Espace et Temps, l’illusion de l’immuabilité

Quand on regarde la voûte céleste par une belle nuit d’été comme nous en avons eu ces jours, on est aspiré tout en étant impressionné par la profondeur de l’Espace que ces lumières de plus en plus perceptibles nous révèlent plus on la contemple, et en même temps on est rassuré par leur stabilité et leur permanence dans le ciel. On sait que les arrières grands parents de nos arrières grands-parents les ont vues et qu’apparemment elles n’ont pas bougé. Et cependant !
Cependant l’immobilité et la permanence apparentes de ces lumières ne tiennent qu’aux distances énormes qui nous séparent et qui les séparent elles-mêmes les unes des autres dans l’immensité de l’Espace dans lequel elle se meuvent. Examinons-le sujet de « plus près » :

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La découverte des « taches de léopard » de la roche Chevaya Falls ne devrait pas décourager les partisans des missions habitées sur Mars

Ce 21 Juillet le rover Perseverance a découvert une roche inhabituelle dans le cratère Jezero. La NASA l’a nommée « Chevaya Falls rock » (CFr), d’après une chute d’eau dans le Grand Canyon. La surface la plus intéressante est encadrée par des veines de sulfate de calcium. Le matériau, rougeâtre, exprime la présence d’hématite. Elle doit avoir pour origine la boue déposée par la rivière qui coulait dans le cratère à l’époque humide de Mars. La présence de « taches de léopard » jaunâtres et cernés de noir en surface en même temps que de composés organiques, interroge. Les taches sont sur Terre des sources d’énergie pour des microbes endolithiques. Cependant pour les raisons données dans l’article, il ne faut pas se précipiter sur les conclusions. Et cela ne devrait pas interdire de mener sur Mars une première mission habitée.

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Les observations par le JWST des galaxies les plus anciennes ne remettent pas en cause les théories sur la naissance de l’Univers

Depuis sa mise en service, le Télescope spatial James Webb a découvert des galaxies plus anciennes et plus « vigoureuses » que celles qu’on avait jamais observées. Ces découvertes posent questions car elles n’étaient pas attendues. Elles ne remettent pas en cause la théorie du début de l’Univers (cosmologie) mais son évolution après l’éclatement de la Surface de dernière diffusion (astrophysique).
Après ce moment charnière, la matière a pu se retrouver réparties en masses sombres, que l’on nomme « halos » et qui sont en fait des proto-galaxies. Le problème qui se pose est de savoir si les premières étoiles sont nées au sein de ces halos par lente condensation ou si la création d’étoiles a été beaucoup plus rapide du fait de la présence de trous noirs massifs au sein de ces halos, ou alternativement si la très forte activité stellaire n’est pas une illusion résultant de la très forte instabilité des premières galaxies composées de nombreuses étoiles massives.
On peut donc s’interroger sur le début des âges sombres mais non sur l’origine de l’univers comme l’on dit un peu vite certains médias avides de sensationnel.

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Les premiers passagers pour Mars seront médecins !

L’intérêt spécifique de la première mission habitée pour Mars étant les hommes, il faudra avant tout des médecins pour en prendre soin, outre deux pilotes pour passer les moments difficiles de l’EDL puis du redécollage. Ce seront deux (redondance sécurité) chirurgiens avec compétences de généraliste, car s’il y aura bien des fractures ou des appendicites, il y aura aussi d’autres pathologies. Il y aura 2 dentistes (dents gâtées !) et ils devront aussi être stomatologues, anesthésistes et prothésistes et en charge de l’utilisation des imprimantes 3D qui seront des outils fondamentaux pour pallier tout oubli d’outil sur Terre ou faire face à toute réparation d’instrument ou d’équipement. Il y aura 2 microbiologistes qui seront aussi bien épidémiologistes qu’exobiologistes, que radiologues et qu’inspecteurs sanitaires, car il ne faudra pas que les microbiotes, communs et de chacun, dérapent. Ils seront aussi plombiers et chargés du recyclage. Il y aura 2 nutritionnistes qui seront également agronomes, car il faudra se nourrir de façon la plus efficace et la plus saine possibles à partir des provisions embarquées et des produits frais produits en serre sur Mars. Il y aura enfin 2 psychologues, car les relations humaines seront à surveiller comme le lait sur le feu.

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Ariane-6 après son « maiden-flight », va devoir affronter la concurrence de Space-X. C’est « loin d’être gagné »!

Comme chacun le sait maintenant, le premier lancement (« vol inaugural ») d’Ariane-6 a été un succès « presque parfait ». Le bémol étant dû à l’échec du troisième allumage du moteur Vinci de son second étage, en raison d’une défaillance de son « APU ». En espérant qu’ArianeGroup parvienne à sécuriser le fonctionnement de cet « auxiliaire » important mais capricieux, l’Europe sera donc de retour bientôt comme acteur du spatial mondial. Dans ce contexte il faudra qu’elle puisse économiquement tenir suffisamment longtemps avec des lancements à perte, pour bénéficier d’économies d’échelle dans ses coûts, face à la concurrence de SpaceX « en pleine forme ». Concernant les capacités vers l’espace profond, il faut déplorer que la nouvelle fusée soit destinée essentiellement à l’« espace pour la Terre » et qu’on n’envisage toujours pas le vol habité.

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First landing

Nous sommes en février 2034. Le starship « Elon I trust you » est sur le point d’atterrir sur Mars. Il a quitté la Terre en août 2033. C’était pendant la quatrième des fenêtres de tirs qui se sont ouvertes puis refermées depuis janvier 2027. Celle de 2027 était la première mission robotique sérieuse pour préparer cette mission habitée dont nous parlons aujourd’hui. Le lancement de Novembre 2024 est ajouté par certains aux quatre autres. Mais à tort car c’était un test d’injection interplanétaire, sans aucune prétention à atteindre et encore plus à se poser sur Mars. Elon Musk en avait profité pour en faire un événement fantasque comme en février 2018 lors du premier vol de Falcon Heavy (« roadster » Tesla). Cette fois-ci, il avait mis « aux commandes » de son starship un mannequin qui, selon certains, ressemblait curieusement à son rival Jeff Bezos, en lui souhaitant « Have a good trip ! »).
Dans ce nouvel article je raconte comment s’est passé l’arrivée sur Mars de la première mission habitée. Les priorités et les multiples actions auxquelles il faut penser.

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La première mission robotique d’un starship sur Mars ne sera pas facile. Ce n’est pas une raison pour ne pas l’envisager !

Les missions robotiques préparatoires aux missions habitées sur Mars sont incontournables. En effet les risques sont trop grands et surtout les possibilités de retour immédiats sur Terre impossibles en cas de problème grave (la fenêtre de retour n’est ouverte que 18 mois après l’arrivée et ne le restera qu’un seul mois). Ces missions, en supposant qu’elles utilisent le Starship de SpaceX, auront pour objet de tester la fiabilité du vaisseau spatial et autant que possible ; de préparer physiquement l’arrivée du vol habité, le support vie sur place du premier équipage ; le redécollage du vaisseau et sa propulsion pour revenir sur Terre. Il en faudra probablement deux mais elles devront être précédées d’une mission « classique ».

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Il faut penser dès maintenant au choix du site pour l’atterrissage de la première mission habitée sur Mars

Il faut déjà penser au choix de la première mission habitée sur Mars car il faut s’y préparer et prendre les dispositions nécessaires pour que l’arrivée de l’homme sur sa « Planète-B » soit la moins difficile possible. Nous connaissons déjà assez bien la surface de Mars et nous pourrions choisir l’endroit par la logique et en exploitant la somme des observations déjà effectuées depuis l’Espace. Mais ce serait folie de se lancer dans l’aventure sans avoir pris un maximum de précautions complémentaires.
Dans cet article j’expose ce qu’il faut considérer : se poser près de l’équateur ; se poser dans la région la plus basse possible ; se poser près d’un gisement de glace d’eau ; regarder en priorité les possibilités offertes par Valles Marineris, soit Candor Chasma, soit le volcan Noctis. Il faudra mener deux missions robotiques préparatoires et bien choisir pour éviter la dispersion de nos ressources rares.

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L’homme est le résultat d’une synchronisation et d’une coévolution tout à fait particulières ; nos chances de rencontrer des extraterrestres sont quasi nulles

J’ai évoqué récemment les planètes comme réacteurs physico-chimiques qui œuvrent à leur propre différenciation puis le phénomène de coévolution qui sur Terre « embarquent » intrinsèquement mêlée, la vie et la matière minérale. Je voudrais maintenant insister d’une part sur l’inévitabilité de la synchronisation de ces deux lignes d’évolution sur une même planète et d’autre part sur l’improbabilité sinon l’impossibilité, de la synchronisation de notre évolution avec celle d’autres formes de vie qui pourraient exister ailleurs dans l’Univers. Cela a des conséquences évidemment déterminantes sur la possibilité que nous avons de rencontrer un jour dans l’Espace une forme de vie intelligente et communicante n’appartenant pas à l’espèce humaine.

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IFT4, le 4ème test de vol pré-orbital du Starship, a démontré un progrès très sérieux de ses capacités

Ce 06 juin, SpaceX a effectué un nouveau test de vol pré-orbital, le 4ème, « IFT4 » (pour « Integrated Flight 4 »). Le succès est presque complet. Encore un petit effort et « nous y serons » !
Lors du précédent, OFT3, les retours du lanceur et du vaisseau au sol ne s’étaient pas parfaitement terminés. Ce sont donc ces parties du test IFT4 qui étaient particulièrement attendues. Je détaille leur évolution dans cet article.
Cette fois-ci, le lanceur a eu un retour impeccable jusqu’à l’eau du Golfe du Mexique. Il y est arrivé à vitesse nulle et à la verticale, comme il aurait pu le faire sur la terre ferme. Elon Musk a d’ailleurs évoqué la possibilité de le tenter la fois prochaine avec capture par les pinces de la tour de service Mechazilla.
Le vaisseau, après s’être séparé en douceur de son lanceur grâce à un hotstagging parfaitement réussi, a eu un vol tranquille en altitude (max 213 km) juste en dessous de la vitesse orbitale (entre 26200 et 26400 km/h). Le contrôle d’attitude et la stabilité dans la descente ont été parfaits jusqu’à 55 km donc bien en-dessous de la rupture de signal avec OFT3 (65 km).
La chaleur du plasma atmosphérique et la tension mécanique ont provoqué (au moins) un incident : A 55 km, un aileron a presque été arraché et des tuiles thermiques ont été détachées. Cependant la liaison a été maintenu avec le vaisseau jusqu’à la mer où il est arrivé à très faible vitesse ce qui prouve que la rétropropulsion a bien fonctionné. ITF5 pourrait avoir lieu en juillet. On to Mars !

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À propos de ce blog

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre fondateur de la Mars Society des États Unis et ancien membre du comité directeur de l’Association Planète Mars (France), économiste de formation (University of Virginia), ancien banquier d’entreprises de profession, planétologue depuis toujours

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