EXPLORATION SPATIALE - LE BLOG DE PIERRE BRISSON

Il faut déjà penser au choix de la première mission habitée sur Mars car il faut s’y préparer et prendre les dispositions nécessaires pour que l’arrivée de l’homme sur sa « Planète-B » soit la moins difficile possible. Bien sûr nous connaissons déjà assez bien la surface de Mars et nous pourrons choisir la zone par la logique et en exploitant la somme des observations déjà effectuées depuis l’Espace. Mais ce serait folie de se lancer dans l’aventure sans avoir pris un maximum de précautions complémentaires. Voyons ce qu’il faut considérer.

D’abord nous devrons nous poser près de l’équateur et ce pour plusieurs raisons. C’est à cette latitude que la vitesse de rotation de surface planétaire est la plus élevée. Cela permet donc de freiner moins brutalement le vaisseau avant d’atteindre le sol ce qui économise de l’énergie. Ensuite c’est à l’équateur que la température de la planète est la plus élevée et que la durée de la nuit est quotidiennement la plus régulière. Cela permet, une fois à terre, de limiter les températures continûment trop froides ; cela permet éventuellement l’utilisation de panneaux solaires, même si l’énergie nucléaire – fission – doit par prudence être la source d’énergie principale parce que c’est la plus compacte, en raison de la très haute probabilité des tempêtes de poussière et de l’insuffisance d’ensoleillement pendant l’hiver austral ; cela permet d’obtenir toute l’année un minimum de lumière naturelle (i.e. gratuite) pour la culture de végétaux (même si cette lumière naturelle doit être complétée par une lumière artificielle).

Ensuite nous devrons nous poser à une altitude aussi basse que possible, également pour plusieurs raisons. L’altitude basse implique une densité atmosphérique plus élevée puisque la pression monte au fur et à mesure que l’épaisseur de la couche de gaz tirés par la gravité générée par la masse de la planète, augmente. Sur une planète comme Mars où l’atmosphère est très ténue, les différences sont très importantes : 32 pascals au sommet d’Olympus Mons (21 km au-dessus du datum), 610 pascals au datum (altitude moyenne de référence correspondant au point triple de l’eau sur Mars), 1100 pascals au fond d’Hellas Planitia (la région la plus basse de toute la planète). Par ailleurs, l’altitude basse implique une descente plus longue pour atteindre le sol donc, toutes choses égales par ailleurs, un freinage plus long donc moins brutal et moins de dépense d’énergie (le freinage atmosphérique y contribue). Enfin qui dit atmosphère moins fine, dit protection anti-radiations naturelle moins négligeable. Dans le fond du Cratère Gale (4 km sous datum) la dose de radiations est équivalente à celle reçue sur Terre à l’altitude de l’ISS soit deux fois moins que dans l’espace profond (et moins que sur Olympus Mons mais plus qu’au fond d’Hellas Planitia).

On devra se poser près d’un gisement de glace d’eau. En effet, même à notre époque « moderne » et technologique, l’eau c’est la vie. Nous en avons besoin pour hydrater notre corps, pour notre hygiène, pour faire croître des plantes, pour « cultiver » des spirulines, des crevettes ou des poissons, mais aussi pour nous protéger des radiations (les atomes d’hydrogène fournissent un excellent bouclier contre les radiations solaires constituées essentiellement de protons). Et nous en avons besoin encore pour obtenir les ergols nécessaires pour revenir sur Terre et pour nous déplacer sur Mars. En effet, à partir de l’eau on obtiendra par électrolyse, l’hydrogène essentiel pour obtenir avec le CO2 de l’atmosphère (réaction de Sabatier) du méthane (CH4) que l’on brûlera dans l’oxygène provenant de cette même eau. L’eau consommé sera évidemment recyclée au maximum mais il y aura des pertes. Les allers et retours de la station habitée à la « mine » seront nombreux (d’autant que les capacités de transport seront limitées) ; c’est pour cela qu’il est préférable que le gisement soit facilement accessible. Ce sera possible car il y a de la glace d’eau dans beaucoup d’endroits sur Mars, même à l’équateur, sous une couverture de roche poreuse (plus ou moins épaisse) qui en contenait à l’origine mais qui l’a perdue au fil du temps par sublimation. Il y en a notamment au fond de Valles Marineris, ce rift gigantesque qui balafre la surface de la planète dans sa région équatoriale.

Quand on recherchera le site idéal, il faudra penser au meilleur endroit pour creuser. En effet les astronautes devront se protéger au mieux des radiations (idéalement 2 mètres de régolithe au datum). Et pendant les 18 mois de présence « incompressible » sur Mars (les planètes se déplacent sur leur orbite relativement l’une à l’autre !), il serait préférable de ne pas rester dans le vaisseau spatial trop longtemps car on n’y serait pas parfaitement protégé des radiations cosmiques de niveau « métallique » élevé (HZE, 2% des radiations cosmiques, SGR). L’abri pourrait certes être une grotte mais on n’en a pas identifiée encore et les gouffres que l’on a observés supposent qu’on y descende et qu’on en ressorte (énergie toujours…et risque de panne dans l’ascenseur) ! L’idéal serait donc (1) de creuser dans le flanc d’une butte contenant de la glace d’eau, ce qui aurait le double intérêt d’obtenir de l’eau et de ménager un habitat, ou au moins (2) de creuser une butte sèche, ce qui permettrait d’avoir un accès facile au sol environnant et permettrait de ménager une ouverture (que l’on vitrerait) pour avoir accès à la lumière et à la vue (NB : il sera possible de produire du verre sur Mars compte tenu des ressources minérales, silice et bore). Alternativement on pourrait creuser une tranchée dans un sol plat et, à partir de cette tranchée, creuser un habitat sous la dalle déterminée par la tranchée. La tranchée serait ensuite vitrée et pourrait être cultivée. Bien sûr pour creuser il faudrait apporter un engin de forage/creusage. La technologie existe, il faudrait l’adapter à l’environnement particulier et à nos capacités de transport (limitées !). Lors de la première mission robotique on pourrait déjà tester l’engin. Il faudrait aussi apporter un « kit de viabilisation » c’est-à-dire une enveloppe souple et gonflable qu’on pourrait adapter au volume de la cavité creusée et l’équiper avec un matériel de circulation, de chauffage et de purification/recyclage de l’air et de l’eau utilisée à l’intérieur. Pour le recyclage de l’air une colonie de cyanobactéries (spiruline) ferait parfaitement l’affaire. Lors de la première mission habitée la cavité aura un volume très limité mais ce sera un test (comme aime en faire Elon Musk) et cela pourrait constituer quand même un abri en cas de tempête solaire particulièrement forte comme on en a observé sur Mars le 20 mai 2024.

Tout cela suppose qu’on se prépare. La préparation doit être au-delà du choix depuis l’espace, l’examen détaillé du site au sol. Cet examen ne peut être menée que par un rover robotique équipé d’un hélicoptère et d’un radar pour sonder le sol avec autant de précisions que possible. Après avoir confirmé la présence d’eau, les instruments devront mesurer la densité du sol pour être certain qu’il pourra supporter le poids d’un starship à l’atterrissage (100 tonnes de masse sèche et 150 tonnes de charge utile plus un peu d’ergols résiduels, disons en tout maximum 300 tonnes) puis, qu’il supportera la masse additionnelle des ergols produits sur Mars qui seront nécessaires pour repartir vers la Terre (500 tonnes) de laquelle il faudra déduire la masse des équipements laissés sur Mars (une centaine de tonnes). Les 650 tonnes-masses pèseront 247 tonnes-poids sous une gravité de 0,38g (pour référence, le Falcon-9 pèse 549 tonnes au décollage). C’est cela que le sol de l’endroit précis où se posera le premier starship habité devra pouvoir supporter. Nul doute que le rover robotique explorateur devra pouvoir avec une lame de bulldozer déplacer certaines roches qui encombreraient ce que devrait être l’aire d’atterrissage et lancement, et constituer autour une levée de régolithe pour protéger les équipements qui resteront sur le sol de Mars après le décollage pour le retour sur Terre. Nul doute aussi qu’il serait intéressant d’aménager un carneau et de renforcer le sol sur lequel s’appuiera la poussée au décollage. Cependant ceci suppose beaucoup de matériel et il est douteux qu’on puisse en disposer et l’utiliser pour le premier voyage robotique ou même avant l’arrivée de l’homme*. Quant à la précision de l’atterrissage, ne vous inquiétez-pas. On a fait des progrès formidables en « TRN » (Terrain Relative Navigation) et la plateforme pourra être précisément balisée par un des vols robotiques avant le vol habité.

*pour le revêtement du sol ou la création d’une dalle sur laquelle s’appuyer, on pourrait utiliser le duricrete, ce quasi-ciment qui est réalisable simplement en ajoutant de l’eau au régolithe martien. On pourra ensuite l’armer avec des barres de fer également produites sur place (fonderie d’hématite).

Nous y sommes presque ; reste à examiner les localisations possibles. Ni le Cratère Gale ni le Cratère Jezero ne semblent contenir de gisement de glace d’eau intéressant. Ce n’est pas le cas de Candor Chasma ou les abords du volcan Noctis. De plus, les deux sont à peu près sur l’équateur ; les deux disposent de glace d’eau. Mais la densité de cette glace est peut-être plus importante dans le gisement proche de Noctis (à vérifier). Candor Chasma est à près de 4000 mètres sous le datum alors que le pied du volcan Noctis est plutôt au niveau du datum ou juste en dessous. Les surfaces planes sont plus étendues dans Candor Chasma mais il faut voir de près la réalité (encombrement de pierres ? Il y en a beaucoup sur le sol de Mars). A proximité du site d’atterrissage possible près de Noctis, on trouve un dédale de canyons dans lequel il pourrait être intéressant de creuser un habitat, les murs du canyon produisant un surcroit de protection contre les radiations.

Il faudra bien peser les avantages et les inconvénients. Il serait préférable pour ne pas gâcher les transports d’équipements depuis la Terre et les travaux réalisés que le premier choix soit le bon. On ne va pas disperser nos maigres actifs à la surface de la zone équatoriale. Nous aurons besoin de tout ce que nous aurons transporté et produit car nous continuerons à l’utiliser lors des missions suivantes, en tant que tel ou transformé sinon recyclé et les financements ne seront pas infinis.

A suivre !

Illustration de titre : NASA astronaut stands on Mars. Crédit NASA/JPL-Caltech. De l’intérieur de son rover pressurisé, un « Martien » observe son compagnon qui admire le paysage. On pourrait se croire dans un des canyons étroits autour du volcan Noctis. Ici le « village » semble être situé au fond du canyon mais peut-être n’est ce qu’un appendice logistique en surface (la gare ou le garage ?), complément d’un habitat enterré creusé/créé dans l’une des parois alentour.

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22 Responses

  1. @ Monsieur Brisson: vous devenez de plus en plus intéressant… et pragmatique, merci. Ajoutons qu’il faut aussi réfléchir à une préparation robotique poussée avant le débarquement humain. Il y a du givre à beaucoup d’endroits donc, moyennant des couches imperméables, peut-être de quoi survivre un minimum de temps en de nombreux sites. Serait-il possible d’établir préalablement un « pipeline » à eau? Le problème n°1 me semble les radiations. Mais on choisira peut-être une zone très riche en ressources minérales ou vitales (oxygène ou autre prisonnier des roches) et le creusement d’un habitat troglodyte. Si on regarde ce qui se passe pour la lune, il se pourrait que chaque pays se choisisse sa zone d’atterrissage. Y a-t-il des différences notables entre les modes de propulsion des fusées américaines, chinoises, japonaises, arabes? Croisons les doigts pour Ariane 6! Monsieur Musk a une ferveur enthousiasmante mais je crains que le Grand Débarquement ne soit pas vraiment pour tout de suite.

  2. Une petite observation préalable, qui a déjà été discutée ici (et pas seulement par moi), Mars n’est pas, et ne sera jamais, une « planète-B » de la Terre. C’est donner de fausses illusions aux lecteurs que prétendre qu’il pourrait en être ainsi. Par définition, une « solution-B » est une solution DE RECHANGE. Mars pourra tout au plus accueillir à terme, dans des conditions qui resteront difficiles et précaires, une « bouture » autonome de l’Humanité qui ne dépassera probablement pas au maximum quelques centaines de milliers de personnes si on veut rester réaliste. Elle ne constituera donc jamais une solution de rechange à une Terre qui serait devenue inhabitable pour une raison ou une autre, mais par contre une sorte de « chaloupe de sauvetage » permettant de sauver une (petite) partie de l’Humanité qui, sinon, disparaîtrait complètement si elle devait rester confinée uniquement à sa planète d’origine. Une chaloupe de sauvetage n’est pas un « paquebot-B » qui lui servirait de rechange!

    Pour revenir au choix du lieu d’atterrissage, le fait que l’on connaisse aujourd’hui la surface de notre voisine planétaire (presque) aussi bien que la nôtre, voire peut-être même mieux si l’on songe aux fonds marins largement peu explorés sur Terre (!), fait que ce sera la première grande expédition vers des « terres nouvelles » qui ne partira pas largement vers l’inconnu. Une énorme différence avec les expéditions du temps des « Grandes Découvertes » sur Terre (XVème-XVIème siècles)! Et même une différence fondamentale avec la manière dont on pouvait imaginer ces expéditions au milieu du siècle passé encore. Dans les années 1950, von Braun avait imaginé une véritable armada de 10 vaisseaux, avec un total de 70 astronautes à bord, nécessitant la mise en orbite terrestre d’une masse globale de 37’000 tonnes (date prévue pour le débarquement sur Mars: 1965 !!). Cela paraît complètement fou aujourd’hui, mais il faut se souvenir qu’à l’époque on ne savait pas grand-chose des conditions que l’on allait trouver sur la planète rouge; il fallait par conséquent être prêt à tout! Les choses ont bien changé depuis.

    1. Je suis tout afait d’accord pour dire qu’une colonie martienne ne permettra jamais de faire vivre plus de quelques petites centaines de milliers de personnes.
      Il n’y aura donc jamais autant d’humains sur Mars qu’il y en a eu sur la Terre. Cependant pour moi plusieurs dizaines de milliers de personnes et a fortiori cent ou deux cent mille personnes constituent une population suffisante pour qu’on puisse parler de Planète-B…surtout que par la force des choses, ils seront bien obligés d’être largement autonomes.

      1. Plan-B: « Solution ALTERNATIVE au plan principal QUAND CELUI-CI A ECHOUE ». Eh bien, en ce qui me concerne je ne peux envisager que la « colonisation » de Mars soit liée à l’éventualité d’un échec (Terre rendue inhabitable) de la « planète-A » qu’est notre foyer terrestre, même si cette éventualité ne peut être totalement écartée bien sûr! Et dans ce cas, Mars ne représenterait pas réellement une ALTERNATIVE, puisque seule une toute petite partie de l’Humanité serait concernée (voir l’analogie avec la chaloupe de sauvetage qui n’est en aucun cas un « paquebot-B ») et qu’avec l’évolution elle pourrait bien même ne plus avoir la possibilité de se réacclimater un jour sur Terre. Il ne faut pas changer le sens des mots.

  3. Bonjour,

    Juste une petite remarque:
    Le starship est un cylindre et reposera sur 4 étançons, ce qui veut dire que sa masse, son poids sur Mars plus exactement, sera reparti sur ses 4 appuis.
    Ça fera des dizaines de tonnes pour chaque appuis.
    Heureusement que le sol martien est surgelé, ça le rend très dur. Sinon il y aurait effectivement un risque de déstabilisation du starship qui est très haut, avec ses réservoirs relativement vides à l’arrivée et sa charge utile située plutôt en hauteur…On ne voit pas bien où sera son centre de gravité.
    Espérons que Space x fera des essais de poser sur Terre dans des terrains desertiques un starship avec toute sa charge utile et quartier d’équipage.
    Si ça marche sur Terre avec notre gravité, sur un sol naturel, alors ça ira pour Mars.

    Et puis il y aura les alunissages, ça fera une expérience également.

    1. Vous avez tout-à-fait raison. Poser sur quatre pieds un engin aussi lourd et haut que le Starship sur un terrain non aménagé est une entreprise pour le moins risquée (voir la « culbute » récente à l’atterrissage sur notre satellite naturel de la sonde lunaire IM Odysseus). D’autant plus qu’aux latitudes choisies le sol ne sera pas nécessairement fortement « surgelé ».
      Un premier test sera de voir si le HLS arrive à se poser « prochainement » sans encombre sur la Lune, même si les conditions sont dans ce cas plus favorables et donc le test pas forcément « conclusif » pour ce qui concerne Mars.

      1. D’autant plus que, selon la photo-fiction ci-jointe :
        https://commons.wikimedia.org/wiki/File:2021_Artemis_Banner_-_HLS_Starship_(936168596045).pdf
        on voit que le Starship HLS, avec 50 m de haut et 9 m de diamètre, devrait se poser et aussi reposer sur ses quatre pieds vraiment minuscules dont la surface de sustentation paraît très restreinte. Nous avons, je crois, déjà parlé ici de ce point faible.
        L’empattement devrait être bien plus long. Il suffirait d’une faible non-horizontalité et non-planéité du sol pour fait culbuter la fusée avec un centre de gravité situé « quelque part » entre 20 et 30 m du sol.
        De plus, sur un sol, disons, presque plat, mais inégal ou bosselé, on sait pourtant très bien que trois pieds sont toujours stables, quelle que soit la forme du sol, alors que quatre et plus peuvent être déséquilibrants (par exemple, les petites tables de jardin à trois pieds sont toujours bien calées alors qu’à quatre pieds elles vacillent).
        Du reste, l’atterrisseur Philae, largué par la sonde spatiale Rosetta le 12 novembre 2014 sur la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, avait trois pieds et, de plus, réglables. Malgré tout, il s’est renversé, étant tombé dans une crevasse après deux rebonds au-delà de la zone d’atterrissage prévue à 1 km de là.
        La structure proposée, telle que présentée actuellement, me paraît insuffisante.

  4. Merci Pierre Brisson
    En principe en deux ou trois generations ils devraient etre physiquement tres differents de nous : grands et minces .

    1. Sans aucun doute. On ne peut vivre sans conséquences dans un environnement gravitaire différent. Et les séjours des Martiens sur Terre seront difficiles à supporter.

  5. ah oui il sera difficile pour eux de revenir sur Terre mais ce qui m interresse le plus est de voir si cette adaptation martienne va avoir des impacts sur leurs genomes car comme vous le savez je suis tres interresse par l evolution des especes.

    1. Cela aura certainement des effets sur le génome…mais pas tout de suite. La Nature s’adapte tant qu’elle peut le faire mais elle n’est pas forcément très rapide. Elle prend son temps et en l’occurrence elle devra profiter de quelques mutations allant dans le sens de l’évolution nécessaire. On ne peut pas savoir quand il s’en présentera. Peut-être une dizaine de générations, peut-être une vingtaine?

      1. OUI mais la je me demande comment « l environnement » peut il entrainer des repercussions sur le genome ?

        1. Comme vous le savez bien cher Niogret, l’évolution n’induit pas directement de changements. Ce sont des mutations qui interviennent naturellement et aléatoirement dans l’organisme qui sont favorisées pour la reproduction dans tel ou tel environnement. Sur Mars, on ne va pas empêcher tel ou tel d’avoir des enfants mais ceux qui seront porteurs de gênes particulièrement bien adaptés au nouvel environnement seront en meilleure santé que les autres, plus actifs, etc…
          Par ailleurs, de façon générale, les hommes vivant sur Mars s’habitueront à une gravité plus faible. Ils seront très probablement plus grands, leur ossature sera plus faible, leur masse musculaire plus importante…et ils auront du mal à vivre sur Terre. Un isolat se créera donc qui devra être soigneusement géré (éviter la consanguinité) mais heureusement tant que les relations avec la Terre continueront, il y aura continuellement de nouveaux apports (dans le sens Terre-Mars).

        2. il y a bien les phenomenes dits epigenetiques mais ceux ci » allument ou eteignent  » des genes sans les modifier et ma question concerne plutot le passage d un etre peu intelligent a un etre d intelligence superieure ce qui se fait par l apparition de nouveaux genes.J ai donc du mal a expliquer par exemple l apparition de homosapiens…sinon par de vraies mutations … mais apparues comment…

          1. oui dans le cadre de la recherche de civilisations technologiques cette question m interesse car comment des mutations dues au hazard pourraient elles conduire systematiquement a des etres disons comme nous?c est pourquoi je commence a penser que nous ne devons pas etre nombreux dans l univers ou dans notre galaxie, par contre peut etre y a t il eu par le hazard creation d etres beaucoup plus evolues que nous…allez donc savoir !!! il n y a que le seti qui pourrait nous apporter des reponses.et aussi l observation de l espace puisque il il n y a pas si longtemps on a emis l hypothese d une sphere de dyson entourant une etoile…tout cela est tres passionnant .

  6. Dans l’état actuel de nos connaissances et possibilités, Mars ne peut devenir une Terre-B. Mais, « l’avenir est à Dieu » comme écrivait Hugo. Dans quelques siècles peut-être devrons-nous nous en contenter. Personnellement j’ai confiance en l’homme et en l’avenir. Il faudra beaucoup de temps. Si, par exemple, on réalise la fusion, il se peut qu’on puisse extraire de l’oxygène sur Mars en grande quantité. Mais d’une part, si l’homme peut aller sur cette planète même dans des conditions peu confortables, je pense que la réacclimatation d’un retour serait possible dans des conditions tout aussi peu confortables. « Ce qu’un homme a fait, un homme peut le défaire » dit mon garagiste. D’autre part, je vois mal en effet la colonisation rapide par des milliers d’hommes mais si on se met dans le projet de survivre à un cataclysme sur terre quelques couples suffiraient. Et dire que cette possibilité n’est pas à prendre au sérieux, vous fera peut-être maudire par nos descendants.

    1. Un petite précision à propos de: « Si, par exemple, on réalise la fusion », il y a longtemps que l’on sait « réaliser la fusion » sur Terre. Le réacteur « CROCUS » de faible puissance de l’EPFL, dont je me suis longtemps occupé, démarrait par exemple à l’aide de neutrons produits par la réaction de fusion d’ions de deutérium accélérés sur une cible contenant du tritium, et cela dès les années 1960 déjà (à ma connaissance, cette installation a donc été la première, et jusqu’ici l’unique, à être un réacteur hybride fusion-fission!). Ce que l’on n’a toujours pas réussi à réaliser est de construire une machine qui dégage plus d’énergie issues des réactions de fusion générées en son sein qu’il n’a fallu en investir pour créer les conditions (température, pression, confinement) nécessaires à déclencher ces réactions. C’est la grande différence entre la fusion, qui impose que la répulsion coulombienne entre les ions interagissants soit vaincue, ce qui nécessite une « allumette » coûteuse en énergie, et la fission qui n’a pas ce problème puisque la particule « impactante », le neutron, n’a pas de charge électrique et donc de barrière coulombienne à vaincre pour rendre la réaction possible.

  7. Je suis régulièrement vos chroniques martiennes mais peut-être en ai-je raté l’une ou l’autre…
    L’ascenseur spatial (https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronautique-projet-pharaonique-ascenseur-spatial-100-milliards-dollars-2050-110975/?utm_content=buffer84e03&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=futura&fbclid=IwZXh0bgNhZW0CMTEAAR2Ny-eI9ZZjKvkVFF9taNGGekYU8HCBDtXzqdlgDVU-OueqXUVG5f_Hv7Y_aem_BKDzm4zCWCs7ps5mqlIzxA#utm_content=futura&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=futura) ne semble-t-il pas être un préalable à cette équipée martienne, surtout qu’il raccourcit le trajet vers mars de le temps de voyage à moins de trois mois, contre près de neuf comme c’est envisagé actuellement ?

    1. Merci de votre intérêt.
      Pour moi ce projet est toujours un rêve qui me semble très difficilement réalisable. Le problème étant que plus vous ajouter de la masse en dessous du satellite duquel part l’ascenseur, plus vous descendez le centre de gravité de ce satellite, plus il vous faut donc la compenser en ajoutant de la masse au-dessus du satellite…Il n’y a pas de solution.

    2. Même en admettant que toutes les difficultés que pose cette technique puissent être résolues (et on en est loin), je ne vois pas bien pourquoi, ou comment, celle-ci réduirait significativement le temps de voyage vers Mars (?). L’ascenseur spatial est juste une autre manière d’amener des masses en orbite TERRESTRE; or, rejoindre l’ISS avec les fusées « classiques » pour prendre cet exemple ne prend qu’une vingtaine d’heures. c’est absolument négligeable devant le temps nécessaire au transfert orbite terrestre – orbite martienne (qui est plus de l’ordre de 6 mois « classiquement » que 9 pour des missions habitées). Ou est-ce que vous envisagez un ascenseur direct Terre-Mars ?! 🙂 (je plaisante bien sûr)

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À propos de ce blog

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre du comité directeur de l’Association Planète Mars (France), économiste de formation (University of Virginia), ancien banquier d’entreprises de profession, planétologue depuis toujours

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