ADN. Si on savait utiliser l’ADN pour coder les toutes informations que notre terre a produite jusqu’à ce jour, elle tiendraient dans une cuillère à café tellement cette méthode est performante…

    Je ne peux que vous conseiller de lire cet excellent livre qui ouvre un champs de questions immense….

    1. Merci de votre commentaire. J’ai précisément discuté des principes de ce livre dans mes deux précédents articles.
      Comme vous le lirez, je ne partage pas votre point de vue. Improbabilité n’est pas impossibilité. Nous sommes là; c’est donc que cela était possible dans notre univers. Pour aller plus loin, il faudrait admettre une Volonté extérieure et c’est une autre histoire. Pour moi, la foi ne peut être issue d’une démonstration scientifique et le livre dont vous parlez, n’y parvient d’ailleurs pas. Autrement dit Dieu ne peut être démontré, il faut y croire mais nous sommes libres de ne pas croire. C’est toute la beauté de la Liberté qui est laissée/donnée à l’homme (dans la religion chrétienne).

      1.  » Improbabilité n’est pas impossibilité. » Certes, mais la conjonction de choses qui ont dû se passer selon un « programme » extrêmement précis pour que la matière se forme, puis l’univers ne peut simplement pas être le fruit du hasard, car il y a trop de choses comme la multitude des constantes physiques qui si elle étaient différentes de seulement 1 à la 20ème décimale auraient empêché plein de chose y compris la formation d’atomes. Que l’on appelle cela Dieu ou autre chose, il faut tout de même admettre que le seul hasard ne peut suffire à créer l’univers et encore moins la vie avec l’ADN qui est si complexe et qui inclus dans lui même le programme pour se décoder n’est pas le fait du simple hasard….
        Mais il faut convenir que personne n’a la réponse à ce jour.

        1. Il ne peut y avoir de « programme » que si le résultat est voulu. Votre position en le supposant a priori est purement subjective. Vous estimez la cause en fonction du résultat. Je ne vous suis pas dans cette démarche. Le mystère m’incite à chercher davantage, non à me satisfaire d’une réponse qui clôt la recherche.

    2. Si d’aucuns cherchent dans les lois de la nature la preuve de Dieu (ou que nous ne sommes pas là « par hasard », ce qui est la même chose), bonne chance. Les pères de l’Eglise s’y cassent les dents depuis vingt siècles …

      Pour avancer sur la question de l’inévitabilité de la vie intelligente, il faut commencer par essayer d’observer, comme proposé plus haut : programmes SETI, etc.

      Sachant qu’on ne pourra tirer aucune conclusion d’une recherche infructueuse : absence de preuve ne vaut pas preuve d’absence.

      Hélas, ce résultat négatif est le plus probable. Non parce qu’il n’y a pas de vies intelligentes, mais parce que, s’il y en a, elles sont certainement difficiles à déceler et très dispersées dans le temps et l’espace. Et qu’en outre les lois de la Relativité limitent le champ d’observation à notre cône de lumière, une part minime de l’espace-temps https://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%B4ne_de_lumi%C3%A8re . Et même, avec les moyens actuels basés sur la réception de signaux électromagnétiques, à ce qui serait pile sur son bord. Ce qui, pour des objets cosmiques rares et peu « volumineux » en espace et durée comme ici, est très réducteur. Tout l’extérieur de ce cône, fût-il entièrement fait de vie intelligente, nous est à jamais inaccessible. En tout cas jusqu’à mise en défaut de la théorie de la Relativité, aujourd’hui pure spéculation.

      Nous risquons donc de devoir nous cantonner longtemps à la question théorique. Qui se pose différemment selon qu’on parle d’inévitabilité à l’échelle de chaque planète habitable prise individuellement, ou à celle de l’univers entier.

      A l’échelle de chaque planète prise individuellement, l’affaire est entendue : dans l’état actuel et fort limité de nos connaissances, rien ne permet d’affirmer qu’une vie ayant éclos sur une planète évoluerait chaque fois « inévitablement » vers une forme intelligente. En fait, on n’en sait rien. On peut simplement supposer qu’il y a beaucoup de cas de figures, et donc pas « inévitabilité ».

      A l’échelle de l’univers entier, la réponse est différente. Des mécanismes conduisant à une vie intelligente, il en existe puisqu’ils ont œuvré sur Terre. Il y en a peut-être du reste de plusieurs types. Puisqu’ils existent, il n’y a – toujours dans ce même état limité de nos connaissances – aucun fondement scientifique à les exclure d’emblée en tout autre point et temps de l’univers. Dont l’immensité plaide au contraire pour la probabilité inverse. L’émergence d’autres vies intelligentes est donc un fait « probablement inévitable » à l’échelle de l’univers. Le rejeter sans preuve est une position éminemment respectable, mais religieuse.

      1. Je ne peux que vous conseiller de lire le livre ” Dieu – La science Les preuves ” de Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies.
        C’est un livre purement scientifique écrit par des scientifiques et qui ne parle pas de Dieu, mais montre que le seul hasard pour la création de l’univers (et du big Bang) est improbable vu la conjonction de choses que cela suppose.
        Il oblige à se poser des questions et je crois qu’il devrait vous passionner….
        Bonne lecture 😉

        1. J’ai lu ce gros livre, « Dieu, la Science, les Preuves » qui m’a été offert par un ami pour le jour de l’an.
          C’est effectivement un livre intéressant en ce qu’il fait le point de nos connaissances sur les grandes énigmes cosmologiques. Cependant les auteurs utilisent ces connaissances pour essayer de démontrer « scientifiquement » l’existence de Dieu (sans prendre en compte quelques digressions sur les miracles, à mon avis hors sujet) et c’est là où je ne les suis plus. En effet il me semble qu’ils forcent leurs arguments en utilisant une certaine casuistique qui n’est pas du tout convaincante car artificielle.
          Pour moi le domaine de la foi reste séparé de la science et très probablement le restera.

          1. A mon sens ils ne parlent nullement de foi, mais ils reprennent les points de vues de grands prix Nobels à l’origine des plus grandes découvertes actuelles, qui ont également affirmé que tout le processus de création de l’univers et de la vie ne pouvait pas raisonnablement être le résultat du seul hasard.
            Que vous appeliez cela Dieu ou autre chose, il devait y avoir un « programme » pour le déroulement du Big-Bang tout comme la création de l’ADN.
            C’est un mystère, mais Einstein et d’autres y on vu la « main »d’autre chose que du hasard.
            Après, chacun interprète cela comme il le souhaite, mais l’objet du livre est de donner des éléments factuels sur les connaissances actuelles de l’origine de l’univers.

          2. Je suis d’accord pour reconnaître l’intérêt de compiler toutes les données que l’on connaît aujourd’hui sur les forces qui ont conduit jusqu’à nous.
            Je suis d’accord également pour m’émerveiller sur le résultat, c’est à dire nous-mêmes, ces êtres complexes, conscients et faber (dans le sens homo faber) perdus dans l’immensité sur ce pâle petit point bleu, notre Terre très précieuse.
            Mais je ne suis pas d’accord sur la démonstration par les auteurs, de la « Cause », qui se veut rigoureuse et qui à mon avis ne l’est pas du tout. En effet, je ne suis pas du tout convaincu sur la nécessité d’un « programme ». A partir du moment où on admet ce terme, on sous-entend la solution puisqu’il faut bien que « quelqu’un » l’ait conçu, ce programme.
            Je ne refuse pas du tout l’idée d’un Créateur mais je ne pense pas que la démarche du livre y conduise. Malgré le « résultat » il reste un doute qui à mon avis ne peut être résolu par les arguments développés. Le hasard contraint par la nécessité peut aussi conduire à des résultats extraordinaires. Chacun à pu le constater dans sa vie.
            Ce doute énorme c’est l’identité de cet Etre qui aurait existé en dehors de l’Univers (une nécessité pour pouvoir le créer). Il n’est pas satisfaisant pour moi de nommer « Dieu » ce qu’on ne comprend pas.
            C’est pour cela que je considère que le saut entre la connaissance que nous avons et l’acceptation d’une solution telle que présentée par les auteurs, ne peut être effectué qu’animé par la foi. La démonstration scientifique est aujourd’hui impossible.

  4. Tant au niveau des sociétés, des individus qu’à celui des particules élémentaires, tout système évolue vers un état d’énergie potentielle minimale et d’entropie maximale.
    Aux niveau de l’individu, on peut traduire cela par se fatiguer le moins possible et profiter d’un maximum de liberté. C’est ça qui rend le progrès inévitable.

    Si vous voulez effectuer une tâche en vous fatiguant le moins possible, vous ne pouvez y arriver qu’en cherchant des moyens qui vont vous aider physiquement et ça conduit inévitablement au progrès technique avant même de nécessiter des connaissances. On a pu inventer et utiliser une roue bien avant de connaître le nombre π.

    C’est la recherche de la liberté qui a amené des êtres intelligents à se rendre autre part ne serait-ce que pour échapper aux contraintes imposées par leur milieu d’origine. Mais comme il fallait bien penser à un éventuel retour, il fallait déterminer et mémoriser un chemin de retour et ça a pu conduire à l’invention de la géométrie et de la géographie avant même celle de l’écriture. On mesure en pieds, en pouces ou en brasses.

    Dans son Histoire Universelle des Chiffres, Georges Ifrah s’est penché sur l’apparition de l’arithmétique et ses recherches lui ont montré que des animaux, entre autres les corbeaux, savaient compter. Cela leur permettant de déterminer la stratégie de leurs proies comme celle de leurs prédateurs, seuls les plus « matheux » ont survécu.

  5. La réflexion ci-dessus se base uniquement sur l’aspect intellectuel, donc sur la capacité du cerveau à développer des concepts permettant le « progrès ». C’est oublier que si l’Homme a pu atteindre le développement technologique qui est le sien aujourd’hui, il lui a fallu pour cela disposer d’au moins deux autres facultés tout aussi importantes: la possibilité d’un langage articulé et structuré, et une habileté manuelle permise par son pouce préhensible. Aucune autre espèce sur Terre ne dispose à la fois d’un cerveau développé, de la possibilité d’un langage articulé et d’une main préhensible. Avoir un cerveau très développé ne suffit pas; un mâle adule de grand cachalot a un cerveau extrêmement développé qui pèse dans les 8 kg et présente un cortex cérébral très complexe. Or aucun cachalot n’a jamais créé le moindre outil! Le langage articulé et également une condition indispensable pour la transmission d’informations d’une certaine complexité, sans quoi chaque individu doit à chaque fois repartir de zéro et « réinventer la roue ». Et les facultés manuelles sont de même indispensable pour créer des outils, … et permettre l’écriture autre élément-clé pour qu’il soit possible de bâtir sur un acquis et progresser plus loin de génération en génération. Rien de tout cela n’est évident, et ne permet d’assurer que toute apparition d’une forme de vie évolue forcément vers une « civilisation » au sens où bous l’entendons; l’exemple sur Terre du cachalot le montre bien.

    1. Mais je suis tout à fait d’accord avec vous. L’exemple du cachalot est incontestable. Il n’y a aucune automaticité qui puisse conduire la vie à s’exprimer dans un être comme l’homme, doué de parole et capable de faire. Je l’ai d’ailleurs exposé à maintes reprises dans les articles de ce blog. Je commence d’ailleurs cet article en parlant d’hommes ou de leurs équivalents.
      NB: Les articles de blog ne peuvent avoir une longueur qui dépasse une lecture relativement rapide. Pour connaître le cadre dans lequel je m’exprime, reportez vous à mes articles précédents que vous trouverez dans l’index qui figure en bas de page.

  6. On ne sait pas si on est seul ou pas. La bactérie ou l’algue peu évoluée créée dans un nuage interstellaire, quelle complexité a-t-elle pu atteindre? Y a-t-il eu apparition simultanée d’autres bactéries aidantes ou créant une compétition une fois arrivées sur une planète? Cela dépend aussi de l’environnement plus ou moins stimulant ou exigeant, des problèmes qui leur ont été posés… ou (!!!) de la confrontation éventuelle interplanétaire à d’autres civilisations du genre apport de Rome aux Gaulois, des occidentaux aux Chinois. Si la vie existe ailleurs ce genre de facteur a pu accélérer le développement de l’intelligence

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À propos de ce blog

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre du comité directeur de l’Association Planète Mars (France), économiste de formation (University of Virginia), ancien banquier d’entreprises de profession, planétologue depuis toujours

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