Exploration spatiale - le blog de Pierre Brisson

La Planète-9 est cette planète hypothétique située aux confins du système solaire dont certains astronomes ont déduit l’existence par les orbites d’autres corps lointains. Sa probabilité est remise aujourd’hui en cause. Quoi qu’il en soit, elle reste passionnante car la réponse à sa recherche sera très utile à notre compréhension du système solaire.

Une étude de K.J. Napier et al. (Dept. de Physique de l’Université du Michigan, Ann Arbor) avec de très nombreux co-auteurs et en cours de publication (version préparatoire datée de Février 2021), contredit l’étude de Konstantin Batygin et Mike Brown (CalTech) de 2016. Selon celle-ci la concentration des périhélies des « ETNO », objets transneptuniens extrêmes (planètes naines situées au-delà de 30 UA, Unités Astronomiques*) d’un seul côté du Soleil, serait équilibrée par l’existence « de l’autre côté », d’une « Planète-9 » d’une masse égale à 5 à 10 fois la Terre ou, alternativement, d’un petit trou noir (« primordial ») capturé par le Soleil.

*une UA est égale à la distance Terre-Soleil, soit 150 millions de km, Neptune, la planète la plus lointaine, dans notre Système, se trouve à 30 UA du Soleil.

Cette étude m’intéresse à plusieurs titres. Elle concerne la probabilité de trouver dans notre système solaire une nouvelle planète de taille au moins égale à celle de la Terre, ce qui serait tout à fait exceptionnel mais porteur de sens, même si on ne la trouve pas parce qu’elle n’existe pas. Elle concerne la probabilité d’une autre planète à la surface solide en surface de laquelle un atterrisseur et peut-être un homme pourrait se poser (lorsqu’on aura développé des moteurs nucléaires pouvant procurer une poussée continue pendant le temps nécessaire). Enfin elle illustre bien la démarche scientifique ainsi que la manière dont progresse la science.

Nous connaissons bien notre système jusqu’à Neptune et au-delà jusqu’au couple Pluton-Charon (qui évolue entre 29 et 49 UA), premiers des TNO (Trans Neptunian Objects). C’est à partir de l’orbite de Pluton que l’on pénètre dans la ceinture de Kuiper, monde nouveau des KBO (Kuiper Belt Objects) dont le premier fut identifié en 1992. Après plusieurs autres observations, on commence « à y voir plus clair », c’est-à-dire qu’on peut dresser aujourd’hui une cartographie de la Ceinture de Kuiper en y distinguant plusieurs régions, « Ceinture-classique » avec « astres-chauds » et « astres-froids » ; « Ceinture des astres épars » ; « Objets-détachés » ou ETNO, ces derniers étant présumés s’être formés en dehors de l’influence de Neptune parce qu’ils ne s’approchent pas à plus de 10 UA de l’orbite de cette dernière et donc à plus de 40 UA du Soleil (les plus connus sont Sedna et les Sednoïdes). C’est dans ces confins que je voudrais que vous veniez aujourd’hui avec moi.

Batygin et Brown ont remarqué et fait réaliser à tous dans leur étude de 2016 que les gros KBO (des « planètes naines » comme Pluton ou Sedna) recensés à l’époque avaient tous leur périhélie d’un seul côté du Soleil. Ils en ont déduit qu’une masse les équilibraient « de l’autre côté ». Et compte tenu de la configuration des orbites de ces gros KBO, cette masse devait évoluer entre 200 et 1200 UA, c’est-à-dire en position moyenne à l’intérieur de la Ceinture de Kuiper (le Nuage de Oort intérieur commence vers 2000 UA) et elle devait être suffisamment importante pour avoir cet effet gravitationnel sur les autres. L’évaluation de ce « suffisamment » a beaucoup varié (en fonction de l’évolution de l’estimation de la masse de l’autre côté), d’un peu moins d’une masse terrestre à une dizaine de masses terrestres. En fonction de ces évaluations et compte tenu de leur situation dans un milieu très froid, on pouvait imaginer une surface solide si l’astre n’était pas trop gros (type Pluton) mais il n’en aurait pas été de même pour une « superterre » dont la masse aurait dépassé quelques 5 masses terrestres. A partir de ce seuil en effet la chaleur interne conservée de l’accrétion, accrue par la pression et accumulée par la désintégration radioactive des éléments les plus instables (comme le thorium 232), maintiendrait une certaine chaleur en surface et donc sans doute une atmosphère.

La Planète-9, si elle existait, ne serait pas facile à observer même si on savait à peu près où devait se trouver son orbite, puisque par définition une planète n’émet pas de lumière mais en réfléchit et à ces distances du Soleil elle en réfléchit très peu. Elle pourrait certes émettre quelques rayonnements infrarouges, surtout si elle est massive, mais, étant si lointaine elle ne peut se déplacer que très lentement, peut-être une orbite parcourue (« révolution » ou « année ») entre 10.000 et 20.000 ans, et elle ne se distinguerait que très difficilement des astres plus lointains et apparemment fixes. Une alternative, évidente aujourd’hui (après Michel Mayor), serait de la rechercher par la méthode des transits en vérifiant qu’elle n’a aucune incidence sur la vitesse radiale de l’étoile de référence, comme on recherche les planètes orphelines en-dehors de notre système solaire. Mais cela reviendrait presque à chercher une aiguille dans une botte de foin, la différence étant toutefois qu’il y a sans doute beaucoup plus de planètes orphelines dans l’espace que d’aiguilles dans la botte de foin. Après plusieurs années de recherche infructueuse, certains se demandent même si l’explication de cette difficulté ne serait pas que la Planète-9 était plutôt un trou noir primordial, évidemment minuscule. En effet, la densité d’un tel trou noir aurait fait que sa taille n’aurait pas été supérieure à celle d’un petit astéroïde et qu’on aurait pu la déceler que par l’action qu’elle aurait pu avoir sur son voisinage, pourvu qu’elle en ait un assez proche et massif pour que les conséquences de cette action aient pu être perçues.

On en était à ce stade mais on ne s’y est finalement pas arrêté car d’autres planètes naines ont été découvertes dans la région (il n’y en avait que 6 lors de l’étude de 2016 et il y en a 14 aujourd’hui) et parce que, surtout, les auteurs de l’étude cités en début d’article ont fait remarquer qu’il y avait un biais dans l’identification des KBO et que leur unilatéralisme n’était probablement qu’apparent.

Alors il n’existe peut-être pas plus de Planète-9 que de planète Vulcain (supposée à une certaine époque évoluer à l’intérieur de l’orbite de Mercure). Mais ce n’est pas certain non plus. Cette étude n’est en effet pas la preuve de la non existence d’une planète-9. Elle repose encore sur trop peu d’observations et elle utilise un simulateur pour généraliser les résultats, dont on peut discuter les paramètres même s’ils recoupent bien les observations réelles, effectuées.

Les conséquences sont simplement que s’il existe une planète 9, elle sera plus difficile à trouver qu’on le pensait puisqu’on ne peut plus se référer à la force de gravité conjuguée des ETNO identifiés par Batygin et Brown. On verra avec la suite des découvertes de KBO comment affiner la recherche qui conduira peut-être à confirmer que cette planète n’existe pas mais qu’il y a sans doute d’autres planètes-naines du type Eris ou Pluton. Nous en saurons certainement plus avec la réalisation de deux projets :  le « Deep Ecliptic Exploration Project » (DEEP) annoncé en 2019, qui utilise la « Dark Energy Camera » (DECam) du télescope Blanco de 4 m de l’Observatoire Inter Americain au Cerro Tololo (Chili) et, à partir de 2021, le nouveau télescope LSST de l’Observatoire Vera Rubin (Cerro Pachon, Chili).

Cette évolution est un exemple intéressant du cheminement de la Science. On peut déduire de bonne foi une théorie erronée d’une observation et corriger cette erreur par d’autres observations. Il faut alors accepter de s’être trompé ou de ne pas avoir « tout vu » et en tirer à nouveau des conséquences. Cela est plus intéressant que de persister dans l’erreur.

Si en fin de compte il n’y a pas de Planète-9 cela peut résulter de plusieurs causes. Peut-être au-delà d’une certaine distance du Soleil (ou, bien sûr, d’une étoile), les vitesses sont-elles trop faibles et les occasions de « rencontres » trop limitées pour que de grosses concentrations de matière puissent s’effectuer. Peut-être la plupart des planètes-naines de la famille ETNO n’existent que parce que le bord interne de la Ceinture de Kuiper a été « chamboulé » par le retour de Jupiter et de Saturne au-delà de leur zone d’accrétion originelle à la fin du Grand-Tack (rebroussement) qui a projeté Neptune au-delà d’Uranus dans cette zone, facilitant ainsi les concentrations de matière.

Ou bien, a contrario mais dans la même ligne de raisonnement, si on trouve un jour une Planète-9, elle pourrait être une planète non pas formée in situ mais provenant de la zone la plus active de formation du système solaire, juste après Saturne. Dans le scénario du « Grand-Tack » (grand rebroussement, théorie d’Alessandro Morbidelli) en effet, non seulement Neptune aurait été rejeté par Saturne au-delà d’Uranus et cette dernière aurait acquis du fait de la perturbation une rotation anormale (inclinée à 98% sur son plan de révolution) mais la planète qui se serait trouvée entre Saturne et Uranus, une 5ème géante gazeuse, aurait été éjectée plus violemment que Neptune, « quelque part ailleurs ». Ce « quelque part » serait soit en dehors du système solaire, soit encore à l’intérieur, donc soit dans la Ceinture de Kuiper soit dans les Nuages de Oort…Mais ceci n’est qu’une spéculation. Et il serait sans doute logique qu’une grosse planète, genre super-terre ou géante gazeuse, ne puisse avoir été formée dans la Ceinture de Kuiper ou dans le Nuage de Oort puisque logiquement ces régions lointaines disposent de beaucoup moins de matière que vers le centre (ou, autrement dit, que la densité de matière dans le disque protoplanétaire est moins élevée à la périphérie qu’au centre).

La conclusion est qu’il faut continuer à observer, à chercher, à raisonner et on trouvera encore des choses merveilleuses « près de chez nous » (dans la Ceinture de Kuiper, nous sommes quand même encore dans notre système solaire). J’imagine dans un lointain futur, un vaisseau spatial mu par un moteur nucléaire arrivant en vue de la 5ème géante tapie dans l’ombre des confins de notre Système après un très long voyage et envoyant des sondes à sa surface ou plutôt dans les nuages de sa haute atmosphère afin de l’analyser, et, enfin, de découvrir son origine.

Références :

1) No Evidence for Orbital Clustering in the Extreme Trans-Neptunian Objects (2102.05601.pdf) astro.ph arXiv.org (Cornell University).

2) https://phys.org/news/2021-02-evidence-planet-diminishing-clustering.html

3) https://en.wikipedia.org/wiki/Planet_Nine

Illustration de titre: la Planète 9. Credit: Pixabay/CC0 Public Domain

30 réponses

    1. Je suppose que c’est 5 masses » terrestres », 😉
      ce qui reste peu significatif en terme de masse du système solaire.

        1. Merci. Si le Soleil vaut mille francs en masse, la Terre vaut un tiers de centime. Une planète Neuf… et neuve… qui peut valoir jusqu’à 3 centimes serait intéressante à observer en qualité avant la quantité. On a découvert que la mini-planète Pluton et ses satellites , dont la taille et la masse avaient été surestimées, a des propriétés intéressantes dont son fameux « Cœur » et sa vulcanologie, suite au passage de la dernière sonde.

  1. Spéculer sur le futur, parfois très lointain, reste de la science fiction. Certaines questions ne trouveront jamais de réponse, soit oui ou soit non. Une interrogation trouve une réponse oui quand une expérience valide sa véracité. Certaines questions ne trouveront jamais de confirmation. Par exemple, la terre est-elle le centre de l’univers ou y a-t-il d’autres univers qui nous seront toujours inaccessibles?

    1. Certaines questions ne trouveront jamais de réponse? Peut-être ou « sans-doute » dans le sens qui laisse une part à une possibilité même ténue (je n’aime pas le « jamais » qui ferme totalement les possibilités).
      Spéculer sur le futur? Pourquoi pas (on spécule toujours sur un futur) car on constate des tendances et on peut mettre en évidence des généralités ou encore observer des phénomènes à partir des mêmes éléments qui ont commencé plus tôt et sont plus évolués que ce qui s’est déjà passé notre petit coin d’univers. La spéculation est une démarche tout à fait scientifique si elle est fondée sur des tendances, des indices et qu’on peut faire des vérifications.
      C’est ainsi que l’on sait que l’expansion de l’Univers est dans une phase d’accélération ou que le Soleil absorbera la Terre lorsque sa nucléosynthèse aura épuisé l’hydrogène qui est dans son cœur.

    2. La Terre et le Soleil sont dans la banlieue de notre propre Galaxie, ce qui est avantageux. Il parait qu’au centre, il existe un immense trou noir… Chez les scientifiques existe une profession sérieuse appelée Futurologue basée sur des tendances actuelles extrapolées. Comme prédiction, il est clair, selon moi, avec les moyens actuels, que la première mission habitée sur Mars aura lieu vers 2033-2034, pas avant. Aussi, la science-fiction « dure » n’a pas tout faux : Jules Verne annonçant avec plus d’un siècle d’avance le voyage autour de la Lune de 1968 et suivants partant de FLORIDE avec 3 personnes …Internet annoncé dans une nouvelle SF de 1946 et une station spatiale internationale américaine, russe, etc en 2001 annoncée par AC Clarke en 1968…

      1. @F. Donneur: « et une station spatiale internationale américaine, russe, etc. en 2001 annoncée par A.C. Clarke en 1968 », comme quoi il ne faut pas trop se fier aux romans/films de S.F. Nous sommes 20 ans APRES la date annoncée dans « 2001, l’Odyssées de l’espace » et on est encore TRES TRES loin d’avoir la station spatiale et les vaisseaux spatiaux présentés dans ce roman/film! En fait, je pense que pratiquement personne à la fin des années 1960 n’aurait imaginé que 50 ans après on en serait resté à faire des « petits tours en orbite » autour de la Terre dans un « mécano spatial » construit de bric et de broc, sans avoir établi un poste permanent sur la Lune ni lancé de missions habitées vers Mars.

        1. Effectivement, la station spatiale internationale est occupée de manière permanente depuis presque 21 ans, soit le 31 octobre 2000. A propos d’une station spatiale de bric et de broc, cela a été prédit dans l’album SF Valérian de 1975 (« L’ambassadeur des ombres ») et l’ISS a été reprise comme base dans les 5 premières minutes du (très mauvais) film « Valérian » de Luc Besson, film qui à mon avis, vaut uniquement par ses premières minutes… Et même Ray Bradbury a décalé toutes ses « Chroniques Martiennes » pour les faire débuter dans les années 2030s en réédition.

          1. Et Kim Stanley Robinson qui ne fait pas de la SF « dure » (hors science réaliste et futurologie donc) présente un établissement sur Mars de 100 personnes à partir de 2027, un scénario trop optimiste, tout comme ceux de Musk. Musk, comme pour la Lune, sera en réalité un sous-traitant de la NASA et de l’ESA à mon humble avis …

        2. Le « mécano spatial » ISS a été le premier gagne-pain de SpaceX d’Elon Musk… 😉

        3. En effet, en 1972, quand j’étais enfant, je n’aurais jamais imaginé que 50 ans après nous n’aurions pas fait de progrès ni dans la protection de l’environnement (voir le discours de 18 mn du Premier Ministre suédois Olof Palme à la Conférence mondiale de l’Environnement à Stockholm que l’on peut repéter mot à mot aujourd’hui…) ni dans l’exploration HABITÉE de l’espace (derniers hommes sur la Lune…). Nous devons faire à la fois une REVOLUTION ÉCOLOGIQUE et UNE REVOLUTION TECHNOLOGIQUE pour préserver la Terre et explorer l’espace de manière durable. Le temps des réformettes est révolu. Quand on sait que le G7 a dépensé 40 milliards de dollars de PLUS depuis la pandémie en subventions aux énergies fossiles que pour les énergies renouvelables et que le budget pour l’exploration spatiale à la NASA est RIDICULE par rapport aux années 60s, il faudra un sacré coup de barre pour atteindre les objectifs environnementaux et spatiaux… dans les années 30s.

        4. @Haldi : je répète le fait que Kubrik et Clarke ont prédit une station spatiale orbitale AMERICAINE ET RUSSE en 2001, depuis l’année 1968 en pleine guerre froide (et avec le Vietnam pas si froide) … Voilà l’essentiel… Des fois, la technique nous font oublier l’importance des relations humaines … Si les Russes quittent les programmes spatiaux américains et européens comme cela se dessine, nous verrons vite l’erreur…

  2. Dans le Coran, la sourat Youssef(Josef fils de Jacob), Youssef dis à son père : ‹Ô mon père, j’ai vu [en songe], onze planètes, et aussi le soleil et la lune; je les ai vus prosternés devant moi.
    Ce passage apparu il y’a 14 siècles en dit long sur la création.

    1. @ Youssef: ce « passage » de votre livre n’en dit pas « long » sur la « création ». Il n’en dit rien du tout. Pourquoi parle-t-il de « onze » planètes?! Personne ne parle de onze planètes; cela n’a aucun sens. Vous êtes ici sur un blog scientifique, qui se veut sérieux. Passez votre chemin!

  3.  » J’imagine dans un lointain futur, un vaisseau spatial mu par un moteur nucléaire », c’est en effet là que se situe à mon avis la solution d’avenir pour les missions interplanétaires habitées. Plutôt que d’investir dans une « resucée » de Saturn V, dépassée avant même d’avoir fait son premier vol, la NASA ferait mieux de relancer un programme du type NERVA (qui était tout près d’aboutir lorsqu’il a été interrompu). Elle peut laisser le développement des lanceurs « chimiques » à l’industrie privée, SpaceX en particulier, qui fait mieux et plus innovant qu’elle dans ce domaine. Par contre, développer un moteur-fusée nucléaire n’est probablement pas à la portée ce genre d’entreprises; c’est donc là que la NASA (avec Los Alamos en particulier) pourrait démontrer son utilité.

      1. Comme PARTENAIRE (et pas pour la partie proprement nucléaire très probablement) dans un consortium coordonné par le DARPA (ce qui me désole d’ailleurs, ce n’est pas là que je vois l’intérêt de la propulsion nucléaire!), et non comme développeur « indépendant », ou en tout cas principal, comme SpaceX et Blue Origin l’ont fait pour leurs fusées. C’est exactement le rôle (celui du DARPA) que devrait à mon avis jouer la NASA dans le domaine CIVIL (!), coordonner un programme faisant appel à des compétences spécifiques comme celles du LANL (Los Alamos National Laboratory) tout particulièrement; ce n’est évidemment pas la NASA elle-même qui va développer un tel « produit »!

        1. General Atomics pour la partie nucléaire. Blue Origin et Lockheed Martin pour l’architecture de la fusée. Malheureusement et comme d’habitude, la technologie militaire va plus vite que la civile, ce qui est encore une indication des priorités fausses de l’espèce humaine.

  4. Même si on peut dire que la recherche d’une hypothétique planète 9 pourrait illustrer la démarche scientifique ainsi que la manière dont progresse la science je reste sceptique.

    Je ne peux m’empêcher de penser à Beethoven. Dans les décennies qui ont suivi son décès, nombreux sont ceux qui ont fouillé ses archives de font en comble avec l’espoir d’y trouver, ne serait-ce que le brouillon, d’une « symphonie 10 ». Leur démarche était-elle scientifique ?

    Cela ne m’empêche pas de regretter l’abandon de toute recherche astronautique digne de ce nom dès 1972 et encore aggravée par la chute du mur de Berlin. Faudra-t-il une seconde guerre froide, avec la Chine cette fois, pour relancer l’exploration habitée du système solaire ? Et gagnerons-nous cette guerre ? Dans les domaines scientifiques et techniques, les Chinois paraissent drôlement plus futés que l’étaient les Soviétiques. Quant aux Russes, nous devons les oublier. Pour la science, du moins.

    1. Dommage que l’ESA ne collabore pas plus avec les Russes, qui sont Européens après tout. La Russie n’a peut-être plus les moyens d’investir dans un secteur comme l’astronautique au même niveau que dans les années 1960, mais ce pays garde encore un « know-how » qui pourrait/devrait être mieux valorisé. Ce serait un terrible gâchis de le voir petit-à-petit disparaître. C’est d’ailleurs assez lamentable que l’Europe n’occupe pas dans l’exploration spatiale le rang qui devrait être le sien (rappelons-nous où est née l’astronautique!).
      Pour le reste, il est vrai que dans ce domaine, le vrai compétiteur des Etats-Unis aujourd’hui est la Chine, dont la progression est stupéfiante. Mais souhaitons que cela reste dans le cadre d’une compétition économique et idéologique; nous n’avons vraiment pas besoin d’une nouvelle guerre froide, synonyme de course aux armements, avec les problèmes auxquels le monde doit faire face (et qui ne seront pas mieux résolus si on abandonne l’exploration spatiale, contrairement à ce que certains croient ou veulent faire croire!).

      1. Quand vous dites que les Russes sont des Européens, vous avez tout à fait raison et, d’un point de vue culturel, ils sont beaucoup plus proches de nous que les Américains. C’st vrai aussi qu’ils ont été précurseurs dans beaucoup de domaines, comme l’invention de la radio, de la photographie en couleur et, ne l’oublions pas, de l’astronautique car, bien avant Korolev, c’est Tsiolkovski qui a jeté les bases de l’astronautique telle que nous la connaissons aujourd’hui.

        Malheureusement, la Turquie et la Russie d’aujourd’hui voient leur développement intellectuel condamné par l’autocratisme de leurs leaders tous deux nostalgiques d’empires disparus depuis un siècle mais qu’ils rêvent de recréer.

        Alors, tant qu’à chercher un collaborateur, pourquoi l’Europe ne se tournerait-elle pas vers la Chine. Ou vers l’Inde.

        1. Pourquoi? Parce que, comme vous l’écrivez très bien vous-même, nous n’avons pas la même proximité culturelle avec les Chinois qu’avec les Russes. Et aussi parce que je crois aux vertus d’une saine émulation. Je n’ai absolument rien contre le fait que les Chinois progressent (et de manière absolument remarquable) dans l’espace, mais je souhaiterais que nous Européens, Russes compris, y prenions aussi notre place. Et une fois la « parité » atteinte, rien effectivement n’empêche de collaborer avec les USA, la Chine ou d’autres encore, bien au contraire, mais d’égal à égal, pas en « sous-traitant »

        2. Je ne crois pas qu’on puisse comparer la Russie à la Turquie, ni à la Chine ou à l’Inde et que dans le domaine spatial on doive collaborer avec ces derniers plus qu’avec la Russie; au contraire.
          La Chine et l’Inde ne peuvent être pris pour des modèles de moralité ou de fiabilité en tant que partenaires. La Chine parce que ce n’est pas une démocratie, qu’elle est extrêmement impérialiste (drame de Hong-Kong et menace extrême sur Taïwan) et qu’elle a une pratique de la coopération très inégalitaire; l’Inde parce qu’elle est gouvernée actuellement par des religieux sectaires extrêmement nationalistes et belliqueux qui ont des pratiques économiques qui rendent la concurrence peu loyale.
          La Russie fait partie de l’Europe, elle partage beaucoup de nos valeurs et son gouvernement est plutôt moins critiquable que beaucoup d’autres. Son seul défaut est d’être autoritaire mais beaucoup d’autres sont inefficaces et ne servent pas leurs peuples. N’oubliez pas que c’est l’Europe qui a rejeté et ostracisé le gouvernement russe après qu’il ait voulu récupérer quelques terres peuplées de Russes en bordure de l’Ukraine (Crimée et Donbass). Ce « mouvement » ne méritait pas une telle réaction, qui fut et reste une grossière erreur diplomatique du Président Obama, suivie aveuglement par les autres « occidentaux » qui pourtant n’y avaient aucun intérêt.
          Je mets la Turquie à part puisqu’elle n’est pas une puissance spatiale mais elle est encore moins sympathique comme partenaire que les autres (Inde ou Chine) parce qu’elle est furieusement impérialiste et hostile aux Européens (la guerre du Karabagh, les massacres de Kurdes, la persécution des non-musulmans, la politique de répression des droits de la femme, etc…).

          1. Je pense aussi que l’Europe (ESA) aurait intérêt à continuer de travailler de concert avec des pays qui partagent nos mêmes valeurs (et qui avec Jean-Loup Chrétien ont notamment démontré la coopération) tels que la Russie (puissance spatiale établie) et le Canada, le Japon, la Corée du Sud, le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Costa Rica (technologies spatiales émergentes). N’oublions pas que les premières fusées européennes sont parties… d’Australie…

          2. @F. Donneur: Parties d’Australie, … pour aller s’abîmer en mer malheureusement (le malheureux lanceur « Europa ») 🙂 !

          3. @Haldi Les échecs d’Europa ont forgé le succès d’Ariane ! 😉

          4. Coopérer avec la Russie de culture européenne oui, mais sans oublier, comme le dit si bien M. Louis, qu’elle est dirigée par un autocrate rêvant de restaurer son ancien empire … à l’instar de la Turquie.
            Quant à l’Inde, c’est une démocratie et les nationalistes hindous ne seront pas toujours au pouvoir.
            Les Indiens développent rapidement leurs capacités, surtout face à la Chine. Ils nous surprendront certainement !

  5. La récente découverte fut la complexité de Pluton avec ses volcans de glace et ses 5 satellites (au lieu de Charon seulement). Qu’allons nous découvrir de nouveau fascinant et complexe dans notre système solaire ? Il y a tellement d’objets transneptuniens à explorer par sonde…

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À propos de ce blog

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre du comité directeur de l’Association Planète Mars (France), économiste de formation (University of Virginia), ancien banquier d’entreprises de profession, planétologue depuis toujours

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