EXPLORATION SPATIALE - LE BLOG DE PIERRE BRISSON

Ce 5 mai 2021, au dessus de la base de Boca Chica au Texas (appelée « Starbase » par SpaceX), Le Starship SN15 de SpaceX a testé avec succès un vol à 10 km d’altitude. Il a manœuvré en l’air selon les commandes données, il a éteint l’un après l’autre ses trois moteurs, il a transféré ses carburant/comburant pour la descente du réservoir de stockage au réservoir actif, il a rallumé ses moteurs et, à l’issu d’une descente contrôlée, il s’est reposé en douceur au sol, sans exploser.

« SN » signifie Serial Number. La stratégie de SpaceX est de tester puis corriger. Les soi-disant « échecs » sont faits pour apprendre, ce que beaucoup d’observateurs n’ont toujours pas compris.

Ce succès est un camouflet à tous les sceptiques qui ne croyaient pas que ce vol soit possible. Il survient le jour du 60ème anniversaire du premier « saut de puce » d’un Américain, Alan Shepard, dans l’espace.

SpaceX est conforté comme leader mondial de l’industrie spatiale et se montre digne de la confiance que lui a accordé récemment le gouvernement américain en lui attribuant le contrat pour atterrir sur la Lune avec ce Starship dans le cadre du programme Artemis.

Vous verrez, il y aura d’autres succès et un jour des hommes voleront dans ce vaisseau et ils iront sur Mars.

Congratulations SpaceX! Congratulations Elon!

Illustration de titre: Le SN15 de retour sur sa base de lancement de Starbase. Capture d’écran SpaceX.

lien vers la vidéo du vol (sur YouTube): https://www.spacex.com/vehicles/starship/

NB: le décollage intervient après 6:23 minutes de compte.

 

77 réponses

  1. Fantastique ! Lors du précédent essai, les flammes qui persistent une fois l’engin revenu de lui même au sol avaient précédé une explosion. A la fin de cet essai, un succès, il y a aussi des flammes qui persistent au sol, malgré les jets d’eau dirigés et heureusement sans explosion. De quoi pourrait il s’agir ? Serait-ce un ultime détail à corriger ?

    1. Vous avez raison, il faudra encore corriger ce détail (malgré tout dangereux). Le problème est que l’atterrissage en douceur se fait avec les moteurs allumés et brulant à très forte puissance. L’arrêt immédiat de l’approvisionnement en ergols est difficile puisqu’il ne doit être ni avant ni après l’atterrissage…et il peut y avoir des fuites (un écoulement « normal » continuant quelques fractions de seconde) dans un environnement extrêmement chaud. Puisque SpaceX a réussi à contrôler ce problème pour les Falcon 9, on peut espérer qu’elle y parviendra pour le Starship.

  2. En ce milieu exact de printemps dans l’hémisphère nord sur Terre, quel atterrissage parfait pour une fusée réutilisable dont la technologie emmènera l’humanité sur Mars !
    En espérant que l’humanité se situe aussi au milieu du printemps de son exploration spatiale.
    Que ce soit le jour anniversaire du vol spatial du premier américain dans l’espace, Shepard, en 1961, quelque jours après celui du pionnier russe Gagarine, est en effet symbolique. La course en vol habité à l’espace était lancée et elle se poursuivra en coopération ou compétition entre américains, russes, européens, chinois, japonais, etc.
    Espoir (joli titre de cette chronique) est aussi le nom de la revue de la fondation du Général de Gaulle. En mentionnant la coopération, le 5 mai 1945 fut aussi la date où pour la première fois des troupes allemandes et autrichiennes démocratiques se sont battues du côté des américains pour libérer des prisonniers de la dictature Nazie, prisonniers connus à l’époque dont la sœur du Général de Gaulle… Ce 5 mai 1945 fut le prélude à la nouvelle Europe de l’Ouest, finalement en paix avec elle-même et réunie maintenant dans l’Agence Spatiale Européenne.

    1. En parlant d’Espoir, j’aurais un sujet de thèse intéressant pour les économistes. Quelle est la valeur de l’espace autour de la Terre et plus tard, quand nous pourrons y accéder de manière régulière, celle de la Lune et de Mars ? La tragédie économique et écologique actuelle des satellites artificiels est que l’on considère l’espace qu’ils occupent comme « gratuit » et cela risque dans une moindre mesure de se reproduire sur la Lune et sur Mars (surtout si l’on suit l’idée de Musk d’un établissement sur Mars qui dépasse 1000, puis 1 million de personnes à long terme !) . Je propose (idée la plus déjantée de mon futur livre mais un idée utopique actuelle qui peut être la pragmatique de demain) de PRIVATISER cet espace (je ne veux pas entrer dans les domaines cosmologiques) sous l’égide d’une entreprise à but non lucratif indépendante des États (pour ne pas avoir de conflits d’intérêts avec les agences spatiales étatiques). Les revenus de la location de cet espace par satellite pourraient servir
      1) à la dépollution de l’espace en envoyant des satellites nettoyeurs
      2) à limiter le nombre maximum de satellites par la pression sur les prix (on imagine que les prix de location augmenteront quand la pollution visuelle augmentera)
      3) à contribuer à des fonds sérieux de lutte contre le changement climatique et pour la protection de le biodiversité sur Terre.
      Les obstacles :
      – Modifier le traité de l’espace de l’ONU de 1967 pour permettre la privatisation ou location et sous-location de l’espace.
      – Choisir un pays neutre pour accueillir l’entreprise non étatique : je propose la Suisse.
      – Déterminer le prix de l’espace occupé par les satellites :
      1) ni trop bas pour couvrir les coûts de la dépollution de l’espace et décourager une trop grande pollution visuelle
      2) ni trop haut pour ne pas décourager l’entrepreneuriat spatial.
      – Actuellement, la Lune et Mars ne valent rien parce que l’on ne peut y accéder et que les, ressources sont de peu d’intérêt sur Terre, ce qui pourrait changer si on inclue l’industrie du divertissement (Hollywood, Netflix, Apple, National Geographic et IMAX dépensent des milliards pour des films de science fiction et des documentaires. Cependant, quand un transport régulier existera, on pourrait envisager une location et sous-locations de terrains sur la Lune et Mars avec une clause que les entreprises qui louent peuvent exploiter les ressources et les paysages pour leur profit (extraction d’Hélium3, tourisme sur Mars, films documentaires, etc). La négociation de contrats sera probablement ardue.
      – Convaincre les États et les entreprises privées propriétaires de satellites de payer leur part, incluant les satellites militaires…

      1. Certes, cher Monsieur Donneur, l’espace proche de la Terre a une valeur et il appartient à l’espèce humaine. Mais comment voulez-vous y faire appliquer un règlement international. Qui va imposer des règles aux Chinois, aux Indiens, aux Coréens du Nord pour ne pas parler des Américains?!
        En fait l’espace proche est le Far-West comme l’était l’intérieur du continent Nord Américain au 19ème siècle. La différence est que le sheriff va avoir beaucoup de mal car il ne lui suffit pas d’avoir un revolver à la ceinture.
        Actuellement les seuls qui pourraient faire « quelque chose » sont les Etats-Unis puisqu’ils ont un certain contrôle de l’espace. Mais ils laissent sans sourciller Elon Musk lancer ses constellations dans la zone sensible (450 à 2000 km).
        Que peut-on faire concrètement? Recommander à chacun de ne pas envoyer de satellite dans l’espace sans dispositif de freinage pour retour sur Terre? Envoyer un satellite nettoyeur (comme en préparent nos amis de ClearSpace avec le programme ADRIOS) sans préavis pour décrocher les satellites de ceux qui n’auraient pas fait vérifier leur installation avant le lancement? Boycotter le pays désobéissant?
        C’est très difficile tout cela. Voyez combien il est difficile d’interdire la production de matières fissiles.

        1. Cher Monsieur Brisson,
          Effectivement vous explicitez le point que j’ai mis en dernier : Convaincre…
          Nous sommes dans la tragédie des biens communs comme l’explicitait Hardin en 1968.
          Le Far-West est une belle analogie car, à mon avis, l’exploration spatiale est encore à son printemps et manque de maturité. Je pensais comme analogie aux quotas d’émission de CO2 dans l’Union Européenne ou de SO2 aux États-Unis sous George Bush père qui ont bien marché pour réduire la pollution. Le Shérif était George Bush père, donc c’était efficace. J’avais songé à l’ONU aussi comme Shérif à travers le PNUE, mais il faudrait alors voir le Programme des Nations Unies pour l’Environnement géré comme un business ou comme un service cantonal de l’environnement à la suisse, axé solutions concrètes.
          Une alternative, plus pragmatique et simple, serait d’utiliser le Théorème de Coase et les utilisateurs de l’espace (par exemple SpaceX et l’ESA) se paieraient mutuellement pour dépolluer l’espace et par des bonnes pratiques inciter les autres à suivre… S’il y a trop de pêcheurs dans le même espace, à la fin, nous ne pourrons plus pêcher de nouveaux poissons…

          1. Certes, Monsieur Donneur, mais je n’ai pas trop confiance en la bonne volonté des uns et des autres. Je crois que l’égoïsme est un sentiment très fort chez l’être humain. On le voit bien dans la conduite automobile sur nos routes ou encore chez les pécheurs. Regardez ce qui se passe entre les pécheurs Normands et les pécheurs Anglais dans la Manche. Contrairement à ce que pensait JJ Rousseau, l’homme n’est pas bon par nature (hélas!).
            Je crois plus aux vertus du boycott, des sanctions ou, mieux, du décrochage sans autorisation préalable des satellites fautifs, par ADRIOS mandaté par l’ONU (avec un financement de l’ONU payé par les amendes des fauteurs de trouble…dans la mesure du possible!).

          2. Oui, la surpêche entre Canadiens, Américans et Européens a conduit à l’appauvrissement des stocks de poissons dans les grands bancs de Terre-Neuve (première terre canadienne explorée par les français) et mis les pêcheurs Terre-Neuviens au chômage. J’ai un ami, ex-ingénieur et maintenant directeur du département Finances d’une université au Texas qui croyait à l’aspect rationnel de la « main invisible » dans les marchés boursiers. Malheureusement, il s’est rendu compte par modélisation, y compris dans le domaine de l’innovation technologique, que la somme des égoïsmes n’est pas forcément rationnelle et que les technologies plébiscitées comme stars une année ne seront pas celles à long terme. Comme exemple, Netscape (qui n’existe plus) a refusé la candidature de Musk, timide probablement à cause de son Asperger…

  3. « Ce succès est un camouflet … »

    Nul doute qu’il s’agisse d’un camouflet, car SpaceX et Elon Musk viennent de prouver avec éclat (et pour une fois sans explosion) que non seulement ils n’ont plus rien à camoufler, mais tout à en remontrer au contraire aux sceptiques de l’exploration spatiale.

    Quant au rappel du 5 mai, merci de me rajeunir de soixante ans quand, comme tous les autres Terriens, alors gamin j’ai appris la nouvelle de la sortie de Shepard dans l’espace, après celle de Gagarine. Même le plus obtus des sceptiques ne pouvait alors être indifférent à ce que, de toutes les espèces, celle de l’homme soit la seule à pouvoir s’arracher à son habitat naturel.

    1. A ce propos, je trouve que l’on a trop passé sous silence la récente disparition du « 3ème homme » de la mission Apollo XI, Michael Collins, né le 31 octobre 1930 à Rome et mort le 28 avril 2021 à Naples, Floride. Il a eu un rôle ingrat (approcher de la Lune de si près, mais ne pas pouvoir y poser le pied), mais ô combien décisif dans le réussite de cet exploit qui est entré pour toujours dans l’histoire de l’Humanité. R.I.P Michael!
      P.S: Un dernier point, pour ceux qui exagèrent les dangers des vols spatiaux hors de la protection de la magnétosphère terrestre, Michael Collins est quand même mort à 90 ans, pas si mal pour un « irradié »!

      1. Oui, Pierre-André Haldi a tout à fait raison. Michael Collins mérite d’être honoré au même titre que ses deux co-équipiers. Il était partie intégrante et indispensable de la mission. J’ai écrit à ce sujet un article pour Contrepoints.org que je publierai peut-être dans ce blog la semaine prochaine.
        Et la deuxième remarque est également tout à fait juste. Si on meurt à 90 ans après avoir été irradié en traversant les Ceinture de Van Allen et avoir tourné une semaine autour de la Lune (mission du 16 au 26 juillet 1961, au total), dans l’espace profond, on peut en tirer la conclusion: on ne grille pas sur pied en allant dans l’espace profond. Certes un voyage de deux fois six mois n’est pas la même chose qu’un voyage d’une semaine mais le danger n’est pas non plus tel que les adversaires des missions habitées le présentent.

      2. Très bon rappel. Pour revenir au « troisième homme », n’en oublie-t-on pas un quatrième – car, comme pour les trois mousquetaires, il en faut bien un? Selon Matthieu Delacharlery (LCI), ce « quatrième membre de l’équipage », comme certains membres de la Nasa l’avaient nommé, est l’ordinateur: « Sans lui, la mission Apollo XI, qui emmena le 21 juillet 1969 le premier Homme sur la Lune, n’aurait probablement jamais pu toucher à son but. A peine plus intelligent que le lave-vaisselle qui trône aujourd’hui dans votre buanderie, cette merveille de technologie a permis à l’informatique d’effectuer un bond de géant. Sa conception, fruit de huit ans de recherches au sein du Massachusetts Institute of Technology (MIT), a mobilisé plus de sept cents cerveaux, parmi les plus brillants, dans les années 1960. Des mathématiciens, des ingénieurs, des programmeurs » (Matthieu Delacharlery,  » L’informatique a effectué un bond de géant grâce à lui : qui était le 4e membre d’équipage d’Apollo XI ? », LCI, 24 juin 2019).

        Selon cet auteur, qui cite l’historien de l’informatique Pierre Mounier-Kuhn, coauteur de l’ouvrage « Histoire illustrée de l’informatique » (EDP Sciences, 2016), l’informatique alors à ses balbutiements avait de quoi donner de belles frayeurs aux trois astronautes: Le 20 juillet 1969, en raison d’un problème au niveau de l’antenne du module lunaire, l’ordinateur embarqué d’Apollo, l’Apollo Guidance Computer (AGC), s’est en effet « rebooté » à cinq reprises en quatre minutes, juste avant l’alunissage historique du vaisseau Eagle, offrant ainsi une belle frayeur aux deux premiers marcheurs lunaires de l’Histoire. L’AGC était en mesure d’effectuer l’intégralité de la mission en pilote automatique, tout en informant les astronautes de ce qu’il se passait. Une prouesse technologique que nous devons en grande partie à Margaret Hamilton [l’informaticienne] qui a développé les programmes informatiques de l’ordinateur embarqué des missions du programme Apollo. Et sans elle, Neil Amstrong et Buzz Aldrin n’auraient sans doute pas marché sur la Lune. » (https://www.lci.fr/sciences/lune-l-informatique-a-effectue-un-bond-de-geant-grace-a-lui-qui-etait-le-4e-membre-d-equipage-d-apollo-xi-21-juillet-1969-neil-armstrong-anniversaire-2124574.html).

        1. Vous avez tout à fait raison de le rappeler, l’ordinateur est le quatrième membre de l’équipage. Sans lui, les calculs ultrarapide seraient évidemment impossible. Et ce sera encore plus vrai quand les hommes partiront pour Mars et qu’ils devront subir le décalage de temps avec la Terre.
          A l’évocation de ce quatrième passager je ne peux m’empêcher de penser à HAL, l' »Heuristically programmed ALgorithmic Computer » de 2001 l’Odyssée de l’Espace. Nous n’en sommes pas encore là (malheureusement nous n’avons pas respecté le calendrier) mais il faudra sans doute faire attention et prévoir des redondances (même si la malignité d’un tel instrument n’est sans doute pas à craindre comme dans cette fiction).

        2. Juste, mais l’Homme a aussi montré sa supériorité « finale » sur la machine quand Neil Amstrong a repris en main au dernier moment la commande de l’atterrissage pour éviter d’aller se crasher dans un cratère où le pilotage automatique conduisait le LM.
          C’est ce que certains ici semblent ne pas vouloir voir, en dernier ressort l’Homme par sa polyvalence et sa faculté de réflexion « hors cadre prédéfini » aura toujours un avantage sur une machine, aussi sophistiquée soit-elle (comme le souligne Monsieur Brisson, la « fable » de HAL racontée par Clarke et Kubrick dans « 2001 l’Odyssée de l’espace » était aussi là pour nous le rappeler).

          1. Un « bon point » pour Pierre-André Haldi! L’ordinateur est nécessaire mais l’homme lui donne son « bon sens ».

          2. Qui prétend le contraire? Pourtant, ce qui était vrai pour Neil Armstrong en 1969 ne l’était déjà plus en 1997 quand « Deep Blue », l’ordinateur conçu par IBM, a battu le champion du monde d’échecs Yuri Kasparov en moins de dix-neuf coups pendant la sixième partie de ce match historique. L’humiliation était totale pour celui qui avait un jour clamé que «l’ordinateur ne sera jamais plus fort que l’homme».

            Et ce qui était vrai pour Kasparov, assis à quelques centimètres de son adversaire, l’a été encore moins en avril dernier quand la sonde Perseverance a traversé l’atmosphère martienne et l’hélicoptère Ingenuity a décollé puis s’est reposé sans incident sur le sol martien, en complète autonomie, à quelques 400 millions de kilomètres de là, et ceci sans aucune intervention humaine.

            Puisque Monsieur Brisson évoque HAL, le robot androïde multilingue du film « 2001 – Odyssée de l’espace » de Stanley Kubrick, est-ce le hasard du calendrier ou pas, le fait est que cette même année 2001 l’Université de Genève produisait, en partenariat avec la NASA, un système de traduction automatique multilingue, Regulus, destiné à équiper les navettes spatiales. HAL n’est donc plus une musique d’avenir.

            Mais s’agit-il de savoir qui, de l’homme ou de la machine, a l’avantage en dernier ressort? Si vous me permettez cet exemple personnel, comme traducteur et journaliste confronté en quasi permanence dans mon travail par la concurrence sans merci des systèmes de traduction automatique tels que « Google translate » et autres Yandex, les générateurs automatiques de texte (par exemple, GPT2 d’OpenAI, société fondée par Elon Musk) ou par les reconnaisseurs vocaux (les HALs de notre temps), croyez-moi, je n’ai aucune intention de leur laisser le dernier mot. Sinon, je serais au chômage depuis longtemps. Mais si je sais collaborer avec eux, je trouve alors en eux les meilleurs collaborateurs.

            « Machines et humains peuvent […] collaborer dans le domaine […] de la traduction en direct, les résultats sont impressionnants, confirme Hervé Bourlard, directeur de l’Idiap à Martigny (cité par Anouch Seydtaghia dans son article « Et si l’intelligence artificielle était déjà hors de contrôle? », Le Temps du 8 janvier 2028).

          3. @ A. LN: Un ordinateur peut bien battre un champion d’échec, parce que des PROGRAMMEURS HUMAINS l’auront conçu pour ça, … mais il sera incapable de faire tout autre chose que n’importe quel humain serait AUSSI capable de faire. Là est la supériorité de l’être humain, cette polyvalence et capacité à réfléchir en dehors d’un cadre préétabli. Ce qui est précieux dans l’espace, où de multiples événements totalement imprévus, voire imprévisibles, peuvent arriver. Et cela n’est pas près de changer (sauf dans un très lointain futur peut-être …, qui sait).
            C’est aussi vrai pour « l’autonomie » de Perseverance, qui est toute relative; ce n’est que l’absence d’action DIRECTE des techniciens sur Terre en raison du délai imposé aux télécommunications, mais la descente est bel est bien programmée par ceux-ci à l’avance et la capacité pour la sonde de parer à un événement qui serait totalement inattendu est très limitée.

      3. Il ne faut pas aussi oublier le « 5eme homme », Werner Von Braun, le concepteur de la fusée Saturne V et le directeur des vols spatiaux de 1961 à 1970, du premier américain dans l’espace aux premiers hommes sur la Lune. Pour rappel historique, Von Braun a été arrêté par la Gestapo en mars 1944 pour « avoir détourné des ressources militaires à des fins civiles » et avoir préconisé avec son équipe l’utilisation de fusées à des fins civiles. Le 20 juin 1944, la fusée V2 de Von Braun est le premier objet humain à avoir franchi la ligne de Karman (plus de 100 km d’altitude). La fusée V2 fut un échec militaire mais un exploit technologique. Elle fut l’inspiration des fusées civiles des trois premières puissances spatiales historiques, les américaines, les russes et les françaises (notamment les fusées Véronique). Von Braun s’était d’ailleurs inspiré des travaux de l’américain Goddard avec qui il avait maintenu une correspondance avant la deuxième guerre. Les fusées réutilisables de Musk sont d’un autre siècle, plus écologiques et mieux contrôlées. Espérons que d’autres lanceurs européens et américains suivent son example. Par contre, le mode de fabrication de la nouvelle station spatiale chinoise pose problème avec un module du lanceur au retour incontrôlé pour les prochains jours, peu digne du 21ème siècle …

        1. En 1952, Werhner Von Braun a publié « Le projet Mars » dans lequel il décrivait une expédition de 7 vaisseaux simultanés vers Mars. 20 ans plus tard en 1972 après les succès des vols Gemini et Apollo auxquels il avait contribué, il quitte la NASA sur une forte divergence de point de vue. Il considérait que la NASA devait se concentrer sur les vols habités vers Mars au lieu d’engloutir son budget dans la navette spatiale…

      4. Michael Collins, dans son livre et aussi dans son entrevue de 2019, plaida pour une expédition directe vers Mars. Il considéra le Lunar Gateway comme trop coûteux et une perte de temps. Il mentionna que certaines tribus veulent toujours rester dans leur vallée d’origine mais d’autres veulent découvrir, explorer de nouveaux horizons et s’établir dans de nouveaux environnements. Il paraphrasa le Président Kennedy en disant que nous irons sur Mars (en lieu de la Lune dans les années 60) pas parce que cela est facile mais justement parce que cela est difficile. Il se rappela que Von Braun et des astronautes depuis juillet 1969 étaient motivés par la prochaine étape des vols habités pour l’humanité : aller sur Mars.

  4. « Espoir » » est effectivement le terme qui convient. Ce magnifique succès montre que SpaceX semble sur la bonne voie pour réaliser son objectif ultime, le vol vers Mars. Mais pas plus qu’UNE hirondelle ne fait le printemps, UN vol-test entièrement réussi ne permet de conclure que SpaceX n’a plus d’obstacles à surmonter sur un chemin qui sera encore long (et pas seulement compté en centaines de millions de km!) et probablement semé d’embûches. Il faut rester encore prudent. N’oublions pas que les tests « SN » n’ont pour l’instant que des ambitions relativement modestes, qui ne s’écartent pas beaucoup de ce que SpaceX a déjà réussi (avec brio il faut le reconnaître) précédemment. J’attends avec impatience les premiers essais du « booster », anciennement dénommé BFR; si ceux-ci sont concluants, ce que j’espère mais qui n’est pas gagné d’avance, alors on pourra commencer à parler de plus qu’un « espoir » pour la réussite finale du projet d’Elon Musk (mais probablement pas dans les délais, très qu’optimistes, qu’il a annoncés néanmoins)

    1. Coincidence : dans le livre de Von Braun, « Le Projet Mars », ce dernier propose un gouvernement martien dirigé au suffrage universel par une personne pour une présidence de 5 ans appelée « ELON » !

    1. Désolé Nicole R., je ne rentre pas dans votre jeux. Pour moi « les hommes » comprennent aussi bien les femmes que les hommes. Je n’approuve pas cette mode « féministe » qui consiste à complexifier inutilement la langue. En lisant mon article dans lequel je fais référence aux « hommes », tout le monde a bien compris que je n’excluais pas les femmes. Si par contre j’utilisais systématiquement, pour dire la même chose, « les hommes et les femmes », les fois où j’oublierais de faire ce doublon, on verrait tout de suite que j’en ai oublié la moitié.

    2. A noter que « For all mankind » est une série de science fiction en uchronie où les soviétiques sont les premiers sur la Lune et ont des femmes dans leurs équipages. Dans la vrai vie, la première femme dans l’espace fut une soviétique en 1963, qui devint membre du Comité Central du Parti Communiste de l’URSS jusqu’en 1991 et qui est maintenant députée à la Douma pour le parti de Vladimir Poutine, ayant fait campagne pour l’augmentation des nombres de mandats présidentiels.

  5. A tous ceux qui s’intéressent au développement des projets d’Elon Musk dans l’espace, je recommande vivement la vidéo suivante:
    https://www.youtube.com/watch?v=1fxaAENrZYw
    Passionnant et tout-à-fait enthousiasmant, … mais je ne me fierais par contre quand même pas trop aux dates annoncées sous les images!

  6. Merci Monsieur Brisson de saluer un événement technique et scientifique exceptionnellement important en ce qui concerne l’astronautique.

    Même si Tintin et Tournesol l’avaient fait soixante ans avant lui, je ne peux que me joindre à vous pour féliciter Space X et Elon Musk.

    Ce véhicule spatial dont l’élément principal revient au sol intact est la première vraie avancée technologique depuis la fusée R7-Vostok qui mit Youri Gagarine en orbite il y a soixante ans.

    L’Humanité a beaucoup de chance qu’Elon Musk ait consacré sa créativité à des vols spatiaux civils plutôt que militaires. En fait toutes les fusées mises au point avant Space X, de la V2 à la Longue Marche 5 en passant par les Delta et autres Vostok n’avaient d’autre but réel que de s’autodétruire en même temps qu’une ville ou un ouvrage d’art.

    C’est ce qui distancie Elon Musk de ses prédécesseurs : sa mission est civile.

    1. Oui Monsieur Louis, sa mission est civile et on peut dire aussi que son projet, porté par des considérations économiques (abaisser le coût unitaire des lancements) et aussi, de ce fait même, écologique. Quoi de plus écologique en effet que la réutilisation. Cela devrait faire comprendre aux écologistes-radicaux que le progrès n’est pas contre l’écologie mais peut être une solution à nos problèmes. A ceux que cela intéresse je signale l’excellent livre du Professeur Süren Erkman de l’Unil, « Vers une écologie industrielle ». Il y a une seule sortie, vers le haut, vers plus de progrès.

    2. « En fait TOUTES les fusées mises au point avant Space X, de la V2 à la Longue Marche 5 en passant par les Delta et autres Vostok n’avaient d’autre but réel que de s’autodétruire en même temps qu’une ville ou un ouvrage d’art »: pas tout-à-fait correct! Cela a été vrai au début de l’astronautique, et c’est normal, on a utilisé ce qu’on avait alors sous la main. Mais les fusées lunaires, que ce soit la Saturn V ou la N-1 soviétique n’avaient aucune vocation militaire. De même pour la navette spatiale, ou les fusées Proton ou Energuia soviétique par exemple. Bref, les Falcons ne sont de loin pas les premiers lanceurs à vocation purement spatiale.

      1. Oui, c’est exact. Au lieu de « toutes », j’aurais mieux fait d’écrire « la plupart ».

        C’est vrai que mon enthousiasme pour le projet martien d’Elon Musk peut nuire à mon objectivité.

        1. Bref, la première fusée spatiale V2 est née dans l’atroce douleur humaine. Les fusées V2 ont été construites dans le camp de concentration de Dora (voir le magnifique court-métrage « Colette » Oscarisé cette année : https://fr.wikipedia.org/wiki/Colette_(court_m%C3%A9trage) »
          Mais entre la vision vers Mars habitée (déjà en 1952 !) de Von Braun et la vision de Musk maintenant, l’humanité a fait de grands progrès technologiques et surtout moraux dans l’inclusion et la démocratie. Il suffit de lire la vision du nouvel administrateur de la NASA pour s’en rendre compte !

          1. Werner von Braun a fait comme Faust, il s’est fourvoyé avec le Diable mais contrairement à Faust il a ensuite eu droit à une rédemption grâce aux Américains qui y avaient intérêt!

          2. Von Braun, comme Korolev aussi d’ailleurs, ont toujours eu pour véritable objectif les applications spatiales de leurs fusées. Les deux ont d’ailleurs eu quelques problèmes avec leurs autorités respectives à ce sujet. On peut peut-être leur reprocher de s’être compromis avec les milieux militaristes pour faire avancer leurs projets. Mais s’ils ne l’avaient pas fait, nous n’aurions peut-être encore même pas un satellite artificiel de la Terre! Il ne faut pas par ailleurs juger des faits du milieu du siècle passé, qui se sont passés dans un tout autre contexte, avec notre vision d’aujourd’hui. Si Elon Musk avait dû développer ses projets à cette époque passée, il aurait peut-être aussi fait de même.

          3. Voici le lien sur le documentaire de Colette et le camp de Dora (20 000 morts) ou l’enfer de Dante sur Terre. https://youtu.be/J7uBf1gD6JY
            Attention : insoutenable à partir de la 13ème minute. Comme, disait A.Ln, il est douteux que Von Braun n’en ait pas eu connaissance. Par contre, comme indiqué précédemment, Von Braun a été arrêté par la Gestapo en mars 1944 et relâché par Hitler car il pouvait encore être utile… En mai 1945, Von Braun s’est rendu aux Américains pour éviter de tomber dans les mains de l’autre diable, Staline…

          4. C’est effectivement terrible. Le Bien et le Mal intrinsèquement mêlés. Hélas! C’est malheureusement souvent le cas chez les hommes, ce qui n’excuse aucunement Werner von Braun.
            Heureusement Elon Musk n’a pas ce passé sulfureux.

  7. @ Pierre Brisson

    « Werner von Braun a fait comme Faust, il s’est fourvoyé avec le Diable mais contrairement à Faust il a ensuite eu droit à une rédemption grâce aux Américains qui y avaient intérêt! »

    Von Braun a eu une relation complexe et ambivalente avec le régime nazi. Il est pour certains hauts dirigeants un modèle (Hitler le considérait même comme l’exemple du surhomme, du bon… Arien) et joue un rôle important sans état d’âme dans l’effort de guerre allemand. Il avait le rang de colonel dans la SS, de sinistre mémoire. Il est par ailleurs impossible qu’il ait pu ignorer les conditions de travail inhumaines des déportés chargés de construire les V2 dans les tunnels de Dora, qui ont conduit à la mort de milliers d’entre eux.

    La fabrication des V2 fera en effet plus de morts (plus de vingt mille prisonniers ont perdu la vie à Dora) que leur utilisation comme arme. Dans son livre autobiographique, Wernher von Braun n’admet pas de responsabilité, minimisant sa position dans le camp. Il affirmera toujours n’avoir rien su de la souffrance des déportés et des morts de Dora-Mittelbau.

    Son passé est aujourd’hui remis en question par les témoignages des survivants de Dora. D’après le Hollandais Albert van Dijk, survivant du camp, cette ignorance est invraisemblable. Tom Gehrels, astronome néerlando-américain, membre de la résistance néerlandaise pendant la Seconde Guerre mondiale a interrogé des prisonniers survivants. Il affirme dans la revue Nature à l’occasion d’un commentaire sur un ouvrage faisant référence à von Braun que ce dernier ne pouvait ignorer la situation des déportés : « Von Braun arrivait le matin accompagné d’une femme non identifiée, il devait enjamber les corps des prisonniers morts et passer sous d’autres corps suspendus à une grue » (Tom Gehrels, « Of Truth and Consequences », Nature no 372, 1994 p. 511-512).

    Dans un article intitulé « The Rocket Man’s Dark Side », paru en 2002, Time Magazine écrit:

    « Now the question is whether NASA — as well as the Smithsonian Institution, which sponsors an annual von Braun lecture — should continue to perpetuate the myth that Wernher was in effect a jolly fellow, well met, who was interested only in his singular dedication and contribution to space flight, politics be damned. Or should they act responsibly, bite the bullet, revise von Braun’s biography, rename the lecture and concede that the pioneering space flight genius committed monstrous sins?  » (« The Rocket Man’s Dark Side », Time magazine, 26 mars 2002).

    Plutôt qu’à Faust, n’est-ce pas à la fois à Dr Jekyll et Mr Hyde que jouait le « jolly fellow, well met » von Braun?

    1. Pour répondre à M. Haldi,
      3 points :
      1) Si Von Braun et Korolev n’avaient pas existé, probablement que le premier satellite artificiel aurait été français. Voir le satellite Asterix de 1965 faisant de la France le troisième pays à mettre un satellite en orbite.
      2) Venant d’une famille de résistants français du côté de ma mère, du côté de mon père de militaires suisses et ma sœur canadienne, je garde une grande admiration pour les Généraux De Gaulle et Guisan ainsi que pour le Premier Ministre MacKenzie King qui ont toujours refusé de baisser les bras en 1939-1945 et ont organisés la Résistance au Nazisme.
      3) Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. L’exploration spatiale devra se faire de manière éthique ou ne se fera pas. Je vois mal les communistes chinois faire d’une partie de la Lune ou Mars un camp de concentration pour les plus importants dissidents politiques dans un très lointain avenir… Déjà que le régime chinois n’arrive déjà pas à contrôler les débris issus de la présente construction de sa station spatiale…Les Russes (soviétiques) avaient du libérer Korolev en 1945 du Gulag pour qu’il puisse récupérer de la technologie de Von Braun, lui même incarcéré par la Gestapo en 1944. Il est exact, comme l’a écrit M. Haldi, que la motivation première de ces deux pionniers étaient l’exploration spatiale civile et non les fusées militaires. Leurs premières études (dont Von Braun à l’EPFZ), leurs écrits et actions subséquentes l’ont démontré. Effectivement, M. Brisson, les nouveaux pionniers de Musk à Bezos, n’ont pas ce lourd passé. Grâce au financement par les satellites commerciaux, le tourisme spatial et les agences civiles, on peut s’attendre à une dépendance de l’exploration spatiale aux militaires réduite à la portion congrue. Même en France, le CNES, qui à sa fondation en 1961 était dirigé par un militaire, est passé en mains civiles. De manière réaliste, la contribution militaire ne restera pas cependant insignifiante car le département américain de la défense vient en 2021 de donner un contrat pour des prototypes de fusées à propulsion nucléaire..

      1. Au sujet de l’éthique, en 1978, l’ Union Soviétique a du payer 3 million de dollars au gouvernement canadien pour la décontamination de sols de l’Artique pollués par les débris d’un satellite russe.
        Les fusées réutilisables et contrôlées de Blue Origin et de SpaceX vont dans le bon sens. Le design pour l’environnement des satellites pour minimiser le risque de débris en orbite, assurer la résistance aux poussières et débris spatiaux de même que la minimisation de ses impacts sur le sol en fin de vie est aussi un moyen concret de contribuer à l’éthique spatiale.

        1. Si on veut juger et condamner des faits qui se sont déroulés à une autre époque et dans un tout autre (lamentable, on est bien d’accord là-dessus) contexte, alors il faut juger et condamner les Américains aussi. Je ne parle pas ici de l’utilisation de la bombe atomique contre des civils, sur laquelle il y aurait beaucoup à dire, mais, pour rester sur le sujet de ce blog, de leur complaisance dans ce cas vis-à-vis de von Braun. Ils n’ignoraient rien de ses liens avec le régime nazi et non seulement ils ne l’ont pas jugé et condamné pour cela (comme à Nuremberg) mais ils lui ont déroulé un tapis rouge et lui ont même accordé la nationalité américaine! Ils ont complètement fermé les yeux sur son passé, … et ont ainsi gagné la « course à la Lune »!

          1. Cher M. Haldi,

            Nous sommes bien d’accord. Les Américains qui avaient ridiculisé leur M. Goddard (l’homme qui eut la prétention de publier que l’on irait sur la Lune avec une fusée multi-étages !), ont déroulé le tapis rouge à l’ex Nazi qui prétendait que l’on pourrait aller sur Mars !

          2. @François Donneur. A propos de Robert Goddard, effectivement ridiculisé dans son pays en son temps, une anecdote piquante est que le New York Times, qui s’était moqué en 1920 de sa prétention de faire voler des engins dans le vide spatial (tout le monde sachant que cela est impossible, … comme un Giot de l’époque ne l’aurait sûrement pas renié 🙂 !), s’est finalement excusé de son erreur …. à la suite du débarquement sur la Lune de 1969! Et dans un entretien en 1963, von Braun a reconnu s’être fortement inspiré des travaux de Goddard et que ceux-ci lui avaient fait gagner beaucoup de temps dans le développement de ses fusées.

          3. Je pense que Sylvia Ekström s’excusera aussi. En attendant, que de dégâts dans l’opinion!

        2. Je préfère les fusées de l’industrie privée américaines (Blue Origin et SpaceX), réutilisables et contrôlées du mieux possibles contrairement aux fusées étatiques chinoises communistes, mal contrôlées. Si la Chine a détruit un récif corralien aux Seychelles aujourd’hui, elle devra payer pour sa réhabilitation. La planète n’est pas une poubelle et l’impact de fusées incontrôlées n’est pas gratuit. Rappelons que l’Union Soviétique avait du payer au Canada 3 million de dollars pour les dégâts à l’environnement (pollution des sols) d’une fusée russe dans l’Artique en 1978, donc il y a un précédent.

  8. Si SpaceX a mis plusieurs années à mettre au point sa fusée réutilisable « Falcon » , aujourd’hui commercialement rentable et capable de mettre des hommes sur orbite, alors on peut raisonnablement penser que le « Starship » suive la même voie et qu’elle sera bientôt prête non seulement à orbiter autour de la Terre, mais également autour de la Lune , probablement dans la deuxième moitié de cette décennie .
    Un des points critiques est la descente de l’orbite terrestre où le bouclier thermique du Starship , beaucoup plus grand qu’une simple capsule comme le Dragon , devra supporter la chaleur du frottement dans l’atmosphère !
    Si cette prouesse devient réalité, je me demande pourquoi la NASA enverrait des astronautes autour de la Lune avec son SLS et ensuite les fassent descendre sur notre satellite naturel avec un « Starship  » ayant déjà fait le voyage !?
    Autant qu’elle profite du taxi de SpaceX de bout en bout …
    Scénario encore un peu brouillon … d’ailleurs bloqué par la plainte de Bezos !
    ….
    Ensuite, le grand saut vers Mars qu’on pourrait voir se concrétiser quand les deux planètes seront de nouveau assez proches , chaque million de km coutant de l’énergie et du temps …
    Le futur reste encore de la science fiction , nul ne sait comment des hommes pourront supporter des missions de plusieurs années … Espoir … et surtout l’intérêt d’y rester … Doutes ….

    1. Vous avez raison Monsieur Giot, le bouclier thermique est un des problèmes à résoudre. Comme vous le savez sans doute, SpaceX teste un revêtement de tuiles réfractaires. Elles ont déjà supporté une température de 1600 degrés C mais il faut monter à 2400. Leur originalité par rapport à celles du Shuttle c’est leur composition mais aussi leur forme, hexagonale, ce qui évite les couloirs par lequel le plasma peut circuler plus aisément.
      Vous avez encore raison sur l’architecture alambiquée du projet Artémis. Il me semble clair que la NASA n’a pas voulu déplaire trop fortement au consortium qui travaille (avec beaucoup de difficultés) sur le SLS. Autrement le doublon ne se justifie absolument pas (ni le séjour dans une station orbitale autour de la Lune!).
      Quant au voyage vers Mars, attention! La longueur du trajet compte très peu dans le coût énergétique (peut-être 2%) ce qui compte c’est l’extraction du puits de gravité terrestre puis l’EDL pour redescendre jusqu’au sol de Mars. Par ailleurs, on n’attend pas d’être au plus près de Mars pour y partir, on attend le moment où un départ tangentiel de l’orbite terrestre permet d’arriver tangentiellement à hauteur de l’orbite de Mars, alors que bien évidemment Mar s’y trouve, et à une vitesse aussi proche de zéro par rapport à celle de Mars, que possible. C’est un peu différent. Autrement dit, pratiquement on part de la Terre un peu avant d’atteindre le rayon de longitude solaire où la distance est la plus faible et on arrive à la conjonction de Mars avec le Soleil telle qu’elle était au moment du départ de la Terre. On bénéficie ainsi du meilleur rapport énergie dépensée et masse emportée. Cela peut prendre 8 à 9 mois mais bien sûr on peut accélérer un peu, au détriment de la masse utile emportée.

      1. La justification de la station orbitale lunaire Gateway me semble très alambiquée. Le responsable la présente comme une station qui permettrait de doubler les missions sur la Lune de 30 à 60 jours, en plus de la recherche scientifique. La NASA, l’ESA, le Japon et le Canada vont y contribuer. Les Russes et les Chinois n’y voient pas un bon rapport coûts / bénéfices. Comme le vol Terre Lune prend environ 3 jours, je ne comprend pas l’argumentaire des 30 à 60 jours, sauf si l’alternative de vols directs Terre Lune est impossible en 30 jours pour raison de météo… Et même là, il me semble que l’on peut emporter des provisions pour plus longtemps ou faire pousser notre nourriture sur place comme le démontra le mois dernier les expériences sur l’ISS. En plus, les, astronautes sont mieux protégés des radiations à l’ombre d’un cratère et pourraient tirer leur eau du pôle sud lunaire. Qu’est-ce que je ne comprend pas et qu’est-ce que les russes et les chinois voient mieux ou moins bien que les américains, européens, japonais et canadiens dans ce projet de station orbitale lunaire ?

        1. Cher Monsieur Donneur. Vous ne comprenez pas parce qu’il n’y a rien à comprendre. C’est absurde.
          A mon avis ça ne tiendra pas la route et la durée mais pour le moment ça maintient des emplois et ménage les susceptibilités des concurrents de SpaceX. C’est tout. Ca ne vole pas plus haut.

          1. Cher Monsieur Brisson,
            Cela me rassure (sur mon propre jugement et non celui des agences spatiales étatiques occidentales !). J ai l’impression que l’on essaye de plaquer le programme Apollo sur l’ISS pour en faire un Frankenstein spatial. Hergé, Zubrin et Musk sont (hélas !) plus visionnaires que les dirigeants de nos agences spatiales dont ce devrait être le métier d’optimiser au mieux l’argent public dédié à l’exploration spatiale… Mais je ne suis pas dans le secret des dieux des lobbys de Washington, Bruxelles, Tokyo et Ottawa… Malheureusement, ce type de décisions donne du moulin à moudre aux spaciophobes.

      2. La différence avec une mission habitée est qu’il faut aussi emporter la ration de survie des humains et on sait que chaque kilo compte … donc chaque jour gagné permet d’emporter plus d’équipement … et pour la première mission, rien ne garantit encore que l’on puisse tirer des richesses de Mars pour le séjour et le retour , il faudra donc y déposer des réserves avant même d’y envoyer la première équipe … Ces questions ne se posent pas avec de simples Rover …

        1. De toute façon il faudra faire une mission préparatoire robotique avant d’envoyer des hommes et on enverra avec cette mission tout le matériel non essentiel à la survie de la première mission habitée (mais évidemment utile). La mission préparatoire robotique est nécessaire pour tester le Starship (EDL sur Mars + retour sur Terre), pour aplanir autant que possible l’aire d’atterrissage, pour déposer les unités de Sabatier capables de produire du méthane et de l’oxygène et de les stocker et pour déposer les équipements lourds permettant de circuler en surface de Mars, rovers préssurisé et non pressurisé, LEM, éléments pour construire une serre. A noter qu’on attendra que les ergols produits selon le processus de Sabatier soient stockés dans leurs réservoirs avant de faire partir de la Terre le premier vol habité. Ce premier vol habité sera sans doute doublé (redondance) et transportera quelques hommes (4 ou 6 dans chacun des deux vaisseaux). la redondance est nécessaire au cas où l’un des starships serait abimé à l’atterrissage. Dans chacun de ses deux premiers vaisseaux du premier vol, il y aura les ressources de survie dont les aliments mais il a été calculé que quelques 3,5 tonnes d’aliments suffiraient pour 30 mois en ajoutant l’eau bien sûr. Cette eau serait largement recyclé dans le vaisseau et sur place on pourrait extraire et boire de de l’eau martienne.
          Evidemment ces questions ne se posent pas avec de simples rovers mais le but n’est pas le même. Il ne faut pas oublier que pour beaucoup de gens (dont moi-même), aller sur Mars n’est pas seulement explorer Mars mais aussi tenter d’y vivre.

        2. Voici un article du site « Interesting Engineering », paru le 3 mai dernier, qui semble répondre (au moins en partie) au problème que vous évoquez:

          «Des feuilles artificielles imprimées en 3D pourraient fournir une énergie durable sur Mars – Les microalgues imprimées en 3D sur de la cellulose bactérienne permettent un nouveau matériau produisant de l’oxygène. Un groupe de chercheurs internationaux dirigé par l’Université de technologie de Delft (TU Delft) aux Pays-Bas a utilisé l’impression 3D pour créer un matériau vivant à base d’algues qui pourrait conduire à une production d’énergie durable sur Mars ainsi qu’un certain nombre d’autres applications (selon un récent communiqué de presse de l’Université de Technologie de Dwelf).

          Les chercheurs ont utilisé une nouvelle technique de bio-impression pour imprimer des microalgues dans un matériau vivant et résilient capable de photosynthèse. Leurs recherches sont publiées dans la revue Advanced Functional Materials du 29 avril dernier sous le titre de « Bioprinting of Regenerative Photosynthetic Living Materials » (https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/adfm.202011162).

          «Nous avons créé un matériau qui peut produire de l’énergie simplement en le plaçant dans la lumière», a déclaré Kui Yu, étudiant doctorant impliqué dans le travail, explique le communiqué. « La nature biodégradable du matériau lui-même et la nature recyclable des cellules de microalgues en font un matériau vivant durable. »

          « Feuilles artificielles pour les futures colonies spatiales »

          L’une des applications vantées par l’équipe de TU Delft est en tant que source d’énergie durable sur les colonies spatiales, comme la future colonie prévue pour Mars.

          L’équipe affirme que le matériau pourrait être utilisé pour créer des feuilles artificielles qui pourraient produire de l’énergie et de l’oxygène durables dans des environnements où les plantes ne poussent généralement pas bien, comme dans l’espace.

          Les feuilles stockent de l’énergie sous forme chimique sous forme de sucres, qui peuvent ensuite être convertis en combustibles. L’oxygène pourrait également être collecté lors de la photosynthèse.

          Source: « 3D Printed ‘Artificial Leaves’ Could Provide Sustainable Energy on Mars – Microalgae 3D printed onto bacterial cellulose allows for a new oxygen-producing material », Intersesting Engineering, 3 mai 2021 (https://interestingengineering.com/3d-printing-microalgae-for-sustainable-energy-on-mars)

          Un sujet à méditer?

      3. Ce n’est pas qu’une question de tuiles réfractaires : peut voir bouger les volets du Starship dont les fixations vont subir un frottement maximal !? La Navette était conçue de manière à positionner les volets à l’arrière du fuselage uniquement , comme d’ailleurs tous les appareils expérimentaux de la série X volant à vitesse hypersonique …

        1. Lors du freinage le plus intense les volets seront totalement repliés contre le corps du vaisseau. Le contrôle d’attitude ne peut se faire à ce stade que par jets propulsifs (il y en a). Les volets seraient arrachés s’ils étaient opposés au flux atmosphérique.
          Reste le problème des charnières et de la jonction au corps. On peut concevoir une protection de tuiles juste à ce niveau.

        2. Il y a pas mal d’autres aspects du design du Starship qui a mon avis ne « tiennent pas la route » et devront être modifiés dans la version « finale ». Plusieurs modifications d’importance ont d’ailleurs déjà été effectuées par rapport aux premières images du Starship présentées qui, elles, paraissaient en effet assez fantaisistes.

    2. La devise de la NASA a toujours un peu été: « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ». C’est ce que des gens comme Robert Zubrin, avec son concept « Mars Direct » ou Elon Musk avec son « Starship » tentent de corriger, … mais avec un demi-succès seulement (voire moins!) apparemment dans le cas du retour sur la Lune!

  9. Voir Elon Musk encensé par des gens sérieux me dépite.

    On ne peut nier ses qualités. La moitié d’entre elles me suffirait d’ailleurs.

    En revanche, il ne faut pas oublier ses nombreux défauts :

    – menteur invétéré : innombrables promesses non tenues avec Tesla
    – égoïste : corona sceptique dans le but de faire tourner ses usines (et mettre en danger ses employés
    – opportuniste (dans le mauvais sens du terme) : les quelques respirateurs obsolètes offerts durant la crise Covid à grand renfort de pub Tesla imprimée à la va-vite
    – le projet starlink, minable à tout point de vue, sauf peut être économique évidemment
    – mauvais manager : gestion des RH à la petite semaine
    – irresponsable : incitation à l’utilisation « conduite autonome » alors que ni l’aspect juridique ni l’infrastructure rend la chose pleinement sécuritaire
    – je répète « menteur » car il faut bien s’en rendre compte.

    Bref, au-delà d’être un bon commercial, je ne pense pas que c’est à lui que revient le mérite Space X.

    1. Je ne vois pas pourquoi ce que vous reprochez à Elon Musk entamerait en rien son « mérite de SpaceX ».
      Il a réussi à diriger cette entreprise qui connait des succès incontestables dans le transport des masses et des personnes dans l’espace proche. Il a en particulier réussi à créer un lanceur réutilisable ce qui sur le plan économique et écologique, est un progrès incontestable et très important. Ces performance et avancée technologique lui reviennent incontestablement. Il est certes entouré d’une équipe qui participe évidemment à son succès mais c’est le propre de tout chef d’entreprise de savoir choisir les bonnes personnes et d’orienter leur travail dans la bonne direction.
      Pour le reste, les autres reproches que vous faites à Elon Musk ne m’intéressent pas. Mon seul regret est celui de Starlink car comme je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises, cette entreprise est source d’une pollution importante dans l’espace proche de la Terre.
      Mais je soupçonne que vous avez un biais contre l’économie capitaliste que je ne partage pas du tout. Figurez-vous que pour entreprendre, vous devez disposer d’argent pour investir. Cet argent il vient soit des impôts si vous êtes l’Etat (ou membre de l’appareil étatique) soit de votre propre argent, dont vous avez hérité ou que vous avez gagné en offrant des biens et des services aux autres humains en échange d’une rémunération. Ce dernier cas de figure est celui d’Elon Musk et je ne trouve pas cela condamnable. D’ailleurs la plupart de ses contreparties, je veux dire l’immense généralités de ses contreparties ne s’en plaignent pas puisqu’il connaît ce qu’on appelle le « succès économique.
      Pour ce qui est de sa gestion RH, cela regarde ceux qui travaillent avec lui. S’ils ne veulent pas travailler avec lui, ils peuvent travailler ailleurs. On ne parle pas ici de travail forcé comme dans le cas de Werner von Braun. Il y a donc des gens qui sont heureux de travailler avec lui d’une manière ou d’une autre, c’est à dire qui y trouvent leur compte.

      1. Merci pour votre réponse.

        Plutôt libéral, je partage votre opinion sur le capitalisme. Sans limites, on se demande où il va nous mener à long terme (sur mars selon certains) mais c’est un autre débat.

        A noter que le « succès économique » de Tesla est relatif. Cette boîte tourne grâce à l’apport d’investisseurs et du cours exagéré de ses actions et non de son bénéfice.

        J’ai l’impression que si SpaceX fonctionne bien, c’est parce qu’on ne laisse pas faire n’importe quoi à Musk. Sans doute qu’une partie non-négligeable de ce succès revient à sa directrice, Gwynne Shotwell.

        Bref, pour terminer sur note plus positive, merci pour votre blog intéressant.

    2. Les dires d’une jeune scientifique de l’EPFL qui a travaillé quelques années pour SpaceX confirment assez ce que vous écrivez sur la gestion des R.H. (quel terme affreux, qui dit bien ce qu’il veut dire en parlant de « ressources » pour des êtres humains au même titre que du matériel; c’était quand même autre chose quand on parlait encore de « service du personnel »!) par Elon Musk. Mais cette jeune femme était quand même très contente de l’expérience qu’elle avait ainsi acquise et ne la regrettait absolument pas.
      J’ai aussi souligné ici à diverses reprises qu’il ne faut pas toujours prendre au pied de la lettre les déclarations d’Elon Musk et garder un certain recul par rapport à ses annonces et présentations, parfois un peu fantaisistes. Il n’en reste pas moins un entrepreneur de génie, qui a déjà réussi de grandes choses (ou fait réaliser de grandes choses, peu importe). Il faut simplement se garder de trop l’idolâtrer, là je vous rejoins assez.

      1. En tant que Vert Libéral, je me méfie des idolâtries tant à gauche (i.e Thunberg) qu’à droite (i.e. Trump) et j’essaie le plus possible de faire la part des choses entre les zones visibles et zones d’ombres (comme la Lune) des grands personnages (comme De Gaulle, fondateur de la puissance spatiale française, et Cousteau que j’admire). Pour ce qui est d’Elon en se tenant strictement à ses entreprises, dans la part de lumière, il faut se rappeler qu’il a investi énormément dans SpaceX et avec ses premiers insuccès des lanceurs dans le Pacifique, il pensait sacrifier Tesla pour sauver SpaceX. Pour ce qui est de la part d’ombre, ses panneaux solaires pour maisons individuelles sont trop chers par rapport à la concurrence et ont engendrés nombre de mécontents, comme Musk l’a admis lui même. Musk a au moins la capacité de se remettre en cause, qualité que j’aime.

        1. * qualité que j’aime et j’apprécie chez les entrepreneurs, politiciens et surtout chez les scientifiques. Je me méfie des militants du catastrophisme comme de ceux qui disent que « tout va très bien, Madame la Marquise. Ce n’est qu’un tout petit rien… » Je suis en train d’écrire un livre pour démystifier les enjeux écologique et me focalise sur les exemples de solutions au changement climatique, à la biodiversité et à la maîtrise des vrais ressources (eau, énergies, déchets notamment à travers l’écologie industrielle et l’exploration spatiale). Je suis d’accord avec M. Haldi: les êtres humains ne sont pas des Ressources. Pour moi, ils sont au centre de la vie consciente du système solaire et ont le devoir de protéger la vie sur Terre et de la disséminer ailleurs que sur Terre.

          1. « Pour moi, ils (les êtres humains) sont au centre de la vie consciente du système solaire et ont le devoir de protéger la vie sur Terre et de la disséminer ailleurs que sur Terre ». Réflexion que je partage tout à fait, Monsieur Donneur.
            Bon courage pour votre livre. Je crois en fait que le plus grand danger pour l’épanouissement de la vie humaine sur notre planète et dans l’espace, est le mouvement écologiste-radical. C’est un mouvement du repli sur soi et en quelque sorte du flétrissement puis du dépérissement, tout à fait contraire à notre intérêt en tant qu’espèce et en tant que partie prenante de notre écologie. Les écologistes-radicaux n’ont pas confiance dans nos capacités de progrès continu; en fait ils n’ont pas confiance en l’Homme.

          2. M. Brisson, vous parlez d’avoir confiance dans le progrès continu de l’être humain en opposition à l’écologisme radical.

            On ne peut être catégorique sur ce point : malgré notre progrès exceptionnel dans bien des domaines, l’écologie se porte plus mal que jamais. Je n’ai pas les chiffres en tête, mais sur les dernières décennies, un part très importante de la biomasse à disparu. Et plus d’un demi-siècle plus tard, nous ne savons toujours pas quoi faire des déchets nucléaires par exemple. Tout cela sans parler de la demande croissante d’autres ressources non-renouvelables à l’échelle humaine.

          3. Je ne nie pas les problèmes écologiques dans lesquels nous nous trouvons. Ce que je conteste c’est que la décroissance soit la solution. Je pense que le progrès peut nous permettre d’être plus économes tout en étant plus efficaces. Ainsi, regardez dans le domaine de l’astronautique. Les Chinois continuent à envoyer dans l’espace des lanceurs non réutilisables tandis que SpaceX a conçu et fait fonctionner des lanceurs réutilisables (et réutilisables de nombreuses fois). SpaceX consomme moins de métaux et ne pollue pas avec ses déchets.
            La conscience écologique est parvenu dans l’esprit de presque tout le monde, c’est la solution qui diffère.

          4. Pour répondre à Loic,
            1) Le débat entre le pro-grès et les ré-grès (conséquences environnementales négatives du progrès) date déjà de 1905 dans l’encyclopédie de M. Reclus « l’homme et la Terre » et le livre de Jules Verne « L’invasion de la mer ».
            2) Nous connaissons mieux l’état environnemental de la planète (dont la biomasse) justement par le progrès de la surveillance par satellites.
            3) Les problèmes sont importants mais non irrésolubles. Nous avons résolu le problème des pluies acides, généralement et sommes en passe de le faire pour le trou dans la, couche d’ozone.
            4) La biodiversité est un grave problème mais rappelons nous que les parcs naturels aux États Unis datent seulement de Théodore Roosevelt aux États-Unis et De Gaulle (1961) en France. De plus en plus de fondations privées créent des parcs et des ONG comme l’IUCN à Gland et le WWF se battent pour la biodiversité. Parmi la veille stratégique du World Economic Forum et de grandes entreprises multinationales dans l’agro-alimentaire, la biodiversité arrive en numéro 2 des préoccupations environnementales, après l’ empreinte climatique et devant l’empreinte eau.
            5) Il est faux de dire que l’on ne possède aucune solution pour les déchets nucléaires. Depuis plus de 30 ans, on sait vitrifier les déchets nucléaires par plasma et ainsi les confiner (mot à la mode) pour l’éternité dans une structure inerte, comme les méchants de Superman ! J’ai vu cette technologie quand je travaillais dans un laboratoire à torches plasmiques à Montréal en 1988.

          5. @Loïc: « Et plus d’un demi-siècle plus tard, nous ne savons toujours pas quoi faire des déchets nucléaires par exemple. » Pas tout-à-fait exact. Les solutions existent – enfouissement des déchets dans des couches géologiques profondes, étanches et stables ou, mieux encore, « brûler » les déchets de longue durée de vie dans certains types de réacteurs de génération IV, avec l’avantage de générer ainsi encore de l’énergie en plus. Le bon point du nucléaire étant la très faible quantité de déchets produits par unité d’énergie générée, ce qui permet justement d’envisager des solutions qui seraient impossibles avec les déchets (solides, ou gazeux qui sont simplement rejetés dans l’atmosphère aujourd’hui) de combustion par exemple.

          6. Pierre-André Haldi a tout à fait raison. L’avenir est au nucléaire « intelligent » c’est à dire aux installations qui par leur modularité préparent le recyclage. Les déchets peuvent être utilisés pour produire à nouveau de l’énergie et il faut préparer toute nouvelle installation (le réacteur et ce qu’il y a « autour ») pour qu’ils le soient.

        2. D’après une nouvelle du jour, Elon Musk vient de révéler qu’il est atteint du syndrome d’Asperger. Voilà qui éclaire la discussion ci-dessus d’un nouveau jour et explique pas mal de choses.

          1. Excellent que Elon Musk parle de son trouble neurologique et demande pardon s’il a offensé certaines personnes pour le Covid. Cela démontre :
            1) la capacité d’Elon de se remettre publiquement en cause comme je l’ai indiqué précédemment.
            2) que le libéralisme est la meilleure voie pour faire fructifier les talents, malgré les handicaps individuels et les divergences d’opinions. Elon Musk n’aurait jamais survécu à l’idéal Nazi du « surhomme Aryen » parfait ou dans l’ « homme nouveau » communiste…

  10. Je suis d ‘accord avec vous M. Brisson. L’ enjeu fondamental du 21ème siècle, à mon avis, sera la lutte entre une écologie libérale, tant économique que sociale, optimiste, axée solutions et adepte de la prise de risques contrôlés (dont l’exploration spatiale) et une écologie radicale, fondamentaliste et pessimiste, axée catastrophisme et adepte de l’illusoire risque zéro. Si le 20ème siècle a été la lutte entre les démocraties contre les totalitarismes, le 21ème siècle, sera celui de lutte entre la liberté pour le progrès contre le fondamentalisme frileux.

  11. Je me permets de compléter les réponses de MM. Haldi et Donneur à Loïc sur les déchets nucléaires pour quantifier un peu la question. Prenons le cas de la Suisse : après 50 ans de nucléaire, nous aurons 3’600 tonnes de combustibles usé. Si on ne refait aucun retraitement, ce qu’interdit stupidement la loi actuelle sur l’énergie nucléaire, on devra en effet vitrifier le tout, au lieu de valoriser les 95% d’énergie qui y est encore contenue. Voyons cette masse qui sera diluée à 4% dans du verre : la densité (masse spécifique) du combustible est de 11 tonnes/m^3, le volume est de 327 m^3. Une fois vitrifiés, cela ferait 8’000 m^3, un cube de 20 m de côté, soit aussi moins de 1 L par habitant, contenant principalement du verre et 450 g de matières radioactives, un petit godet de 4 cL, cela en tout, après 50 ans, et par personne. Il n’y a donc pas de quoi en faire une montagne.

    1. Merci M. De Reyff de mettre les éléments en perspective par vos calculs et de démontrer l’absurdité de la loi sur le nucléaire actuelle.

    2. Exactement Monsieur de Reyff, « il n’y a pas de quoi en faire une montagne », c’est bien le cas de le dire. Merci pour vos chiffres.
      Il faut faire du retraitement et ensuite de la communication pour montrer que « ça marche ». Mais quel homme politique aura le courage de demander le changement de la loi, quel journal d’afficher la démonstration de l’utilité, de la faisabilité et de l’absence de danger dans ses pages?
      Il ne faut pas désespérer même si, malheureusement, les anti-nucléaires sont des religieux qui ont un dogme, ne veulent même pas réfléchir et expriment des mantras.

      1. Oui. Une campagne de communication pour montrer les bénéfices du nucléaire civil devrait être mis en place. Un lobby pour le retraitement des déchets sur place et un autre lobby pour la prolongation de la vie ou remplacement des centrales nucléaires dans une optique de lutte contre les changements climatiques seraient appropriés, s’ils n’existent pas déjà.
        En Chine, on crée de nouvelles centrales à charbon, augmentant le smog local et le CO2 global, alors que le nucléaire (couplé aux énergies renouvelables) aurait été plus approprié dans le cadre des accords de Paris. Les risques moyens pour la santé et l’environnement des centrales à charbon dépassent largement ceux du nucléaire et je ne vois pas Greenpeace s’attaquer au charbon : sur un autre blog du Temps (orienté Climat) , je défend aussi le nucléaire contre le charbon non liquéfié. Présenter combien le nucléaire est vital aussi pour le médical (traceurs et radiothérapies), la détection anti-incendie, le spatial (sondes, rovers, etc…) et autres domaines pourrait mieux convaincre les Oui Mais (les eco-fondamentalistes sont perdus !) .
        Je rêve de voir un jour décoller une fusée interplanétaire de type Tintin, avec un départ de la Terre sous propulsion chimique et ensuite, libérée de l’orbite terrestre, une propulsion nucléaire Terre-Mars, plus rapide et moins encombrante ! Pour revenir au titre de cette chronique, il s’agit de mon ESPOIR.

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À propos de ce blog

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre du comité directeur de l’Association Planète Mars (France), économiste de formation (University of Virginia), ancien banquier d’entreprises de profession, planétologue depuis toujours

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