A partir de 23h30, ce jeudi 16 janvier, le vol d’essai numéro 7 du Starship (« ITF7 », « Integral Test Flight 7 ») a très bien commencé. Mais, si le lanceur a effectué un parcours sans faute, le vaisseau, lui, a connu une défaillance fatale alors qu’il n’avait pas encore atteint son altitude de croisière.

La fusée a décollé à l’heure et a effectué un début de vol impeccable : passage au MaxQ « sans broncher »; séparation du lanceur et du Starship; largage du hotstage (intermédiaire entre les deux étages); retour du lanceur dans les bras des chopsticks de Mechazilla, comme pour l’IFT5. A ces différentes étapes, les moteurs Raptor ont fonctionné parfaitement, en s’éteignant et se rallumant comme il était prévu qu’ils fassent.

Pendant ce temps-là le Starship-vaisseau continuait à monter. Mais à 141 km d’altitude, un premier moteur Raptor Sea Level (RSL) s’est éteint. Le vaisseau avait alors acquis à une vitesse de 17.770 km/h. Le vol a continué, sans ralentissement visible. Mais à 144 km, un autre RSL s’est éteint puis un Raptor Vacuum (RVac). Puis, à la vitesse de 20048 km/h, un autre RSL et un autre RVac se sont arrêtés. Il ne restait donc plus qu’un seul RVac.

A 146 km et à la vitesse de 21317 km/h, le compteur s’est figé. Les présentateurs de SpaceX apparaissaient désorientés mais au bout de quelques minutes ils nous informèrent que le Starship vaisseau avait cessé de communiquer.

On a vu ensuite une ligne de pluie de débris entre Cuba et le Sud des Iles Turks et Caïques (Grandes Antilles), heureusement sans dégâts signalés (il y a eu des objets de plus de 50 kg à la fin de la « pluie »).

Nous aurons sans doute bientôt des explications. Ceci dit, il faut bien voir que nous étions toujours dans le cadre d’un test et que de nombreuses modifications avaient été apportés au Starship-vaisseau par rapport au vol IFT6. Ces modifications concernaient notamment le gainage des tuyaux apportant les ergols aux moteurs. Espérons que suffisamment de données auront été transmises avant l’arrêt du vol et qu’on pourra comprendre ce qui s’est passé pour apporter les correctifs nécessaires.

Félicitons tout de même SpaceX pour la descente du lanceur et sa capture dans les pinces (« chopsticks ») de la tour Mechazilla. C’était spectaculaire et surtout cela confirme la capacité de récupération qui est un aspect essentiel des vols de SpaceX.

Illustration de titre : arrivé du lanceur dans les bras de la tour Mechazilla.

Liens:

https://sattrackcam.blogspot.com/2023/11/where-did-starship-fragments-end-up.html

https://www.spacex.com/launches/mission/?missionId=starship-flight-7

https://www.engineeringnews.co.za/article/spacex-reports-major-improvements-to-its-latest-starship-prototype-due-to-fly-soon-2025-01-06

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7 réponses

  1. Résultat effectivement malheureusement en demi.teinte du 7ème vol-test du Starship. On voit qu’il reste encore pas mal de progrès à faire avant de pouvoir envisager des vols avec passagers, … sans même parler de missions habitées lunaires ou martiennes.
    L’année 2025 sera sans doute décisive pour qu’on y voie plus clair sur les réelles possibilités du Starship et sur ce que pourrait être un calendrier réaliste de réalisation des objectifs mentionnés ci-dessus.
    Pour ma part, je continue à regretter que SpaceX ne mette pas maintenant d’abord l’accent sur le ravitaillement en OTB, en particulier, une opération délicate qui conditionne tout. Il est certes important pour la suite de pouvoir récupérer et réutiliser rapidement lanceur et vaisseau, mais cela n’aura vraiment une utilité qu’après que l’on se sera assuré que le schéma de missions qui prévoit le re-remplissage des réservoirs avant de s’élancer vers la Lune ou Mars est bien réalisable. Cette démonstration devient maintenant urgente pour ne pas mettre en péril le programme Artémis, qui passe impérativement par la disponibilité d’une version HLS du Starship.

  2. Bonjour,
    Le transfert des ergols en orbite est effectivement le point crucial pour la réussite des vols des starships vers la Lune et Mars et donc des programmes spatiaux qui en découlent.
    Mais pour cela il faudra d’abord qu’ils accèdent à l’orbite en vol de routine, en toute sécurité et en reviennent intacts.
    Ensuite il faudra voir combien de vols de starships ravitailleurs seront nécessaires pour remplir les réservoirs du starship interplanétaire, et en savoir ainsi le coût total.
    Quand toutes ces phases seront routinières, Space x aura réussi son lanceur interplanétaire, il restera à le poser intact sur Mars tous les 2 ans 🙂

    Entre temps la priorité sera de s’en servir comme cargo orbital pour envoyer les starlinks version 2, source de revenu garanti pour l’entreprise, alors que les vols vers Mars ne sont ni programmés ni encore entérinés et financés par des organismes et programmes officiels, ni par des clients privés.
    Space x enverra-t-elle des starships sur Mars sur ses fonds propres ?! Elle ne pourrait pas le réaliser longtemps, c’est une entreprise de transport spatial qui doit gagner de l’argent.

    L’accident récent du starship va retarder un peu plus tous ces projets.

  3. BON :il y a eu un petit probleme moteurs sur le starship mais ce n est pas vraiment grave ; attendons l analyse de space x.

    1. Ce qui est plus ennuyeux c’est que la FAA a suspendu les vols de Starships en attendant les conclusions d’une enquête!
      Citation du Huffington Post (18/01/25):
      Selon la procédure, les vols de SpaceX pourront désormais reprendre lorsqu’elle aura soumis à la FAA son enquête, qui devra comprendre des « mesures correctives », et reçu le feu vert du régulateur. SpaceX pourra aussi présenter une demande de reprise de vols avant la fin de l’enquête si elle démontre qu’elle a pris des mesures préventives et que l’incident n’a pas mis en danger la sécurité du public.
      Fin de citation.

      1. il faut dire que ce starship etait assez nouveau et donc la FAA surveille cela mais Elon Musk a eu deja des problemes avec cet organisme.

      2. J’imagine mal de toute façon SpaceX reprendre les essais du Starship avant d’avoir soigneusement analysé les raisons de l’explosion en vol de jeudi dernier et avoir pris les mesures correctives qui s’imposent.
        L’ennui est que cela jette quand même un certain doute sur la fiabilité de ce vaisseau dans la perspective de futurs vols habités. Il faudra plus qu’un ou deux futurs tests réussis pour lever ce doute. Et, comme je l’ai écrit précédemment, le temps presse pour le programme Artémis. Si celui-ci prend trop de retard et paraît coûter trop cher pour les résultats obtenus, il pourrait être purement et simplement abandonné; ce ne serait pas la première fois aux Etats-Unis.

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À propos de ce blog

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre fondateur de la Mars Society des États Unis et ancien membre du comité directeur de l’Association Planète Mars (France), économiste de formation (University of Virginia), ancien banquier d’entreprises de profession, planétologue depuis toujours

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