Vivre sur Mars

Vivre dans l’environnement martien ? Méthodologie de l’approche

On a constaté qu’au niveau zéro g (ISS) le risque de vivre en apesanteur n’était pas acceptable sur le long terme, en raison du syndrome SANS (Spaceflight Associated Neuro-ocular Syndrome). Faut-il pour autant renoncer à aller physiquement sur Mars où la gravité n’est pas nulle mais faible ? Pour répondre à la question il faut étudier précisément (1) les effets d’une gravité à 0,38g et (2) construire deux stations spatiales rotatives.

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Pour vivre sur Mars, la faiblesse du gradient hydrostatique interne résultant d’une gravité de 0,38 g posera problème

Problème de la gravité pendant le séjour sur Mars. La réalité, qu’il faut bien regarder en face, est que ce séjour sera possible pour une période synodique (18 mois sur place) et peut-être deux (44 mois sur place – soit 18 + 26), mais que, dans le cadre technologique actuel, il sera probablement impossible pour une durée illimitée en raison de propriétés physiologiques fondamentales du corps humain. Je laisse cependant entrevoir une solution.

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La vie sur Mars au travers des avatars

Nous sommes en 2055. L’homme a finalement posé le pied sur Mars. Il y a marché et a commencé à s’y installer. En raison des risques que présentent l’environnement extérieur, les hommes sortent très peu de leurs habitats. Ils œuvrent à l’extérieur, essentiellement par l’intermédiaire de robots humanoïdes. Ils voient par leurs yeux et ils touchent par leurs mains. Sur le terrain, il faut les distinguer les uns des autres. C’est ainsi que sont apparus les avatars.

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Des matelas d’hydrogène pour protéger les jardins et cultures de l’habitat martien

L’habitat que je présente (illustré par Philippe Bouchet) est constitué d’un disque de 25 m de diamètre, défini par le creusement d’une tranchée de 6 m et d’une profondeur de 4 m (par The Boring Cy). Le cylindre est creusé diamétralement de galeries viabilisées. La Terre est rejetée sur le disque où elle est compactée. Dans la tranchée fermée par un toit en verre, on pratique l’horticulture (hydroponie). Pour protéger ce ‘jardin’, je propose d’installer au-dessus du toit, un dais circulaire translucide, constitué d’un ‘matelas’ d’hydrogène.

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Sur la durée, les relations sociales dans une colonie martienne resteront toujours nécessairement contraintes mais les effets de catastrophes possibles seront de plus en plus diluables dans le volume et de ce fait adoucis pour l’ensemble

Dans un siècle, il y aura des humains sur Mars, vivant non pas temporairement comme aujourd’hui les Terriens dans les bases de l’Antarctique mais tout au long de leur vie. Il y a des raisons fortes pour cela. Cela n’empêchera pas les relations avec la Terre mais ces relations se feront quotidiennement par les ondes et périodiquement par des transports. Au sein de la communauté martienne, les relations seront semblables à ce qu’elles sont sur Terre avec des différences de deux types : celles qui résultent des contraintes de sécurité imposées par la non-viabilité de l’extérieur des bases habitées et celles qui résultent des risques sanitaires indissociables d’une vie en milieux clos.

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La rareté des roches carbonatées sur Mars, un élément de plus confirmant sa spécificité et rehaussant le défi pour y vivre un jour

Une étude de Rihanna Moore publiée par Nature le 16/06, donne une explication logique très séduisante sur l’évolution planétologique de Mars. Cette explication repose sur la présence de dépôts argileux, leur âge et leur localisation. Cela confirme que Mars a des particularités irréductibles par rapport à la Terre qu’il est impossible de sous-estimer. Il n’en reste pas moins possible pour l’homme de s’y installer en utilisant des technologies que nous maîtrisons de mieux en mieux.

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De l’impérieuse nécessité que la colonie martienne soit autonome le plus vite possible

Les raisons : impossibilité d’aller et venir entre Mars et la Terre à volonté ; impossibilité de transporter ce que l’on veut depuis la Terre (masse et volume) ; impossibilité de communiquer en temps réel entre Mars et la Terre ; conditions environnementales hostiles à une vie humaine non protégée ; absence d’infrastructures préexistantes. Ces contraintes ont des conséquences : nécessité de pouvoir produire sur Mars les ergols de retour (ISPP) ; nécessité d’utiliser le méthane comme carburant plutôt que l’hydrogène ; nécessité de réduire autant que possible la dose de radiations reçue pendant le voyage ; nécessité d’assurer la sécurité énergétique, alimentaire et médical une fois sur le sol de Mars ; nécessité de produire sur place le maximum d’instruments et d’équipements (ISRU), nécessité de recycler au maximum les produits de consommation apportés ou produits sur place ; nécessité d’entretenir continument les équipements déjà apportés et les installations déjà créées ; nécessité d’utiliser l’impression 3D. nécessité de maintenir une redondance des équipements vitaux ; nécessité de choisir selon leurs compétences les personnes qui demandent à s’installer ; intérêt de préparer puis de disposer d’une structure d’accueil pour les visiteurs.

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La Terre au cœur et à la semelle de nos souliers

Nous établir en dehors de la Terre serait une mesure de sauvegarde pour l’homme aujourd’hui captif de sa planète de naissance dont la fragilité est devenue évidente. L’autonomie par rapport à la Terre d’une communauté martienne ou d’une colonie dans l’espace selon Gerard O’Neill n’est certes pas pour demain même si on décidait aujourd’hui de l’entreprendre mais, à long terme, elle nous permettrait de mettre à l’abri une fraction de l’humanité des risques de destructions par la guerre, la maladie, une catastrophe nucléaire, la chute d’un astéroïde massif. Sans être adepte de théories catastrophistes, nous ne pouvons minimiser ni écarter à la légère ces éventualités.

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Vivre sur Mars

Vivre sur Mars dans le sens de s’établir sur Mars est pour l’humanité un autre défi que l’explorer même si l’exploration à distance doit évidemment

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À propos de ce blog

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre fondateur de la Mars Society des États Unis et ancien membre du comité directeur de l’Association Planète Mars (France), économiste de formation (University of Virginia), ancien banquier d’entreprises de profession, planétologue depuis toujours

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