EXPLORATION SPATIALE - LE BLOG DE PIERRE BRISSON

Le 3ème test de vol orbital du Starship a eu lieu ce 14 mars. Il a montré d’énormes progrès

Ce vol était le premier essai de rentrée d’un vol supersonique dans l’atmosphère depuis ceux de la Navette spatiale. La différence étant que la Navette n’aurait jamais pu aller sur la Lune ou sur Mars puisque son principe était de se freiner par la seule pression atmosphérique sur ses ailes alors que le Starship peut utiliser ses moteurs là où il n’y a pas d’atmosphère pour effectuer ce freinage.
Les présentateurs du 3ème test de vol orbital ont bien insisté que ces tests faisaient partie intégrante de la méthode itérative de progression de SpaceX. Un test est fait pour mettre en lumière une faiblesse et apprendre de cette faiblesse pour éviter qu’elle se manifeste à nouveau. A cet égard, on a bien vu que les faiblesses mises en évidence lors des tests précédents ont été corrigées.
Il y a actuellement 4 vaisseaux et 4 lanceurs en attente sur le site de la Starbase à Boca-Chica. Ces vaisseaux et lanceurs vont être modifiés en fonction des données de ce troisième test qui vont être analysées très rapidement. Il y aura très vite, en 2024, un 4ème puis un 5ème puis un 6ème test. A la fin de l’année 2024, le Starship aura démontré qu’il peut effectuer un vol orbital complet et que ses deux éléments, lanceur et vaisseau peuvent être récupérés.
Nous sommes sur la bonne voie !

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SPHEREx, une nouvelle mission de la NASA qui va nous permettre de mieux comprendre notre Histoire

Dans un an, en Avril 25, SPHEREx, un nouveau télescope de la NASA doit être envoyé dans l’espace. Il doit nous permettre de « voir » les grandes structures de l’Univers, telles qu’elles existaient lors de la phase de Réionisation* (entre 400 millions à 1 milliard d’années après le Big Bang) et d’en extrapoler grâce à notre connaissance du Fond Diffus Cosmologiques (« CMB », 380.000 ans après le Big-bang), la répartition dynamique des densités de masse depuis la phase d’Hyperinflation (au cours des premières fractions de seconde suivant le Big-Bang), donc l’Evolution depuis le tout début de l’Univers.

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Avec les conclusions du rapport d’enquête de la FAA sur le 2ème test de vol orbital du Starship, on ne peut plus dire qu’il y a eu échec. Le 3ème test aura lieu dès l’obtention de la licence

Avec les conclusions du rapport d’enquête de la FAA sur le 2ème test de vol orbital du Starship (« OFT-2) qui a eu lieu le 18 novembre, on ne peut plus dire qu’il y a eu échec. Le 3ème test, OFT-3, aura lieu Dès l’obtention de la modification de licence de vol
On sait maintenant ce qui a fonctionné et ce qui n’a pas fonctionné. Le fait principal est que le largage d’oxygène qui a été effectué par le vaisseau Starship en fin de montée en orbite, a été volontaire et qu’il n’était pas indispensable. Si SpaceX avait décidé de ne pas y procéder, le vaisseau aurait été beaucoup plus loin dans sa trajectoire orbitale ; il aurait peut-être même atteint Hawaï.
Par ailleurs, les mesures nécessaires pour éviter à nouveau un mauvais filtrage de l’oxygène vers les moteurs du lanceur, ont été prises et ce dernier, toutes choses égales par ailleurs, devrait maintenant pouvoir redescendre jusqu’à l’Océan sans exploser.
De plus, sans attendre les conclusions du rapport d’enquête de la FAA, SpaceX a effectué toute une série d’autres améliorations matérielles qui vont réduire encore les risques d’échecs.
Avec ses lanceurs et vaisseaux en attente sur la Starbase de Boca-Chica et déjà « mis à jour », le lancement du 3ème test de vol orbital ne devrait pas tarder. On l’attend dès la publication de la modification de licence de vol qui devrait intervenir début Mars.

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Avec Intuitive Machines, l’Amérique est de retour sur la Lune. Congrats to all the team !

Après 12 minutes de descente à partir de son orbite de 92 km d’altitude, et 15 minutes d’attente en raison d’un problème de communication, le centre de contrôle a confirmé que l’atterrisseur « Odysseus » de la société privée Intuitive Machine (« IM »), avait bien touché le sol lunaire à 17h23 CST le 22 février (soit 00h23 le 23 en Europe continentale). Le signal reçu était très faible. Une heure plus tard, à 01h25, Intuitive Machines postait le message suivant sur X « After troubleshooting communications, flight controllers have confirmed Odysseus is upright and starting to send data. Right now, we are working to downlink the first images from the lunar surface ». On espère maintenant que la mission, nommée « IM-1 », va pouvoir se dérouler comme prévu. On attend les photos, avec quand même un peu de déception!

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L’OSIP est le moyen pour l’ESA de se comporter comme le mythique Argos afin qu’aucune idée ne lui échappe pour conquérir l’Espace. Mais le contexte n’est peut-être pas aussi favorable qu’il pourrait paraître

L’OSIP, « Open Space Innovation Platform » est le moyen conçu par l’ESA pour se comporter comme le mythique géant Argos-aux-cent-yeux, afin qu’aucune idée nouvelle ne lui échappe pour conquérir l’Espace. Mais le contexte pour leur concrétisation n’est peut-être pas aussi favorable qu’il pourrait paraître. L’OSIP est en effet contraint par une organisation extrêmement lourde, celle de l’ESA. Son organigramme où l’OSIP apparaît enfoui dans le fond d’une des onze directions, celle du TEC (« Directorate of Technology, Engineering and Quality »), ne semble pas devoir vraiment faciliter leur accession au réel. Les innovations, magnifiques sur le papier, risquent donc, comme la Belle au Bois-dormant, de reposer sur les étagères de l’institution dans l’espoir, peut-être vain, d’être réveillées un jour par un hypothétique Prince charmant. Par ailleurs, malheureusement, l’examen fait ressortir l’absence totale de préoccupation pour la gravité artificielle, clef de l’exploration par vols habités, mode d’exploration de l’Espace qui semble toujours en position de faiblesse par rapport au mode robotique. Enfin, les visées de la Commission européenne pour le contrôle de l’ESA, clairement exprimée récemment par le Commissaire Thierry Breton en charge « de la politique industrielle, du marché intérieur, du numérique, de la défense et de l’espace » (cette dernière apparaissant comme la dernière roue du carrosse), ne laisse pas préjuger d’une amélioration des perspectives d’épanouissement de la concrétisation de ces bonnes intentions.

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Avec son appel à idées pour utiliser au mieux la recherche MELiSSA, l’ESA fait avancer d’un grand pas sa préparation aux vols habités dans l’espace profond

En ce début d’année 2024, le Swiss Space Office a transmis un appel à idées de l’ESA sur le thème « Pour un futur écologiquement durable, faire progresser les systèmes de support vie en boucle-fermée ». Dans le développement du thème il est bien précisé que ces systèmes doivent avoir pour objet d’ouvrir la voie à une exploration spatiale « durable » après une campagne de tests sur Terre. La soumission des idées a été close le 6 février. L’ESA évaluera ensuite ce travail jusqu’au 27 de ce même mois. Cet appel à idées est très important car il marque le passage à un niveau supérieur du projet MELiSSA qui est le plus avancé au monde, des systèmes de recyclage en boucle fermée. Etant donné que le volume et les masses que l’on peut emporter avec soi dans l’espace sont forcément limités, le recyclage est une nécessité absolue des voyages au long cours.

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Le CNES, Agence Spatiale Française, une belle coquille avec quelques beaux projets mais des capacités limitées, institutionnellement, financièrement, et trop politiquement correcte.

Le président du CNES, l’agence spatiale de l’état français, Philippe Baptiste, a présenté ses vœux à la Presse le 9 janvier. Ce qui frappe à première vue dans son message c’est l’ambition, ce qui est bien, mais aussi le grand nombre d’objectifs. Or la France, en tant que puissance publique, a de moins en moins d’argent, elle est sérieusement contrainte par l’Europe et elle n’a plus de lanceur propre. Dans la réalité, comme il y aura dispersion du fait du saupoudrage, l’on peut craindre un faible effet de la plupart des actions entreprises. Des pistes seront ouvertes qui risquent de ne mener nulle part ou « à pas grand-chose ». De plus, malgré ces limitations, certains choix présentés comme prioritaires peuvent être critiqués. Pourquoi donner autant d’importance à l’écologie et au climat si ce n’est par idéologie à la mode ? Par ailleurs le CNES s’obstine à ignorer les vols habités, comme jadis le « réutilisable ». Ces inadéquations sont peut-être normales pour une entreprise dirigée par un haut fonctionnaire qui avant sa nomination à ce poste n’avait pas démontré un intérêt particulier pour l’espace. Malheureusement elle est en concurrence sévère avec plusieurs géants dans le monde qui ne lui feront pas de cadeaux.

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Sur l’équateur martien, la région de Medusae Fossae devrait contenir beaucoup plus de glace d’eau qu’on ne le pensait

Une étude sur Medusae Fossae publiée le 18/01/2024 dans les Geophysical Research Letters, confirme la présence d’eau à l’équateur martien déjà déduite des données recueillies par les radars MARSIS et Sharad en 2007. Cette même étude augmente considérablement les estimations de masse de cette eau en ajoutant d’autres « gisements » voisins, à celui de Medusae Fossae proprement dit, tout en précisant l’importance de l’épaisseur des gisements qui peut atteindre plus de 3 km. La présence d’eau à cette latitude devrait faciliter l’installation de l’homme sur Mars mais il ne faut pas négliger le fait que cette eau est « protégée » par une couche de matériau sec de quelques centaines de mètres qui ne sera pas facile à forer.

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MAGGIE et son CoFlow Jet, peut-être un nouveau moyen d’explorer la surface de Mars

On vient de prendre connaissance d’un nouveau moyen sélectionné par la NASA (NIAC/STMD) pour explorer Mars à partir de l’atmosphère. Le principe de MAGGIE, un « plus lourd que l’air » (un avion) est de se maintenir en altitude grâce à sa vitesse de déplacement horizontal en utilisant le « CoFlow Jet », innovation du Dr Gecheng Zha de l’Université de Miami. Cela doit permettre de densifier fortement l’air très ténu traversé par l’aile.

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À propos de ce blog

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre du comité directeur de l’Association Planète Mars (France), économiste de formation (University of Virginia), ancien banquier d’entreprises de profession, planétologue depuis toujours

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